‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 4 sur 450 · CONFIGURATION DU CORPS · texte numérisé non relu

CONFIGURATION DU CORPS

petite que l'antérieure et toujours plus rétrécie ; elle est presque concave. On distingue sur cette surface la nuque, la gorge, les joues et les tempes, selon la position au dessus et au dessous du grand trou occipital, ou à ses côtés, entre le trou et les yeux, plus en bas ou plus en haut de ceux-ci. Mais tous ces organes ne se prononcent pas bien chez les papillons, à cause des écailles qui couvrent la surface de la tête, laissant voir uniquement les palpes de la lèvre inférieure, sortant plus ou moins en dehors du vêtement général. Ceux-ci, avec les antennes et les yeux, sont les organes delà tête les plus importants pour la classification systématique des papillons.

Les yeux ont une forme assez semblable chez tous les Lépidoptères, quoiqu'ils se trouvent de deux catégories : les composés etles simples. Les yeux composés (oculiy fig. 6 et 7, c. c) sont deux grandes rondelles convexes de figure ovalaire, une de chaque côté de la tête, à surface finement granuleuse, qui apparaissent composées d'une quantité de petites facettes convexes hexagonales, assez visibles et très-distinctes au moyen d'une lentille grossissante. En raison de la grandeur relativement assez considérable de chaque facette, les yeux composés des Lépidoptères ne sont pas très-polis. Leur surface a un éclat très-faible, un peu soyeux, quoique le nombre des fossettes de chaque œil soit considérable et s'élève à plusieurs milliers. On prétend en avoir compté dans l'œil du Bombyx Mori 6,236, chez Cossus Ligniperda 11,300 et même jusqu'à 17,325 (Westwood, Introd.^ etc. II, 311.). Souvent les facettes sont entourées de poils courts mais très-serrés, sortant des sutures qui les séparent et formant une sorte de paupière. Les yeux simples (ocelli ou stemmala) n'existent pas dans tous les Lépidoptères, lûais on les rencontre principalement chez les Microlépidoptères, où ils sont au nombre de deux situés du côté interne d^s yeux composés, plus au sommet, en arrière des antennes. Chaque ocelle forme une petite facette très-convexe, luisante, de couleur obscure ; les yeux composés, au contraire, affectent des couleurs variées, ils sont noirs, bruns, rougeâtres, verts et jaunes.

Plus importantes sont les différences de formes dans les antennes {antennae). Elles sont situées sur le front, près du l>ord interne de chaque œil, dans une fossette d'articulation assez grande, ronde, laquelle reçoit l'article basilaire toujours plus gros que les autres qui suivent (fig. 6 et 7, 6. 6.). Cet

article basilaire est sans écailles, mais généralement couvert par les écailles voisines de la tête. Les autres articles sont unis au premier par un second toujours plus petit et plus ou moins sphérique que suit un troisième plus long, cylindrique, mais généralement de la même forme que les suivants. Ceux-ci sont courts, annulaires et assez nombreux, variant de trente à quatre-vingt-dix, et même quelquefois encore plus (*). Chez les papillons diurnes, nommés Rhopalocères, de la forme générale des antennes en massue, chaque article est de circonférence circulaire avec une petite excroissance au milieu. Les derniers articles se développent latéralement, ce qui les rend plus larges que longs (fig. 4.). Chez les Sphingides (fig. 2.), la forme de chaque article est triangulaire, avec une petite crête aiguë au dessous, qui donne à cette surface la forme d'une scie, pendant que la surface opposée supérieure est couverte d'écaillés et l'inférieure de poils courts (fig. 3.). Chez les grandes espèces de Bombyx^ à antennes pectinées (fig. 5.), de chaque article aux deux côtés sort une branche ou dent double, dont les contours sont revêtus d'une frange de poils fins ; les branches antérieures et supérieures sont plus courtes que les inférieures et postérieures. Quand les branches des articles sont très-longues, on nomme ces antennes plumeuses. Quelques autres antennes affectent une figure moyenne entre celle-ci et celle des Sphingides. En général, la forme la plus fréquente des antennes est la filiforme, avec un faible amincissement à leur extrémité, et très-souvent les antennes des mâles sont pectinées ou plumeuses, quand celles de la femelle sont simplement filiformes. C'est cette raison qui a fait donner aux papillons de ce groupe le nom de Hétérocères. Tous ces types d'antennes subissent une infinité de variations, et rendent impossible leur description générale en détail.

Les organes de la bouche du papillon occupent toute la surface de la gorge et se composent, comme chez les autres insectes, de deux lèvres, la supérieure et l'inférieure, et deux paires de mâchoires dans la même position ; mais chacune de ces six parties a une configuration particulière, différente des correspondantes des autres ordres. Chez la plupart des insectes, la lèvre et les

(*) J'ai compté chez le Danois Archippus 35-36 articulations, chez le Bombyx Atlas 38-40, chez le Philampelus VitU 75-76, chez VErebus Strix 88-90, chez quelques Microlépidoptères avec des anteunes très-allongées, leur nombre surpasse plus de 100 articulations.

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