‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 219 sur 267 · TRIBU DES PACHYDERMES · texte numérisé non relu

TRIBU DES PACHYDERMES

aux deux espèces vivantes, le Cervui paludoius et le Cerpw campesiriê^ que je suis porté à croire que ces deux espèces existaient déjà pendant l'époque quaternaire du pays. Brayard a distingué trois espèces fossiles de Cerfs : il nomme la plus grande C. tnagnuê et la plus petite C. pampeanuê (voyez tome II, p. 218 de cet ouvrage). La troisième, qu'il a nommée C. enirerianus^ ne m'est pas connue (Gbrvais, Zool. et Paléontologie gén. 1. 133).

REUVIERE TRIBU

PACHYDERMES. PACHYDERMA

Nous réunirons sous ce nom tous les Mammifères ongulés qui ne sont ni des Ruminants, ni des Proboscidiens, et auxquels on ne peut reconnaître un caractère fixe diagnostique, applicable à tous, en raison de la grande variété de la taille générale, de la conformation des dents et des pieds, dont le nombre des doigts varie entre un et cinq, quoique le nombre le plus général soit de trois ou quatre. Il est vrai, la peau de la plu part est grosse et forte et souvent sans poils, ou seulement couverte de poils rares et durs comme des soies ; mais il y a aussi des types couverts de poils épais et courts, assez fins et déprimés, comme le Tapir et les Chevaux. La même variété se rencontre dans les dents. La plupart des Pachydermes ont six incisives dans chaqae mâchoire, des canines et six ou môme sept molaires de chaque côté des deux mâchoires, mais tous ces nombres ne sont pas fixes ; les incisives et les canines manquent chez quelques ilAtnocaros, et les canines seules manquent au Hyrax dans l'âge avancé. La position et la forme des dents est aussi variable; tantôt elles forment une série sans interruption, comme chez plusieurs genres disparus (Anùplotherxum^ Macrauchenia)^ tantôt elles sont séparées par de larges vides en groupes distincts, comme chez la plupart des genres.

En ce qui concerne leur conformation particulière, on trouve dans les molaires deux variétés principales de la couronne et des racines, qui se rapprochent, par leur type fondamental, des

mêmes des den^ groupes des dents molaires des Roagenrs, à conronne grosse avec des racines séparées ou prismatique sang racines isolées, sans que les incisives et les canines aient une différence semblable. Les incisives ont la forme générale d'an ci* seau, avec une couronne coupante droite ou un peu en pointe; les canines sont coniques ou prismatiques et plus ou moins recourbées en arcade; les deux, comme toujours, ont la racine sim* pie. Dans les molaires, dont les antérieures sont plus petites, celles-ci remplacent les dents de lait qui tombent, et portent, par cette rénovation, le nom de prémolaires. On distingue deux types princip'Bux sous les noms dernièrement appliqués des Sélénodontes et des Bunodontes. Les molaires de la première catégorie sont composées, comme les molaires des Ruminants, de deux lobes semi-lunaires, plus ou moins séparés, plus reconnaissables dans les molaires inférieures, qui sont étroites-oblongues, que dans les supérieures plus laides et carrées. Celles-ci ont sur le côté externe deux tubercules aigns triangulaires, plus hauts que la moitié interne de la couronne, et sur ce côté interne^ plus bas, deux lobes arrondis, séparés par un fort pli d'émail transversal, plus ou moins ondulenx. Quelquefois un vide central existe dans chaque lobe des molaires supérieures, comme dans celles des Ruminants. En cet endroit, le côté interne des molaires inférieures est ouvert, ce qui donne a chaque lobe la forme de la nouvelle lune à sa première phase. Les molaires des Bunodontes ont toujours la couronne d'égale hauteur et sont pourvues, sur la surface de trituration, d'une multitude de petits tubercules ou collines, arrangés en lignes longitudinales, dont au moins deux lignes parallèles de tubercules un peu plus grands se distinguent, comme correspondant aux deux moitiés inégales de la couronne des Sélénodontes. Ces molaires ont toujours des racines isolées aussi en deux rangées parallèles; les molaires des Sélénodontes sont souvent prismatiques, sans racines isolées, ou n'ont ces racines que très-tard, lorsqu'elles sont tout-à-fiedt usées et que la conronne a déjà presque disparu.

Le second caractère principal de la tribu consiste dans les membres, quoiqu'ils présentent les mêmes deux variétés d'aspect que les dents molaires. Quand ils sont grêles et hauts, comme ceux des Ruminants, l'humérus et le fémur sont courts et des deux os de Tavant-bras et de la jambe l'un est rudimentaire; aussi le pied est toujours plus long que chskcun de ces os,

PARIDIGITËS 409

Ainsi sont constitués les membres du cheval. Mais d'autre part^il 7 a aussi des Pachydermes dont les membres sont courtSf et chea lesquels les trois sections principales de chaque membre sont à peu près d'égale longueur^ comme chez le Cochon, THippopotame et le Rhinocéros. Dans ce cas, les deux os de Tayant-bras et de la jambe sont parfaits et le pied plus raccourci, du moins toujours l'antérieur. Un autre caractère encore plus important consiste dans le nombre des doigts, tantôt distribués par paires, deux ou quatre, tantôt en nombre impair de un, trois ou cinq. Nous trouYons alors Tastràgale, arec deux facettes articulaires terminales chez les premiers, ou avec une seule dans le second cas. Cette différence fondamentale sert de base pour établir les deux groupes des Paridigités et des Imparidigités, comme nous Tavons déjà dit plus haut. La valeur systématique de cette division augmente, quand nous voyons que les premières se rapprochent plus des Ruminants, et quelques-uns des seconds avec cinq doigts tout-àfait des Proboscidiens. Nous suivrons ces différences naturelles pour reconnaître les caractères des groupes et nous divisons les Pachydermes en trois sous-tribus, qui sont les :

Paridigités avec 2-4 doigts et ongles ; Imparidigités avec 1-3 ongles ; Multidigités avec 5 doigts et ongles.

La faune actuelle sud-américaine est pauvre en Pachydermes ; nous n'avons dans notre territoire que deux genres, un paridigité, le Cochon, nommé Dicotyles, et un a,utre imparidigité, le Tafdrus ; mais quelques autres genres disparus augmentent le nombre des types indigènes, ce sont les genres Equus^ Hippidium, Macrauchenia, Toxodon^ Nesodon et Typotherium^^ de notre faune quaternaire, qui composent quelques-uns des genres les plus remarquables des Mammifères. Nous connaissons aussi de l'époque plus ancienne tertiaire quelques types, dont nous parlerons plus tard à la fin de notre étude de chacune des trois sous-tribus mentionnées.

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