SECONDE TRIBU
CREPUSGULARIA
les antennes de ce second groupe supérieur des Lépidop- ^^^t'cs, donnent aussi un caractère principal par leur grosseur, ®^it de figure finement prismatique, ou de figure en fuseau, en- Sï^Cississant dans ce cas peu à peu jusqu'à la fin, où elles ter- ^*^Xnent dans les deux types avec un crochet fin, plus ou moins ^^^^^urbé, de la même manière que les antennes des Hesperiades. **^^iis cette comparaison est seulement générale ; les antennes ^^8 Crépusculaires sont particulières'par la grosseur de leurs ar- ^^-^les prismatiques, ne ressemblent pas au type des Noc- '^^^^ones, ni aux autres en massue du type des Diurnes, car elles ^Ont beaucoup plus grosses et couvertes d'écaillés denses en ^^ssus, comme de poils fins en dessous, formant un type nou- 'V'eau tout particulier, qui justifie aussi bien comme celui des Diurnes la séparation des Crépusculaires de tous les autres Lépidoptères. (Voyez les figures 2-3 de la planche I de TAtlas.) La 'présence des écailles et des poils fins sur la surface des antennes produit que le crochet terminal n'est pas simple, comme celui des Hesperiades, mais couvert de poils fins assez bien visibles, qui donnent au crochet plus la figure d'un pinceau que d'une pointe fine d'alêne, si remarquable chez les Hesperiades et Castniades de l'autre tribu.
En outre, les ailes donnent par leur relation au corps un bon caractère pour les Crépusculaires. Elles sont petites, en comparaison avec le gros au moins le long tronc, et principalement les postérieures beaucoup plus courtes que l'abdomen. La figure 1 de la première planche de l'Atlas, représentant un Sphinx nu,
rend bien reconnaissable cette relation typique des ailes et du corps des Crépusculaires ; on voit bien que les ailes antérieures sont très-étroites, quoique si longues, ou un peu plus longues que le corps, mais les postérieures beaucoup plus courtes et à peine de demi-grandeur des antérieures. Cette relation des deux est générale chez tous les Crépusculaires. Un caractère d'importance le donne l'union des deux ailes de chaque côté entre elles par le crin et le frein, dont nous avons parlé déjà dans l'introduction, page 16. Cette union n'est pas particulière aux Crépusculaires, car elle se trouve aussi chez les Castniades (voyez page 300) et chez la plupart des Nocturnes, et par conséquent elle est de valeur inférieure systématique, quoique Latreille ait élevé la présence du crin et du frem chez les Crépusculaires au caractère principal pour les caractériser (CuviER, Règne animal, tome V, page 387.). Le crin est une soie simple fort courbée chez le mâle, composé de plusieurs un peu plus petites chez la femelle, lequel sort de la base des ailes postérieures (voyez pi. I. fig. 12. c.j et entre dans le frein, un crochet, attaché à la surface inférieure de la nervure costale des ailes antérieures chez le mâle, ou en arrière d'une petite crête de la nervure médiane chez la femelle. Par ce mécanisme sont afiB.chées les deux ailes entre elles, se mouvant toujours ensemble. Il semble que ce mécanisme soit aussi la cause que les ailes des Crépusculaires ne s'élèvent pas perpendiculairement pendant le repos, comme celles de la plupart des Diurnes, mais restent étendues en arrière en position d'un toit, au-dessus du corps, laissant visible la pointe de l'abdomen entre les deux ailes supérieures, un peu baillantes à la fin.
Les autres parties du corps ne donnent pas des marques aussi caractéristiques, étant la tête et le tronc seulement distincts par leur grosseur. En général, les yeux composés sont trèsgrands et leurs facettes bien distinctes, chacune assez convexe, qualité qui produit que la surface de chaque œil composé n'est pas très-luisante, sans le lustre d'une planche polie. Des yeux simples manquent aux Spingides et aux Thyridides, chez les Sesiades et les Zygaenides ils sont présents. La spiritrompe est généralement très-longue, et chez quelques Sphingides la plus longue de toutes connues des Lépidoptères. Les palpes la renfermant sont courts, mais épais, couverts d'écaillés denses, fines, plus ou moins de figure de poils. Sur le thorax on dis-
Lagne bien les grands ptéry godes à chaque côté. L'abdomen lemble composé seulement de six anneaux, le premier étant ixès-court, caché sous les poils du métathorax ; le huitième, uni intimement avec le septième et le neuvième rétréci dans ces deux. Ceux-ci forment une pointe conique, commençant déjà de se former sur l'anneau précédent plus étroit et plus court que les autres. Souvent les parties latérales de l'apparent dernier anneau sont couvertes d'écaillés plus grandes, distant du corps, et formant une sorte de queue plane dilatée au dehors, comme chez les oiseaux au moment du vol. Aussi chez les papillons avec cette décoration, lesdites écailles sont volontairement mobiles et peuvent se tendre plus au dehors, augmentant sensiblement la grandeur de la queue terminale .
