‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 143 sur 267 · Genre IiAgotttomiui, Brookbs · texte numérisé non relu

Genre IiAgotttomiui, Brookbs

Trans. Linnean Society, tome 16, pt. 1, page 102.

Ce genre est une répétition plus massiye du précédent, arec la même conformation générale et les mêmes caractères, saaf quelques-uns légèrement modifiés et une altération positi^^ dans le nombre des doigts, qui est d'un en moins à chaque pied, comparé avec l'autre genre. Pour les antérieurs, c'est le pouce qui manque ; pour les postérieurs, c'est le petit doigt externe; ce qui fait qu'en avant il n'y a que quatre doigts et en arrière trois.

La tête est grosse et la lèvre supérieure pourvue d'énorme* soies comme moustaches qui s'étendent jusqu'aux épaalest le m&le a aussi une forte barbe composée de poils rigides sur les joues, et qui manque à la femelle. Le large ne^ est très-couvert de poils épais, fins et courts. Les oreilles soD* assez hautes mais non circulaires^ elles sont relativemeo^ moins larges que celles du Chinchilla et imitent la forme d'nn^ cuillère. Le corps est robuste, la queue a la moitié de la Ion" gueur du tronc, est très- velue et couverte de poils plus long^»

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érigés en crête sur les deux surfaces. Les pieds d'avant sont petits, avec des ongles courts, faiblement recourbés ; ceux d'ar rière sont très-grands, les doigts se terminent en oneles forts, aroits, accompagnés de longs poils en forme de faisceaux qu couvrent la base de chaque ongle. La plante est large, complètement nue, et pourvue d'une forte callosité allongée jusqu'au tftlon.

Le squelette a tout-à-fait la même conformation que celui de la chinchilla, mais tous les os sont plus forts et principalement ceux du crâne. Il ressemble tellement à celui du genre «qfopolomfis^ qu'il ne s'en distingue que par des différences relatives. Ainsi le front de la Vizcacha est relativement plus large en'épine postorbitaire plus forte; mais, en opposition, l'ar- <^e zjgomatique est beaucoup plus étroite que celle du Coypu8i et pas élargi en arrière comme chez cet animal. Une autre différence importante réside dans Tos lacrymal qui est plus grand dans le crâne de la Vizcacha et pénètre largement dans l'orbite, entre l'os frontal et l'arcade zygomatique. La direction du conduit du nerf infraorbitaire est aussi particulier, car il fait un canal complètement séparé par une crête de l'os de la mâchoire supérieure du grand trou infraorbital, tout en bas de celui-ci. Le crâne du Coypus n*a rien de ce conduit particu- 'itt', si élevé dans le crâne de la Vizcacha. Une autre différée remarquable se trouve dans la mâchoire inférieure, dont l'apophjrse coronolde est bien séparée et fort aiguë, accompagnée d'une excavation profonde dans la branche condyloïde, qui manque chez le Coypus. Celui-ci a le bord inférieur et postérieur de la même mâchoire inférieure élargi en dehors, chez la Vizcacha ce même bord est arrondi et un peu recourbé sar le côté interne.

Les dents de la Vizcacha présentent des caractères très-reinarquables ; les incisives sont moins larges que celles du Coypas et complètement blanches, comme les pareilles de la Chinchilla. Les molaires, au con traire ,|sont plus larges, quoique pas plus longues, et chacune est composée de deux lamelles sauf la dernière de la mâchoire supérieure, qui en a trois* Cette conformation distingue bien ce genre de celui de la Chinchilla, qui possède trois lamelles par molaire. La forme eénéfale de la portion occipitale des deux genres est encore b1«s remarquable ; dans la Vizcacha cette partie est beaucouD riw étroite, la bulle auditive plus petite, fidblement conrezea

bas, et la portion de Tos temporal, qui la couvre en dessus, est déprimée, plane, ou même un peu concave, et non pas convexe comme dans le crâne de la Chinchilla.

