‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 30 sur 450 · PREMIÈRE TRIBU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE TRIBU

RHOPALOCERA

Prenant la configuration grêle des antennes terminant en massue comme le seul caractère principal pour déterminer ce groupe, nous ne trouvons la même figure dans aucun autre groupe des papillons. Les antennes des Rhopalocères sont généralement très-fines à la base, toujours sans poils prononcés ou des ramifications des articles et très-souvent aussi sans écailles, terminant par un accroissement, soit à la pointe même, soit un peu avant, et dans ce cas, finissant par une pointe très-fine, comme une alêne plus ou moins recourbée. Quelques variations particulières se présentent dans la figure de l'accroissement nommé la massue. Elle est tantôt d'une circonférence également circulaire, tantôt plus ou moins comprimée, imitant la figure d'un triangle à coins arrondis à la manière d'une palette ou spatule. Chez les Piérides et Hespériades, les antennes sont couvertes d'écaillés, chez d'autres familles, comme les Papilionides, Danaïdes et Pavoniades, nues.

La tête est assez petite, mais les yeux sont grands. Les Hespériades se distinguent des autres familles par une tête relativement plus grande. Des stemmates ou yeux lisses manquent, sauf chez les Caétniades, famille aberrante, rapprochée par quelques points de vue au type des Sphingides, quoique par les antennes appartenant aux Rhopalocères. La spiritrompe est longue, et les palpes qui la couvrent sont tantôt grands, tantôt assez petits ; exceptionnellement grands chez le genre Libythea,

Le corps des Rhopalocères n'a rien de particulier, il n'est pas très-grand, ni très-fort, et assez souvent petit en comparaison avec les ailes; principalement l'abdomen est petit, un peu comprimé et assez grêle, quand le thorax, en relation avec les grandes ailes, a une extension assez considérable.

RHOPâLOCÉRES ou diurnes 47

Les ailes se distinguent par leur grandeur, relativement assez remarquable. Les antérieures sont assez larges, avec des bordures courbées, les postérieures plus ou moins circulaires. Celles-ci ont tantôt la saillie abdominale très-large, comme la plupart des papillons diurnes, tantôt cette saillie manque complètement chez les Papilionides. Ces mêmes ailes, trèsélargies à la base, au côté antérieur, n'ont pas le crin pour s'unir avec les antérieures par le frein (voyez page 16), sauf les Castniades, qui sont pourvus de cet apparat, et prouvent par sa présence leur aberration du type des vrais papillons diurnes, quoique par leurs antennes et leur manière de vivre ils appartiennent aux Rhopalocères. Une particularité remarquable de la plupart des diurnes est leur manière de tenir les ailes élevées pendant le repos , en position perpendiculaire au dessus du corps; mais cette coutume n'est pa^ générale; les Hespériades ne la suivent pas, ils tiennent leurs ailes demiouvertes en position horizontale et se distinguent, comme par plusieurs autres qualités, du type général de la tribu, de la manière semblable aux Castniades, qui s'éloignent encore un peu plus des autres familles. Ceux-ci forment, comme nous l'avons déjà dit plus haut, un type de transition aux Crépusculaires, auquel les Hespériades indiquent la transition du côté du vrai type des Diurnes.

Les pattes offrent les caractères les plus distinctifs pour la séparation des familles et, par cette raison nous les décrirons un peu plus en détail. Les cuisses ne donnent rien pour ce but , uniquement les jambes et principalement les ongles et les appendices du dernier article des tarses. Ce ne sont pas les jambes elles-mêmes, mais les éperons terminaux du coin interne, lesquels montrent quelques caractères d'importance. Ces éperons sont en général assez petits chez les papillons diurnes, au moins les deux de la première paire des pattes qui semblent même manquer, devenant un peu plus grands aux autres. Les Hespériades et les Castniades sont les seuls papillons diurnes qui ont deux paires d'éperons à la troisième paire des jambes, l'une à la fin, l'autre un peu au dessous du milieu au côté interne. Ce caractère des deux familles donne une nouvelle preuve de transition au type des Crépusculaires et des autres tribus, où le même cas des éperons doubles est la règle.

