Tliecla saiii^alnallii. Atlas, pi. VIII. fig
Th. ecaudata supra fusca, fimbriis albo-pv/nctatis ; subtus alba, abdominis dorso flavo ; alis fasciatim sanguineo-mactUatis. Exp. alar. 9'" (2 cm.).
L'espèce la plus petite du genre, d'une stature un peu diflférente. Corps et ailes au-dessus brun, les franges externes avec des points blancs, correspondant aux nervures marginales ; angle anal un peu prolongé, avec un point noir ; ailes supérieures du mâle avec une tache plus foncée, mais non bien circonscrite, sur la nervure récurrente ; dos de l'abdomen d'un fauve-clair, ventre blanc, comme aussi la poitrine et les pattes. Antennes noires, annelées de blanc; palpes blancs au-dessous ; front avec des lignes marginales blanches. Ailes grises audessous, marbrées de blanc, avec des bandes transversales onduleuses d'un roux de sang obscur, bordé de blanc ; sur les ailes antérieures trois bandes, une très-large en arrière du milieu, une seconde tout près du bord externe, composée de petites lunules séparées, la troisième d'une ligne entière au bord même ; sur les postérieures quatre bandes, la première basilaire séparée en trois taches, la seconde très-onduleuse formée de taches se touchant avec leurs coins ; la troisième composée de lunules séparées formant un arc avant le bord externe, la quatrième d'une ligne entière au bord même.
Nous avons reçu cette jolie espèce de Cordova et d'Entrerios, où elle n'est pas rare.
Observation. — Quoique la figure générale ressemble à celle du genre Lycaenaj notre espèce est une vraie Thecla, par la position des trois rameaux antérieurs sous-costales, prenant leur origine tout près Tun de l'autre avant la nervure récurrente. Le dernier article des palpes est court, k peine aussi long que le second, et de figure conique allongée.
Genre Ijycaeiia Fâbric.
Illig. Mag. d. Ins. VI. 285.
Polyommatus Latr. Argus Boisd. Cupido ScmiANx.
Stature un peu plus gracile, ailes antérieures plus étroites, relativement plus longues, les postérieures plus courtes et plus larges, presque toi^jours sans queue. Nervures des autérieures
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un peu dififérentes, car seulement deux rameaux prennent leur origine dans la partie de la sous-costale correspondant à la nervure récurrente et le troisième plus au-dehors, au milieu des deux antérieurs et la pointe terminale des ailes ; bord antérieur des mêmes ailes peu courbé, bord externe droit. Tête petite, les yeux généralement velus ; les antennes très-fines, leurs articles allongés, annelés de blanc, massue peu engrossie allongée. Palpes plus velus de poils roides, le dernier article toujours plus court que la moitié du précédent et moins stjliforme. Corps grêles, pattes petites, mais sans caractères particuliers diagnostiques. Couleur au-dessus d'un bleu de ciel clair, la femelle moins vivement colorée, souvent brune; dessus des ailes blanc ou blanc-gris, orné de petites taches rondes, noires, généralement au centre blanc, comme des yeux.
Ces espèces sont répandues principalement sur l'hémisphère oriental, mais elles ont aussi des représentants moins nombreux en Amérique ; nous en possédons une seule de notre territoire, qui vit presque dans toute l'Amérique Méridionale.
Ijycaena Casslas Cramer.
L, parva, alis antids maris supra coerulescentibm, feminae disco albOy coeruleo-mamlato ; suhtus alhis^ fusco-maculatis, antids fasciatis. Exp. alar.lV (2,3 cm.).
Pap. exot. pi. 23, fig. C D. — Pabr. Ent. syst, III, I, 316, 197. — GoDART, Enc. méth. IX, 679, 192. — Swains. zool, illustr. Ins. II, pi. 133.
Une des espèces les plus petites du genre, à peine d'un pouce d'envergure des ailes. Corps et ailes antérieures du mâle bleuâtres, un peu tirant au cendré ; celles de la femelle seulement avec une bordure de la même couleur, le disque blanc, avec trois bandes transversales sortant de la bordure antérieure. Ailes postérieures des deux sexes blanches, les bordures intérieure et externe bleuâtres, celle-ci a l'angle anal avec des points noirâtres, entourés de blanc; disque avec quelques traces de bandes fines transversales. Dessous des ailes et du corps blanc, les ailes avec des petites taches brunes-noirâtres, ibrmant sur les antérieures des bandes tranversales ; bordure externe des quatre ailes avec une série de points de la même couleur, un dans chaque cellule marginale, accompagné d'un
FAMILLE DES HESPÉRIADES 241
arc dans chacune d'elles, formant ensemble une bande fine ondaleuse avant les points.
L'espèce est répandue par toute l'Amérique Méridionale, une partie de la Septentrionale (Caroline, Virginie, Géorgie), Mexique, Paraguay et la République Argentine jusqu'à Buénos- Ayres où elle n'est pas rare.
