‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livres (volume 2)Chapitre 51 sur 113 · Livre d'une grande rareté, puisqu'on n'en connoit jusqu'ici · texte numérisé non relu

Livre d'une grande rareté, puisqu'on n'en connoit jusqu'ici

que deux exemplaires, dont l'un, qui fait partie de la riche biblio^hè^e de Besançon, ne subira jamais la chance des enchères. Il paroit par quelques vers de la fin de l'œuvre, qu'elle se donnoit en présent, et ce sont ordinairement les livres de cette espèce qui disparoissent le plus vite. Le volume contient trois petites gravures en bois assez bien exécutées. Il a été imprimé par Jacques Estauge qui étoit établi plus tard, tantôt k Basle, tantôt a Strasbourg, mais qui parott avoir fait Fessai de ses pissses k Besançon. C'est bien certainement avec les earactères de ee Jacques Estauge, et ceux mêmes qui ont servi k l'impression fy V Elégie de Julyot, qu'a été exécutée la fameuse Epistre envoyée au Tigre de la France, dont M. Brunet possède le seul exemplaire connu.

Le précieux volume qui fait le sujet de cet article m'a été donné par M. Du Bouvot.

419. BuGNTON (Philibert). Erostasmes de Phidie et Gélasine; plus le Chant panégyrique de File Poutine, auec la Gayeté de may. Lyorij lean Temporalj 1557, in-8, mar. rouge, fil., aux écussons. (Thouv&nin.)

Volume très rare.

420. Belleforest (Françoys de). La Chasse d'amour, avec les fables de Narcisse et Cerbère ausquelles sont aioustés diuers sonetz. Paris , Estienne Groulleau, i56i, in-8, mar. citron, fil. (Derome,)

421. Desiiué (Artus). Les Combatz du fidelle papiste pèlerin romain, contre Tapostat antipapiste, tirant à la synagogue de Geneue, maison babilonicque des luthériens. Ensemble la Description

no BELLES-LETTRES.

de la cité de Dieu, assiégée des hérétiques. On les vend à Rouen^ ai4 portail des libraires, par Robert et Jean Dugort, frères, i55i,pet. in- 12» fig. dans le texte, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

4^2. — Le même. Les articles du traicté de la paix entre Dieu et les hommes, articulez par Ârtus Désiré. Selon la copie imprimée à Paris. 1 563, 'in-8, goth., mar. rouge, fil.

Imprimé en caractères gothiques.

423. — . Le même. Les Regretz et Complaintes de Passepartout et Bruictquicourt sur la mémoire renouvellée du trespas et bout de Fan de feu très noble et vénérable personne maistre François Picari, docteur en théologie, et grand doyen de Sainct Germain de l'Aucerrois. Sutra erised (Artus Desiïé.). Paris ^ Gaultier, \bS']. — Le Regretz, Complaintes et lamentations d'une damoiselle, laquelle s'estoit retirée à Genesve pour vivre en liberté, avec la convertion d'icelle estant à l'article de la mort. Paris y Gaultier, i558. — La Complaincte de paix et de son ami Bontemps. Paris, de Gourmont, i558, 3 parties en i vol. in- 12, mar.'rouge, dentelle.

Trois des pièces les plus rares de Fauteur.

4a4. PoETOu (Guillaume de). La grande liesse en plus grand labeur, auec la table copieuse pour facilement trouuer les odes et sonnets, plus son

hymne de la marchandise. En Anvers y par GuiU laume Silvius^ imprimeur du roy, i565, pet. in-i2, mar. violet, fil. (Koehler.)

Yolmne très rare, omis des bibliographes, et que je cherche inutilement dans les catalogues; je n'en ai jamais vu d'autre exemplaire.

4a5. TuBmN (Claude), Dijonnois. Les œuures divisées en six Hures : les deuxpremiers sont d' élégies amoureuses, et les autres de sonets, chansons, eclogues et odes à sa maistresse. jii Paris, chez Jean de Bordeaux , au clos Bruneau, à renseigne de t Occasion y 1672, pet. in-8, veau fauve, fil., tr. dor.

4îi6. Demorenne (CL). Les Regrets et tristes lamentations du comte de Mongommery, sur les troubles qu'il a esmeus au royaume de France, depuis la mort du roy Henry, deuxiesme de ce nom, iusques au vingt sixiesme de iuing qu'il a esté exécuté ; auec une prédiction sur la prinse de son fils, en la ville de Charenton , par C. Dem. P. Paris y Pierre Des-Hayes y 1674, in-S^ mar. bleu, fil. (Dura.)

