VINGT-DEUXIÈME FAMILLE S ATURNIEADAE
Cette famille est la plus caractéristique des Bombycoïdes, contenant les espèces les plus grandes de la sous-tribu et les plus belles de couleur et de dessin. En général les antennes sont courtes, celles du mâle aussi bien pectinées comme dans la famille précédente, même encore plus fort chez plusieurs œenres, avec une double rangée de dents sur chaque article ; mais chez la femelle elles sont très-souvent non pectinées, seulement dentées ou même sans dents; des articles ronds, de figure véritablement sétacée. La tête est petite, retirée et complètement cachée sous la partie antérieure du thorax ; la bouche semble être fermée, car la spiritrompe manque et les palpes sont réduits à des vestiges très-faibles. Les yeux composés sont nus et les simples manquent. Le thorax est robuste, l’abdomen allongé ovalaire ou conique, au moins chez le mâle, plus fort ovalaire chez la femelle, sans le renflement terminal, que nous avons trouvé dans la famille précédente. Les ailes sont généralement très-grandes et les antérieures terminées en pointe, plus rarement arrondies ; elles ont très-souvent des taches transparentes ou des grands yeux de paon, principalement les postérieures, qui sont quelquefois pourvues d’une longue queue à l'angle anal. Leurs nervures sont assez simples, mais fortes. La sous-costale des antérieures donne un seul rameau à la côte et deux ou trois au bord externe ; la branche médiane se divise en trois rameaux et un rameau sort en général de la nervure recurrente fermant la cellule discoïdale large, sans cellule accessoire. La branche dorsale possède le caractère particulier d'être fendue eu deux rameaux presque parallèles à la base, dont l’antérieur plus fort s’unit avec la base de la branche médiane, le même comme chez les Sphingides (voyez l'Atlas, pl. I, fig. 1 et 14.). Les ailes postérieures sont élargies à la base en avant, formant un angle arrondi plus ou moins saillant, et à cause de cette configuration manque le
crin, comme le frein, aux ailes antérieures, tout conforme avec la famille précédente. Le rameau courbé basilaire, qui parcourt cet angle des ailes postérieures, correspond au crin, mais prend la position de la branche costale; il est plus long dans cette famille et un peu moins courbé, plus distant de la base et plus allongé au dehors, atteignant au moins la moitié de la côte, où il s'unit quelquefois avec le premier rameau de la branche souscostale, d'autrefois il court séparé jusqu’à l’angle terminal de l’aile. La sous-costale a tantôt deux rameaux, tantôt trois; la médiane aussi trois et la branche abdominale est simple. Les pattes ne sont pas très-longues, mais assez fortes, couvertes de poils assez longs, soit sur toutes les articulations, ou soit seulement sur les cuisses et les jambes; les tarses restant plus libres, couverts avec des courts poils presque un peu écailleux. Aussi les jambes ont souvent ce même revêtement. Les éperons à la fin des jambes sont très-petits, à peine visibles au dehors des poils, et les supérieurs des jambes postérieures manquent toujours chez les espèces de notre pays.
Un grand rôle prennent dans cette famille les chenilles par la variabilité des décorations externes. Chez la plupart, et principalement chez celles des grandes espèces, se trouvent des épines ou des petits tubercules durs, cornés, en position fixe, symétrique sur tous les anneaux du corps. Ces épines sont tantôt simples, tantôt fort ramifiées, les rameaux posés en cercles sur le tronc commun. Les ramifications sont quelquefois si longues, que tout le corps de la chenille se couvre comme un bosquet. Dans d’autres chenilles elles sont simples, lisses ou finement denticulées, sans être accompagnées de poils. Mais il y à aussi des chenilles avec de longs poils à côté des épines et enfin quelques-unes des plus petites sans épines, seulement couvertes de poils assez longs, mais non très-denses, laissant à découvert la figure générale du corps. Celui-ci est pourvu toujours de seize pattes, trois paires écailleuses aux trois premiers anneaux, les autres cinq paires membraneuses sous les anneaux 6 à 9 et 12 du corps. Chez les chenilles munies d’épines, l'anneau onzième porte souvent une épine plus grande au milieu du dos, imitant la corne terminale des chenilles des Sphingides. Pour se changer en chrysalide, les unes des chenilles ne font pas un cocon, entrant simplement dans la terre à la manière des Sphingides; les autres sont fileuses, faisant un cocon grand et généralement très-dur, le couvrant avec des
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fils à soie unis sans interruption, et cette manière de construire le cocon pur, sans mélange avec les poils du corps ou débris étrangers des végétaux, les fait utiles, pour gagner les matériaux de l’industrie fameuse de la tisseranderie à soie, cultivée dans les pays d’une température moyenne assez chaude pour l'éducation des vers à soie. Toutes les espèces’ connues de ces chenilles appartiennent à la famille actuelle. Les chrysalides sont fort ovalaires, plus ou moins pointues en arrière, avec une forte épine terminale, de couleur presque noire et sans lustre prononcé.
La famille est répandue par un nombre considérable d’espèces sur les régions tropiques et sub-tropiques des deux hémisphères, représentée en Amérique par plusieurs genres particuliers à notre continent, mais aucune des espèces jusqu’à présent connues donne des fils à soie utiles pour l’industrie.
Nous distinguons les genres suivants américains, représentés dans la République Argentine.
H. Alis cum macula centrali vitrea juxta venam recurrentem liberam ; vena marginalis tertia cum secunda unita. 1. Attaceus, Hu. Alis sine macula magna vitrea ; vena recurrens venam marginalem tertiam recipiens.
A. Antennae maris pectinatae, feminae dentatae. a. Alis posticis lobato-caudatis. 2. Dysdaemonin Bb. Alis posticis rotundatis.
an. Alis anticis sexuum aequalibus.
His alis in apice oblusis, rotundatis 3. Hirphia His alis in apice angulatis, saepius acutis. 4. Ho. bb. Alis anticis sexuum difformibus.