Les jeunes ont leurs molaires plus de bonne heure que ceux du Coypus; les crânes des jeunes Vizcachas qui ont atteint b moitié de la grandeur de la mère, ont les quatre molaires complètes, bien usées et tout-à-fait semblables à celles de la mère et du père, sauf qu'elles sont un peu plus petites.

Je ne parle pas davantage du squelette, car il ressemble beaucoup à celui de la Chinchilla, sauf que les os sont plus forts. Le thorax se compose seulement de douze vertèbres, mais de treize paires de côtes (*); de ces treize paires, sept s'attachât immédiatement au sternon, qui est composé de sept vertèbres; le manubrium, très-élargi en avant, est soudé avec la vertèbre suivante; quatre vertèbres séparées et successivement plue courtes, mais un peu plus élargies, suivent alors, et une apophyse xiphoïde du double de longueur de la dernière vertèbre. J'ai compté sept vertèbres lombaires dans notre squelette; trois sacrées soudées, dont seulement la première est attachée k rilion et vingt -et-une vertèbres pour la queue ; la dernière est un petit nœud de la grandeur de la tête d'une épingle. Le tê^ dlus et le cubitus des membres antérieurs sont véritablement soudés, quoique bien distincts par leur forme différente ; mais le tibia et le péroné restent séparés et assez distants l'un de l'autre, sauf à leur extrémité inférieure, où ils se touchent inH* mement et se soudent enfin en un seul os.

Les viscères ont été décrits par R. Owbn {Proeeed. Zool. Sêc 1839, page 175) et quelques années auparavant ceux de la Chitt* chilla par Yàrrbll {ibid. 1830, pag. 31). Owbk dit que la e<»formation des organes sexuels féminins se rapproche beaucoup de celle des Marsupiaux, principalement par la séparation du vagin en deux canaux, au moyen d'un pli dirigé en bas des deux orifices, séparant les deux cornes de la matrice. J'étudierai plus en détail l'anatomie de la Vizcacha, dans l'Atlas qui doit accompagner ce volume, qui sera publié peu à peu par livrai» sons.

Il existe une seule espèce de ce genre.

(*} BiooKit 1 compté douse paires de cdtes, parce que la treiitôaie el deraiin eti une côte trèf-petile et floe, attachée leolemeot à la flo de la doaaièoiA tertèln donale, uni (cocher la première lombaire. La douzième Tertèbre porte deux pata decétei.

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lEçe 95, pi. 9.— /sts, V. Okbk, 1830, page 905.

Illustr. (1. Zool., pi. 8. — Bennett, Trans.

^K). — Darwin, Zool, of the Beagle^ II,

ŒB. Suppl. III. 310. 1. — Watbrh.

% — BuRM., lieise d. d. LaPlata, St.

, ' lOY et D*Orbigny, Ann. d. se-

. — Ms, f;. Oken, 1833, page 808.

iïlEYEN, Nov, act, phys. med. soc. G. L. C. ae XVI, pt. 2, page 584.

u^, Blainvillb dans Desslar. Mamm. II. 315. — uViER, Dict. d. se. nat. tom. 18. page 471. . iHOt Diana^ Griffith, Cuyier, anim. Kingd, III, page 170, av. fig.

Yizcachaj Azara, Apunt., etc. II. 45, n*" 39.

Cet animal est bien connu dans toute la République Argentiae. Il fat longtemps inconnu aux savants s'occupant de zoologie, quoiqu'il soit cité d'abord par Dobritzhofer, dans son fiistoiredeB Abipones (Orig. ail. t. 11,1783). Azara Ta décrit lepremier assez complètement (1. 1. 1802), sans qu'il ait été bien connu des auteurs spécialistes, jusque vers la fin de Tannée 1811. A cette époque, une paire de ces animaux vivants arriva à Londres, et fut exposée dans la ménagerie d'Exeler-Change^ o& elle tat examinée par Blainvillb et Fr. Cuvier, sans qu'ils lient reconnu dans ces animaux la Vizcacha décrite par Azara. fiioOKBB même, qui a décrit un de ces deux animaux après sa Borfe et a donné le dessin du squelette, ne savait pas qu'il avait enminé l'animal décrit par Azara, et Fr. Cuvier n'a compris l'identité des deux animaux que d'après la description de BiooKBS. Cette monographie fut peu connue en 1828, au temps de sa publication, et en 1830 Renggbr proposait de donner au geue de la Vizcacha le nouveau nom générique Viscacia^ pour Men déterminer le genre tout particulier de l'animal (Voy. Sûufefk. Parag, page 372). Aujourd'hui, tout le monde le connaît par les descriptions ultérieures de Darwin, Lbssoh, Meykn, la mienne, et enfin par celle de Hudsoh (Proce^. Zool. Soc. 1872, page 823), qui se distingue par la description complète des mœurs et des habitudes de l'animal.

