‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 44 sur 450 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Avant de quitter la famille des Papilionidesj'ai à adjoindre quelques observations ultérieures sur les nervures des ailes, non expliquées dans la description générale, les comparant avec celles des autres familles des ^^pillons diurnes. Comptant les rameaux externes des ailes antérieures ^^puis Tangle antérieur jusqu'au postérieur, on en trouve neuf, dont le ^^cond et le troisième sont les deux branches de la cellule à fourchette, ^hez tous les autres Lépidoptères diurnes on en compte seulement huit, \^^rceque le rameau externe de la cellule à fourchette occupe la pointe de ^'^ile, mais chez les Papilionides le rameau sortant avant cette cellule de la ^f^nche sous-costale, qui chez les autres diurnes est plus court et dirigé au ^ord antérieur de l'aile, terminant un peu avant la pointe de Tangle terminal. De tels rameaux externes, les Papilionides en ont trois avant la cellule à fourchette, comme les papillons diurnes en général, avec quelques exceptions, par exemple chez le genre Gonopteryx et la plupart des autres Piérides. A ce caractère diagnostique des Papilionides accèdent quelques autres de moindre particularité, mais toujours d'une assez grande importance. Telle est la présence d'un petit rameau transversal de conjonction entre la branche médiane et la dorsale des ailes antérieures, tout près de la base. Cette petite nervure de conjonction se trouve toujours bien parfaite chez les Papilionides, mais manque généralement chez les autres

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diurnes. Ainsi les Piérides n'ont aucun vestige de ce rameau, parce que les deux nervures principales sont très-rapprochées Tune à l'autre à leurs bases. Chez les Danaïdes et les Héliconiades on voit un reste du rameau dans un accroissement tout près de la base de la médiane, se rapprochant avec un petit angle assez aigu un peu plus à la dorsale. Chez la plupart des Nymphalides cet accroissement avec Tangle aigu est aussi présent, mais sa figure particulière est plus variable. Ainsi on voit chez Colaeniê Julia la pointe de l'angle prolongée au dehors en longue épine courbée, se dirigeant vers le bord externe de l'aile. La voisine espèce d'Agraulis Vanillœ n'a pas cette épine, mais un angle faible à peine visible et chez d'autres Nymphalides plus typiques, comme le genre Paphia (ou Anaea), il manque aussi, parce que les deux branches sont également voisines l'une à l'autre comme chez les Piérides. Cette même configuration présente les grands Morphoides, principalement les espèces du genre Pavonia; plus ouverte est la distance des deux troncs chez les Morphides et Brassolides qui ont l'indication du rameau conjonctif un peu plus distincte : chez les Satyrides et les Hespériades le rameau conjonctif n'existe pas. Jamais on ne voit ce rameau conjonctif sur la surface supérieure de l'aile, seulement sur l'inférieure, quoique les deux branches de la médiane et de la dorsale soient assez levées au-dessus de la membrane de l'aile et bien visible à sa surface supérieure.

Un troisième caractère des ailes des Papilionides le donne la nervure dorsale par son rameau court mais fort, sortant de la base du tronc au côté postérieur et se dirigeant courbé au bord, terminant ici presque à un quart de la longueur du bord entier. Ce rameau donne encore un bon caractère de la différence entre les deux genres Papilio et Euryadeê. Car, chez Papilio, il est toujours séparé du tronc dorsal jusqu'à la base même, se dirigeant au-dessous du tronc et prenant sa naissance au-dessous de la nervure dorsale, mais chez Euryades la base du tronc médian est entière et le rameau sort du tronc latéralement à une distance assez grande de l'articulation basilàire de l'aile. On voit ce rameau toujours sur la surface supérieure comme sur l'inférieure. Aucun autre diurne n'a pas ce rameau aussi parfait comme les Papilionides, mais on reconnaît dans plusieurs familles ses vestiges. Ainsi quelques Piérides ont une trèsfaible nervure accessoire à Isl base de la dorsale, dirigée obliquement au bord postérieur. Un peu plus visible se présente une petite nervure semblable chez les Morphoides et môme chez quelques Héliconiades, on croit voir une indication de la même nervure accessoire de la dorsale. Mais dans toutes les familles avec un vestige de telle nervure, elle est beaucoup plus faible que chez les Papilionides et la présence d'une nervure dorsale accessoire parfaite donne un troisième caractère très-diagnostique pour cette grande et la plus parfaite famille des Lépidoptères diurnes.

