FACETIES ECRITES EN FRANÇOIS
855. Caron (Facéties de). Opus Morlini, complectens Novellas, Fabulas et comoediam , integerrime datum : id est, innumeris mendis tum latinaD dictionis , tum ortographiaB etiamque in-
terpunctionis quibus scatet in editione priori, in hâc posteriori non expurgatum, maxima cura et impensis Petri-Simeonis Caron, bibliophili ad suam nec amicorum oblectationem rursus editum. Parisiis y M.DCC.IC. Suivi de : Ëpilogus : Operis Errores. — Corre. — Morlinus ad lectorem. — Conclusio. Lectori Bibliophilo et rariorum amanti. — Table des Nouvelles de Morlin, qui se trouvent traduites dans les Nuits facétieuses de Straparole, édition de 1726, 2 vol. in- 12. — Addition : — en tout 1 65 feuillets, dont 3 premiers feuillets non chiffrés, i47 chif., et i5 dern. non chiff. — Recueil de plusieurs Farces, tant anciennes que modernes. Lesquelles ont esté mises en meilleur ordre et langage qu'auparauant. A Paris ^ chez Nicolas Rousse t, rue de la Pelleterie y près F horloge du Palais, à V image S. Jacques y deuant la chaire de fer , avec privilège du Roy y 16 12, comprenant : Farce nouvelle et récréative du médecin qui guarist de toutes sortes de maladies et de plusieurs autres : aussi fait le nés a l'enfant d'une femme grosse, et apprend à deuiner, à quatre personnages. — Farce de Colin, fils de Thenot le Maire, qui revient de la guerre de Naples, et ameine vn pèlerin prisonnier, pensant que ce feust vn Turc, à quatre personnages. — Farce nouvelle de deux savetiers, l'un pauvre, l'autre riche : le riche est marry de ce qu'il void le pauvre rire et se resiouyr, et perd cent escus el sa robbe , que le panure gaigne , à trois per-
sonnages. — Farce nouvelle des Femmes qui ayment mieux suiure et croire Folconduit , et TÎvre à leur plaisir que d'apprendre aucune bonne science, à quatre personnages. — Farce nouvelle de l'Antéchrist , et de trois femmes , vue Bourgeoise, et deux poissonnières, à quatre personnages. — Farce ioyeuse et récréative d'une femme qui demande les arrérages à son mary, à cinq personnages. — Chanson nouvelle. — Farce novvelle contenant le débat d'vn ieune moine, et d'vn vieil gen-d'arme, pardeuant le dieu Cupidon 5 pour une fille, fort plaisante et récréative , à quatre personnages. — En tout i44 pages. — Sottie a dix personnages , iouée à Geneue en la place du Molard , le dimanche des Bordes , l'an lôaS, à Lyon, par Pierre Rigaud. — Sottie iouée le dimanche après les Bordes , en 1 5a4 5 ^n la iustice, pour ce que le dimanche des Bordes faisoit gros vent , fut coniinuée ladite sottie. Et iouala grand mère, maistrePettremane, grand ioueur d'espée, etc., 48 pages. — La farce de la querelle de Gaultier-Garguille, et de Perrine, sa femme, avec la sentence de séparation entre eux rendue, à Vaugirard, par aeiou, a l'enseigne des trois raues, fig. , 1 6 pages . — Le ieu du Prince des sotz et mère sotte, ioué aux Halles de Paris, le mardy gras, l'an mil cinq cens et vnze, fig., 58 feuillets chiffrés d'un seul côté. — Le mystère du chevalier qui donna sa femme au dyable , a dix personnages, 39 feuillets. — Nouvelle mora-
