Thamyris Gnetus FABric
Th. ater, alis supra fasciis albido-coerulescentibus, anticis maculis tribus pellucidis ; corpore albo et vittato et fasciato. Exp. alar. 22° (6-6,3 cm.). Hesp. Gnetus, Ent. syst. III, 1, 342, 302.
Hesp. polyzona LATR. Enc. méth. IX, 735, 21.
Pap. Vulcanus Cram. pap. exot. IIT, pl. 245, C. D. — HEwiTs. exo. butt. II. Pyrrhop, pl. 1, fig. let 2.
De la même localité et de la Bolivie, sans être jusqu'à présent trouvée dans le territoire argentin.
DIXIÈME FAMILLE CASTNIADAE
La famille, toute particulière, avec laquelle nous terminons la tribu des Rhopalocères ou Diurnes, est d’après la figure des antennes intimement unie à Rhopalocères, et aussi d’après leur manière de vivre diurne; des raisons qui m'obligent à la réunir à la première tribu des Lépidoptères, quoique quelques caractères l’approchent aussi au Sphingides et aux autres Crépusculaires ; liaison qui se détruit principalement sur la présence d'un crin à la base des aïles postérieures, car la présence d’un grand éperon interne aux jambes antérieures et des quatre éperons sur les jambes postérieures se trouvent aussi chez quelques vrais Diurnes ; l’éperon antérieur chez les Papilionides et les quatre postérieurs chez les Hespériades.
Les antennes, les organes les plus caractéristiques, sont formées comme chez les Hespériades; elles commencent trèsminces et terminent en massue allongée fusiforme, de circonférence circulaire, finissant dans une pointe plus ou moins recourbée à la manière d’un crochet, mais plus court que celui des Hespériades. Leur surface est nue, sans écailles et les articles sont cylindriques. À la base de chaque antenne on voit, entre elle et l’œil composé voisin, un petit œil simple tout près au bord du grand. L’'œil composé est grand, quoique la tête soit en général assez petite, et les facettes qui composent sa surface sont très-petites, nombreuses, difficiles à distinguer, ressemblant plus au type des Diurnes qu'à celui des Crépusculaires,
Les palpes sont courts, couverts d’écailles, sauf le troisième article très-petit, qui ressemble aussi au type des Diurnes. La spiritrompe est assez longue, surpassant un peu la longueur du corps. Les ailes imitent bien par leur figure et leur grandeur le type des Diurnes. Les antérieures sont largement triangulaires ou quelquefois ovalaires, comme chez les Héliconiades, et les postérieures tantôt transversalement ovalaires, plus larges que longues, tantôt presque triangulaires, un peu plus longues que larges, arrondies aux angles externe et anal, Leur composition est plus particulière que leur figure, étant le nombre des rameaux marginaux augmenté, donnant huit cellules marginales aux antérieures et.sept aux postérieures. Cette augmentation se produit par la différente direction des rameaux de la souscostale, dont deux courent au bord antérieur des ailes et tous les autres se dirigent au bord externe, se formant entre-eux, à la base, encore une cellule particulière accessoire avant la discoïdale. Celle-ci est fermée dans les ailes antérieures et ouverte dans les postérieures. Dans les antérieures, la nervure récurrente n’est pas droite, mais fort anguleuse, formant à chaque côté un angle droit et au milieu un angle aigu recurrent. Des deux droits sortent des rameaux au bord externe et du troisième un pli diagonal, rétrogradant par le milieu de la cellule discoïdale. Ainsi se forment au côté de la cellule discoïdale, trois cellules marginales, deux autres avant celles-ci, entre les rameaux de la sous-costale et trois postérieures entre les rameaux de la médiane et la dorsale. L'ouverture de la cellule discoïdale des ailes postérieures correspond à la troisième cellule marginale; en arrière d'elle existe une petite cellule accessoire, comme dans les ailes antérieures en avant, et de cette cellule sortent quatre rameaux, se formant au bord externe postérieur quatre cellules, dont trois se trouvent entre lesdits quatre rameaux, qui correspondent à la branche médiane, et l’autre plus en arrière, comme septième des cellules marginales. Enfin se forme par la nervure abdominale et interabdominale, qui sont presque d’égale longueur, une huitième cellule, se dirigeant la première au bord externe et la seconde à l'angle anal. De telle manière la saillie abdominale des ailes postérieures est assez étroite, formée seulement par la membrane de l'aile entre la nervure interabdominale et la bordure interne. Dans l'Atlas, j'ai donné, pl. IX, fig. 13 et 14, des dessins des ailes et de leurs nervures de deux espèces de la famille.
