Genre Collas, Fabr
Illig. Magaz. d, Insect. VI. 284.
La tête et le corps de ce genre sont de la configuration, du suivant, sauf les antennes et les palpes. Celles-là forment une massue un peu plus grosse, quoique tronquée aussi au bout, et ceux-ci sont couverts de poils plus longs à la pointe et même sur la surface supérieure entre les écailles. Aussi le front et le sommet de la tête portent des poils. Les ailes sont relativement plus petites et les antérieures moins larges, mais la distribution des nervures est la même. Les mâles de quelques espèces ont aussi une tache glanduleuse à la base des deux ailes, de la même manière que dans le genre suivant. I^e caractère principal du genre les ongles des tarses le donnent, lesquels sont plus grands et plus allongés que chez les autres genres, aussi libres à leur base, sans plantule et sans paronyches. La fissure à la pointe de l'ongle est inégale, et la pointe supérieure beaucoup plus longue que l'inférieure, très courte et faiblement indiquée.
Les chenilles ressemblent à celles des autres genres ; les chrysalides sont moins épaisses et carénées sur le dos.
Les espèces du genre sont généralement d'une couleur d'orange en dessus, avec une bordure noire externe et une tache petite argentée, au centre de la surface inférieure ; elles préfèrent la zone tempérée à la tropicale et se répandent jusqu'à la polaire. Toutes sont d'une taille moyenne, inférieure à celle des genres Pieris et Callidryas.
Nous avons une seule espèce dans notre territoire.
Collas liesbla, Fabr.
C supra anroro-rubra, subtus flavescens, capite antennisqtie rubrisj
96 LÉPIDOPTÈRES PIERIDES
subtus alis postids gutta argentea, rufo-cincta. Exp.alar. l|-2" (4-5 cm.).
Mas : supra Mus auroro-ruber, alis limbo externo auguste nigro Femina: saepius viridi-albescens, limbo alarum uigro latiori,
anticarum pallide maculato, Papilio Lesbia Fabr. Ent. syst. III, 1. 208. 652. — Donov.
nat. rep. pi. 50, femelle.
Collas Lesbia Boisd. Spec. gén. I, 640. 6. — Bdtl., Catal.
Fabr. pi. 2, fig. 2.
Colias Pyrrhothea Hdebn. exot. Schm. Zutr. II, 28, 183,
fig. 365, 366. —Boisd. 1. 1. 7, mâle.
Un des papillons les plus communs des environs de Buénos- Ayres, répandu par toute la République Argentine jusqu'au détroit de Magellan, d'où M. Berg Ta apporté (Acta Acad. nat. cime, exact. I. 68, 7) et où déjà Banks dans son voyage avec CooK en 1769, l'avait trouvé, comme plus tard Darwin {naturw. Reise. 1, 180, trad. allem.) en grand nombre.
La surface du mâle est toujours d'une couleur rouge d'aurore, avec une bordure noire assez étroite, un peu plus large à l'angle externe des ailes antérieures et un point central des mêmes, les franges externes des ailes restant de la couleur du fond. La femelle a souvent la même couleur, mais plus souvent encore elle est d'un blanc verdâtre sur les deux côtés, donnant une grande variation de couleur entre les deux extrêmes. Nous avons même des exemplaires, où l'une moitié des ailes est jaune et l'autre blanche. La bordure noire externe est beaucoup plus large et ornée sur les ailes antérieures d'une série de cinq à six taches claires de la couleur du fond, indiquées aussi sur les ailes postérieures par les sinuosités du bord interne de la bordure. En outre la base des ailes est un peu grisâtre chez les deux sexes, principalement celle des postérieures, cette couleur s'étendant le long de la saillie abdominale, laquelle prend toujours, même chez le mâle, une couleur blanche-verdâtre. La surface inférieure des deux sexes est semblable de dessin, mais différente de couleur, suivant celle de la supérieure, mais dans le cas d'un rouge aurore en dessus elle est plus claire en dessous, jaune d'œuf avec une teinte plus foncée au milieu des ailes antérieures. Chaque aile a une petite tache centrale blanche, plus large sur les postérieures, entourée de brun, et une série de points bruns parallèles au bord externe. Le corps est noirâtre au-dessus, jaune au-dessous, comme les pattes.
GENRK CALLIDRYAS 97
Le mâle a la tache des écailles particulières à la base des deux ailes, opposée l'une à Tautre, entre la partie où les ailes se couvrent, comme nous les décrirons chez Callidryas Philea du genre suivant, page 102.
La chenille vit sur le Medicagosativa, plante cultivée dans toute la République comme fourrage pour les animaux domestiques.
Observation. — Les deux variations principales de la femelle ne son pas assez fixes pour être regardées comme sous-espèces, principalemen parce que les mâles ne montrent pas la même différence. Dernièrement M. Capronnier a tenté de fixer une variation sous le nom de Colias Heliceoides (Ann. de la Soc. ent. belge, tome XVII, 13), laquelle ne me semble pas assez sûre pour être acceptée. Voyez Berg l. l. 156, 7. Nous avons dans notre collection des variations d'un tiers plus petites que les individus normaux et dune couleur très-faible, jaunâtre chez le mâle et grisâtre chez la femelle. Un exemplaire féminin très-remarquable a la base des ailes blanche-verdâtre et la moitié externe d'un beau rouge d'aurore.