‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 231 sur 267 · GENRE MACRAUCHENIA · texte numérisé non relu

GENRE MACRAUCHENIA

remarqaablement rétréoie vers le front, où elle forme entre les orbites une ouverture allongée-ovale, accompagnée d'impressions musculaires, en arrière, qui prouvent Texistence antérieure d'une trompe assez allongée et flexible. Les six incisives ressemblent à celles du cheval, sauf qu'elles sont plus inégales, les centrales plus petites et leur couronne est moins épaisse, sans fossette centrale. Les canines sont très-comprimées et plus semblables aux incisives externes qu'aux cônes de celles du cheval. Des sept molaires supérieures {*) les quatre prémolaires ressemblent aux canines, quoiqu'elles soient successivement plus grandes, par la face externe comprimée de leur couronne, en arrière de laquelle, sur le côté interne, on voit deux grands creux, entourés de lobes minces, dont le postérieur est à demi-ouvert en arrière. Les trois vraies molaires beaucoup plus grosses ont trois forts coins perpendiculaires externes, entre lesquels se trouvent, sur le bord externe de la couronne, deux hauts tubercules triangulaires aigus et sur le côté interne de ceux-ci, dans la portion plus basse de la surface de trituration, deux lobes larges séparés par un fort pli ouvert, terminé à la fin interne par un troisième lobe médian; chacun des trois lobes renfermant un creux, sauf Tantérieur un peu plus grand qui peut en renfermer deux. Par suite de cette conformation particulière, la molaire très-usée renferme quatre ou cinq creux ronds, posés en deux rangées, opposés deux à deux, et le cinquième au milieu des autres ; celui-ci, comme le reste du pli du milieu entre les deux lobes principaux, qui correspond au coin médian du côté externe.

Les molaires inférieures sont plus simples, chacune est composée de deux croissants qui forment au milieu un lobe fort et renferment deux creux, dans leurs deux courbures concaves.

Toutes ces dents sont beaucoup plus grandes que les correspondantes du cheval, et en raison de cette grandeur forment une série sans interruption, depuis les incisives jusqu'à la dernière molaire. Celle-ci a un contour triangulaire pointu en arrière ; les autres deux vraies molaires sont quadrangulaires et chaque suivante est un peu plus grande jusqu'à la dernière.

Au premier moment de sortir de la gencive, les sommets

(*) Aoptravani j'avais compté huit molaires supérieures, induit par les figures de BiAVABD, et oe soapçoaoant que les caoines peuvent avoir deux racines séparées, comme elle les ait en vérité dans les figures publiées plus tard par Gbbvais. itP. A16. — T. m. 31

aigus des lobes des dents sont formés d'une crête d'émail, finement festonnée en dessus, mais bientôt ces crêtes s'usent par la trituration et se changent en surfaces unies d'iToire poli avec une lame externe d'émail ; ces surfaces deyienneni peu à peu toujours plus grandes par l'usure (*).

Il est bon de noter que les trois molaires de lait présentent une différence remarquable par l'absence du coin médian externe perpendiculaire et par la présence d'une ceinture élerée à la base de la couronne sur le côté externe, nommée OfifiiliMi, dans le langage scientifique, qui manque dans les molaires de remplacement et donne à ces molaires de lait une ressemblance remarquable avec les dents du genre Paheotherium (^.

Je ne donne pas ici plus de détails sur la conformation di squelette, que j'ai décrit dans les Anal. d. Mu». Pûbl. de B.A., tome I, page 32 suiv. ; j'ajoute seulement quelques mesures et notes additionnelles.

Les vertèbres de l'épine dorsale sont très-fortes, beaucoup plus fortes que celles du cheval. Les sept vertèbres du cou réunies ont une longueur de 3 J pieds, chacune des deux plus longues, qui sont la troisième et quatrième, mesure 8 pouces. Elles ressemblent aux vertèbres cervicales des Ruminants par le cours du conduit de l'artère vertébrale sur le côté interne de l'arcade. Le nombre des vertèbres dorsales n'est pas bien connu, mais on peut supposer qu'il était de 16 à 17; celui des vertèbres lombaires est très-probablement de 7, nous en avons 6 dans le Musée ; la dernière est remarquable par les fisu^ttes articulaires qui l'unissent à la précédente et à la première sacrée, comme dans le cheval. Nous ne connaissons pas bien les vertèbres du sacrum et de la queue ; une seule coccjgienne est conservée dans notre Musée, ainsi que deux côtes, semblables à celles du cheval, mais plus longues et beaucoup plus fortes. Gbrvais a dessiné sept vertèbres coccygiennes dans son second Mémoire sur cet animal. Les os des deux membres presque complets existent dans le Musée, au moins d'un côté du corps. L'omoplate est trop cassée pour bien la décrire. L*humérus

(') Les molaires toutes nonvelles après le changement des cadoqaei sont detiiaéei par Gertais dans les Mém. de la Soc. géolog . de France, Il lérte, tome IX, pi. tl.

