THÉOLOGIE POLÉMIQUE
32. Charron (Pierre). Les trois Véritez, seconde édition, reueûe, corrigée et de beaucoup augmentée, auec un aduertissement et bref examen^ sur la Response faicte à la troisième vérité, de nouueau imprimée à La Rochelle. BourdeauSy S. Millanges, 1695, în-8, maroq. rouge, fil.,tr. dor. (Derome.)
33. — Le même ouvrage, troisième édition, revue, corrigée, et de beaucoup augmentée, plus augmentée de la réplique faicte aux ministres de La Rochelle, par le mesme autheur. Paris, Robert Bertault^ 1625, in-8, veau fauve, aux armes.
Exemplaire aux armes de Jacq. Aug. De Thou, quoique l'édition soit postérieure de huit ans a l'époque de sa mort. On sait que sa belle collection de livres fut continuée par son fils avec la même ardeur et le même soin pendant un grand nombre d'années.
34. EsTiENNE (Robert). Les censures des théologiens de Paris ^ par lesquelles ils auoyent faulsement condamne les Bibles imprimées par Robert Estienne, imprimeur du Roy, auec la Response d'iceluy Robert Estienne. A VOlivier de Robert Estienne y i552, in-8, veau fauve. (Padeloup.)
Ouvrage publié à l'occasion de la Bible de Vatable indiquée au n® ^ de ce catalogue. Cette traduction, beaucoup plus recherchée que l'original latin , est un livre fort rare et de
grande importance pour l'histoire de notre célèbre imprimeur. L'exemplaire est parfait et la simplicité de sa belle reliure vaut peut-être bien le faste souvent déplacé du maroquin moderne.
35. Recueil de pièces contenant : Lettre de monsieur Arnauld, docteur de Sorbonne, a vne personne de condition, sur ce qui est arrivé depuis peu, dans vne paroisse de Paris, à vn seigneur de la cour, 3e édit., Paris, lôSy. — Seconde lettre de monsieur Arnauld, docteur de Sorbonne, a vn duc et pair de France, pour seruir de response à plusieurs escrits qui ont été publiez contre sa première lettre, sur ce qui est arriué à vn seigneur de la Cour, dans vne paroisse de Paris, 3'' édit. Pavis^ 1657. — Pascal. Les Provinciales, ou les lettres écrites par Louis de Montalte a vn provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites, sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères. Cologne^ Pierre de La Vallée^ 1657, — Aduis de messieurs les curez de Paris , à messieurs les curez des autres diocèses de France, sur les mauuaîses maximes de quelques nouueaux casuistes.-Pam, 1 656. — Extraits de quelques-vnes des plus dangereuses propositions de la morale de plusieurs nouueaux casuistes. — Principes et suittes de la probabilité expliquez par Caramouel, l'vn des plus célèbres entre les casuistes nouueaux, dans vn liure imprimé en 1 65 2. — Lettre d'vn curé de Rouen à vn curé de la campagne sur le procédé des curez de la dite ville, contre la doc-
trine de quelques casuistes* — Requeste de MM. Rousse, curé de Saint-Roch, et Du Puys, curé des Saints-Innocents. — Extraits de plusieurs dangereuses propositions tirées de nouueaux casuistes, etc. — Ëpistola illustrissimi ac reuerendissimi D. D. Jacobi Roonen, Arch. Mechliniensis : ad Eminentissimos Cardinales Inquisitionis Romanae^ etc. — Traduction d'vne lettre escrite par messire Jacques Boonen , Archeuesque de Malines à messeig. les Cardinaux de l'Inquisition de Rome, etc., i voL in-4> uiaroq. noir.
Bel exemplaire, dans sa première reliure janséniste, de cette édition originale des Provinciales et des pièces du temps qu'on a coutume de réunir à cet admirable livre. Le titre au nom de Pierre de la Vallée est tout simplement un frontispice postiche.
36. Pascal (Biaise). Les Provinciales, ou lettres escrittes par Louis de Montalte a un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites, sur la morale et la politique de ces pères : traduites en latin par Guillaume Wendrock, théologien de Saltzbourg, en espagnol, par le sieur Gratien Cordero, de Burgos, et en italien, par le sieur Cosimo Brunetti, gentilhomme Florentin. Cologne, Baltha" sur If^infelty 1784, grand in-8, v. fauve, fil., non rogné. (Bauzonnet.)
Exemplaire parfaitement pur d'un livre qui doit être bien rare dans cette condition. Il ne s'en est présenté qu'un autre dans les ventes, au moins à ma connoissance, et il étoit fort endommagé.
37. Pascal (Biaise). Pensées sur la Religion et sur quelques autres sujets, qui ont été trouvées après sa mort, parmi ses papiers. Paris, Guillaume Desprezy 1670, in-ia, mar. rouge. (Reliure j anseniste. Duru.)
édition originale qui est assez rare aujourd'hui, mais qui perdra probablement quelque chose de sa valeur relati?e, quand l'illustre M. Cousin aura publié l'édition qu'il prépare d'après le manuscrit original. Il restera cependant quelques considérations à faire valoir en faveur des anciennes leçons du texte, et je me contenterai de les indiquer à de plus hardis jouteurs ; car je ne suis ni d'humeur ni de force à entreprendre cette rude polémique. Les Pensées de Pascal n'étoient pas un livre ; c'étoit matière de livre, matière modifiable s'il en fût jamais, et qui se seroit nécessairement modifiée. Pascal étoit, en effet, un esprit fort individuel^ comme on dit aujourd'hui ; mais non tellement absolu qu'il ne subordonnât souvent ses doctrines k celles de Port-Royal, dont il s'honoroit d'être Pinterprète. C'est un fait qui ne peut être contesté. Il est done à présumer que les changements posthumes apportés k l'œufre des Pensées auroient été approuvés et peut-être exécutés par Pascal lui-même , rt Pascal avoit vécu ; car on ne sauroit supposer, dans Pétat connu de ses rapports avec Port-Royal, qu'il eût publié cette ébauche de livre sans l'aveu de ses amis. En considérant la chose sous cet aspect, qui me paroit son aspect véritable, on se trouvera sans doute moins disposée prêter une grande importance aux variantes d'un brouillon informe qui a partout Pélan et, tranchons le mot, la témérité imprudente du premier jet. Ce n'est pas sur les improvisatioiis d'un esprit très soudain, mais profondément préoccupé, qui se propose a tout moment des objections sans avoir le temps d'y répondre et sans savoir s'il y répondra, qu'on voudra juger de la foi de Pascal, et je crois qu'on fera sagement de s'en abstenir. Au surplus, cette question, qui offre un véritable intérêt
littéraire, car, sous le poUit de vue littéraire il n'y a pas une ligne de Pascal k dédaigner, est totalement insignifiante sous le point de vue religieux. Pascal n'étoit-il séparé de l'athéisme que par la peur? Gela est fort triste à comprendre et fort triste a avouer ; mais cela seroit fort possible, et, en deiinière analyse, cela seroit fort indifférent. J'irai même plus loia puisque m'y voilh. Si ce doute se résout jamais par l'affirmative, il faudra en féliciter les jésuites.