FACÉTIES ÉCRITES EN FRANÇOIS
855. Caron (Facéties de). Opus Morlini, complectensNovellas, Fabulas et comoediam, integerrime datum : id est, innumeris mendis tum latînae dictionis, tum ortographîae etiamque in-
terpunctionis quibus scatet in editione priori, in hâc posteriori non expurgatom, maxima cura et impensis Petri-Simeonis Caron, bibliophili ad suam nec amicorum oblectationem rursus editum. ParisiïSy M.DCC.IC4. Suivi de : Ëpilogus : Operis Errores. — Corre. — Morlinus ad lectoreq». — Gondusio. Lectori Bibliophilo et rariorum amanti. — Table des Nouvelles de Morlin, qui se trouvent traduites dans les Nuits facétieuses de Straparole, édition de 1726, 2 vol. in-ia. — Addition : — en tout 1 65 feuillets, dont 3 premiers feuillets non chiffrés, 147 chif., et i5 dem. non diiff. — Recueil de plusieurs Farces, tant anciennes que modernes. Lesquelles ont esté mises en meilleur ordre et langage qu'auparauant. A Paris y chez Nicolas Rousset, rué de la Pelleterie y près F horloge du Palais ^ à Fimage S. Jacques, deuant la chaire de fer, avec privilège du Roy, 161 a, comprenant : Farce nouvelle et récréative du médecin qui guarist de toutes sortes de maladies et de plusieurs autres : aussi fait le nés a l'enfant d'une femme grosse, et apprend à deuiner, à quatre personnages. — Farce de Colin, fils de Thenot le Maire, qui revient de la guerre de Naples, et ameine vn pèlerin prisonnier, pensant que ce feust vn Turc, à quatre personnages. — Farce nouvelle de deux savetiers, l'un pauvre, l'autre riche : le riche est marry de ce qu'il void le pauvre rire et se resiouyr, et perd cent escus el sa robbe , que le panure gaigne , à trois per-
sonnages. — Farce nouvelle des Femmes qui ayment mieux suiare et croire Folconduit , et vivre à leur plaisir que d'apprendre aucune bonne science, à quatre personnages. — Farce nouvelle de l'Antéchrist , et de trois femmes , vue Bourgeoise , et deux poissonnières, à quatre personnages. — Farce ioyeuse et récréative d'une femme qui demande les arrérages à son mary, à cinq personnages. — Chanson nouvelle. — Farce novvelle contenant le débat d'vn ieune moine, et d'vn vieil gen-d'arme, pardeuant le dieu Cupidon , pour une iSlle, fort plaisante et récréative , à quatre personnages. — En tout i44 pages. — Sottie a dix personnages , iouée à Geneue en la place du Molard , le dimanche des Bordes , Tan i5a3, à Lyon, par Pierre Rigaud. — Sottie iouée le dimanche après les Bordes , en 1 5^^ , en la iustiee, pour ce que le dimanche des Bordes faisoit gros vent , fut continuée ladite sottie. Et ioua la grand mère, maistre Pettremane, grand loueur d'espée, etc., 48 pages. — La farce de la querelle de Gaultier-Garguille, et de Perrine, sa femme, avec la sentence de séparation entre eux rendue, à Yaugirard, par aeiou, a l'enseigne des trois raues, tig. » 1 6 pages . — Le ieu du Prince des sotz et mère sotte, ioué aux Halles de Paris, le mardy gras. Tan mil cinq cens et vnze, fig., 58 feuillets chiffrés d'un seul côté. — Le mystère du chevalier qui donna sa femme au dyable , a dix personnages, 39 feuillets. — Nouvelle mora-
lité d'vne pauure fille villageoise, laquelle ayma mieux auoir la teste couppée par son père, que d'estre violée par son seigneur, faicte à la louange et honneur des chastes et honnestes filles, à quatre personnages. A Paris ^ chez Simon Caloa-riuy rue S. Jacques, à la Rose blanche couronnée , fig., 38 pages. — Farce ioyeuse et récréative du galant qui a faict le coup , à quatre personnages. A Paris. 