Exemplaire mon rogne.

Pièce fort rare, et peut-être unique en cette conditon.

4^7. Sainte Marthe (Scevole de). Les premières œuures qui contiennent ses imitations et traductions recueillies de diuers poètes grecs et latins. Le tout divisé en quatre Hures, etc. Paris y Federic

Morely au Franc-Meuriery iSSg, in-8, mar. vio- \eXy doublé de tabis, dentelle.

4a8. — Le même. Le même ouvrage. Poitiers, Jean Blanchet, 1600, pet. in-12, mar. vert, doublé en mar. rouge, fil. (Thompson.)

4^9. La puce de madame des-Ro€H£S, qui est un recueil de diuers poèmes grecs, latins et françois, composez par plusieurs doctes personnages aux grans lours tenus à Poictiers, l'an m.d.lxxix. PariSyAbelVJngelieFy 1672, vûrk^ mar. bleu, fil. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire.

430. Baif (Jan Ant. ). Amours. Paris . Lucas Breys, 1572. — Les jeux, 1673. — Les passetemps^ 1573. — Euvres en rimes, 1673,4 vol. pet. in-8, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Superbe exemplaire qui avoit appartenu à Balesdens, dont il porte la signature au frontispice.

43 1. — Le même* Quatre livres del'amour deFrancine. Paris y JFechel, i555. — Les amours de Jan Ant. Baif. Paris, veufve Maurice de La Porte, iSSa. — Le Ravissement d'Europe, i552, 3 part., 1 vol. pet. in-8, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Très bel exemplaire de la première édition de ces ouvrages. Elle est extrêmement rare.

4^i. — Le même. Mimes, enseignemens et proverbes. Paris, Mamert Pâtisson, i58i, pet. ipi-ia, mar. YO\x^^^ aux écussons. (Thouvenin.)

Bel exemplaire, et que Fon croiroit grand papier b le comparer ayec tous ceux que j'ai vus. L'édition de 4584 ne contient ordinairement que les deux premiers livres des Mimes; mais les deux autres ont été joints a quelques exemplaires, lors de la réimpression de 4597. Celui-ci est parfaitement complet; il a aussi appartenu a Balesdens dont il porte le chiffre.

433. — Le même. Les mimes, etc., reueues et augmentez en ceste dernière édition* A Toumouy far Clas;de Michel, imprimeur en VUniuersitéy 1619, pet. in-i6, mar. rouge, fil. à froid. (Thouvenin.)

Petite édition fort rare.

434. — Le même. Étrennes de poezie fransoeze an vers mezurés, au Roe, a la Reine mère, etc., par Jan Antoine de Baif, segretaere de la çanbre du Roe. J Paris, de T imprimerie de Denys du Val, 1574, în-4, mar. rouge, fil., aiw écussons. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire en très grand papier, at le seul que j'aie jamais yu de ce tirage, omis ou négligé par les bibliographes.

Baîfprétendoit aussi, comme on le voit par ce livre, k devenir le réformateur de l'orthographe et même celui de la versification ; car il est un des novateurs mal inspirés qui avoient formé le ridicule projet de soumettre la poésie françoise aux

règles de la prosodie latine. Il est k remarquer que ces fantaisies révolutionnaires, qui auroient révolté Marot, Corneille, Racine, Molière ou La Fontaine, ne passèrent jamais que par la tête d'un rimeur médiocre et follement ambitieux. G^est un Baîf, un Peletier, un Taillemont qui tentent ces volés extravagantes vers la renonunée, quand toutes les autres leur sont interdites par des rivalités trop puissantes. Il y a donc a les imiter beaucoup d'étourderie ou beaucoup d'abnégation. Quel rôle à jouer dans les lettres que celui de plagiaire de Taillemont, de Peletier et de Baîf!

435. Le Loyer (Pierre), Angevin. Les œunres et meslanges poétiques, ensemble la comédie Nephelococugie, ou la nuée des cocus, non moins docte que facétieuse. Paris, JeanPoupy, 1679, pet. in-i a, mar. rouge, fil. (Derome.)

