‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 8 sur 450 · STRUCTURE DES AILES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES AILES

Ayant de parler de Tabdomeii du papillon en général, nous examinerons auparavant les ailes et les pattes, comme les organes externes du thorax.

Les ailes (alœ) sont au nombre de quatre, attachées, comme nous Tavons déjà vu, aux mésothorax et métathorax, se distinguant d'après leur position ; celles du premier comme antérieures ou supérieures ; celles du second, comme postérieures ou inférieures. Elles se trouvent chez presque tous les papillons, sauf chez les femelles de quelques espèces qui sont, sinon complètement aptères, au moins incapables de voler à cause de la petitesse rudimentaire de leurs ailes. Toujours elles sont construites, comme chez les insectes en général, de deux lames d'une membrane mince, intimement unies entre elles, quoique séparées dans le premier état du développement (*), formant nne sorte de sac fort comprimé. Des filets cornés, plus ou moins ramifiés, soutiennent ces membranes étendues, et ces filets sont doubles, de deux surfaces semi-cylindriques, appartenant chacune à une des deux lames de la membrane. De cette manière ils constituent des tuyaux vides, pour conduire les nerfs et les vaisseaux aérifères dans leur intérieur. Ces filets sont nommés nervures des ailes {venaé) , et en raison de leur fonction , les ailes se développent fort rapidement après Téclosion du papillon de la chrysalide, les fluides du corps les pénétrant intérieurelûent pour étendre mécaniquement la membrane plissée, jusqu'au moment où elle devient dure et sèche, comme aussi les nervures qui la parcourent (**). Nous avons déjà dit, au commencement de notre description générale, que la membrane des ailes n*est pas nue, mais couverte de petites écailles colorées; même lorsque les ailes semblent être nues, comme chez le genre Ithomia^ on trouve deô petits poils microscopiques sur toute la surface de la membrane. Cette membrane est incolore et vitreuse ; les belles couleurs des ailes sont produites par les écailles qui la couvrent et lui donnent par la distri-

cipaax groupes subordonnés des papillons, dans le tome X du Report ofthe UtUt,' Statet geological Survey^ edit. by F. v. Hayden. Woêhington^ i876.

n On trouve quelquefois les ailes étendues en sac, chez les individus réceiDinent éclus, et mis dans de l'esprit de vin, celui-ci s'introduit dans l'espace entre les deux ^nies de l'aile. Je l'ai, moi-même, observé différentes fois.

(**) Nous ne parlons plus ici de la constitution histologique des ailes, remettant le lecteur à l'explication de- ce sujet par H. Landois, dans Siebolot-Kcblliksr ^^<te^, tome tl, page 308.

bution de leurs couleurs des dessins particuliers, très-fixes, bien applicables comme caractères systématiques. Sur la face inférieure des ailes, les couleurs des écailles sont très-souvent différentes de celles de la supérieure, et en général plus faibles; mais il existe aussi beaucoup de papillons avec des couleurs vives et même métalliques sur la face inférieure, comme par exemple les genres Argynnis et Agraulis^ remarquables par leurs taches de nacre sur cette face inférieure.

La distribution des nervures par l'aile suit une loi générale mais un peu variée chez les différents groupes des papillons, donnant ainsi pour chacun d'eux un caractère fixe, invariable, qui forme un des plus sûrs fondements de notre classification. Pour cette raison, il est nécessaire de décrire, non seulement le type général des nervures, mais aussi ses principales modifications.

Observant la forme générale des ailes antérieures des papillons, on remarque qu'elles sont toujours un peu plus longues que les postérieures et d'une forme triangulaire, pendant que les postérieures se rapprochent plus de la circulaire. Alors les supérieures ont trois bordures et trois angles. Aucune des bord^ires n'est une ligne droite, mais toutes plus ou moins arquées ou sinueuses. Dans l'état d'extension horizontale pendant le vol, position que nous prenons comme la naturelle de l'aile, la bordure la plus grande, dirigée en avant, est un peu courbée au dehors et nommée l'antérieure, l'autre dirigée en arrière, souvent un peu sinueuse et plus courte, est la postérieure, et la troisième, la plus courte, dirigée au dehors, un peu concave, l'externe; des trois angles, le b asilaire est celui qui s'attache au thorax du papillon, l'autre, le plus opposé au premier, est nommé l'externe, et le troisième, généralement le plus large et très-obtus, le postérieur. Les ailes postérieures, plus courtes et plus circulaires, ont les mêmes trois bordures et angles, mais moins distincts, quoiqu'ils soient aussi indiqués et nommés de la même manière, sauf la bordure postérieure qui a reçu de préférence le nom de l'interne et l'angle postérieur celui d'anal, parce qu'il correspond par sa position, plus ou moins exacte à la fin du corps, à l'orifice de l'anus. Par la même raison on nomme la bordure des ailes inférieures s'inclinant à l'abdomen du papillon, abdominale. Elle est tantôt plus concave que les autres, tantôt pourvue d'un bord élargi, comme canal ou saillie, qui enveloppe inférieurement l'abdomen.

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