lité d'vne pauure fille villageoise, laquelle ayma mieux auoir la teste couppée par son père, que d'estre violée par son seigneur, faicte à la louange et honneur des chastes et honnestes filles, à quatre personnages. A Paris, chez Simon Caluaririy rue S. Jacques y à la Rose blanche couronnée, fig., 38 pages. — Farce ioyeuse et récréative du galant qui a faict le coup , à quatre personnages. A Paris. 1610, Chanson nouvelle, 27 pages, a 5 pages chiffrées et a ne le sont pas. — Le Plat de carnaval ou les Beignets apprêtés , par Guillaume Bonnepâte, pour remettre en appétit ceux qui Tout perdu. A Bonne-Huile, chez Feu-Clair, rue de la Poêle , à la Pomme de Reinette , Fan dix-huit cent d'œufs, fig., i48 pages, dont les 16 dernières non chiffrées. — Carton ouvert aux gensbons, vrays et joyeux amis; car on ne doit rien avoir de caché pour eux, 8 pages non chiffrées. — Chute de la médecine et chirurgie , ou le monde revenu dans son premier âge, traduit du chinois, par le Bonze Luc-Ësiab. AEmeluogna, la présente année 000,000,000, 8 pages. — Traduction des Noels Bourguignons de M. de La Monnoye, 1 735 , a4 P^g^) i^on compris les 4 pages de titre et d'avertissement. — Les chansons folastres des comédiens, recueillies par vn d'eux et mises au iour en faneur des Enfans de la Bande ioyeuse, pour leur seruir de remède préservatif contre les Tristes dits melancholicomorboafflaios. A PariSjChezGuillot'GoriUy aux Halles, prèsle
pontAlais^àrenseignedesTroisAmys^iG^'jf i6pages, non compris le titre. — ^iËnigma , 4 pages, in-8 , mar.:rouge, doubl. fil., non rogne. (Thouvenin.)
— fFoc^^Mtfj.LeNorac-Oniana, contenant les douze motiGhoirs , ou le porte-feuille du cabinet , ou tout ce que vous voudrez , par qui bon vous semblera. Dit, ça en est. Prix 12 livres, vu r usage du tems d^ apprécier les mauvaises choses. Imprimé quand ça en étoit. Ou ça en fut. Se vend chez ça en sera toujours. — Des sottises. .— Lettre de Carabi de Gapadoce, a son cher . camarade Carabo de Palestine, adressée à Cassel, poste restante, dédiée à M. l'abbé Caricaca. Le prix est de trois carolins. Imprimie à Capoue, et se trouve à Paris ^ chez Cascaret^ à Renseigne du Catacouay 1777. — >Enigma. — Bibliographie, avis aux amateurs de livres anciens, singuliers , facétieux , rarissimes , même introuvables et d*un prix exorbitant. (Prospectus original de la collection de Caron.) In-8, mar. rouge, fil., non rogné. (Thouvenin.)
•r- Le Plat de carnaval ou les Beignets apprêtés, par Guillaume Bonnepàte, pour remettre en appétit ceux qui l'ont perdu. A Bonne-Huile^chez Feu-Clair, rue de la Poêle, à la Pomme de Rei^ nette, tan dix-huit cent d œufs y in-8, fig., mar. rouge, fil., tr. dor. (Koehler.)
Ezempl. sur papier rose.
* Cette collection de Caron, bien complète, a été décrite avec détail dans un article des Mélanges tirés d'une petite biblio-
ikèque (page 64) qui contient en outre une courte notice sur cet étrange bibliophile.