Observation. — Une autre espèce sud-américaine : Lycaena Hanno Stoll. Suppl. Cram. pi. 39, fig. 2. — P. Ubaldus Godart, 1. L 182, 204. — Rusticus adolescens Hanno Hoebner, Samml. exot. Schm, I, 98. — Argus Filenus et Pseudoptiletes Boisd. et Lec. Lep. d'Amer, sept, 114, pi. 36. fig. 5-7, est la plus petite de toutes; se trouve peut-être aussi dans les parties du nord de notre territoire. Elle n'est pas rare au Brésil.
NEUVIÈSfE FAMILLE H E S P E R I A B A E
C'est aussi une famille très-nombreuse d'espèces et variable de taille, quoique d'une ressemblance générale assez prononcée, déjà indiquée par le nom vulgaire de grosse-tête (cabezudo en espagnol, Dickkopfen allemand), qui fait allusion à la tête grosse, large, presque aussi large que le thorax, distinguant les papillons de ce groupe de tous les autres diurnes. En général, les espèces ne sont pas grandes, plutôt petites, et la majorité d'une grandeur moyenne, les ailes surpassant rarement 2 pouces (5,2 cm.) d'envergure. La grande tête a des yeux assez convexes, presque toujours nus et des antennes très-distantes à la base, avec une massue assez grosse, généralement allongée, quelquefois courte et triangulaire, très-souvent terminant en pointe fine recourbée de la manière d'un crochet, se rapprochant par cette figure de la pointe au type des antennes de la famille suivante. Les palpes ne sont pas longs, mais assez épais par les longs poils qui couvrent leurs deux articles basilaires, formant un pinceau gros, le terminal étant court, nu, un nœud conique. Le thorax est toujours très-fort, d'une figure ovalaire allongée, presque aussi long que l'abdomen, avec des ptérygodes allongés, surpassant un peu la base des ailes antérieures. L'abdomen est court, conique, terminant en pointe. Les ailes ne sont pas grandes, au contraire généralement petites en comparaison avec le gros corps ; les antérieures d'une figure triangulaire,
RÉP. àRG,— T. V. 16.
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tantôt très-allongées, imitant celle des Sphingides, tantôt assez larges an bord externe, avec l'angle terminal aign et le bord externe fort conrbé on sinnenx. La branche costale termine généralement anx trois-qnarts de la longnenr de Taile et la branche sous-costale est pourvue de quatre rameaux antérieurs ou externes, qui prennent tous leur origine arant la nervure récurrente de la cellule discoïdale, celle-ci courant très-oblique, assez parallèle au bord externe. Des quatres rameaux antérieurs, le dernier touche Tangle terminal, laissant entre loi et la terminaison de la branche sous-costale même la première cellule marginale externe, leur nombre étant toujours de sept, la première et la deuxième d'une figure étroite triangulaire, très-aiîTuë à la base, les deux suivantes très-courtes, oblonsmes et les autres très-longues, parce que les rameaux de la branche médiane prennent leur origine plus près de la base de l'aile. Enfin la septième ou dernière assez large. Les ailes postérieures sont encore plus variables de figures, tantôt larges et arrondies^ tantôt triangulaires et quelquefois étendues à Tangle anal en queue large et longue. La branche costale est très-distante du bord antérieur de l'aile, et ce bord très-élargi à la base, avec un angle saillant, muni d'un faisceau de longs poils de figure d*un pinceau. Il y a un petit rameau correspondant au crin des Sphingides et un autre conjonctif à la sous-costale, formant une petite cellule basilaire entre les deux branches. La sous-costale se divise en deux rameaux, la médiane en trois, les deux branches unies par une très-faible nervure récurrente, cachée sous les écailles ou toute nulle. Cette nervure est divisée par un pli longitudinal de la membrane qui court aussi comme diago nale par la cellule discoïdale à la base de l'aile. Saillie abdominale faiblement développée, soutenue seulement par le second rameau abdominal, qui se dirige à l'angle anal, participant l'espace entre ce rameau et la branche abdominale même à la surface horizontale de Taile. De cette manière se forment sept cellules marginales au bord externe des ailes postérieures. Enfin les pattes donnent le caractère principal de la famille par la présence d'un éperon simple assez gros et obtus aux jambes antérieures, situé un peu avant la pointe interne, presque caché sous de longs poils, et par une double paire d'éperons à la dernière paire des jambes. L'une des deux paires se trouve, comme toujours, au côté interne de la pointe terminale de la jambe, l'autre un peu au-dessous du milieu du même côté, les deux
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de cette paire étant généralement un peu plus petites que les autres de la terminaison. Malheureusement ce caractère n'est pas en tout général ; chez Tune ou l'autre espèce il y a des exceptions, mais non dans aucune de notre territoire ('). En outre la configuration des pattes est la régulière ; elles sont fortes et assez longues chez les espèces avec un corps gros et plus fines chez les autres avec un corps plus gracile. Principalement les tarses sont longs, au moins les antérieurs et les postérieurs qui surpassent beaucoup leurs jambes ; les deux portions des pattes du milieu à peu près de la même longueur. Quelquefois ces pattes surpassent beaucoup les autres en longueur. La prolongation du tarse dépend du premier article, aussi long que les quatre suivants ensembles, le dernier toujours très-court et de la. même longueur que le précédent. Avec cette petitesse sont en harmonie les ongles très-courts, élargis en bas, terminant avec un crochet fin, fortement courbé et à peine visible au dehors des écailles qui couvrent les tarses ; aussi les paronyches sont petits, quoique bifides, comme chez les Nymphalides, la lamelle supérieure étroite et linéaire. Large au contraire est la plantule entre les crochets et presque aussi longue que les crochets mêmes.
