SOUS-FAMILLE
Morphoides
Groupe des Nymphalides d’une très-grande taille, contenant les plus grands papillons diurnes, sans être séparé par des caractères particuliers des autres sous-familles, se distinguant seulement par des qualités habituelles. — Leurs antennes sont généralement peu engrossies en massue et celle-ci est très-grêle, sauf chez le genre Brassolis, qui l’a plus forte. Les palpes sont assez avancés, souvent pointus, autrefois obtus, couverts de quelques poils roides entre les écailles, principalement sur la surface supérieure. Les yeux fort convexes; le corps en général assez petit, principalement l'abdomen, en comparaison avec les grandes ailes. Une exception font les genres Dynastor et Brassa-
lis par la grandeur surprenante de cette partie du corps. Les ailes ont toujours une extension remarquable, les antérieures sont triangulaires avec les deux angles terminaux arrondis et le bord externe, tantôt arrondi tantôt sinué ; les postérieures plus circulaires que triangulaires, sans queue et aussi sans l'angle anal prolongé, sauf un peu chez quelques espèces, souvent faiblement onduleuses au bord externe. La cellule discoïdale des ailes antérieures est toujours fermée, celle des postérieures tantôt ouverte, tantôt fermée. Dans les antérieures, la branche médiane et la dorsale sont très-rapprochées à la base, la première formant un épaississement avec un angle sortant vers la dorsale, qui représente le rameau conjonctif des Papilionides sur le même endroit. Les ailes postérieures ont aussi, chez la plupart des genres, une communication par une petite nervure entre la costale et la sous-costale, formant quelquefois une cellule assez grande entre les deux branches ; répétant la petite cellule des Papilionides, comme lexplique la note page 71. Mais toutes ces particularités ne sont pas également développées chez tous les membres de la famille. Le même vaut des chenilles, qui sont tantôt velues des faseicles de longs poils, tantôt également couvertes de poils plus courts ou microscopiques. La tête est souvent armée de longues épines fortes, mais chez d’autres sans épines. Enfin les chrysalides, toujours librement suspendues, sont tantôt assez allongées et anguleuses, avec les enveloppes des ailes fort élevées en coins, tantôt très-courtes ovalaires, sans coins, avec deux petites pointes sur la tête ou arrondies au sommet.
Les espèces vivent presque exclusivement dans la zone tropicale et prennent leur domicile dans les forêts vierges les plus denses ; quelques-unes visitent les jardins des colonies, trèspeu existent dans les régions les plus au nord de notre République.
OBSERVATION. — Pour compléter mes communications sur cette sous-— famille intéressante, dont j'ai étudié plusieurs espèces dans les différents états de la vie (*), je donnerai un exposé plus détaillé dans le texte de l'Atlas pl. VI et VII, où le lecteur trouvera mes remarques sur les espèces observées. me bornant d'écrire ici les trois qui visitent notre territoire.
(‘) Voyez mon essai sur les chenilles des Morphoïdes dans la Revue et Magasin de Zoologie, année 1873, page 17 suiv., pl. 1-6.
GENRE MORPHO 189: