JUAN DIAZ DE SOLIS^ DÉCOUVRE LE RIO DE LA PLATA
L'histoire du pays à la description physique duquel notre œuvre sera consacrée mentionne Juan Diaz de Solis comme l'Européen qui le premier toucha le sol du Rio de la Plata, en l'année 1516* Nous le considérons donc comme le découvreur. Cependant on affirme ^ que des marins portugais inconnus ont dû visiter avant lui l'embouchure du Rio de la Plata. Jusqu'à ce jour personne n'a pu prouver ces anciennes explorations avec certitude ; rnais , comme les Portugais occupaionl le Brésil depuis quatre années déjà, il n'y a rien d'improbable à ce qu'ils aient étendu leur navigation jusqu'à l'embouchure de la Platai
i EXPÉDITION DE JUAN DIAZ DE SOUS.
Solis était un vieux et habile marin. Il avait visité *^ sous des chefs célèbres les côtes orientales de TAmérique méridionale et, après avoir surmonté beaucoup de difficultés, il avait été placé à la tète des entreprises maritimes de l'Espagne avec le titre de Piloto mayor. Il obtint cette charge honorable immédiatement après la mort du célèbre et illustre Amerigo Vespucci ^, preuve du grand cas que Ton faisait en Espagne de ses facultés et de son expérience. En 1514 il reçut de la couronne d'Espagne la commission de rechercher au sud de l'Amérique un passage à l'ouest. Cette expédition lui fut confiée parce qu'il avait déjà navigué dans ces parages sous des chefs portugais et parce qu'on avait reconnu la fausseté des accusations élevées antérieurement contre lui par Pinzon *. 11 semble que l'existence d'un passage au sud fut une tradition courante parmi les navigateurs, longtemps avant sa véritable découverte. Magellan lui-même raconte qu'avant son voyage en 1520, dans lequel il découvrit le passage qui porte son nom, il avait vu chez le roi de Portugal une carte sur laquelle un pas* sage au sud du continent était clairement indiquée Ces récits stimulaient constamment la couronne d'Espagne à de nouvelles entreprises dans l'espoir de trouver ce passage. Maîtresse des Moluques, elle espérait par cette voie à l'ouest abréger considérabh^ment les longues traversées de la route orientale, surlout depuis que, par la découverte en septembre IDlâdc l'océan Pacifique par Nunez de Balbao, on savait qu'à l'ouest de l'Amérique se trouvait une mer ouverte. 11 étiiit difficile d'espérer un semblable passage au nord, comme l'avaient suffisamment prouvé h's expéditions de Pinzon et Hoyeda, auxquelles Vespucci prit pari, ainsi que celles des Portugais sous la direction de Cabrai et Co.'lho. On dirigeait donc les efforts d'autant plus volontiers vers le sud que la rumeur courante affirmait à l'avance l'existence du passiig«\
L'expédition fut décidée sous l'empire de ces circonstances et Solis reçut des instructions* pour son exécution. On lui prescrivait de faire voile avec trois navires pour atteindre à Toui si l'isthme du Darien ,alors nommé Castilla de Oro, ensuite de gouverner au sud et de remonter jusqu'à la ligne de démai*cation