LE STÉATITE DE LA SIERRA TINTA
depuis quelque temps par les tourneurs ô différents objets. Cette pierre était connue des anciens Indiens de la campagne avant la conquête, ils l'employaient à faire les balles de leurs frondes et les morceaux réduits en poudre, comme fard, pour teindre leurs corps. C'est de cet usage que la montagne a reçu son nom actuel de Tinta. Dans la partie la plus facilement accessible de la montagne, le stéatite se trouve en différents bancs, chacun d'environ un pied d'épaisseur, séparés par des bancs de grès assez fin, d'une épaisseur presque égale; ces bancs se répèlent plusieurs fois. Les couches sont parallèles au gisement général de la formation et suivent la même loi. On les trouve aussi au dehors de la sierra Tinta, en différents points de la montagne , au Sud-Est jusqu'au Volcan , et au Nord- Ouest presque jusqu'à l'extrémité. Les grès qui l'accompagnent, contiennent également quelques minéraux accessoi- * res, comme oligiste, tourmaline, pyrite en pseudomorphoses et grenat, c'est-à-dire les mêmes qui se trouvent dans le gneiss.
Quant au gisement de la formation du grès, il existe seulement du côté sud-ouest des arêtes, principalement de la seconde chaîne, plus à l'intérieur de la Pampa, formant un plan très-doucement incliné qui se perd enfin sous la marne diluvienne de la surface de la campagne. Ici, au bord des arêtes de la montagne, l'inclinaison est si faible, que les couches de grès semblent être horizontales ; mais plus haut, près de la crête des arêtes, elles deviennent un peu plus fortement inclinées, quoique toujours beaucoup moins fortes que les schistes de gneiss du dessous. Il semble qu'un léger soulèvement des rocs plutoniques plus bas, sous le gneiss, ait élevé ceux-ci à l'époque où le grès était déjà déposé, et que son premier gisement a été presque horizontal. Les bords opposés des rouches au Nord-Est sont toujours abruptes et déchirés presque perpendiculairement ; ils forment de grands rem-