Comme les sexes présentent assez de différences, je les signalerai tout d'abord.

Le mâle est d'un quart plus grand que la femelle, sa tidlle est plus robuste et sa queue relativement un peu plus courte. La couleur et le dessin sont les mêmes, sauf pour la tête qui porte une forte bande noire de chaque côté, commençant sur la lèvre supérieure et se terminant à la fin de la m&choire inférieure. Sur cette bande noire sont posées les longues fortes soies des moustaches et les autres plus courtes des joues; toutes ces soies ont une même couleur d'un noir pur, sauf quelques soies plus petites, placées sur le bord inférieur de la lèvre, qui sont blanches.

La femelle est plus gracile, sa queue est plus longue et la tête plus petite, tout en n'ayant pas complètement la bande noire du mâle ; elle l'a plus faible et à peine indiquée par quelques poils plus longs, un peu plus rigides, principalement aa commencement sur la lèvre supérieure, où les longues soies des moustaches sont aussi plus courtes. Les plus longues mesurent chez le mâle 7 pouces, et chez la femelle à peine 5.

Lorsque les jeunes ont atteint la moitié de leur grandeur, ils ressemblent à la mère ; la bande noire est faiblement indiquée par un gris-obscur, et toute la couleur du dos est plus claire, tirant au gris de plomb et ressemblant à celle de la Chincliillat tandis que les vieux ont le dos d'un gris cendré-obscur, presque noirâtre. Il faut remarquer que ces jeunes, de demi-grandeur et même plus petits, ont déjà toutes les quatre molaires pa^ faites, ressemblant à celles de la mère, sauf qu'elles sont un peu plus petites, de même que les incisives qui sont notable* ment plus étroites. Le retard dans l'apparition des molaires postérieures, que nous avons signalé chez le Cojpus, n'e^t pas un caractère commun à tous les Muriformes, du moins les Vis* cachas ne le présentent pas.

La fourrure, chez les deux sexes, est composée de poils asses longs, très-doux^ droits et de couleur blanche à la base, tirant faiblement sur le gris. Sur la tête, le dos, les côtés et la surface externe des membres, chaque poil a une couleur grise pins foncée et se termine par un anneau blanc-jauD&trc suivi d une pointe noire. Cette pointe est plus longue sur le dos et se perd peu à peu sur les côtés; ce mélange produit une couleur générale gris-jaunatre, mêlée de noir. 11 7 a aussi des poils plus l:mg8 et un peu plus rigides sur le dos et les côtés, qui sont

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noirs sur toute la moitié externe. Le menton, la gorge, la poitrine, le ventre et la surface interne des membres sont tout à fiBLit blancs. La tête a la même couleur que le dos, mais plus fojicée au milieu du front jusqu'à la base du nez; ce qui produit ix.zie tache triangulaire noirâtre, séparée de la pointe du nez K'nse-noiràtre par une bande transversale blanche, qui court Ea.i3-dessou8 des yeux jusqu'aux oreilles. Cette bande blanche est séparée du bord blanc de la lèvre par la bande noire chez le DAâle, et grise-foncée chez la femelle, comme nous l'avons dé< d-ite plus haut. La queue est couverte de longs poils, qui foriM&cnt une crête longitudinale peu à peu plus élevée jusqu'à l'extrémité, autant en dessus qu'au-dessous ; ces poils ont une (^c^nleur noir&tre en dessus et grise-brunâtre en dessous. Les pieds sont plus clairs sur le dessus, blancs au bord, surtout les postérieurs, dont les ongles sont couverts par des poils longs de Ia même couleur. La plante a des callosités nues sous les doigts, avant les ongles, et une commune centrale sous les os Au métacarpe ou du métatarse, accompagnée d'une autre trèslongue, sous le talon des pieds postérieurs.

