‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 237 sur 418 · DOUZIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

DOUZIÈME FAMILLE

S PHINGIDAE

Cette famille contient les papillons les plus grands du corps, quoique les ailes soient assez petites, les antérieures surpassant à peine la longueur du corps et les postérieures restant beaucoup plus petites, de la moitié du même. Les caractères généraux diagnostiques s'expriment bien par cette relation des deux parties principales, avec l'addition que les ailes, comme le corps, sont complètement couvertes d’écailles sans laisser des parties nues de leur surface (°), et les antennes prismatiques, faiblement engrossies avant la pointe et pourvues d’un crochet terminal. Les deux sexes ont la même figure générale, mais les antennes du mâle sont un peu plus fortes et plus distinctement dentées en dessous. Les examinant en détail on voit que leur figure prismatique est due à la prolongation latérale de chaque anneau court en dent un peu courbée, couverte de poils fins, quand les anneaux mêmes sont couverts au-dessus d’écailles. La figure 2 de la pl. I de l'Atlas donne la vue de quelques anneaux un peu grossis pris de la surface inférieure, et la figure 3 celle d’un seul anneau augmenté de la surface articulaire, montrant le vide interne, les écailles au-dessus et la dent couverte de poils du côté gauche.

Regardant seulement les autres organes caractéristiques, il faut noter que des yeux simples manquent; que les palpes sont intimement appliqués sur le front, très-contigus, couverts de poils écailleux très-serrés, sans montrer une différence notable des articles. La spiritrompe très-longue, surpassant souvent la longueur du corps, même du double, quelquefois (Acherontia) très-courte. Les yeux composés avec des grandes facettes très-convexes, sans poils entre elles. Thorax robuste, les côtés du dos couverts de grandes ptérygodes ; abdomen allongé conique, plus de double longueur du thorax, terminant quel-

(‘) La seule exception fait l'Amphonyx Jatrophae, par des grandes taches transparentes dans les ailes inférieures. Aussi quelques espèces du genre Enuo ont des bandes transpareutes, et chez le genre Hemaris les ailes sont toutes claires, sans écailles sur la membrane.

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quefois avec une queue latérale de figure d’éventail. Les pattes longues, principalement les tarses.

Les organes les plus caractéristiques sont les ailes, dont les antérieures ont la double grandeur des postérieures. Celles-là sont de figure étroite, allongée, semblables à une lancette large, avec l'angle terminal assez aigu. Leur nervure costale simple, trèsforte élargie à la base ; la sous-costale intimement unie à elle, donnant un seul rameau antérieur à la côte et trois au bord externe, le troisième sortant de la nervure recurrente de la cellule discoïdale. Celle-ci courte, toujours fermée, terminée au milieu des ailes. Nervure médiane divisée en trois rameaux, nervure dorsale simple, fendue à la base en deux branches parallèles. Sept cellules marginales très-allongées, presque d’égale grandeur. Ailes postérieures elliptiques, la nervure costale forte, la sous-costale faible à la base, unie à la costale par une petite nervure conjonctive, et donnant trois rameaux au bord externe ; cellule discoïdale très-courte et petite, fermée ; branche médiane assez forte, divisée en trois rameaux ; branche abdominale avec le rameau interabdominal, presque aussi grande que la branche. Egalement sept cellules marginales externes, la septième entre les deux rameaux de la branche abdominale. Le crin des ailes postérieures assez fort, manquant exceptionnellement au genre Smerinthus. (Voyez les figures 1 et 12 de la planche I de l'Atlas.)

Les chenilles des Sphingides sont nues, sans poils, la surface de la peau lisse ou couverte de petites granulaisons ; leur tête est semi-sphérique ou triangulaire ; les machoires supérieures sont très-fortes, souvent dentelées au côté interne ; les yeux simples au nombre de six à chaque côté, posés de figure elliptique, dont quatre forment un arc antérieur, et les deux antres retirés en arrière et en bas, l’un immédiatement au-dessus des antennes. Quoique la lèvre inférieure soit fournie d’une filière (voyez page 30) assez grande, les chenilles des Sphingides ne produisent pas des fils en soie pour faire une enveloppe de la chrysalide, se contentant de se cacher sous les feuilles sèches ou dans la terre. C’est une exception remarquable si l’une ou l’autre espèce (pr. ex. Calliomma Pluto) fait un cocon léger. — Des douze anneaux du corps les trois premiers portent des pattes courtes écailleuses articulées, et cinq autres (6, 7, 8, 9, et 12.) des pattes membraneuses, pourvues d’une couronne terminale de double rangée de crochets. Le pénultième anneau