856. Caï^o^ (Suite des Facéties de). Recueil de livres singulier!^ et rares, dont la réimpression peut se joindre aui^ réimpressions déjà publiées par C^ron, i829-<i83o, 4 pages. -^ Les chansons folastres des comédiens, réveillées par vn d'eux et mises au iour en faueur des Ënfans de la Bande ioyeuse , pour leur seruir de remède preseruatif contre les Tristes dit^ mélancholicomorboa£Qatos. A Paris, chez GuHhtGoriUy aux Halles, près lepoj\tAlais, à renseigne des Troi» Amys, 1637, 9 5 p^geS) non compris le faux titre et le titre. — r Traduction des noels Bourguignons de M. de laMonnoye, 1735, loi pages, ncm compris le titre et l'avertissement de 4 pages. — Sensuyt vng Beau Mystère de Nostre Dame à la louenge de sa très digne natiuité d'vne ieune fille laquelle se voulut habandoner a pèche pour nourrir son p^re et sa mère en leur extrême pauurete et est a xviij personnaiges dont les noms sensuyuent cy après. On les vend a Lyon auprès de Nostre Dame de Confort^ chez Oliuier Arnoullet, i543, 1 1 a pages. -— Le Cocu consolateur, l'an du cocuage 5789, 16 pages. — Le Norac-Oniana, contenant les douze mouchoirs, ou le portefeuille du cabinet, ou tout ce que vous voudrez, par qui bon vous semblera, dit ça en est. Prix 12 livres. Vu l'usage du tems d'apprécier les mauvaises choses. Imprimé quand ça en étoit, où ça en fut.
Se vend chez ça en sera toujours. — Des sottises, Tan i5oo, la feuillets. — Lettre de Garabi de Gapadoce a son cher camarade Carabô de Palestine, adressée à Cassel , poste restante , dédié à M. Yàbbé Caricaca, le prix est de trois carolins, imprimée. à Capoue, et se trouve à Paris, chez Casearet, à l'enseigne du Catacoua, 1777,8 pages. --Le cry et proclamation publicque, pour iouer le Mystère des actes des apostres en la ville de Paris X faict le ieudi seiziesme iôur de décembre l'an mil cinq cens quarante : par le commandement du Roy nostre sire François premier de ce nom : et monsieur le Préuost de Paris affin de venir prendre les rooles pour iouer ledict mystère^ On les vend a Paris en la rue neufue Nostre Dame : a renseigne Sainct Jean Baptiste, près samcte Geneuiesue des Ardens : en la boutique de Denis lanoty i54i, 8 pages. — Moralité nouvelle très fructueuse de l'enfant de perdition qui pendit son père et tua sa mère : et comment il sedesespera, a sept personnages, imprime nouuellement^ a Lyon par Pierre Rigaud en la rue Merciefe au coing de la rue Ferrandiere à VOrloffe, i6o8, 48 pages. — Farce plaisante et récréative sur vn trait qu'a ioué vn porteur d'eau le iour de ses nopces dans Paris, i63t2, 20 pages. - — Farce nouvelle, très bonne et très ioyeuse de la Cornette, a cinq personnages, par lehan d'Âbundance, Bazochien et notaire royal de la ville de Pont sainct Esprit, i545, 29 pages. — Farce
nouvelle du musnier et du gentil-homme, a quatre personnages. A Troyes, chez Nicolas Oudot y demeurant en la rue Nostre^Dame^ i6a8, 33 pages, dont les 3^ premières numérotées. - Farce nouvelle qui est très bonne et très ioyeuse, a quatre personnages. A Tràyes, chez Nicolas Oudoty demeurant en la ruèNostre Dafney au Chapon dUor couronné, T6^à4/2g pages. — Farce ioyeuse et récréative de Poncette et de l'amoureux transy. A Lyon, par lean Marguerite , 1^95, jo pages. — Farce ioyeuse et profitable a vn chacun, contenant la ruse, meschanceté et obstination d'aucunes femmes, par personnages, 1696, i4 pages. — Ioyeuse farce a trois personnages d'un curia qui trompa par finesse la femme d'un laboureur. Le tout mis enrithme sauôyanle, sauf le langage dudit curia , lequel en parlant audit laboureur, escorchoit le langage irançoîs, et c'est vne chose fort