‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 25 sur 450 · ENVELOPPES DES ORGANES DE LA CHRYSALIDE · texte numérisé non relu

ENVELOPPES DES ORGANES DE LA CHRYSALIDE

plus oa moins étendue de la prolongation ou de la queue de la chrysalide. On voit clairement sur les côtés des quatre premiers des cinq anneaux postérieurs les stigmates, mais ils manquent souvent au dernier et quelquefois aussi au pénultième, ceux-ci étant toujours plus petits et presque invisibles, quand bien même ceux du dernier anneau existent. Le dernier anneau montre toujours parfaitement bien indiquée l'ouverture anale, mais fermée ; aucune chrysalide ne fait des excréments pendant sa vie dans cet état, laissant au papillon éclos cette première fonction de sa vie nouvelle, qui a lieu aussitôt après l'éclosion sous la forme d'un fluide jaune ou brun comparable au méconium des enfants nouveau-nés. Les anneaux abdominaux libres de beaucoup de chrysalides sont complètement lisses comme toute l'autre surface de l'enveloppe, dans d'autres toute la surface est finement ponctuée ou granulée, et il y en a aussi où les deux qualités sont unies sur la même enveloppe. Ainsi les bords des anneaux libres sont quelquefois garnis de petites granulations ou épines, formant une ligne transversale ou une plaque elliptique sous les stigmates, à chaque côté du corps. Cette particularité se trouve en maximum dans les chrysalides renfermées dans l'intérieur du bois ou d'autres substances dures, et c'est pour le mouvement de l'animal avant l'éclosion jusqu'à l'ouverture de la cavité qui le contient.

Les enveloppes des organes, indiquées sur la surface externe Q^ la chrysalide par des lignes enfoncées, se continuent aussi dans l'intérieur, et forment en vérité des étuis ou des fourr^ux complets pour les différents organes qu'elles renferment.

Au premier moment, les étuis ne contiennent autre chose î^'un fluide assez clair, supporté par des nerfs et des trachées Sues, et comme ces étuis ont déjà la grandeur complète des ^^^ganes du papillon parfait, il résulte évidemment, si on regarde la petitesse des correspondants de la chenille, qu'ils ne sont pas faits par croissance antérieure, mais se forment nouvellement d'une substance organique préparée pour ce but dans l'intérieur de la chenille, sous l'ancienne peau. En vérité, OQ voit les germes bien indiqués sous la peau avant le dépouillement, et on comprend facilement que ce ne sont pas les anciennes pattes écailleuses de la chenille, mais des produits nouveaux, réformés depuis longtemps, comme les germes des ^iles, au dessus d'elle dans le corps de la chenille, recevant leur dernière extension pendant son repos, avant le dépouille-

ment. C'est, de tous les points, le plus surprenant de l'évolution du papillon, comme de tous les autres insectes avec métamorphose parfaite, que la chenille, à Tétat de jeunesse , ne prouve rien de la figure générale et particulière de l'insecte parfait, et que cette figure, ainsi que les organes externes tpus difiérents, se présentent soudainement quand la chenille dépose sa peau et apparaît comme chrysalide. Aussitôt après que ce dépouillement est fait, les organes nouveaux et toute la figure de la chenille sont encore un peu incertains ; son corps est plus étendu, les organes externes un peu plus séparés, plus convexes et faciles à séparer du contact intime ; mais bientôt la figure se consolide; la peau, au premier moment, claire et transparente, devient dure et plus obscure ; les organes externes se fixent entre eux intimement, la portion abdominale du corps se raccourcit plus, et après une demi-journée la véritable configuration de la chrysalide est finie complètement ; seulement la couleur reste encore plus claire, devenant peu à peu, avec les jours ou les mois, insensiblement plus obscure. Cette couleur est ordinairement le brun ou le testacé dans presque tous les papillons hétérocères , le brun rougeâtre passant au noir, et le jaune blanchâtre au jaune d'ocre obscur. C'est une exception quand une chrysalide de ce groupe a une autre couleur. Dans les chrysalides des Rhopalocères, qui sont exposées directement à l'influence du soleil, sans être renfermées dans une coque, des couleurs claires, comme vert, jaune, blanc prévalent et ces chrysalides sont généralement ornées de taches ou de bandes brunes ou noires. Plusieurs ont des taches métalliques, imitant l'or et l'argent, et quelquesunes sont complètement dorées. C'est pour cela qu'on a nommé cet état du papillon la chrysalide, dérivé du mot grec Xpujoç, qui signifie: or.

Nous n'entrons pas davantage dans l'examen des différentes figures des chrysalides, quoique quelques-unes soient véritablement bizarres ; dans notre travail nous aurons plus tard l'occasion de parler, chez les différents genres et espèces, aussi de leur métamorphose et aviser le lecteur de ce que nous connaissons sur elles; cependant les figures des planches de l'Atlas donneront déjà une idée claire des variations formelles des chrysalides qui ne sont pas en nombre moindre que celles des chenilles. Nous remettons le lecteur sur elles, finissant notre exposé général avec l'avis que la durée de l'état de la chrysalide est également

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