Charmant exemplaire,

436. Habert (Isaac). Les trois livres des météores auecques autres œuures poétiques. Paw, Jean Richer^ i585,pet. in-12, mar. vert. (Koehler.)

Poème peu commun et d'un certain mérite.

437. Erreurs amoureuses , augmentées d'une tierce partie, plus, un liure de vers liriques. Lyon^Ian de Tournes, î555, in-8, mar. brun, ornements,

.. fil. (Thoui^enin.)

Superbe exemplaire d'un livre fort rare (vendu près de

. 65 fr. Blanford). Ces poésies passent généralement pour être

de Ponthus de Thiard, un des poètes de la Pléiade; mais

. M. Brunet les attribue, dans la 4® édition du Manuel, a An-

toiiie da Moulin , dont il existe effectivement une Continuation dêê Erreurs amoureu$€$.

438. Desportes (Philippes). Les premières œuures. Paris^ Félix le Manguier, i587, in-ii, mar. citron, fil. (Derome.)

. Superbe exemplaire. ^

439. — Le même. Les premières œuures , dernière édition, reueiie et augmentée, ^ûm^ Mamert Pâtisson, 1600, in-8, mar. vert, aux armes.

Admirable exemplaire que je crois d'un papier plus fort et plosgrand que celui qui a été employé au reste de l'édition. Il proTieut delà bibliothèque de Jacques Auguste de Thou, et il est décoré de ses insignes. Aussi m'a-t-il coûté, dans sa beauté modeste, l'énorme prix de 468 fr. a la vente de M. Goulon.

440. — Le même. Lespremières œuures. jRo£/e/2,^aphaël du Petit-Fal, 161 1, in-12, mar. rouge. {Première reliure.)

Joli exemplaire d'une parfaite conservation. Il a appartenu au savant Du Tilliot dont il porte la signature et une longue note autographe.

44i-Bertaut (Jean), évêque de Séez. Recueil de quelques vers amoureux. A Paris, par la veufue Mamert Pâtisson y 1602, pet. in-8, réglé, vél., tr. dor. et dorure fleurdelisée sur les plats, aux armes.

Si Ton se rappelle l'étroite liaison du monarque et du prélat, on ne sera pas étonné de trouver les Vers amoureux de

Bertaut dans la bibliothèque de Henri lY. Ce précieiii fohune est timbf^, en effet par Ip doreuT) deB iomes et du ohiifire du bon roi, et on peut présumer que ce n'est {mis eelui de ses livres qu'il a leuu>ius feuilleté. Il me se^^»le jiu'ilfaudroit être bien insensible aux douceurs de la bibliomanie pour ne pas trouver quelque ebarme k un pareil souvenir.

44^. — Le même. Recueil des œuvres poétiques. JParùy i6o5, pet. in-8, mar. rouge; aujt'éeùssons. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire.

443. Passerat (Jan). Recueil des œuures poétiques de Jan Passerat , lecteur et interprète du roy, augmepté de plus de la moitié, outre leis précédantes impressions, dédié à M. deRosny. Paiis^ Claude Morel y 1606, in-8, mar. rouge, fil., aux éùussbrù. (Tkùuf^mh.) / m : •

Un des exemplaires peu communsoù se trouvent réunies aux poésies françoises Jes Kalendœ jmuariœ^ et autres poésies latines publiées sous la même date.

444- Vauquelin (sieur de la Fresnaie). Sçs diverses poésies. Caen, Charles Macéy 1612, in-8, mar.

Volume fort rare. Très bel exemplaire de M. de Pixerecourt.

445. Franeau (lean). lardin d'hyver, ou cafcinetdes fleurs, cpntenant en xxv élégies les plus rares et signalez fleurons des plus fleurissans parterres.

illustré d'excellentes figures représentantes au naturel les plus belles fleurs des jardins dômesligues. A Douay^ de F Imprimerie de Pierre Borremans, à S. Pierre et S. Paul. (Thouvenitu)

Délicieux exemplaire d'un liyre channant dont les figures sont parfaites.

446« Ite YsiâLAT (Jacq. Gopp.). Déluge des Huguenotz, avec leur tumbeau, et les noms des chefs et principaux, punys à Paris le xxiiij . iour d'aoust, et autres iours ensuyuans, 1572. Paris, lean Dallier, 1572, in-8, mar. rouge, fil-, aux écussons, (Thouvenin.)