Enfin les pattes sont longues, grêles, et principalement les tarses très-allongés, quoique terminant avec des ongles petits, accompagnés d'une plantule bien visible et des paronyches généralement de grandeur modérée, ne surpassant pas beaucoup la moitié de la longueur des ongles. Les jambes antérieures sont toujours assez courtes, et munies au côté interne d'un fort éperon accessoire, occupant presque le milieu de la jambe; les éperons terminaux semblent manquer à la même jambe. (Atlas, pi. I. fig. 18. A), Sur les deux autres paires de jambes se trouvent deux éperons assez grands à la fin, au côté interne de la jambe, et sur la troisième paire aussi une seconde paire d'éperons au milieu, du côté interne. En général la jambe de la seconde paire de pattes est également longue à la cuisse, mais à la troisième paire, plus longue que celle-ci. Les longs tarses portent en dessous deux rangs de fortes épines. (Fig. 18. B.C.)
La description précédente est dédiée à l'insecte parfait ; les chenilles et les chrysalides ne sont pas bien conformes, présentant des différences si remarquables, qu'il me semble mieux de réserver leur description générale aux groupes inférieurs de la tribu, que nous avons à traiter comme inhabitants de notre pays, adjoigant ici quelques notices sur la manière de vivre des insectes parfaits. Aussi sous ce point de vue ils ne sont pas en tout conformes. Il est vrai, les espèces typiques des Sphingides sont des véritables insectes du soir, ils sortent de leur retraite un peu avant le coucher du soleil et continuent en )leine agilité jusqu'au commencement de la nuit, volant de leur en fleur pour chercher le miel avec leur spiritrompe très-
expansible. Ils volent en faisant un bruit quoique faible mab qu'on peut bien entendre, se soutenant devant les fleurs par le mouvement perpétuel des ailes et mettant leur spiritrompe dans chacune avec une dextérité surprenante. — Mais les familles moins typiques des Sesiades et des Zygaenides sont des insectes du jour ; ils cherchent leur nourriture aussi des fleurs, mais non en vol rapide;. ils visitent principalement les Umbellifères et les Syngénésistes^ se mettant sur leurs inflorescences larges en plein soleil et cherchant doucement le miel dans les petites fleurs, l'une après l'autre, se cachant pendant la nuit comme les papillons diurnes.
Les chenilles suivent dans leur manière de vivre une diflférence semblable ; les unes mangent les feuilles des plantes, les autres perforent les troncs et les branches des arbres ou des arbustes, rarement des herbages mous, mangeant le bois ou la substance végétale interne. — Celles de la première- catégorie sont tantôt nues, décorées de belles couleurs (Sphingides), tantôt couvertes de poils fins, denses, se changeant dans un cocon dur en chrysalide ovalaire (Zygaenides) ; les chrysalides des autres sont généralement plus allongées, presque cylindriques, pointues à la fin postérieure, et ne forment pas des tissus pour s'envelopper, se cachant dans la terre ou dans les troncs des plantes nutritives, sans précaution particulière, au sein de leur retraite.
La tribu n'est pas très-nombreuse des familles et des espèces ; nous en avons dans notre territoire seulement les deux familles des Sphingides et des Sesiades, les autres des Thyrides et des Zygaenides étant particulières à l'Ancien- Monde C).
Les deux indigènes se distinguent systématiquement conime il suit :
I. Ocelli nulli ; alae anticae lanceolatae^ cum vena simplici dcrsali
ante marginem^ in base bipartita. 1. Splitiiiitdae.
II. Ocelli dm adsuntj alis anticis angustis, cum vena dorsali obso-
leta in ipso margine, 2. Seslaclae.
{*) Les familles des Glaucopides et des Agaristides, que quelques auteurs portent aux. Crépusculaires, me semblent mieux placées entre les Nocturnes, à côté des Lithosiades et Arctiades.