‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 312 sur 450 · NOCTURNA · texte numérisé non relu

NOCTURNA

€s papillons de cette tribu, la plus nombreuse d'espèces, sont aussi les plus variables de leurs caractères et par consé- <l^xoxit les plus difiGLciles à déterminer scientiâquement, au moins ^i^ I>eu de mots. Souvent ils ont un corps court, épais, ovalaire, a^'v^^c des ailes grandes et larges ; mais il y a aussi des types a»veç un corps assez petit, plus ou moins conique, pointu en arrière et des ailes étroites, au moins les antérieures, quand les postérieures, quoique toujours plus courtes, deviennent larges ^t plissées longitudinalement pendant le repos ; les quatre ï'eclinées sur le corps en arrière, le couvrant comme un toit, soit de position inclinée avec une crête médiane, ou soit comme ^ïie plaine, les ailes parallèles Tune sous Tautre. Une troisième catégorie la donnent les espèces avec un corps cylindrique et ^^s ailes très-grandes, que les papillons tiennent en repos hori- ^outalement étendues. Enfin il existe une famille, celle des Grlaucopides , où les ailes postérieures sont très-petites en comparaison avec les antérieures, imitant le type des Crépusculaires et principalement celui des Zygaenides, auxquels ces Papillons sont de la plus grande harmonie.

Le caractère principal le donnent également pour cette tribu les antennes, par leur figure grêle, sensiblement plus fines vers 1^ pointe, nommées en langue scientifique sétacées, et la préseace de poils fins assez longs et denses sur les articles. Mais très-souvent chaque article a un ou deux rameaux externes à chaque côté, distants horizontalement en direction opposée, ^oruxant une espèce de peigne ou de panache, et changeant la ^S^re sétacée en pectinée ou plumeuse. Cette qualité, toujours plus forte chez les mâles que chez les femelles de la même es- P^ee, est presque générale chez la sous- tribu des Bombycoïdes,

donnant leur caractère principal diagnostique, quoique quelques membres de la même sous-tribu, des Lithosiades,sont dépourvus de lui.

Les organes de la bouche sont en général peu développés, les palpes petits, peu saillants en avant, la spiritrompe courte, souvent rudimen taire ou presque nulle, jamais plus longue que le corps. Les jeux composés sont petits, mais leurs facettes assez grandes ; des yeux simples se trouvent chez la plupart au côté des composés, mais ils manquent assez souvent et même chez les familles les plus typiques de la tribu. Le thorax est fort, en comparaison avec la tête petite; le prothorax bien visible comme la partie antérieure plus séparée, quoique moins large, et les ptérygodes assez grandes, couvrant bien la base des ailes. Celles-ci montrent aussi des variations remarquables. Chez la seule famille des Épialides les quatre ailes sont presque égales de figure et grandeur, chez toutes les autre» les posté rieures restent plus petites que les antérieures, quoique elles soient rarement aussi petites comme celles des Sphingides. La famille des Glaucopides est la seule, comme je Tai déjà dit, qui se rapproche par la petitesse des ailes postérieures au type de ces Crépusculaires. Il est digne de noter que cette famille possède, comme les Zygaenides, deux branches dorsales presque parallèles dans les ailes antérieures ; mais cette même configuration se trouve aussi dans quelques autres Nocturnes, par exemple les Cossides et les Psychides. Souvent existe au lieu de la branche antérieure une plissure faible dans la membrane de l'aile, qui ressemble au cours d'une nervure. Les ailes postérieures montrent les différences correspondantes subordonnées, non-seulement de la grandeur mais aussi de la distribution des nervures. Une des plus remarquables est la présence ou le manque du crin à la base de la bordure antérieure, et celle du frein aux ailes antérieures, si le crin manque aux postérieures. Ce manque existe chez les familles avec des ailes très-larges, comme chez les Epialides, Saturniades et Bombycides; les autres, avec des ailes antérieures plus étroites et les postérieures plus faibles, possèdent cet apparat particulier d'union entre elles.

Delà figure de l'abdomen, j'en ai déjà parlé; il est assez grand, ovalaire ou gros-conique chez les grandes espèces des Bombycoïdes ; allongé-conique, avec [une sorte de queue d'écailles soyeuses chez les Noctuacés, et cylindrique chez les

Géométrides et la plupart des Lithosiades ; toujours celui du sexe masculin est un peu plus petit et plus grêle.

Les pattes ne donnent aucun autre caractère presque général diagnostique, que la présence de deux paires d'éperons sur les dernières jambes ; mais dans beaucoup des Bombjcoïdes manque lu paire supérieure, près du milieu de la jambe. Ces mêmes papillons ont généralement des pattes courtes très-velues, sauf les Lithosiades, quelques Arctiades et les Gauclopides, qui se distinguent par des pattes plus longues, nues et généralement pourvues de deux paires d^éperons sur les postérieures. Chez les Noctuacés et les Géométrides ce dernier type est le dominant. Les ongles des tarses sont toujours trèspetits, mais les tarses même chez les types avec des pattes nues, allongées, très-longs, aussi longs ou plus longs que les jambes. Une exception font à ces lois beaucoup des Géométrides, qui ont les tarses postérieurs très-courts, plus courts que les jambes.