• Kèoe très remarquable sous le rappm^t historique et pour la nomenclature des yictimes.

447* Lejeune (Jhérosme), Parisien. Adieu du roy de Pologne au peuple françois et aux dames de la court. Paris y Guillaume de Nyuerd (sans date) , în-8, fig. et armes sur bois, mar, rouge, fil. (Koehler.)

Pièce rare, et que je crois inconnue.

448. Bragh (Pierre de). Les poèmes de Pierre de ' Brach, Bourdelois, divisés en trois livres. Bour-

deauXy Simon MillangeSy 1576, in-4, mar. rouge,

fil. (Koehler.)

Ce bel exemplaire d'un livre rare m'a été donné par mon ami M. le comte d'Ourches.

ns BELLES-LETTRES.

449. Sylvain de Flandres. Poèmes et anagrames, composez des lettres du nom du Roy et des Roynes, ensemble de plusieurs princes et gentils hommes et dames de France. Paris, Guillaume Julian^ 1576, pet. in-4î mar. vert, fil. (Koehler,)

Ce triste poète s'appeloit Yan den Bussche, qu'on peut traduire par Du Bois, et dont il avoit fait Sylvain. Ses ouvrages sont rares, mais ils n'ont pas d'autre mérite.

450. Papon (Louis). Discours à mademoyzelle Panfile. A Monhrison, par L. P. S. P. M. E. J. S.y 158i, in-32, mar. vert, fil., tr. dor. (Derome)^ étui en mar, bistre, tr. dor. (Thouvenin.)

Joli manuscrit sur vélin dont tous les feuillets sont encadrés dans des bordures d'or, et qui peut passer pour un des chefsd'œuvre de la calligraphie françoise au seizième siècle. Le long discours annoncé sur le titre est suivi ^emhUmt$ et de detnses d'amour^ ornés de petites figures peintes en or et en couleurs. Louis Papon, auteur de ces ouvrages, ne se nomme au frontispice que par des initiales, mais il a signé la dédicace en toutes lettres. C'étoit un homme d'esprit bien connu de La Croix du Maine et Duverdier, qui ne le citent toutefois que pour un ouvrage qu'il n'a pas fait : la traduction du Traité du Ris de Laurent Joubert, traité qui n'a jamais été écrit qu'en fratiçois. Le Discours à mademoyzelle Panfile prouve qu'il avoit quelque talent pour la poésie, et justifie jusqu'à un certain point ce qu'ont dit k ce sujet quelques-uns de ses contemporains ; mais on comprend aisément, en le lisant, que Louis Papon, devenu prieur de Marcilly et chanoine de Mon^ brison, n'ait pas jugé h propos de mettre le public dans la confidence d'un genre de composition si peu analogue à son état;

BELLES-LETTRES. nO

«I c'est pour cela sans doute que ses œuvres poétiques sont inédites. Quant au diarmant manuscrit qui les contient, la coquetterie de sa précieuse eiécntion et de sa Jolie reliure semble aimooeer qu'il étoit destiné k mademoiselle Panfile ellemême, et qu'il a dû faire longtemps un des principaux orne-

ments de sa bibliothèque. Le reste de son histoire est beaucoup plus obscur. Tout ce qu'on en sait, c'est qu'il a fait partie du célèbre cabinet de Girardot de Préfond, dont il porte h Tintérieur d'une de ses gardes Técusson si cher aux amateurs, et qu'il est mentionné dans le Catalogue de Gaignat. Il me vient de notre fameux relieur Thouvenin qui me l'a cédé par échange, et qui ne m'a pas fait connoitre le dernier de ses propriétaires. J'aime à croire qu'il sera mieux suivi dans ses fortunes éventuelles par l'attention des amateurs. Il mérite de la fixer, et comme manuscrit unique, et comme un bijou calligraphique auquel j'ai vu peu de choses k comparer.

45i.Ptbrac (Guy du Faur, sieur de). Quatrains escrits en diverses sortes de lettres, par Esther Anglois, Françoise. Lislebourg^ Van 1600, pet. in-32, oblong, mar. rouge, très riche, tr. dor., étui en mar. rouge, fil.