Les papillons de cette famille, si remarquables par leur figure particulière, ont aussi des couleurs et des dessins particuliers. La plupart sont bruns, soit sans taches avec quelques nuances du teint, soit marqués de bandes et de taches claires transparentes, nues d'écaillés ; quelques-uns aussi blancs, tachetés de noir en forme d'une table de jeu de dame, ou jaune-fauve avec des marques brunes. Plusieurs espèces ont un liistre métallique bleuâtre à la base des ailes en-dessus et quelques-autres des bandes ou bordures rouges sur la tête, les ailes et l'abdomen. Très-souvent la surface inférieure montre un dessin plus variable, imitant le marbre. Enfin leurs habitudes sont aussi différentes des autres diurnes, car ils se reposent avec les ailes demi-ouvertes, les supérieures obliquement élevées, non perpendiculaires et fermées comme les diurnes en général.
On trouve les Hespériades sur toute la surface habitable du
(*) Une liste des espèces exceptionnelles de ce caractère Westwood Ta donnée dans les Gênera Dium, Lepid. II. 506, note *). Le genre Steropes Boisd. {Cyclopidcs HuBBNEE) est le type de ce caractère exceptionel.
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globe, mais leurs espèces les plus grandes et les mieux omé^hh. ^^g sont toutes tropicales.
Les chenilles connues de la famille sont aussi remarquabl - ^ç^„ par une stature particulière, grêle aux deux extrémités et pl~, ^^ grosse au milieu, avec une grosse tête séparée par un cou coi:^ ^rt du premier anneau très-mince du corps, mais sans concordaiïrrmce générale des couleurs et du dessin. Aucune n'est ornée ^^Qv
pines, la plupart sont nues, quelques-unes couvertes d'un du y^/
fin, ou de longs poils distants sans être en vérité velues. L^^q^ couleur dominante est verte, mais il 7 en a aussi des noi^ir-e^ décorées de ceintures rouges ou jaunes. Pour se changer en' chrysalides, les chenilles font les unes une coque légère de £lg en soie, d'une texture de tulle, qu'elles tapissent au côté interne avec une poudre jaune ; les autres qui n'ont pas cette coutume s'enveloppent avec des feuilles des plantes qu'elles mangent, les unissant par des fils de soie forts, soutenues là-dedans pair un lien transversal à la manière des chrysalides succeinte aussi attachées avec la queue à l'enveloppe même.
La distribution naturelle des espèces nombreuses, dont nous en connaissons plus de mille, est un travail très-difficile el jusqu'à présent non exécuté avec succès. Tout dernièremeni M. ScuDDBR a proposé {Bullet, Buff. Soc. nat. hist. 1876) d'accep-— ' ter les deux genres Thymele et Pamphila, de Fabricius, fondé^^ ^ en 1806 (Illiger, Mag, d. Imect. VI, 287), comme base d'une^^^ ® distribution générale en deux sections, que l'auteur proposç de^^ -^ nommer : Hesperidae et Astyci. J'ai examiné avec soin les carac- — ^^' tères que donne M. Scudder pour distinguer ces deux sec — ^^' tions^ et je les ai trouvés non suffisants, déjà par la circonstance^^ ^^ d'être dérivés seulement du sexe masculin. L'auteur dit que^^ -*^ les mâles des Hespérides ont un pli costal plein d'un duve^" soyeux, qui manque au même sexe des Astycides, et que l'extrémité du canal alimentaire des premières est couvert par desB ^^^ fourreaux de cornes qui manquent aux secondes. Il est éviden' -^=3É que ces caractères, même quand ils seraient sûrs, ne sont pas applicables pour distinguer des grandes sections systématique et qu'il faut en chercher d'autres pour classifier ces papilloi exactement. En outre, le pli des ailes antérieures des mâl( était déjà longtemps connu chez plusieurs genres. Il n'est pî convenable d'entrer ici dans un examen plus détaillé de ceti^K^ question ; le peu d'espèces que nous avons à regarder comiriK- e habitantes du pays, se distinguent assez bien, sans prendsr^