SUR LES CHENILLES DES NYMPHALIDES
Après avoir fini mes propres études sur les chenilles de la f^xuille précédente, j'ai reçu de M. Victor de Boeninghausen, i^ Rio-de- Janeiro, ancien ami de mon fils Henry, qui connaît tien les papillons du Brésil, les étudiant dans leurs états du développement, quelques communications sur les chenilles des afférents genres, lesquelles semblent dignes d'être notées ici à la fin des observations antérieures, pour compléter nos connaissances sur cette partie assez difficile et jusqu'à présent incomplètement connue de notre science.
Nous savons que les chenilles connues des quatre premières sous-familles, comme les Céthosiades, les Argynnides, les Vanessides, les Agéroniades, sont pourvues d'épines généralement
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dentelées on ramifiées, dont la position est la même qne celle des HéUconiades vrais et des Acraeides, c'est-à-dire denx sur le premier annean du corps, quatre sur les deux suivants et six sur les autres, sauf le dernier qui en porte de nouveau quatre. La tête est tantôt ornée de deux épines semblables un peu plus longues, ou sans épines d'une figure plus ou moins sphérique.
Depuis ce groupe des premières sous-familles commencent des genres avec un type différent des chenilles, comme nous l'avons noté, du genre Marpesia (page 160) qui d'après la figure 2, de la pi. II de Stoll, a une chenille armée de longues épines simples, deux sur la tête et quatre sur le corps, prenant leur position au milieu du dos des anneaux 5, 7, 9, 11, se trouvant aussi sur la tête et le thorax de la chrysalide des épines sem- — blables simples et très-longues. M. de Bobninghausbn m'écrit c#-t que cette chenille vit sur les figuiers domestiques, et que les espèces du genre Megalura (ou Timetes) sont de la même configuration.
J'ai uni avec ces deux genres le troisième Victorina dans 1 même sous-famille. Mon correspondant m'avise que la chenill de V. Sthenelus ressemble à celle d'Argynnis par la position et 1 figure des épines, étant de couleur noire avec des points rouge et que cette chenille se change en chrysalide vert de mer et^ ^t sans coins du corps, déjà en deux ou trois heures après la^^^a suspension. Le genre Victorina sera alors mieux uni avec Iuiljui sous-famille suivante.
Des chenilles des genres CybdeliSy Eunica et Epicalia, je n'a^ — i pas reçu de renseignements, mais sur celles des genres Mysce Ka, Gynaecia, et les semblables des Catagrammides, M. d BoBNiNGHAUSEN m'écrit quc toutes sont pourvues à la tête d^ deux grandes cornes, ramifiées par intervalles circulaires , très- semblables aux figures de Stoll, Suppl. Cram. pi. IV, fig. 3 et 4, ou de Sepp dans les papillons de Surinam pi. XI, mais un peu plus graciles, le corps avec de pareilles épines plus petites et plus fines. Il semble alors que cette armure épineuse est en vérité la décoration typique des chenilles des Nymphalides.
Avec la sous-famille des Liménitides cesse cette classe de décorations. Nous savons par les figures dans l'ouvrage de BoiSDuvAL et Leconte, pi. 53 et 55, que les chenilles des espèces nord-américaines de Limenitis ressemblent par leurs décorations à celles de l'Europe, et mon correspondant m'écrit de
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même sur les chenilles des espèces du genre brésilien Heterochroa^ remplaçant Limenitis au Sud ; elles portent des tubercules pourvus de poils roides sur quelques anneaux du corps, dont les deux antérieurs sont un peu plus gros et plus hauts, de figure d'une massue ; la chrysalide armée aussi d'un haut tubercule sur le dos du thorax et le commencement de l'abdomen, comme les mêmes des espèces européennes.