Délicieux manuscrit en diverses sortes de lettres^ et par conséquent le spécimen le plus complet qu'on puisse désirer des talents calligraphiques d'Ësther Auglois, célèbre calUgraphe de la fin du seizième siècle. Ce nom est, k la vérité, peu connu €n France; mais il faut peut-être s'en prendre k la gaucherie de nos biographes qui semblent n'avoir conservé son souvenir que pour l'altérer. Qui se douteroit qu'il faut aller chercher, tome XIII de la Biographie universejhy k l'article English^ des renseignements sur une illustre demoiselle qui s'appeloit Anglois et non autrement? Ce qu'il y a de positif, c'est qu*Esther Anglois passa une grande partie de sa vie en Angleterre, où elle épousa M. Kello, et où elle a produit presque tous ses

rares chefs-d'œuvre. Nous eu avons admiré quelques-uns dans la bibliothèque Bodléîenne. Il n'existe probablemeut en France que deux de ses manuscrits, la traduction de quelques livres poétiques de la Bible qui appartient au savant M. Yalkenaër, et mon petit volume de Pibrac. Encore est-il bon de remarquer que ni Tun ni l'autre n'a passé, du moins a ma connoissance, dans des ventes où Ton ait pris soin d'en signaler le mérite. Je voudrois ôtre assez heureux pour que ma foible et tardive recommandation ne fût pas inutile k la mémoire d'Esther Ânglois, et pour détourner sur elle un peu de la faveur hyperbolique.dont jouissent dans la librairie curieuse les moindres trav^ij^ ^a Jarry, de ses écoliers et de ses contrefacteurs ; mais quoi qu'il en soit de la valeur certainement très bornée que les amateurs attacheront à un livret dont aucune réclame bibliographique n'a jusqu'ici révélé l'existence, et qui ne doit peutêtre mes éloges qu'aux préoccupations de la propriété, j'ai la satisfaction de me trouver d'accord avec son premier possesseur qui n'en faisoit pas moins de cas que moi, puisqu'il lui a accordé les honneurs de cette jolie reliure à compartiments et à petits points, si estimée aujourd'hui des bibliophiles.

45â. La Primaudaye. Cent quatrains consolatoîres du sî^irde laPriniaudaye. Lyon^BenoistRigaud, i58ti,m-8,mar. bleu, dentelle, fil. (Bauzonnet)

Bel exemplaire de M. Âudenet.

453. D'AvosT (Hiérosme)^ de Laval. Çlssais. sur les sonets< du divin Piét^arquoi) avec quelques autres poésies, 4e, son ^uenlii^n- Paris ^ Ab^l' ^ngelier ^ 1 584. -trr PoBMES (Jo Hiérofime d'Avost/ de Laval ^ en faueur de plusieurs illustres et nobles per— sonnes, i5d3, in'8, mar. "vert, fil. (BoiàionneLj

Trè» bel eiemplarré dont la seconde partie ne se trouve pas l^uJourH réunie h la première.

454. Spifame (Martin). Les premières œuures poétiques de Martin Spifame, gentilhomme frânçois, seigneur du Grand Hostel et d'Azi. P^m^ la veufue Lucas Rreyer y i583^ pet, iurrj), mar. vert, fil. (Koehler.)

Volume d'une grande rareté.

455. Les Larm£S, regrets et BÉPiiORAXipiNs^siir la mort de Jean Êdouart du Monîn, eiucellent poëte grec, latin et frânçois, composé par François Granchier, Mar chois, son nepueu et éscôlier. PariSy Pierre Ramier y i586. — Les Regrets sur le meurtre et assasinat commis, le 4 nouemb., à la personne de M. du Monin, excellent poète de son temps, hébreu, grec, latin, françoiset italien, composé par son disciple Estienne Marchant Champenois. Paris y Pierre Hury, i586. — ^ Com- PLAiiVTE FUNEBRE sur le trcspas de Jean-Êdooard du Monin, poëte et philosophe^ composée par T. Bretonnayau , esoolier. fiarisj Bsii$nim' Preuosteauy i586. — Élégie sur la mort du sieur Jean-Edouart du Monin, très excellent poëte philosophe. Paris y £st[enn&Ph£^ôi:khMi tiW. — In oBiTi^ MtôERABiLEM et Itictùbi&uîâi^dëfaiMi'de Monin, poetsB' et philosopM pw^dittiftiv^pî^rammes et<prekîuessonnetfi<friafiçddpliutho^ Rigolet Britone. ParisyPienmiï^ur^î j686;il— Joan- Nis MoRËJLLi apud Burgundios ctaàsici in miserabilem indignamque necem Ëdoardi Monini funebris panegyrica oratio, ad suos auditores

classicos. ParisiiSySteph. PreuosteaUy i586,m-8, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

Jeao Edouart du Monia que je chéris comme compatriote, que j'honore comme savant, et dont je n'ai jamais pu lire dix vers de suite, fut assassiné k Paris, k l'âge de 29 ans, le 5 novembre ^586. Les pièces épicédiques dont se compose ce volume doivent être fort difficiles à rassembler.