Les chenilles des Nocturnes sont également variables comme les papillons. Chez les Bombycoïdes elles sont presque toujours très-velues, couvertes de longs poils denses, ou même de fortes épines dentelées ou ramifiées, qui couvrent le corps, distribuées d'après une loi fixe sur le corps en différents nombre et position. Beaucoup des espèces de cette qualité produisent une douleur forte sur la main qui les touche ; douleur qui semble être occasionée par les pointes fines des rameaux des épines ou des poils, perforant la peau de la personne qui les touche et restant cassées danslapetiteouverture faite. La douleur est trèsforte et désagréable mais ne dure pas longtemps. Chez la plupart des Noctuacés les chenilles sont nues, ressemblant à celles des Sphingides par le nombre de seize pattes, mais se distinguent facilement par le manque de la corne sur le onzième anneau du corps. Une telle corne se trouve dans quelques Bombycoïdes, mais seulement en société avec des semblables sur les anneaux antérieurs, par exemple chez le genre Ceratocampa, Toutes différentes sont les chenilles des Géométrides par leur corps très-grêle, nu, muni seulement de dix ou plus rarement douze pattes, manquant les deux à trois paires des anneaux 6-8 du corps. Enfin il y a aussi quelques chenilles toutes nues chez les Bombycoïdes, par exemple celles des Cossides et Ëpialides. Ces chenilles vivent à la manière de celles des Sesiades et Castniades, dans l'intérieur des plantes, perforant les troncs même du bois très-dur et mangeant cette substance.

Toutes les chenilles se changent en chrysalides enfermées dans un cocon fait par la chenille, soit de fils de soie ou d'une substance glutineuse, devenant bientôt dure, mêlée avec des substances hétérogènes du bois mangé, des autres débris, ou des poils qui couvraient auparavant le corps de la chenille. Les chrysalides sont ovalaires, souvent plus allongées, presque cylindriques, imitant la figure du corps du papillon parfait, sans coins et autres protubérances remarquables. Les cocons sont en général cachés sous des substances voisines utiles à ce but, mais quelquefois aussi suspendus librement dans Tair des rameaux des plantes nutritives. Leur figure est ovalaire, plus ou moins allongée et la surface externe de couleur sombre-grise ou ^brunâtre. Les chrysalides sont | toujours brunes, plus ou moins foncées et souvent complètement noires.

La manière de vivre est véritablement nocturne chez la plupart des papillons ; ils sont cachés pendant la journée sous les objets de leur retraite, d'où ils sortent au commencement de la nuit, volant pendant la moitié d'elle jusqu'à minuit et cherchant à. satisfaire leurs besoins. L'accouplement des sexes est le principal et chez beaucoup le seul, car la petitesse de la spiritrompe chez la plupart des Bombycoïdes semble indiquer qu'ils ne prennent pas de nourriture pendant cette dernière époque de leur vie. En général restent ces mêmes espèces grandes et grosses longtemps dans l'état de la fonction sexuelle, et souvent on trouve encore les deux sexes unis au matin, qui ont réussi pendant la nuit dans leurs efforts d'accomplir cette action.

Les chenilles sont moins nocturnes, on les trouve sur les plantes nutritives pendant la journée et quelques-unes en grande société mangent les feuilles avec voracité. Plusieurs, nues, vivent cachées dans l'intérieur des plantes et des arbres, et d'autres se cachent dans la terre pour manger des racines.

La distribution naturelle de ce vaste groupe est un objet de grande difficulté. Je préfère aussi dans ce cas conserver la distribution ancienne de trois groupes subordonnés, que je nomme sous- tribus, et qui se distinguent de cette manière :

1. Bombycoïdes. Antennes généralement pectinées ou plumeuses ; spiritrompe petite ; corps épais ; l'abdomen plus ou moins ovalaire, rarement conique ou cylindrique. Ailes des espèces typiques grandes, ovalaires, souvent sans crin et sans frein, reposées en toit sur le corps. Chenilles généralement trèsvekis, avec 14-16 pieds.

SOUS-TRIBU BOMBYCOIDES 907

2. SfiietiiAcca. Antennes sétacées, quelquefois faiblement pectines ; spirîtrompe assez longue, corps moins gros, l'abdomen toujours conique. Ailes antérieures étroites, allongéestriangulaires ; les postérieures larges, plissées en état de repos, où elles sont horizontalement reclinées en arrière, sur le corps, toujours avec un crin et frein. Des chenilles la plupart sont nues, avec 14-16 pieds.

3. Cveometrina. Antennes plus ou moins plumeuses, au moins chez les mâles ; spiritrompe petite ; corps grêle ; Tabdomen ^conique ou cylindrique ; ailes grandes, reposées horizontalement étendues aux côtés ; chenilles toujours nues, trèsgrêles, avec 10-12 pieds.

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