Enfin le genre Apatura représente un troisième type des chenilles, sans épines au corps, mais la tête armée avec des cornes plus ou moins élevées. A ce type appartiennent aussi les chenilles des genres Prepona, Paphia et Siderane; elles n'ont pas d'épines sur le corps, mais deux cornes courtes sur la tête et un corps très-renflé en avant, au quatrième anneau, qui s'élève en bosse avancée conique ou bifide. De ce type, j'ai donné une figure du genre Prepona^ pi. V, fig. 1 de l'Atlas, la comparant avec celui du genre Aganistos, qui prouve par la présence des épines sur le corps régulièrement cylindrique, et par la figure tout à fait différente de la chrysalide, qui n'appartient pas à la même sous-famille avec Prepona, Paphia et Siderone^ mais, comme je le crois, à celle de Mysœlia et ses confinées. Dans le texte de l'Atlas j'examinerai plus cette question.
Les chenilles nues des Apaturides et Préponides se rapproclient de celles des Morphoïdes, principalement des genres Caligo et Pavonia, ayant aussi comme celles de ces genres une îu.eue double à figure de fourchette. Les Morphoïdes donnent 8^lox8 le quatrième et dernier type des chenilles de Nympha- 'ides. Enfin les chenilles nues du genre Libythea se rapprocl^^nt par leur figure très-grêle au type de la famille suivante ^®s Satyrides, et font une espèce de transition à elle.
SLXIÈME FAiMILLE
Satyrivae
Papillons d'une taille moyenne, reconnaissables par leurs couleurs obscure ou brun-clair, généralement ornés des yeux de paon sur les deux surfaces, mais plus souvent sur l'inférieure ; d'une structure très-fine de la peau et de la membrane des ailes et des écailles petites, allongées, imitant plus ou moins la figure des poils. Leur tête est petite, les yeux tantôt nus, tantôt velus ; les antennes assez courtes avec une massue peu grossie, sou-
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vent un peu courbée ; les palpes assez longs, bien comprimé pointus et couverts de longs poils roides. Thorax petit. Ail antérieures assez assez larges, triangulaires, le bord exterm arrondi, l'angle terminal tantôt aigu, tantôt obtus, rond ; leu nervures faibles, la cellule discoïdale fermée, et la base quelques-unes des principales branches renflée en bulle allô gée; les postérieures . plus ou moins circulaires, leur cellu discoïdale fermée, la bordure externe tantôt entière, tantôt o duleuse, quelquefois assez fortement dentelée ou très-allonge -e à l'angle anal. Pattes très-fines, les antérieures rudimentaire s des mâles plus courtes que celles de la femelle, leur tarse simple avec la jambe couverte d'une frange de longs poils ; tars( de la femelle articulé, sans frange comme la jambe. Les autres pattes fines, avec des ongles petits, dont ceux de la dernière paire sont quelquefois fendus en deux crochets. Abdomen cylindrique, grêle, toujours plus court que les ailes postérieures, embrassé au-dessous de ces ailes par une forte saillie.
Chenilles grêles, atténuées aux deux terminaisons, couvertes de poils fins, quelquefois velues par des fascicules de long poils; la tête souvent armée de deux pointes ou courtes épines, le dernier anneau terminant en deux coins. — La chrysalide courte, ovalaire, allongée, la tête plus ou moins bidentée, le corps sans coins ou faiblement anguleux, librement suspendu.
Les papillons préfèrent les régions tempérées et cherchenl souvent même les plus froides ; ils sont rares dans les zonei tropicales. La nourriture principale de leurs larves sont dei graminées, et par cela ils vivent principalement dans les pâturages des montagnes.
Les genres sont difficiles à distinguer et les espèces de chacun très- semblables l'une à l'autre. Nous en connaissons seulement une douzaine de notre pays, que nous laissons toutes ensemble, sans les diviser en sous-familles, parcequ'elles n'existent pas bien circonscrites.
Observation. — Bien dit Westwood, dans les Gênera /Hum. Lepid. II ^^ 352, que cette famille soit regardée mieux comme sous-famille des Nymphalides. En vérité, les deux groupes se distinguent plus par des différea- — ces habituelles que par des caractères particuliers, étant même l'enflure de la base des branches principales des nervures, dans les ailes antériea^ — res, une qualité qui se trouve aussi chez quelques Nymphalides, comn&e Myscelia^ Eunica, Dionis et Cystitieura.
GENRE TAYGETIS 301