1610, Chanson nouvelle, a 7 pages, a 5 pages chiffrées et a ne le sont pas. — Le Plat de carnaval ou les Beignets apprêtés , par Guillaume Bonnepàte, pour remettre en appétit ceux qui Font perdu. A Bonne-Huile, chez Feu-Clair, rue de la Poêle, à la Pomme de Reinette, Tan dix-huit cent d'œufs, fig., i43 pages, dont les 16 dernières non chiffrées. — Carton ouvert aux gensbons, vrays et joyeux amis; car on ne doit rien avoir de caché pour eux, 8 pages non chiffrées. — Chute de la médecine et chirurgie, ou le monde revenu dans son premier âge, traduit du chinois, par le Bonze Luc-Esiab. AEmeluogna, la présente année 000,000,000, 8 pages. — Traduction des Noels Bourguignons de M. de La Monnoye, 1 735, 24 pages, non compris les 4 pages de titre et d'avertissement. — Les chansons folastres des comédiens, recueillies par vn d'eux et mises au iour en faneur des Enfans de la Bande ioyeuse, pour leur seruir de remède préservatif contre les Tristes dits melancholicomorboafflalos. A Paris ^chezGuillot'Goriu, aux H ailes, près le
pont A lais, à F enseigne des Trois A mys, 1 637 , 1 6 pages, non compris le titre. — iËnigma, 4 pages, in-8, mar. rouge, doubl. fil., non rogné. (Thouvenin.)
— CFoc^^i^jJ. Le Norac-Oniana, contenant les douze mouchoirs, ou le porte-feuille du cabinet, ou tout ce que tous voudrez, par qui bon vous semblera. Dit, ça en est. Prix 12 livres, vu V usage du tems d'apprécier les mauvaises choses. Imprimé quand ça en étoit. Ou ça en fut. Se vend chez ça en sera toujours. — Des sottises. — Lettre de Carabi de Capadoce, a son cher camarade Carabo de Palestine, adressée à Ca^sel, poste restante , dédiée à M. l'abbé Caricaca. Le prix est de trois carolins. Imprimée à Capoue, et se trouve à Paris y chez Cascarety à V enseigne du Catacoua, 1777- — ^Enigma. — BmLiOGRA- PHiE, avis aux amateurs de livres anciens, singuliers, facétieux, rarissimes, même introuvables et d'un prix exorbitant. (Prospectus original de la collection de Caron.) In-8, mar. rouge, fil., ' non rogné. (Thouvenin.)
— Le Plat de carnaval ou les Beignets apprêtés, par Guillaume Bonnepâte, pour remettre en appétit ceux qui l'ont perdu. A Bonne-Huile, chez Feu-Clair, rue de la Poêle, à la Pomme de Reinette, Fan dix'-huit cent d œufs y in-8, fig., mar. rouge, fil., tr. dor. (Koehler.)
Exempl. sur papier rose.
* Cette collection de Caron, bien complète, a été décrite avec détail dans un article des Mélanges tirés d'une petite biblio-
.r,3i BDLLES-LETTRES.
ihèque (page 64) qui coiiUent eu oulre ude courie notiee sur cet étrange bibliophile.
856. Caw)^ (Suite des Facéties de). Recueil de livres singuliers et rares, dont la réimpression peut se joindre aux réimpressions déjà publiées par Garoa, 1829-1830, 4 pages. — Les chai»sons folastres des comédiens, réveillées par vn d'eux et mises au iour en £aueur des Enfans de la Bande ioyeuse, pour leur seruir de remède presematif contre les Tristes ditz mékacholicomorboafflatos. A Paris, chez GuilhtGoriUy aux Halles y près le pont Alais, à Venseigne des Trok Amys, 1637, 2 5 pages, non compris le faux titre et le titre. — Traduction des noels Bourguignons de M. de laMonnoye, 1735, 101 pages, non compris le titre et l'avertissement de 4 pages. — Sensuyt vng J^AU Mystère de Nostre Dame à la louenge de sa très digne natiuité d' vue îeune fille laquelle se voulut habandoner a peehe pour nourrir son père et sa mère en leur extrême pauurete et est a xviij personnaiges dont les noms sensuyuent cy après. On les vend a Lyon auprès de Nostre Dame de Confort, chez Oliuier ArnouUei, i543, I la pages. — Le Cocu consolateur, l'an du cocuage 5789, 16 pages. — Le Norac-Oniana , contenant les douze mouchoirs, ou le portefeuille du cabinet, ou tout ce que vous voudrez, par qui bon vous semblera, dit ça en est. Prix la livres. Vu l'usage du tems d'apprécier les mauvaises choses. Imprimé quand ça en étoit, où ça en fut.