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est très-souvent armé au milieu dorsal d’une corne courbée ou droite, ascendant obliquement en arrière, laquelle donne par sa figure de bons caractères diagnostiques. Tous les anneaux du corps sont plissés transversalement par plusieurs ceintures fines et très-bien distinctes par une plissure articulaire plus forte. Chez les chenilles de la sous-famille des Philampelides le quatrième anneau du corps est le plus gros et peut recevoir les trois précédents, successivement plus petits, dans sa partie antérieure, formant une sorte de poche.

La chrysalide est généralement lisse, d’une surface luisante ou finement granuleuse (genre Deilephila) : a tête! arrondie, la pointe terminale plus ou moins prolongée en épine. Leur figure allongée, conique, laisse voir bien tous les organes externes du papillon, sortant l'enveloppe de la spiritrompe même audehors de la surface générale chez les vrais Sphingides typiques.

Les chenilles sont généralement décorées de très-jolis dessins et de belles couleurs, dans lesquelles la verte est prédominante ; elles vivent solitaires sur les plantes, mangeant leurs feuilles. Plusieurs ont la coutume de se reposer en attitude particulière, levant la partie antérieure du corps jusqu'aux pattes membraneuses en haut, et imitant de cette manière la figure mythologique du Sphinx, et par cette analogie LiNXÉ a donné ce même nom aux papillons en question. Elles sont répandues sur toute la surface habitable du globe, avec exception de la zone très-froide, et donnent des papillons de Ia même manière solitaire de vivre; les espèces généralement répandues sur un très-crand territoire, parce que leur vol rapide et la musculature forte du tronc leur permet de se transporter à de longues distances. Quelquefois on a trouvé des Sphingides américains assez éloignés de la côte sur l'Océan Atlantique.

La distribution systématique de la famille n’est pas difhicile, à cause de la grande différence subordonnée des espèces, soit en état de la chenille ou à celui du papillon parfait.

J'avais commencé en 1855 (Abhandl. d. naturf Gesellsch. z. Halle, tom. IT. Sphingidae brasilienses) un arrangement des espèces observées pendant mon voyage au Brésil, introduisant quelques nouveaux genres, qui me semblaient nécessaires, et un peu plus tard Wazker publiait le tome VIII du Catalogue des Lépidoptères du British Museum, contenant tous les Sphingides conservés dans cette riche collection. Depuis, plusieurs

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auteurs ont étudié d’autres faunes, comme celle de la Grande Inde, de l'Amérique du Nord, de Cuba, et dernièrement BorspuvAL a publié le premier tome des Espèces générales des Lépidoptères Hétérocères (Paris, 1874. 8.), contenant toutes les espèces des Sphingides connues à lui. Malheureusement l’auteur n’a pas regardé la plupart de ses antécesseurs ; son ouvrage fut commencé vingt ans auparavant (préface, page 1) et rédigé peu à peu, sans se mettre d'accord aux travaux contemporains. Ainsi, est-il arrivé que beaucoup des genres et des espèces sont décrits de nouveau sous des noms différents de ceux déjà acceptés. Nous devons à la critique juste et impartiale de Burzer la rectification de la plupart des fautes, et une synopsis presque complète des espèces dans sa Revision of the family Sphingidae (Trans. Zool. Soc. tom. IX, page 511 suiv.), comme la dernière publication la plus importante sur cette riche et jolie famille des Lépidoptères. Tirant les fruits de son travail sérieux, j'ai accepté les sept sous-familles suivantes, rencontrées jusqu’à présent dans notre pays :

X. Pupa cum glossotheca exserta, plus minusve a corpore distante ; eruca cylindrica, annulis corporis anticis non in quartum recipiendis. 1. Euryglottidae,

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