‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 178 sur 418 · NEUVIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME FAMILLE

HESPERIADAE

C'est aussi une famille très-nombreuse d'espèces et variable de taille, quoique d’une ressemblance générale assez prononcée, déjà indiquée par le nom vulgaire de grosse-tête (cabezudo en espagnol, Dickkopf en allemand), qui fait allusion à la tête grosse, large, presque aussi large que le thorax, distinguant les papillons de ce groupe de tous les autres diurnes. En général, les espèces ne sont pas grandes, plutôt petites, et la majorité d’une grandeur moyenne, les ailes surpassant rarement 2 pouces (5,2 em.) d'envergure. La grande tête a des yeux assez convexes, presque toujours nus et des antennes très-distantes à la base, avec une massue assez grosse, généralement allongée, quelquefois courte et triangulaire, très-souvent terminant en pointe fine recourbée de la manière d’un crochet, se rapprochant par cette figure de la pointe au type des antennes de la famille suivante. Les palpes ne sont pas longs, mais assez épais par les longs poils qui couvrent leurs deux articles basilaires, formant un pinceau gros, le terminal étant court, nu, un nœud conique. Le thorax est toujours très-fort, d’une figure ovalaire allongée, presque aussi long que l'abdomen, avec des ptérygodes allongés, surpassant un peu la base des ailes antérieures. L'abdomen est court, conique, terminant en pointe. Les ailes ne sont pas grandes, au contraire généralement petites en comparaison avec le gros corps; les antérieures d’une figure triangulaire,

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tantôt très-allongées, imitant celle des Sphingides, tantôt assez larges au bord externe, avec l’angle terminal aigu et le bord externe fort courbé ou sinueux. La branche costale termine sénéralement aux trois-quarts de la longueur de l'aile et la branche sous-costale est pourvue de quatre rameaux antérieurs ou externes, qui prennent tous leur origine avant la nervure recurrente de la cellule discoïdale, celle-ci courant très-oblique, assez parallèle au bord externe. Des quatres rameaux antérieurs, le dernier touche l’angle terminal, laissant entre lui et la terminaison de la branche sous-costale même la première cellule marginale externe, leur nombre étant toujours de sept, la première et la deuxième d’une figure étroite triangulaire, très-aiguë à la base, les deux suivantes très-courtes, oblongues et les autres très-longues, parce que les rameaux de la branche médiane prennent leur origine plus près de la base de l'aile. Enfin la septième ou dernière assez large. Les ailes postérieures sont encore plus variables de figures, tantôt larges et arrondies, tantôt triangulaires et quelquefois étendues à l'angle anal en queue large et longue. La branche costale est très-distante du bord antérieur de l'aile, et ce bord très-élargi à la base, avec un angle saillant, muni d’un faisceau de longs poils de figure d’un pinceau. Il y à un petit rameau correspondant au crin des Sphingides etun autre conjonetif à la sous-costale, formant une petite cellule basilaire entre les deux branches. La sous-costale se divise en deux rameaux, la médiane en trois, les deux branches unies par une très-faible nervure recurrente, cachée sous les écailles ou toute nulle. Cette nervure est divisée par un pli longitudinal de la membrane qui court aussi comme diago nale par la cellule discoïdale à la base de l'aile. Saillie abdominale faiblement développée, soutenue seulement par le second rameau abdominal, qui se dirige à l'angle anal, participant l’espace entre ce rameau et la branche abdominale même à la surface horizontale de l'aile. De cette manière se forment sept cellules marginales au bord externe des ailes postérieures. Enfin les pattes donnent le caractère principal de la famille par la présence d’un éperon simple assez gros et obtus aux jambes antérieures, situé un peu avant la pointe interne, presque caché sous de longs poils, et par une double paire d’éperons à la dernière paire des jambes. L'une des deux paires se trouve, comme toujours, au côté interne de la pointe terminale de la jambe, l'autre un peu au-dessous du milieu du même côté, les deux