Se vend chez ça en sera toujours. — Des sottises, l'an i5oo, la feuillets. — Lettre de Carabi de Gapadoce a son cher camarade Carabo de Palestine , adressée à Cassel , poste restante , dédié à H. Fabbé Garicaca, le prix est de trois carolins, imprimée à Capoue , et se trouve à Paris , chez Cascarety à l'enseigne du Catacoua, 1777,8 pages.
— Le cry et proclamation publicque, pour iouer le Mystère des actes des apostres en la ville de Paris ; faict le ieudi seiziesme iour de décembre l'an mil cinq cens quarante : par le commandement dn Roy nostre sire François premier de ce nom : et monsieur le Préuost de Paris affin de venir prendre les rooles pour iouer ledict mystère» On les vend a Paris en la rue neu/iie Nostre Dame : a l^ enseigne Sainct Jean Baptiste j près saincte Geneuiesue des Ardens : en la boutique de Denis lanot, i54i, 8 pages. — Moralité nouvelle très fructueuse de l'enfant de perdition qui pendit son père et tua sa mère : et comment il se désespéra, a sept personnages, imprime nouuellement, a Lyon par Pierre Rigaud en la rue Mercière au coing de la rue Ferrandiere à VOr^ loge, 1608, 48 pages. — Farce plaisante et récréative sur vn trait qu'a ioué vn porteur d'eau le iour de ses nopces dans Paris, i63a, âo pages.
— Farce nouvelle, très bonne et très ioyeuse de la Cornette, a cinq p^sonnages, par lehan d'Abundance , Bazochîen et notaire royal de la ville de Pont sainct Esprit, i545, 99 pages. — Farce
nouvelle du musnier et du gentil-homme, a quatre personnages. A Troyes, chez Nicolas Oudot y demeurant en la rue Nostre^Dame^ i6a8, 33 pages, dont les 3a premières numérotées. — Farce nouvelle qui est très bonne et très ioyeuse, a quatre personnages. A Troyes, chez Nicolas Oudoty demeurant en la rue Nostre Dame, au Chapon dor couronné ^ i6a4j ^9P3tges. — Farce ioyeuse et récréative de Poncette et de l'amoureux transy. A Lyon, par lean Marguerite ^i^gS^ lo pages. — Farce ioyeuse et profitable avn chacun, contenant la ruse, meschanceté et obstination d'aucunes femmes, par personnages, i5g6, i4 pages. — Ioyeuse farce a trois personnages d'un curia qui trompa par finesse la femme d'un laboureur. Le tout mis enrithme sauoyarde, sauf le langage dudit curia , lequel en parlant audit laboureur, escorchoit le langage françois, et c'est vue chose fort récréative, ensemble la chanson que ledit laboureur chantoit en r'accoustrant son soulier tandis que le curia iouyssoit de la femme du laboureur, puis les reproches et maudissions faites audit laboureur par sa femme, en lui remonstrant fort aigrement et auec un grand courroux, que c'estoit luy qui estoit la cause de tout le mal , d'autant que l'ayant menacé à battre, elle ne pouuoit de moins faire de lui obeyr, parquoy le laboureur oyant l'affront que luy auoit faict le curia, se leua de cholere et demandoit son espée et sa tranche- ferranche
pour tuer le curîa, mais sa femme Fappaisa. A Lyon, 1695, aa pages. — Tragi*comedie des Enfants de Turlupin malheureux de nature, ou Ton Toit les fortunes dudit Turlupin, le mariage d'entre luy et la Boulonnoise, et autres mille plaisantes ioyeusetez qui trompent la morne oisiueté. A Rouen, chez Abraham Cousiurier, rue de VOrlogCy deuant les deux Cygoignes, 34 pages. — Tragi-comédie plaisante et facecieuse, intitulée la subtilité de Fanfreluche et de Gau* dichon, et comme il fut emporté par le diable. ji Rouen y chez Abraham Cousiurier, tenant sa boutique au bas de la rue Escuyere, 66 pages. — Comédie facecieuse et très plaisante du