De plus, nous avons à aviser que le crin des ailes postérieures est une soie assez longue, forte, qui sort, en continuation du petit rameau basilaire de la costale, librement au-dehors de la membrane de l'aile, assez élargie à cette place, et se dirige à la base de la branche costale, entrant iei dans un frein assez large, mais aussi assez distant de la base de l'aile. Par cette distance seulement la pointe du crin courbé peut entrer dans le frein et sort facilement au dehors de lui par le mouvement des ailes. Je l’ai trouvé presque toujours ainsi sorti chez les exemplaires de notre collection. Les femelles n’ont pas un crin simple, mais un faisceau de plusieurs soies fortes, chacune plus fine que le simple crin du sexe masculin. Ce faisceau entre dans un pli sur la branche de la nervure médiane. couvert de grandes écailles, et principalement celles-ci forment la résistance dudit faisceau par l’union des aïles. La présence de ce mécanisme, pour unir fixement les deux ailes de chaque côté, me semble la raison pour que les aïles des Castniades ne se lèvent pas à la position perpendiculaire en état de repos, comme celles de la plupart des Rhopalocères, restant étendues horizontalement, comme celles des Phalaenodes et quelques Diurnes, par exemple des Agéroniades et des Erycinides.
Il reste à dire que le corps est assez fort, mais comparé avec la grandeur des ailes plus en harmonie au type des Diurnes qu’à celui des Crépusculaires. Le thorax est allongé, ovalaire; les ptérygodes assez petites, et l'abdomen allongé conique, aussi long ou un peu plus court que les ailes postérieures ; très-rarement (chez Gazera Linus) un peu plus longs.
Les pattes se rapportent évidemment par leur figure et grandeur plus au type des Diurnes qu’à celui des Crépusculaires. Les antérieures sont courtes, mais d’égale configuration, chez les deux sexes ; leurs jambes portent un grand éperon au côte interne, attaché tout près de la base, dans l’angle du genou. Les pattes du milieu sont généralement très-longues, principalement leurs cuisses, et remarquables par la grosseur du premier article des tarses ; sur les postérieures, les quatre éperons des jambes donnent un caractère qui rapproche les Castniades aussi voisins aux Hespériades qu'aux Sphingides. Souvent l’externe de chaque paire d’éperon et plus petit que l’interne. Enfin, les tarses de toutes les pattes sont fort épineux au-dessous, avec des épines nombreuses de plusieurs séries, et munies
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à la fin avec deux ongles très-petits, séparés par une large plantule et accompagnés de petites paronyches.
Ces papillons sont vrais diurnes par leur manière de vivre, ils volent pendant la journée en plein soleil, mais ils ne quittent pas l'ombre des forêts, où ils sont nés, leurs chenilles vivant dans les bulbes des Orchidées et Broméliacées, qui croissent sur les branches des plus grands arbres forestiers. J'ai eu une fois la satisfaction de voir éclore d’une de ces plantes, dites parasites, une femelle de Castnia decussata, volant pesamment, comme un nouveau-né en général, sous la branche où était posée l’Orchidée, que je ne reconnais pas exactement; je chassais heureusement le papillon, mais sa plante de logis était trop distante de moi pour être examinée avec soin. Cependant, nous savons que les chenilles nues, d’une couleur blanche verdâtre, vivent dans l’intérieur des bulbes desdites plantes et que les chrysalides restent aussi à la même place jusqu’au moment de la sortie du papillon. Ce moment-là j’attrappai une fois dans le jardin de mon ami ALEexis LALLEMANT, qui cultivait avec succès sur un Magnifera indica, ces jolies plantes en grand nombre.
Nous avons reçu dernièrement, dans l'ouvrage de BorspuvaL: Spec. génér. des Lépid. Hétéroc. tome I, une synopsis des espèces connues, dont l’auteur en décrit 68 de l'Amérique tropicale et 10 de Nouvelle Hollande. Jusqu'à présent aucune n’a été trouvée dans notre territoire, mais comme des différentes Orchidées et Broméliacées sont indigènes dans les forêts vierges des Missions et du Grand Chaco du Nord, nous avons encore l'espérance de rencontrer une ou autre espèce de ce groupe particulier. M. Borspuvaz partage la famille en cinq genres, quatre américains: Castnia, Ceretes, Orthia et Gazera et un Synemon de l’autre pays, que je ne regarde pas davantage, parce qu'il nous manque des représentants dans notre terrain.
OBSERVATION. — J'ai parlé dans l'introduction, page 27 et autres, assez sur la grandeur des écailles des Castniades, qui est de tout extraordinaire, quoique non générale à toutes les espèces. Il y en a quelques-unes, comme l’Orthia Therapon, où elles ne sont pas plus grandes que chez d'autres Lépidoptères d’égale taille.