456. Perrin, Autunois. Trois centuries de sonnets : contenant le vray pourtrait de la vie humaine, ou naifuement est dépeinte la corr option de la misère humaine et le bien souuerain de l'homme, auec les antiquitez de plusieurs citez mémorables. A Paris, chez Guillaume Chaudière, i588, in-8, mar. violet, fil. (Koehler.)

457. PERROT(Paul). Tableaus sacrez de Paul Pelirot, sieur de la Sale, qui sont toutes les histoires du vîel Testament représentées et exposées selon leur sens en poésie françoise. A Francfort, de Vimpression de Jean Feyrabendt, aux despends de Théodore de Bry, 1594? pet. in-8, fig. dans le texte, mar. vert, fil. (Koehler.J

458. Du Peyrat (Guillaume). Les Essais poétiques de Guillaume du Peyrat, gentilhomme lyounois. Tours, Jamet Mettayer, iSgS, pet. in- 12, mar. bleu, fil. (Koehler.)

459. Vauchelles (François de). Les Amours et premières œuures poétiques de François deLouuen-

court, seigneur de Vauehelles. Paris , George Drobet^ 1596, pet. în-8, mar. citron. R. A. (Lewis.)

Joli exemplaire sur papier superfin; je ne sais ^'il en est ainsi du reste de l'édition. Le livre est orné d'un ctiannant portrait en taille-douce.

460. Ayrail (Pierre). L'Esté. Paris, Claude Morely 1607, in-S, mar. violet, fil. {KoehlerJ)

Quatrains moraux d'un avocat qui étoit fort médiocrement poète. Son livre me paroît rare, et il mérite d'être conservé, au moins pour un beau portrait de Tautenr dessiné par Mallery , et supérieurement gravé par Thomas de Leu.

46 r. Rapin (Nicolas). Les Œuures latines et françoîses de Nicolas Rapin, Poictevin, grand prevost de la connestablie de France. Tombeau de Fautheur auec plusieurs éloges. Paris, Olivier de Varennesy 1610, in-4î niar. rouge, fil. (Koehler.)

Un des plus célèbres poètes de son temps, et, je ne sais trop pourquoi, un des plus négligés aujourd'hui. Son discrédit pourroit bien tenir à celui des vers mesurés a la latine, genre détestable de composition auquel il eut le malheur de se livrer, k l'imitation de Baîf. Le reste de ses poésies ne manque ni de force ni de grâce, mais Malherbe éiott venu.

462. Baddel, Bassinois. Poèmes d'Amours où se voyent les diversités amoureuses. En Amsterdam, imprimé par Paul Ravesteyn, anno 1616, in-45 lï^^r. rouge, fil. (Koehler.)

Poésies rares et fort peu connues ^ si tant est qu'elles le

soient de personne, mais on peut les ignorer sans aucun inconvénienti La feuitia;? qui doit manquer souveot dans le livre (ce que je n'ai pas été k portée de vérifier, puisque je n'en ai vu qu'un .e&emplaire), oontient àdfij^ff^msiUs'îùii mal sonnantes, contre lesquelles Fauteur met prvuleiiuaent son lecteur en garde par un exorde rimé en fœrme de précaution oratoire. Le frontispice est orné au recto d'âne très jolie gravure en bois qui représante le jugmneni de Pdt/iSj et au verso, d'uneautre figure très hardiment jetée en traits déplume. L'exemplaire est cbarïnant . . ^ t . m / ^

463. Rambehuoler (Alphonse de) , lieutenant général au bailliage de Metz. Les dévots^.. élancements du poète chrestien, présentés ^ très çhfestien, très auguste et très victorieux monarque Henri IIII, roy de France. Paris, Abraham Pacard, ï6*7î p^t. in-ia, fig., mar. vert. (Janséniste.)