Les particularités des ailes postérieures sont également grandes, la principale provenant du manque de la saillie abdominale, nous l'avons avisé.

Avec cette saillie manque aussi toujours le petit rameau inter-abdomi-

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nal que les diarnes avec une telle saillie possèdent. L'autre différence donne la petite cellule entre la costale et la sous-costale à leur base. Une telle cellule manque aux autres familles, sauf les groupes des Pavoniades et Brassolides, qui la possèdent d'une figure variable et quelquefois plus grande.

SECONDE FAMILLE PlERIDA

La famille qui nous occupera à présent est une des mieux circonscrite et facile à reconnaître par presque tous les organes du corps. — Celui-ci est petit, en comparaison avec les grandes ailes ; la tête a des yeux colorés, généralement Terdâtres, toujours nus ; les antennes terminent de deux manières, tantôt avec une massue très-insensiblement formée et peu renflée au bout, tantôt avec une dilatation abrupte, triangulaire, comprimée, tronquée au bout. Les palpes jsont grêles, mais assez longs. Les ailes longues ont toujours une cellule discoïdale fermée, mais le rameau récurrent, qui ferme cette cellule, est faible et plus faible que les autres nervures. Dans les ailes antérieures se trouvent sept cellules marginales, ou quelquefois six chez les espèces les plus petites, quand la cellule à fourchette, occupant toujours la pointe des ailes, est très-petite ou réduite à nulle. Les ailes postérieures ont une saillie abdominale avec deux nervures un peu inégales ; le nombre de leurs cellules marginales est de six, et la branche sous-costale se divise en trois rameaux, comme chez les papUlons diurnes en général et aussi chez les Papilionides. Le thorax et la base de l'abdomen sont généralement couverts de longs poils soyeux blanchâtres, très-caractéristiques pour les genres typiques de la famille. — Egalement caractéristiques sont aussi les pattes ; soit par leur perfection complète des trois paires, ou soit par la gracilité de chaque paire et sa petitesse, en comparaison avec les longues pattes des Papilionides et de quelques Danaïdes. Aux jambes antérieures, remarquables par leur grand accourcissement, manque l'éperon basilaire des Papilionides, mais les quatre jambes postérieures ont deux éperons fins à leur extrémité. Les tarses sont longs en comparaison avec les jambes et portent des ongles très-petits, accompagnés généralement d'une plantule et des paronyches assez grands. Chez le genre Colias manquent ces appendices.

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Les ongles mêmes sont fendus à la pointe, terminant chacun par deux crochets fins.

Les chenilles n'ont pas de décorations externes, sauf des poils fins, qui donnent au corps une pubescence générale ; leurs couleurs sont claires, verdâtres, ponctuées de noir. La chrysalide est anguleuse, mais sans crêtes très-élevées, avec une tête pointue, élevée plus ou moins en cône, aussi d'une couleur verdâtre ou blanchâtre, souvent ponctuée de noir. Elle n'est pas suspendue, mais érigée, la tête en haut, soutenue par un lien transversal sur le dos, suivant le type des succeints.

La famille est nombreuse d'espèce et répandue sur toute la surface habitable du globe. La couleur dominante du papillon est la blanche ou la jaune-claire, et la nourriture des chenilles prise des plantes crucifères ou légumineuses. Les espèces de couleur claire, blanche ou jaune, sont amies du soleil, elles volent au dehors des forêts, sur les plaines ouvertes, même dans la chaleur la plus forte, cherchant de fleur en fleur le miel, et étant toujours en activité. J'ai vu souvent, pendant mon voyage au Brésil, une centaine d'individus de la même espèce arrêtés au milieu du chemin sur une flaque, ou une accumulation de boue intermêlée d'eau, cherchant l'humidité et suçant l'eau en plein soleil ; tous très-agiles et s'envolant dès que mon cheval se rapprochait de leur place de repos. Les espèces de couleurs obscures des genres Leptalis et Euterpe n'ont pas cette coutume ; elles vivent dans l'ombre des forêts et ne se trouvent pas en société, tandis que celles des genres Pieris et Colias se réunissent quelquefois à grands essaimis de plusieurs milliers.

Les genres se distinguent assez facilement d'après la table suivante :

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