récréative, ensemble la chanson que ledit laboureur chantoit en r'accoustrant son soulier tandis que le curia ioûyssoit de la femme du laboureur, puis les reproches et maudissions faites audit laboureur par sa femme, en lui remonstrant fort aigrement et auec un grand courroux, que c'estoit luy qui estoit la cause de tout le mal, d'autant que l'ayant menacé à battre, elle ne pouuoit de moins faire de lui obeyr, parquoy le laboureur oyant l'affront que luy auoit faîct le curia, se leua de cholere et demandoit son espée et sa tranche-ferrancbe
pour tuer le curia, mais sa femme Fappaisa, A Lyon, iSgS, a 2 pages. — Tragi-comédie des Enfants de Turlupin malheureux de nature, ou l'on voit les fortunes dudit Turlupin, le mariage d'entre luy et la Boulonnoise, et autres mille plaisantes ioyeusetez qui trompent la morne oisiueté. A Rouen y chez Abraham Cousturier, rue de VOrloge, deuant les deux CygoigneSy 34 pages. — Tragi-comédie plaisante et facecieuse, intitulée la subtilité de Fanfreluche et de Gaudichon, et comme il fut emporté par le diable. jâ Rouen, chez Abraham Cousturier, tenant sa boutique au bas de la rue Escuyerey 66 pages. — Comédie facecieuse et très plaisante du voyage de frère Fecisti en Prouence, vers Nostradamus : pour sçauoir certaines nouuelles des clefs de Paradis et d'Enfer que le Pape auoit perdues , imprimé a NismeSy 1699, 34 pages. — Les regrets et complaintes des gosiers altérez, pour la désolation du pauure monde qui n^a croix , nouuel^ lement imprimé à Paris, 1676, 16 pages. — Le plaisant discours et advertissement aux nouuelles mariées pour ce bien et proprement comporter la première nuict de leurs nopces, recité a vn.valet par un ieune homme lyonnois le iour du ieudi gras dernier , 1 1 pages. — Discours facétieux des hommes qui font saller leurs femmes a cause quelles sont trop douces, lequel se iouë a cinq personnages comme on peut le veoir a la
page suivante. A Rouen ^ chez Abraham Coustu^ rier, libraire , tenant sa boutique près la grand porte du Palais^ au Sax^rifice d'Abraham ^ i558, 22 feuillets. — Sensuyt le testament de Taste vin roi des Pions, 6 pages, in-8, mar. rouge, double fil., non rogné. (Thouveriin.)
Collection tirée à -1 5 exemplaires seulement, composée de pièces curieuses et bien plus rare encore que la collection de Caron à laquelle elle fait suite.
857. Le Livre des quenoilles (sans lieu ni date) y pet. in-8, goth., fig. en bois, mar. rouge, fil. (Derome.)
Bel exemplaire.
858. Rabelais. Pantagruel : les horribles et espouentables faictz et prouesses du très renomme Pantagruel, roy de Dipsodes, filz du grant géant Gargantua, composez nouuellement par maistre Alcofrybas Nasier. On les vend au palais à Paris y en la gallerie par ou on va à la chancellerie (sans date) y pet. in-8, goth., fers à froid, filets.
^Bel exemplaire d'une édition très rare qui paroitétre restée jusqu'ici inconnue aux bibliographes. M. Brunet ne la mentionne pas.
869. — La plaisante et joyeuse histoyre du grand géant Gargantua, prochainement reueue et de beaucoup augmentée par Tautheur mesmè. A
Valence y chés Claude la Fille y i547, %• ^^ ^o\s dans le texte, pet. in- 1 a , veau fauve (aux armes) .
JoH exemplaire.
860. — Les OËuures de M. François Rabelais, docteuf en médecine, contenans la vie, faits et dits heroiques de Gargantua et de i^on fik Pantagruel, auec la pronostication pantàgrueliné. A Troye^ par Loys que ne se meurt points ïS56, pet. in-*-i2, màr. noir^ ornem», fil. (Bauzonnêté)
^Ghannant exemplaire d'une édition très diffiksile & trouver. Loys qui ne ié tneuH point est un jeu de mots qui indique Louis Vivant, libraire de Troyes.