P«tit volume fort négligé des bibliogn^ihes, et qui ne manque cependant pas, comme on va le voir, d'un certain intérêt. Il est 0^4 ^ planches assez jolies» dues au burii^ de J. de Weert et de Thomas de Leu. Le soin que ces graveurs ont pris aux têtes de leurs personnages semble indiquer que ces peftitës 'fifguteè^h^'des'pôttraîts; im y distingué en effet très ilaeilemetft < ud b^n irdH^ait ^ Henri tV, et un autre de Philippe Emmanuel de torraine. Mais ce qui,' seloàmoij recommande encore plus particulièrement ce livre à Pattention des atiajtoujr^y et ccda neAoraii p&a ai doute en Anglfiterf e^ sic'étoit d'uaxol ^'AAgtetejgçç: ^pjil s'agît-,. iCe aont ^i^ lettres de Henri IV, insérées p. i 75 çt p. \ 77, et qu'on chercheroit peutêtre inutilement sdlleurs. Ce fait m'a paru mériter d'être consigné quelque part, au moment ou Ton s'occupe de recueillir la correspondance de cet excellent prince, et oh Ton se propose d'en enrichir notre littérature.

POÈTES PHANÇ^iSiAPRBS MALHERBE.

464. MAXdiEitRE. Ses QËQvries^/Vzmy F63off>et. in-4, veàKrfattve. ■'■■■■' • .,...,. ^. ,.,.,,,. ..■

oBfl-exempidreâerillustre 1. Bi^oa, 'avec lîexeelieai portrait de Hfatteitye^rlXumoustieri'' 'M' > < *'

465. Malherbe. Poésies rangées par ordrfe.<îhronologique, avec un discours sur les obligations que la langue et la pbësîe fraAçoii^e biit àMalhelrbe, et quelques reînarques historiques et cipîtiques, par Saint-Marc. Paris, Joseph Barbou\ i75'j, in-8, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

Bel exemplaire sur gratid papish FORT91NON ;^^Ni. ..

466. Théophile. Ses Œuures diuisées en trois parties^ : première partie, contenant rinimortftUté de l'ame auec plusieurs autres pièces; la secondé, la tragédie de Pirame et Thisbé, et a'titrés i!neslanges; et la troisième, les pièces qu'il a faites pendant sa prison,^ dédiées aux beaux e^pfit§fl^q€|,fjeflxps. fariSj^,jyiçQlas jpçping^y ^66{2,.p^thfinrA»^'«f)ar. TOVigeiM.(IieIiure ancienne i) ' I m ... ; i ,,

467. La G^iSN^fi^ h&i Boobâsiniesv'^ lo»>(t0«fiiaccbas, i^riftcéde Nisé^^n ^À%bîè';'t^«y fl'E^^feet des Indes, et dieu des bèudéurs, 6\iiifôge litosophique dans lequel o?i y oïd les çiuers^t les ueilleux effects du vin, les extrauagantes et ridicules saillies où il porte l'homme par tes excez

et le maimais usage de cette pretieuse et charmante boisson ; bref, tout ce que peut produire la fumée d'un long et libre repas. Ensemble l'éloge du tabac, tiré des burlesques du sîeur de La Garenne, suiuant l'original composé à Turin par le mesme autheur en l'année mil six cens trente. Grenoble ^ André Gales, iGSj, in-8, mar. rouge, fil. à froid. (Koehler.J

J'ai rapporté avec soiu le titre entier de ce singulier volume, parce que je le regarde comme très rare.

468. Saint-Amant. Ses œuures. Paris, Guillaume de Luyne, 1661, petit in-12, mar. rouge, fil. {Koehler.)

Joli exemplaire.

469. La musette, du S. D. (D'Alibray). Paris, 1647, mar. rouge. {Koehler,)

Première édition de ces poésies qui ne sont pas sans mérite.

470. GAiLLAm). CEuures. Paris, Jacques Dugast, i634, in-S, port., fig., mar. rouge, fil. (Koehler.)

Livre certainement fort rare , mais de bien peu d'importance. Gaillard étoit un laquais qui faisoit des vers pour se distinguer des autres laquais. Ce talent, qui ne vaut pas un métier, ne le distingueroit aujourd'hui de personne, et son maître le feroit jeter a la porte. Ce que ce volume me paroît offrir de plus curieux, c'est une pièce gravée en réhus.

Page 1