VINGT-ET-UNIÈME FAMILLE BB O…MBYXCIDAE
Dans cette famille se trouvent les espèces les plus typiques des Bombicoïdes, remarquables par leurs antennes pectinées chez les deux sexes, quoique non très-longues, surpassant ra-
458 LÉPIDOPTÈRES BOMBYCIDES
rement un quart ou un tiers de la longueur des ailes antérieures et restant toujours au-dessous de la moitié des mêmes ailes. Celles du mâle sont toujours plus largement pectinées que celles de la femelle, avec un simple rameau à chaque côté de chaque article, les rameaux des articles basilaires plus longs et des terminaux successivement plus courts, depuis la moitié de la longueur. Chez la femelle tous les rameaux sont plus courts et les antennes par conséquent moins larges, mais la longueur des rameaux surpasse en général celle des articles et nous oblige de nommer ces antennes aussi pectinées. Rarement elles sont seulement dentées, comme celles des femelles des Arctiades et Liparides. La tête est petite, les yeux composés sont nus, les yeux lisses manquent, et les organes de la bouche rudimentaires, même les palpes souvent cachés entre les longs poils couvrant la surface de la tête, comme toute celle du corps. Les ailes sont largement ovalaires ; les antérieures tantôt pointues au bout, tantôt arrondies ; le bord externe presque d’égale longueur de l’interne ; les postérieures plus ou moins circulaires, élargies à la base en angle avancé arrondi au lieu du crin, lequel manque toujours, comme aussi le frein des antérieures. Le cours des nervures est variable, cependant manque toujours une petite cellule appendiculaire au bout antérieur de la discoïdale, et le nombre des rameaux externes de la souscostale et médiane est de neuf dans les mêmes ailes, dont cinq appartiennent à la première et quatre à la seconde. Les aïles postérieures ont sept rameaux marginaux appartenant à la branche sous-costale et médiane, dont les trois premiers sont de la costale et sous-costale et quatre de la médiane, restant deux en arrière de la branche abdominale. En avant sort du tronc commun des trois rameaux, tout près à la base, un court rameau courbé, se dirigeant au bord, sans surpasser le milieu de son extension. Ce rameau représente le crin renfermé complètement de la membrane de l’aile dans cette famille. Par cette confiscuration particulière, le vrai erin et le frein manquent aux deux ailes. Les pattes sont fortes et courtes, les cuisses, les jambes et même les tarses fort velus, les postérieures sans éperons supérieurs, mais pourvues de deux très-courts à la fin. L’abdomen est ovalaire, assez épais, généralement un peu plus long que les ailes postérieures.
Les chenilles sont couvertes de poils fins, assez longs mais moins denses que ceux de la famille précédente, souvent
GENRE CLISIOCAMPA 459
posés sur des verrues molles, toujours sans épines dures et cornées qui se trouvent dans la famille suivante ; elles se renferment dans un cocon bien fait pour se changer en chrysalide ovalaire assez épaisse et lisse.
Nous avons seulement deux genres de cette famille dans notre territoire, qui se distinguent plus facilement par la couleur des ailes que par d’autres caractères.
x. Colore corporis alarumque cinereo sive cervino ; alis anticis cum fascia media lata angulata. Clisiocampa.
Ha. Colore albo, alis anticis nigro-punclatis. Artace.
l. Genre Clisiocampa CurrIs.
Brit. Entom. vol. V. pl. 229.
Tylope, Hydrias, Clisiocampa, Poecilocampa, Coeculia, W ALKER.
Stature du mâle grêle, l'abdomen allongé-conique, de la femelle très-éros, l'abdomen fort ovalaire. Antennes du mâle bien pectinées, de la femelle beaucoup moins. Palpes courts, fort velus, cachés sous la tête ; thorax plus fort que l'abdomen chez le mâle, de la même largeur de l'abdomen chez la femelle. Ailes arrondies, assez courtes; les antérieures avec huit cellules marginales entre les rameaux de la sous-costale et médiane, la première cellule au bout de l’aile très-petite; branche costale très-fort engrossie à la base et assez distante de la souscostale; celle-ci avec deux rameaux à la côte, dont le premier prend son origine tout près de la base de l'aile, le second termine dans la cellule à fourchette petite au bout de l’aile, le troisième rameau simple, le quatrième et le cinquième unis par une tige commune ; nervure recurrente faible, anguleuse. Branche médiane divisée en quatre rameaux, le dernier prenant son origine presque à la base. Branche dorsale terminée à l’angle postérieur arrondi. Ailes postérieures avec un rameau basilaire fort courbé correspondant au erin, mais terminant à la côte, presque au milieu d'elle. Branches costale et sous-costale unies une courte distance après la naissance séparée de la base; bientôt séparée de nouveau, la costale terminant simple un peu avant le bout arrondi de l'aile, la sous-costale divisée en deux rameaux un peu avant l'union avec la nervure recurrente. Celle-ci très-oblique, faiblement anguleuse. Branche médiane
4€0 LÉPIDOPTÈRES BOMBYCIDES
divisée en quatre rameaux dont deux sortent de l'union avec la nervure recurrente, le quatrième très-rétréei tout près de la base. L’interne rameau abdominal très-faible. Pattes fort velues jusqu’à la fin des tarses.
Chenilles couvertes de longs poils latéraux, posés sur des verrues molles horizontalement distantes, accompagnés de groupes d’autres poils plus longs, érigibles, terminant en petites palettes (voyez Srozz, Supl. Cram. pl. 19, fig. 5. pl. 24 fig. 2); chrysalides grosses, ovalaires, lisses, renfermées dans un cocon allongé ovalaire, attaché entièrement d’un côté.
Le type du genre en Amérique est la Phalaena Velleda Assor- Surra, Lep. Georg. I. 103. pl. 52. (Tylope Velleda Warxer, Cal. Br. Mus. Heter, VL. 1467), à laquelle le Poecilocampa primitiva de Wazxer (l. l. 1476. 2) est très-voisine. Nous avons dans notre territoire une espèce fort semblable.
A Abdomen de la femelle également ovalaire, sans aceroissement terminal en forme d’une balle.