‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livres (volume 2)Chapitre 32 sur 113 · Dictionnaire des Halles, ou extrait du diction · texte numérisé non relu

Dictionnaire des Halles, ou extrait du diction

naire de FAcadémie Françoise. A Bruxelles , chez François FoppenSy 1696, f vol. pet. in-12, mar. rouge, fil. (Koehler.) ,

L'Académie a supprimé beaucoup de ces manières de parier triviales ei grossières, qu'on iui reprociie indirectement ici, dans les éditions successives de son Dictionnaire^ et particulièrement dans la sixième, publiée en ^855; mais une phrase françoise, h l'usage de la plus mauvaise compagnie, n'en reste pas moins françoise, et le chaste dédain des puristes ne diminue en rien son autorité, comme fait et comme témoin de langue. C'est probablement cette considération qui a augmenté, dans l'estime des amateurs, la valeur du Dictionnaire des Halles, dont le prix a plus que triplé depuis quelques années.

Le Dictionnaire des Halles n'a point d'auteur proprement dit, puisque c'est une compilation qui n'a donné que la peine de copier. Cependant, M. Barbier l'attribue k un nommé Artaud, et la plupart des rédacteurs de catalogues, a Furetière. C'est une erreur grave, en ce qui concerne celui-ci, Furetière étant mort en 1688.

194. Furetière (Antoine). Plan et dessein du poëme allégorique et tragico-burlesque intitulé : les Couches de t Académie (avec la clefj. Amsterdam, Pierre Brunet, 1687, pet. in-i 12, mar. vert. (Bauzonnet)

Je place ici ce livre en raison de son rapport avec le Dictionnaire de V Académie, Pris en lui-même, c'est une satire et des plus personnelles, c'est-a-dire un ouvrage fort méprisable, mais qui ne manque ni de verve, ni de sel. Furetière a été mal inspiré de prendre l'Académie à partie, et cette témérité lui a porté malheur. On ne parle de lui qu'à l'occasion de son procès, et on oublie ses écrits qui dévoient cependant

iui assigner un rang assez honnête {>armi les auteurs du second ordre de son époque. Ses trois Faciurm^ par exemple, n'ont certainement rien à envier aux jolis Mémoires de Beaumarchais, qui firent tant de bruit a la fin du siècle dernier, et je n'ai presque jamais rencontré personne qui eût daigné lire les Factums. C'est le cas de dire : Haheni ma faia libelli, en prenant le mot libelli dans ses deux acceptions latines.

On ne recherche plus les Couches de V Académie^ qu'on n'a jamais fort recherchées, et ce volume figure dans ma bibliothèque k peu près comme Furetière figuroit à l'Académie. Il y a des gens qui l'en chasseroient. Toutefois, cette petite édition, bien exécutée, peu commune, et reliée parBanzonnet avec une élégance fort coquette, n'est peut-être pas tout-k-fait indigne de l'indulgence d'un amateur.

Page 1