‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 14 sur 418 · LIGNES FINES DES ÉCAILLES · texte numérisé non relu

LIGNES FINES DES ÉCAILLES

deux lames des écailles résulte que les figures des papillons, faites articiellement par l'impression des écailles sur papier à l’aide d’une substance glutineuse, comme la gomme arabique mêlée avee la gomme dragante, donnent des images un peu différentes de couleur de celles de la surface supérieure externe; principalement le lustre métallique des couleurs bleue ét verte se perd toujours parce que cette qualité est inhérente seulement à la surface supérieure des écailles. Des recherches physiques faites sur le changement des couleurs des papillons par la différente position du spectateur ont prouvé que ce chansement est un phénomène de l’interférence de la lumière réfléchie de la surface des écailles, et que ce sont les lignes parallèles enfoncées des écailles qui le produisent. La lumière blanche, décomposée en couleurs par la surface ridée de l’écaille, donne seulement ses rayons bleus, verts ou violets à l’œil du spectateur, la couleur changeant d’après sa position. Le spectateur reçoit sur une place le bleu, sur une autre le vert ou le violet, quand il change la direction du regard sur la surface du papillon, car avec elle l'angle de réflexion de la différente lumière colorée se change aussi. Ce phénomène nous conduit à examiner davantage les lignes fines parallèles de la surface des écailles.

Mes recherches m'ont prouvé que les stries fines longitudinales sont propres seulement à la lame supérieure des écailles et manquent à l’inférieure. Sur cette lame on voit des stries plus fines, transversales, qui ne sont pas si régulièrement distribuées et plus faibles, et par cette double rayure les écailles transparentes reçoivent leur apparence treillisée ou boisée, qui a produit beaucoup d'erreurs sur la vraie construccion de l'écaille.

Les stries longitudinales, qui sont faciles à reconnaître, sont très-réculièrement distribuées avec des intervalles égaux, fixes, un peu différents sur diverses écailles. Toujours les distances claires entre les lignes noires sont plus grandes, c’est-à-dire plus larges que les lignes. Aussi ces lignes sont en général toutes égales entre elles, mais il y a des écailles où des lignes sont un peu plus fortes, alternées avec des plus fines, d’après des nombres fixes de celles-ci. Cette différence des stries plus fortes-et plus minces, je l'ai vue évidemment dans les écailles à bordure terminale dentelée, et je pouvais me convaincre que la strie plus forte appartient à une dent de la bordure, tandis que

la plus fine correspond à l'intervalie entre les dents terminales (*).

Il n’est pas douteux que les stries bien visibles des écailles soient des filets élevés au côté interne de la lame supérieure, se prononçant au côté externe seulement comme stries finement imprimées. Quelquefois disparaissent complètement les stries externes, comme dans les écailles très-luisantes, arsentées ou dorées ; en général elles sont bien prononcées et principalement faciles à reconnaître dans les écailles transparentes. Dans les grandes écailles du genre Castnia j'ai vu trèsclairement que les stries fines enfoncées se lèvent au côté interne de la lame supérieure comme des filets, et ces grandes écailles m'ont convaincu que les filets ne parcourent pas tout le vide de l’intérieur de l’écaille, mais qu'ils terminent libres, laissant un intervalle ouvert entre leur bordure et la lame inférieure de l’écaille. Cette lame interne présente une structure complètement différente, montrant une infinité de petites lignes transversales irrégulières, un peu onduleuses, semblables aux lignes vues dans le creux de la main humaine, quoique beaucoup plus fines et courtes. Un arrangement régulier comme dans les filets de la lame supérieure, je ne l’ai vu nulle part (”); au contraire les stries de la lame inférieure sont onduleuses, un peu différentes dans leur direction, souvent interrompues, aussi plus fines et plus rapprochées l’une à l’autre que les stries supérieures (*").

Quelques observateurs, parmi lesquels se trouve M. DescHamPs, prétendent que les intervalles entre les stries longitudinales des écailles sont divisées régulièrement par stries

(‘) J'ai trouvé cette configuration de l’écaille chez la Pyralide : Nomophila hybridalis, dont les aïles postérieures ont des écailles très-longues, étroites, un peu plus larges vers la fin, munies de trois jusqu’à cinq dents à la bordure terminale.

(”) L'exposition de M. DEscuAwPs, citée plus haut, page 22 (voyez Ann. dessc. nat. 1. 1., page 118), donne des couleurs brillantes aussi à la face inférieure de différentes écailles, que je n’ai jamais vues ; je crois que ce sont les stries de la surface inférieure qui, par l’interférence de la lumière, produisent les couleurs chatoyantes.

(”*) Dans son examen histologique des ailes, cité plus haut (page 11), M. Lanpois dit que les stries et les filets des deux lames des écailles sont formées par des plis dans la membrane fine constituante, et que cette membrane de l’écaille est plus large au commencement de la formation de l'écaille, diminuant son étendue par des plis dans sa substance même (1. 1. page 313). Un travail semblable de M. SEMPER, dans le même journal (1857, page 326), que je ne puis consulter parce qu’il me manque ledit tome dudit journal.

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