861. — Les Œuures de M. François Rabelais, docteur en médecine, contenans la vie, faicts et dicts hetoïques dé Gargaiitua et de son filz Pantagrilel, auec la prognostication pantagrueline, i556, pét. in-ta, mar. vert, fil., tr. dor. (Reliure ancienne,)
Très rare. Bel exemplaire.
862. — Les OEuures de maistre François Rabelais, docteur en médecine, contenant cinq liures de la vie, faicts et dicts heroiques de Gargantua et de son fils Pantagruel, et augmentez de l'isle des Apedeftes, de la cresme philosophale, et d'vne epistre limosine : outre la nauigation en Tisle sonnante, la Visitation de l'oracle de la diueBacbuc, et le mot de la bouteille, la pronostication
pantagrueline. A Lion^ par Jean Martin^ i56g, pet. in-ia, mar. bleu, dentelle, doublé en mar. rouge* (Koehler.)
Non rogné.
863. T- Les OËuures de maistre François Rabelais, docteur en médecine, contenant cinq livres de la vie 9 faicts et dicts héroïques de Gargantua et de son fils Pantagruel, plus la prognostication pantagrueline, ou almanach pour l'an perpétuel, auec l'epistre du limousin excoriateur et la cresme philosophale. Imprimé suyuant la première édition, censurée en l'année iSSa, 1626, in-8, mar. rouge, doubl., fil. (Thouvenin.)
864. — Les Œuvres de M. François Rabelais, docteur en médecine, dont le contenu se voit à la page suivante, augmentées de la vie de l'auteur et de quelques remarques sur sa vie et sur l'histoire, avec l'explication de tous les mots difficiles. {A la Sphère.) i663, a vol. pet. in-ia, mar. vert, dentelle, fil. (Aux armes du comte d^Hoym.)
Superbe exemplaire.
865. — Œuvres de maître François Rabelais, publiées sous le titre de Faits et Dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec la prognostication pantagrueline, l'épître du Limosin, la crème philosophale, et deux épîtres à deux
vieilles de mœurs et d'humeurs différentes, nou* velle édition , oii l'on a ajouté àes remarques historiques et critiques sur to«i l'ouvrage , le vrai portrait de Rabelais, la carte du Chinonnois, le dessein de la cave peinte, et les différentes vues de la Devinière, métairie de Fauteur. Amsterdam y Henri Bordésius, 171 1, 6 vol. in-8, grand pap. de Hollande, reliés en 5, maroq. rouge, fil., tr. dor.
Superbe exemplaire.
866. — Œuvres. Paris, Th. Desoer, 1820, 3 vol. in-i8, fig.y sur papier vélin de différentes couleurs, mar. citron, mosaïque, doubl. en maroq. et en soie, fil., non rogné. (Ginain.)
Exemplaire curieux, relié avec une certaine mAgaiÛc^nce, d'un joli Rabelais qui mérite quelque- attention pour sou texte.
867* — Œuvres. Paris ^ Louis Janet, iSaS, 3 vol. in-8, grand pap. véL, fig. de DcYeria avant la lettre et eau-forte ^ portraits rel. avec un vol, de fig., en tout 4 vol., maroq. rouge, fers^ à froid, doubL fil., non rogné. {Thouvenin.)
Magnifique exemplaire.