de cette paire étant généralement un peu plus petites que les autres de la terminaison. Malheureusement ce caractère n'est pas en tout général ; chez l’une ou l’autre espèce il y a des exceptions, mais non dans aucune de notre territoire (). En outre la configuration des pattes est la régulière ; elles sont fortes et assez longues chez les espèces avec un corps gros et plus fines chez les autres avec un corps plus gracile. Principalement les tarses sont longs, au moins les antérieurs et les postérieurs qui surpassent beaucoup leurs jambes ; les deux portions des pattes du milieu à peu près de la même longueur. Quelquefois ces pattes surpassent beaucoup les autres en longueur. La prolongation du tarse dépend du premier article, aussi long que les quatre suivants ensembles, le dernier toujours très-court et de la même longueur que le précédent. Avec cette petitesse sont en harmonie les ongles très-courts, élargis en bas, terminant avec un crochet fin, fortement courbé et à peine visible au dehors des écailles qui couvrent les tarses; aussi les paronyches sont petits, quoique bifides, comme chez les Nymphalides, la lamelle supérieure étroite et linéaire. Large au contraire est la plantule entre les crochets et presque aussi longue que les crochets mêmes.

Les papillons de cette famille, si remarquables par leur figure particulière, ont aussi des couleurs et des dessins particuliers. La plupart sont bruns, soit sans taches avec quelques nuances du teint, soit marqués de bandes et de taches claires transparentes, nues d’écailles ; quelques-uns aussi blancs, tachetés de noir en forme d’une table de jeu de dame, ou jaune-fauve avec des marques brunes. Plusieurs espèces ont un lustre métallique bleuâtre à la base des ailes en-dessus et quelques-autres des bandes ou bordures rouges sur la tête, les ailes et l'abdomen. Très-souvent la surface inférieure montre un dessin plus variable, imitant le marbre. Enfin leurs habitudes sont aussi différentes des autres diurnes, car ils se reposent avec les ailes demi-ouvertes, les supérieures obliquement élevées, non perpendiculaires et fermées comme les diurnes en général.

On trouve les Hespériades sur toute la surface habitable du

(*) Une liste des espèces exceptionnelles de ce caractère WESTWO0D l’a donnée dans les Genera Diurn. Lepid. M. 506, note *). Le genre Steropes Boisp. (Cyclopides HUEBNER) est le type de ce caractère exceptionel.

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globe, mais leurs espèces les plus grandes et les mieux ornées sont toutes tropicales.

Les chenilles connues de la famille sont aussi remarquables par une stature particulière, grêle aux deux extrémités et plus grosse au milieu, avec une grosse tête séparée par un cou court du premier anneau très-mince du corps, mais sans concordance sénérale des couleurs et du dessin. Aucune n’est ornée d’épines, la plupart sont nues, quelques-unes couvertes d’un duvet fin, ou de longs poils distants sans être en vérité velues. Leur couleur dominante est verte, mais il y en a aussi des noires, décorées de ceintures rouges ou jaunes. Pour se changer en chrysalides, les chenilles font les unes une coque légère de fils en soie, d’une texture de tulle, qu’elles tapissent au côté interne avec une poudre jaune ; les autres qui n’ont pas cette coutume s’enveloppent avec des feuilles des plantes qu’elles mangent, les unissant par des fils de soie forts, soutenues là-dedans par un lien transversal à la manière des chrysalides succeintes aussi attachées avec la queue à l'enveloppe même.

. La distribution naturelle des espèces nombreuses, dont nous en connaissons plus de mille, est un travail très-diffcile et jusqu’à présent non exécuté avec succès. Tout dernièrement M. Scupper a proposé (Bullet. Buff. Soc. nat. hist. 1876) d'accep. ter les deux genres Thymele et Pamphila, de Kagrroius, fondés en 1806 (IzziGer, Mag. d. Insect. VI, 287), comme base d’une distribution générale en deux sections, que l’auteur propose de nommer : Hesperidae et Astyci. J'ai examiné avec soin les caracières que donne M. Scupper pour distinguer ces deux sections, et je les ai trouvés non suffisants, déjà par la circonstance d'être dérivés seulement du sexe masculin. L'auteur dit que les mâles des Hespérides ont un pli costal plein d’un duvet soyeux, qui manque au même sexe des Astycides, et que l’extrémité du canal alimentaire des premières est couvert par des fourreaux de cornes qui manquent aux secondes. Il est évident que ces caractères, même quand ils seraient sûrs, ne sont pas applicables pour distinguer des grandes sections systématiques et qu'il faut en chercher d’autres pour classifier ces papillons exactement. En outre, le pli des ailes antérieures des mâles était déjà longtemps connu chez plusieurs genres. Il n’est pas convenable d'entrer ici dans un examen plus détaillé de cette question ; le peu d'espèces que nous avons à regarder comme habitantes du pays, se distinguent assez bien, sans prendre

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