Les oreilles ne sont pas si grandes, ni de forme circulaire, Comme celles du Chinchilla ; elles sont plus hautes que larges, ^aes pointues à l'extrémité et élargies à la base du bord pos- ^rieur, où. ce bord forme une lamelle particulière séparée par l'antitragus aigu. Cette lamelle est couverte de longs poils dépassant le bord, et d'autres poils aussi longs forment une frange sur le bord antérieur; l'autre surface de l'oreille est couverte de poils très courts et fins, et assez clair-semés. Les organes génitaux sont cachés dans la peau du ventre ; les testicules forment un renflement ovale entre les cuisses, au-dessous de l'anus. La femelle porte sur les côtés de la poitrine, à deux ponces en arrière des aisselles, une tétine qui a presque la même position que celle du Cojpus. Elle donne naissance à un seul petit, qui se trouve toujours à côté de la mère jusqu'à ce qu'il ^t atteint presque la même grandeur. Pendant l'accouplement, 1^8 deux sexes restent longtemps en contact, comme les chiens. Les régions inguinales sont nues chez les deux sexes, jusque S'ir le côté interne des cuisses, mais le milieu du ventre est ^tivert de poils jusqu'à l'anus. L'ouverture du prépuce se trouve dans cette partie velue du ventre, à quatre pouces de distance de l'anus; la vulve plus en arrière, un peu en avant de

Les mesures du corps sont les suivantes : longueur totale du nez jusqu'à la fin de la queue, 28 à 30 pouces chez le mâle, 2là 26 pouces chez la femelle; la tête du mâle jusqu'à la nuque a 6 pouces, celle de la femelle 5 pouces ; la queue des deux sexes 6|- 7 pouces; le tarse du mâle avec Tongle du plus grand doigt a5| pouces, celui de la femelle 4| pouces; la hauteur des oreilles est de 2 pouces.

L'animal vit dans les campagnes ouvertes appelées pampas, * dans toute la République Ai^entine, sauf dans la Patagonie australe ; il se trouve aussi dans l'Ëntre-Rios, mais ne dépasse pas le Rio Uruguay à l'Est, le Rio Negroau Sud, et le 25^ de latitude au Nord. Je l'ai trouvé dans TEntre-Rios, à Paraoé, au Rosario, au Rio Cuarto, à San Luis, à Tucuman, mais pas auprès de Mendoza, où le sol est couvert de cailloux et de bois. Il se construit des souterrains, où il vit en société de plusieurs familles, dans l'argile assez dur de la formation quaternaire. Ces caves ont une seule grande chambre centrale peu profonde, accessible par plusieurs entrées ouvertes, en nombre au minas de trois et souvent de quatre ou de cinq. De cette ehambie centrale partent des galeries quelquefois assez longues, allant en descendant ; chacune est le domicile d'une seule paire, qui se cache dans cette retraite isolée pendant la journée. Au coueher du soleil, les Vizcachas sortent et se montrent au bord des ouvertures, où elles se retirent aussitôt quand un ennemi s'approche. Elles cherchent pendant la nuit leur nourriture et s'éloignent alors d'une assez grande distance de leurs terriers, où elles rapportent leur proie à l'entrée de la cave centrale. Elles mangent toutes sortes de graminées, mais de préférence les grains de maïs ; c'est pour cela que l'on conserve toujours le maïs dans des dépôts élevés, à une hauteur de trois à quatre pieds au-dessus du sol et construits sur pilotis, lorsque dans le voisinage il y a des terriers, nommés en espagnol : vizcacherdi- Pendant ses excursions nocturnes, l'animal prend tous les objets remarquables qu'il trouve dans la campagne, pour les déposer devant les ouvertures de ses retraites souterraines, oà on les trouve toujours en quantité.

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Espèce fossile

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