* On ne s'étonnera pas^ je pense, de voir, ainai réunies dans une même collection un certain nombre d'éditions de Rabelais; quelques amateurs même , j'en suis sûr, s'attendoient a en compter quelques-unes de plus. C'est que Rabelais est un antenr qui mérite d'être étudié sous un double point de vue ; d'abord comme un des écrirains les plus habiles d'une langue
encore à ses débuts, puis comme un esprit frondeur et salirique qui exprime, mieux encore qu'on ne le croit vulgairement, la situation pleine de trouble et d'angoisse d'une société qui s'agitoit dans tous leis sens, et qui, mécontente du présent conmie du passé, aspiroit, sans trop se rendre compte de ce qu'elle vouloit, à un autre avenir, quel qu'il fût. On a voulu voir, dans le livre de Rabelais, une satire personnelle, et plus d'un érudit a perdu son temps k chercher une clef à des allusions que chacun ^tendoit et appliquoit à sa manière. G'étoit là, a mon avis, et une grande erreur et presque une injure f^our Rabelais : le joyeux curé de Meudon avoit visé plus haut, et sa verve s'exerçoit bien moins sur les individus que sur l'ensemble général de la société de son époque. Yoilk ce qu'il ne faut pas perdre de vue en le lisant, si l'on veut le comprendre. Toutefois, en accordante Rabelais des vues plus hautes et plus étendues que celles qu'on lui suppose ordinairement, je n'entends ni justifier, ni même excuser la grossièreté quelquefois dégoûtante de son langage, encore moins accepter la responsabilité de ses satires ou des opinions qu'il laisse entrevoir. J'ai voulu dire seulement qu'il falloit le lire dans le point de vue quMl avoit pris pour écrire. Quant à son style, considéré seulement conmie style, il mérite d'être étudié avec quelque soin, et il seroit ï désirer qu^une révision attentive des premières éditions eût pour résultat de nous donner un bon texte (f un auteur que les gens de goût aiment encore k lire, même quand ils sont obligés d'acheter au prix d'une vive répugnance les passages véritablement éloquents dont il abonde , quand il veut bien faire quelques instants trêve à ses obscènes grossièretés.
868. — Les Songes drolatiques de Pantagruel, où sont contenues plusieurs figures de l'inuention de maistre François Rabelais, et dernière œuure d'iceluy^ pour la récréation des bons esprits. J Paris ) par Richard Breton^ rue Saint-laques,
à tEcreuisse d'argent, i565, in-8, fig. , mar. rouge, fil. (Derome.)
Exemplaire de Girardot de Prëfond.
Très rare, comme on sait.
86g. Bringuenarilles, Cousin -germain de Fessepinte. On les vend à Rouen au portail des libraires y aux boutiques de Robert et Jehan Dugort frères^ 1544^ pet. in-ia, fig. en bois, mar. vert, omem., fil. (Bauzonnet-Trautz.)
Très joli exemplaire de ce volume très rare.
870. La Navigation dv compagnon à la bouteille, avec les prouesses du merueilleux géant Bringuenarille. A Troyes, chez la vefue Nicolas Ou^ doty en la rue Nostre Dame (sans date),^et. în-ra, veau fauve, fil.
* Une de ces imitations de Rabelais que Ton recherche beaucoup, moins pour leur mérite propre que pour le plaisir qu'on trouye, en les lisant, à mieux apprécier encore la supériorité de Rabelais. Celle-ci est certainement une des plus rares.
871. Rabelais ressuscité, recitant les faicts et comportements admirables du très valeureux Grangosier, roy de place vuide; traduict du grec afiricain en françois, par Thibaut le^Nattier, clerc du lieu de Barges, en Bassigny. Paris, Anthoine du Brueil, 161 4, pet. in- 12, mar. rouge, filets.
*Très rare. Je n'oserois dire que ce livre ait un autre mérite, mais il a du moins celui-là.
dna. Baliverneries, ou contes nouveaux d'Eutrapel, autrement dit Léon Ladulfi. A Paris ^ par Estienne Groulleau. libraire, demouranten la rue Neuue Nostre Dame y à V enseigne Saint Jan Baptiste, i548, pet. in-ia, fig. en bois, mar. bleu, doubL en mar. rouge, fil. (Roehler.)
Délicieux exemplaire d'une édition très rare.
873./ — Le même, OU contes nouveaux d'Eutrapel, autrement dit Léon Ladulfi. Réimpression faite à Londres en 181 5, pet. in-12, mar. rouge, filets.
Jolie réimpression de l'édition précédente , tirée seulement à -100 exemplaires, et rare aujourd'hui.