STRUCTURE DE LA SPIRUROMPE
les fils de la spiritrompe. La &g. 8 est une section transversale de la spiritrompe vers sa base, vingt fois augmentée; on voit les deux fils avec les deux listons internes, sortant de chacun, et au milieu de la section de chaque âl, son canal interne. Les listons se touchent à leurs angles aigus, renferment le vide du canal médian, coulant à la bouche. Ces angles aigus sont pourvus sur chaque liston d'une frange de petites feuilles triangulaires fines, qui se touchent alternativement par leurs pointes et forment de cette manière Tunion des listons et des fils de la trompe. La fig. 9 montre ces petites feuilles grossies cinquante fois. Sur les listons supérieurs les feuilles sont un peu plus grandes et plus plates que sur les inférieurs, qui sont un peu courbées à la pointe et s'accrochent entre elles comme des agrafes. De cette manière, les deux fils de la spiritrompe sont unis trèsintimement jusqu'à la partie terminale libre, qui porte, au lieu des feuilles et crochets, des papilles et des dents relativement plus grandes et même visibles à l'œil nu.
Il me reste à dire que le petit palpe, à la base de chaque fil, qui chez quelques Microlépidoptères de la famille des Crambites acquiert une grandeur remarquable, prouve évidemment que la nature de la spiritrompe est une métamorphose des deux mâchoires inférieures des autres insectes. Généralement, ce palpe est très-petit, à peine reconnaissable comme un petit nœud, portant quelques poils assez longs ; mais chez lesdits Tinéides il acquiert une longueur considérable, se composant de plusieurs articulations bien distinctes. Dans fig. 7 le petit palpe est indiqué comme une petite tache noire à côté des mandibules rudimentaires.
Enfin, nous avons à parler de la lèvre inférieure, qui ferme les organes de la bouche en arrière, couvrant les autres entre ses palpes assez grands chez tous les Lépidoptères. La portion basilaire de cet organe est également petite et presque rudilûentaire, sortant en arrière de la spiritrompe de la gorge, comme une petite crête transversale triangulaii'e à laquelle sont attachés les deux palpes labiaux. La crête peut à peine être distinguée comme portion séparée, cachée par les écailles qui couvrent les parties voisines de la gorge et sa surface externe ®Ue-même, mais les deux palpes sortent au dehors en avant, et surpassent même la spiritrompe à l'état du repos. Chaque palpe (fig. 7, d.) est composé de trois articles, dont le dernier est souvent très-petit et à peine reconnaissable. Les deux
autres ont un développement assez remarquable et se distinguent bien par leur courbure en haut, formant par le rapprochement de l'un à l'autre une sorte de gaîne qui renferme la spiritrompe. Leur côté externe est couvert d'écaillés longues, très-velues, sauf la troisième articulation, qui reste souvent, sinon sans écailles, au moins couverte de plus petites. Quelquefois elle sort en pointe aiguë largement au dehors, chez les Noctuacées. Les palpes du genre Libythea sont très-grands et horizontalement allongés, très-petits et presque nuls ceux du genre Emesis,
La seconde grande portion du corps, le thorax, est unie avec la première par le cou membraneux déjà nommé. On le voit bien fig. 1, entre la tête et le thorax, sous forme d'un petit cylindre court, couvert chez le papillon intact d'écaillés des parties voisines, car par lui-même il n'a jamais d'écaillés. Le thorax se compose dans tous les insectes de trois anneaux que nous avons déjà indiqués dans les généralités de la classe, sous les noms de prothorax , mesothorax et metathorax. Quoique les bordures des trois anneaux soient bien indiquées sur le corps nu, sans écailles, comme le prouve notre fig. 17, on ne voit rien des sutures conjonctives quand le corps est couvert de ses écailles ; tout le thorax semble être une pièce unie, une faible différence de la couleur ou de la direction des écailles indique seule cette composition des trois anneaux. Même sur le corps dépourvu d'écaillés et vu de dessus (fig. 1), la subdivision est très-peu visible, parce que le mésothorax occupe presque toute la surface dorsale du thorax s'étendant en avant et en arrière sur les deux autres anneaux. On voit généralement sur cette grande pièce dorsale une ligne médiane longitudinale, qui se détache en deux branches transversales vers l'arrière, formant ici un appendice plus convexe, bien séparé, presque semi-lunaire, nommé l'écusson (scutellum), comme chez les autres insectes, et laissant à l'autre partie plus grande antérieure le nom de mesonotum. De cette manière le mésonote couvre presque tout le dos du thorax d'un papillon, laissant visible seulement une petite partie des autres deux anneaux en avant du mésonote et en arrière de l'écusson.
Cette relation des trois anneaux se comprend parfaitement en examinant la vue du côté (fig. 17), principalement par la différente manière de notre dessin, le prothorax étant strié et le metathorax ponctué. On voit par cette figure que la bordure