(**) Il me semble possible qoe Biatard ait pris cet molairea d« lait da Mmrmhchenia pour des molaires du Palaeotherium, ce qoi loi fkit éUMir Ttipèet fili a nommée P. paranenu. Voyez tome II, page S48.

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ressemble complètement à celui du Rhinocéros ; il est aussi fort et a la facette articulaire de Tépaule simplement hémisphérique, sans la forme de demi-poulie, comme celle du che- Tal. Sa longueur est de 15 pouces. Les deux os de Tavant-bras sont intimement soudés, quoique chacun soit très-fort et leur séparation primitive encore bien reconnaissable. Le radius forme une forte crête en avant et dépasse en largeur le cubitus, mais celui-ci est plus épais. La longueur des deux os réunis est de 2 1 pieds et le radius seul a exactement 2 pieds. Le pied antérieur complet nous manque, mais Owen et Obrvais en ont donné de bons dessins, celui-ci le plus complet pi. 8 des Reoh. s. 1. Mammif. foss. de l'Âmér. mérid., qui prouve une longueur totale de 1 J pied. Les relations des trois portions principales des membres antérieurs sont donc comme 15, 30, Ifi, tandis que chez le cheval elles sont dans la relation de 12, 13, 18, c'est-à-dire que le cheval, a un pied relativement plus long, mais le haut-bras et Tavant-bras beaucoup plus courts.

Nous avons le membre postérieur du côté gauche parfait, sauf lecalcanéum, qui a été dessiné par GervaisI. l. Le fémur et le tibia sont déjà bien connus par la description de Owbk ; le premier a 20 pouces de long, il est assez grêle et est pourvu d*ane faible crête, au lieu du troisième trochanter externe, et de fortes articulations terminales. Le tibia uni intimement avec le péroné très-faible, a 16 pouces longueur et le pied entier est presque aussi long. On voit par ces mesures que le pied postérieur est relativement moins long que Tantérieur. Le ealcanéum^ comme il est dessiné pi. XVIII, fig. 7 du second Mémoire de Qbkvais, a une longueur de presque 6 pouces et 86 distingue de celui du cheval, qui lui ressemble beaucoup, par le fort élargissement externe'garni d*une facette articulaire allongée sur le côté de la facette articulaire anguleuse, servant à Tanion avec Tastragale. Cette facette s'articule à Textrémité forte et grosse du péroné ; elle se trouve chez quelques Paridigités, mais manque chez les Imparidigités. Alors l'anomalie de la conformation du calcanéum est fort remarquable dans un animal qui appartient aux Imparidigités par tous ses autres caractères, et prouve que les caractères fixes de notre classification systématique sont imaginaires et que la nature spéciale des animaux est constituée souvent malgré eux. Cette articulation accessoire du calcanéum avec le péroné donne plus de force au pied dans sa position naturelle, et faci-

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lite le mouyement propre à cet animal loitird, dont le squelette a une conformation pesante.

Nous avons dans notre faune la seule espèce bien connue de ce genre remarquable, découvert par Darwik, sous la forme d*un squelette imparfait, et que nous ont depuis mieux fait connaître les découvertes de Bravard.

OwEK, I. I., page 32^ pi. VI-XV. — Obrvais, Mém. s. 1. Mammif. foss. etc., page 36, pi. VIII. — Burh., Anal. 4. Mus. Pûbl. d. B. A., tome I, page 32, pi. I-IV, et page2S2, pi. XII. — Abh. d. naturf. Gesellsch. z. Halie^ tome IX, page 252, pi. VII-X.— Gbrvais, Mém. de la Soc. gëoKde France, II série, tome IX, n<> 5, pt. 5, pi. XXI-XXUI.

Opisthorhinus Falcaneri, Bravard, Caial. d. np. fon. etc.— Gervais, Zool. et Paléont. génér. etc., tome I, page 130.

L'espèce n'a pas été très-répandue, car les ossements sont assez rares ; nous en avons les parties principales d'un squelette y compris le crâne. Son dépôt se trouve dans les couches inférieures quaternaires ou post-pliocènes et non des tertiaires pliocènes, comme quelques auteurs le soutiennent. L*animal a été contemporain des Qravigrades et des chevaux du genre Hippidium.

Observation. - Une seconde espèce mentionnée par Bravard dans son Catalogue des animaux fossiles argentins, sous le nom de Opisîhorkinwi minor, a été fondée diaprés les vertèbres cervicales du Guanaco fossile, dont les échantillons sont conservés dans sa collection. Une autre espèce, également plus petite, a été décrite par Huxley, sous le nom de Maetêwr chenia boliviensis dans le Report on the Geology of South^ÂmêHca kjj D. PoRBES, Froc, geoL Soc, 21 nov. 1860.