Une importance systématique du même rang se trouve dans

48 INSECTES LÉPiDOPTÉRES

les pattes antérieures, à mesure que ces pattes sont de la grandeur complète, ou réduites à une petitesse rudimentaire. Chez les vrais Papilionides, les Piérides, Lycaenides, Hespériades et Castniades, ces pattes sont de la grandeur des autres, ou même un peu plus grandes que celles du milieu, conservant toutes leurs articulations dans la relation générale entre elles. Chez les autres familles les pattes antérieures sont réduites à une petitesse surprenante, perdant quelquefois aussi l'articulation des tarses. Cette décadence se trouve tantôt chez les deux sexes, comme dans la famille des Danaïdes, Heliconiades et Nymphalides, tantôt seulement chez les mâles, comme dans celle des Eycinides. Chez les mâles les tarses des pattes antérieures rudimentaires sont plus imparfaits, formant quelquefois un seul article un peu renflé au bout et orné de quelques petites dentelures (pi. IV, fig. 6 ^4) ; chez les femelles les tarses des pattes rudimentaires sont parfaitement articulés et de la même figure que les autres, sauf la petitesse extrême (fig. 7, 13, 14 B). Plus des variations nous montrent les ongles terminant les tarses par leurs appendices. Ces organes plus ou moins courbés, terminant en crochet fin, sont chez les Papilionides assez longs, peu courbés et simples, c'est-à-dire sans dents ou fissure à la fin, supportés par la petite palette entre eux qui les embrasse un peu au côté extérieur (pi. IV. fig. 6. B). Chez les autres familles les ongles sont plus courts, plus petits, et tantôt élargis à la base, s'étendant ici à la figure d'un angle aigu ou d'une dent, comme chez les Nymphalides ; tantôt fendus à la pointe, terminant par deux petits crochets, l'un au dessous de l'autre, comme chez les Piérides. Chez toutes les familles avec des ongles petits, la palette intermédiaire qui les porte (voyez page 18) devient plus grande et sort plus au dehors, formant les appendices particuliers que nous avons décrits plus haut (1. 1.), le médian comme plantule et les latéraux comme paronyches. Les deux subissent des différentes formes, étant tantôt assez grands, tantôt plus petits. Dans quelques familles, par exemple chez les Nymphalides, les paronyches ne sont pas de petites lames entières, mais fendues, divisées en plusieurs lambeaux souvent fins et pointus, qui imitent quelquefois la figure des ongles (pi. I, fig. 22), donnant les vrais ongles comme fendus. Une autre exception remarquable montre les deux genres des Nymphalides, Agraulis et Euptoeta qui n'ont ni la plantule ni les paronyches aussi grandes que les autres,

RHOPALOCÉRES OU DIURNES 49

imitant par cela, la configuration des Papilionides, quoique leurs ongles soient petits et ressemblent plus au type des vrais Nymphalides.

Enfin, nous avons à noter entre les variations du type général, un caractère remarquable des ailes antérieures chez la sous-famille des Satyrides, où la base des deux nervures principales nommées antérieurement costale et médiane, est renflée, formant une petite bulle ou ampoule de figure trèsallongée qui se lève sensiblement au-dessus de la surface plane de la membrane de l'aile. Une semblable configuration desdites branches se trouve aussi chez les genres Myscelia, Eunictty Byblis et Cystineura,

Le tronc du corps des papillons diurnes ne donne pas un autre caractère général que celui de sa petitesse en comparaison avec les ailes. Principalement Tabdomen est très-petit, d'une figure presque cylindrique, un peu comprimé des deux côtés, plus renflé au milieu chez la femelle, et engrossi à la fin chez le mâle. Au-dessous de la pointe terminale, on voit chez les mâles deux grandes valvules, cachant les organes sexuels (pi. III, fig. 5 et pi. IV. fig. 9, A) et une ouverture accompagnée de lames beaucoup plus petites, ou entièrement nue chez la femelle (pi. III, fig. 3 et pi. IV, fig. 9, B).

Il nous reste à dire quelques mots de la chenille et de la chrysalide des papillons diurnes.

Concernant les premières, elles sont autant variables de figure que les chenilles en général ; aucun des types déjà mentionnés plus haut ne manque à celles des papillons diurnes. Nous en connaissons des nues et des couvertes, soit de poils, soit d'épines, mêmes des ramifiées. Un coup d'œil sur nos planches II, IV, VI, VII et IX montre assez clairement la variabilité des chenilles dans cette tribu. Un peu plus fixes sont les formes des chrysalides. En général, on peut dire que les chrysalides des papillons diurnes ont une figure plus variable que celles des autres tribus, inclinant à des figures anguleuses, avec des cornes, des coins et des tubercules, qui ne se trouvent pas chez d'autres. Aussi les couleurs très-vives et des taches métalliques, sont propres aux chenilles des papillons diurnes. Plus de la moitié des espèces subissent leur métamorphose ouverte, sans coque, et les chrysalides sont tantôt suspendues, tantôt succeintes (voyez page 38). Les autres renfermées dans une coque ou cachées sous une enveloppe autrement

construite, font cette couverture assez légère et aucune chenille d'un papillon diurne ne fait des fils de soie copieux. Toute; sont pauvres en regard de la tisseranderie.

Nous divisons les papillons diurnes en dix familles, qui s distinguent de la manière suivante :

I. Ocelli nulli; alae posticae basi valde dilatatae, liberae; subu frenuloque deficientibtis.

A. Tibiis posticis in solo apice bicalcaratis.

t. Pedibm omnibus ntrimqne sexm perfectis, plus minm'm^i elongatis,

a. Ungiiibus tarsorum longis, liberiSy simplicibus^ parum cur^vatis,

Page 1