TROISIÈME FAMILLE

TAPI ROI DE S. TAPimiBAE

Cette famille est très-voisine de la précédente par la dentore et la forme du crâne ; elle s*en distingue par le cou coort; même plus court que le crâne, et par les membres plus bu,

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les antéiiears sont relativement plus courts que les postérieurs et quelquefois pourvus de quatre doigts. C'est le cas dans le seul genre vivant.

Genre Tapiras Brissok.

Ces animaux ont la taille d'un grand cochon, ou même la dépassent ; le nez est plus allongé et forme une petite trompe charnue, sans aroir le bord aigu relevé du boutoir, qui distingue celui du cochon. La peau est couverte de poils courts déprimés; les oreilles sont assez hautes et arrondies; les membres antérieurs sont pourvus de quatre doigts à ongles assez grands, sauf l'externe, qui est plus petit et plus élevé, et touche à peine le sol ; les postérieurs ont trois doigts et des ongles ^aux aux grands des antérieurs ; la queue est trèscourte*

Le ciftne est remarquable par la forme des os du nez courts, élargis à la base, fortement pointu en avant,et parla forte impression musculaire sur le côté des os du nez, dans les os frontaux et la mâchoire supérieure, pour les muscles de la trompe. Il y a six incisives en haut, dont l'externe est plus grande que les petites canines; les canines du bas sont très-larges. Les sept molaires supérieures non usées ont trois tubercules externes, dont rantérieur est plus petit, et deux lobes transversaux plus bas sur Tautresurface; elles deviennent successivement plus grandes d'avant en arrière. Les molaires inférieures plus étroites ont seulement les deux lobes transversaux, et l'antérieure, qui est un peu plus longue, a un troisième demi-lobe en avant. L'épine dorsale a dix-neuf vertèbres dorsales avec le même nombre de paires de côtes, dont neuf s'attachent directement au stemon; quatre vertèbres lombaires, dont les deux dernières sont réunies entre elles et au bassin par les apophyses transversales ; le sacrum se compose de six vertèbres soudées dont les dernières ressemblent complètement aux premières vertèbres coccygiennes qui sont au nombre de treize, les trois dernières extrêmement petites. Les deux os del'avant-bras réunis sont un peu plus longs que l'humérus, mais les deux de la jambe sont un peu plus courts que le fémur; le pied antérieur est plus court que le cubitus, le postérieur plus long que le tibia.

Noos en avons une seule espèce dans notre territoire; elle est

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répandue dans les forêts de toute l'Amérique méridionale orientale, mais ne dépasse pas beaucoup le tropique du Sud.

TApIrus rallliuiy Blumbnbach.

Handb. d. Naturg. éd. IV. (1791), page 120.— WAeirit, ScHBBB. Sâug. VI. 377. tb. 319.— Ej. Suppl IV. 284. 1. - BuRx. Syst. Ubers. I. 331. 1.— Beise, etc. II. 432.

Tajrirus americMnus, Baiss. Règne animal, 119. 1. — Cuma, Règne animal, I. 250.— Pr. Wied. lieitr., etc. II. 549. 1 — Rbngger, Sàugeth. Parag. 312. — Tschudi^Fa. per.L 213. 1.

Hippopotamus terrestrUj LiNKii. Syst. Nat. éd. X, tome 1. 71 2.

Tapir ou Anta^ Buffok, Hist. nat. Mammif. XI. 444. pL 43. et Suppl. VI. 1, pi. 1.

£1 Mborebi, Azara, Apunt. I. page 1, n^ 1.

AfUa ou Gran Bestia des Argentins.

La fourrure courte et déprimée se prolonge sur la nuque et l'occiput, formant une crinière assez longue; cette fourrure a une couleur homogène brun^foncé, sauf le bord supérieur des oreilles qui est plus ou moins blanc. Les jeunes nouTeau*néi ont des petites taches blanches sur la tête et les côtés du trono, en quatre rangées longitudinales. Le mâle est remarquable par un scrotum énorme et une verge forte, dirigée en arrière, avec une glande bilobée revôtue de petits tubercules externes, bien décrits par Azara. La femelle porte deux tétines au bas-rentre, et se distingue par sa stature générale plus petite.

L'espèce se trouve dans les grandes forêts de la province de Tucuman, dans le nord du Orand Chaco et dans les forêts des Missions de la Province de Corrientes; sa grandeur ordinaire est celle d'un grand cochon; la tête avec la trompe mesure 1} pied, le tronc 3| à 4 pieds, la queue 3 pouces, et la hauteur moyenne 3 à 3| pieds. L'animal a un naturel doux et s'accoutume bientôt à l'homme; il mange toutes les substances végétales et recherche les endroits où le sol est salé, afin de satisfaire son goût très'vif pour le sel.

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