voyage de frère Fecisti en Prouence, vers Nostradamus : pour sçauoir certaines nouuelles des clefs de Paradis et d'Enfer que le Pape auoit perdues ^ imprimé a Nismes, 1699, 34 pages. — Les regrets et complaintes des gosiers altérez, pour la désolation du pauure monde qui n'a croix , nouuel» lement imprimé à Paris y 1676, 16 pages. — Le plaisant discours et advertissement aux nouuelles mariées pour ce bien et proprement comporter la première nuicl de leurs nopces, recité a vn valet par un ieune homme lyonnois le iour du ieudî gras dernier , 1 1 pages. — Discours facétieux des hommes qui font salier leurs femmes a cause quelles sont trop douces, lequel se iouê a cinq personnages comme on peut le veoir a la
page suivante. A Bouen, chez Abraham Cousturier, libraire , tenant sa boutique prei la grand porte du Palais, au Sacrifice d^ Abraham, i558, aa feuillets. — Sensuyt le testament de Taste vin roi des Pions, 6 pages, in-8, mar. rouge, double fil., non rogné. (Thouvenin.J
Collection tirée k ^15 exemplaires seulement, composée de pièces curieuses et bien plus rare encore que la collection de Caron k laquelle elle fait suite.
857. Le Livre des quenoUjLes (sans lieu ni date), pet. in-8, goth., fig. en bois, mar. rouge, fil. (Derome.)
Bel exemplaire.
858. Rabelais. Pantagruel : les horribles et espouentables faictz et prouesses du très renomme Pantagruel, roy de Dîpsodes, filz du grant géant Gargantua, composez nouuellement par maistre Àlcofrybas Nasier. On les vend au palais à Pa^ ris, en la gallerie par ou on va à la chancela lerie (sans date), pet. in-8, goth., fers à froid, filets.
*Bel exemplaire d'une édition très rare qui parott être restée jusqu'ici inconnue aux bibliographes. M. Brunet ne la mentionne pas.
859. — La plaisante et joyeuse histoyre du grand géant Gargantua, prochainement reueue et de beaucoup augmentée par Tautheur mesme. A
Faïence y chés Claude la Fille, 1 547, ^K- ^^ ^^'^ dans le texte, pet. in- 1 a , veau Ï2Lixse(aux armes) .
Joli exemplaire.
860. — Les OEuures de M. François Rabelais, docteur en médecine, contenans la vie, faits et dits héroïques de Gai^ntua et de son filz Pantagruel, auec la pronosticatîon pantagrueline. A Trcye, par Loys que ne se meurt points i556, pet. in-12, mar. soir, omem., fil. (Bauzonnet.)
* Charmant exemplaire d'une édition très difficile b trouver. Loy$ qui ne h meurt point est un jeu de mots qui indique Louis Vivant, libraire de Troyes.
861. — Les OEuures de M. François Rabelais, docteur en médecine, contenans la vie, faicts et dicts héroïques de Gargantua et de son filz Pantagruel, auec la prognostication pantagrueline, i556, pet. in-ïa, mar. vert, fil., tr. dor. (Reliure ancienne.)
Très rare. Bel exemplaire.
86a. — Les OEuures de maistre François Rabelais, docteur en médecine, contenant cinq liures de la vie, faicts et dicts héroiques de Gargantua et de son fils Pantagruel, et augmentez de l'isle des Âpedeftes, de la cresme philosophale, et d'vne epistre limosine : outre la nauigatiôn en l'isle sonnante, la Visitation de l'oracle de la diue Bacbuc, et le mot de la bouteille, la pronoslication
pantagrueline. A Lion, par Jean Martin, iSGg, pet. in- 12, mar. bleu, dentelle, doublé en mar. rouge. (Koehler.)
Non rogné.
863. — Les Œuures de maistre François Rabelais, docteur en médecine, contenant cinq livres de la vie, faicts et dicts héroiques de Gargantua et de son fils Pantagruel/ plus la prognostication pantagrueline, ou almanach pour Fan perpétuel, auec l'epistre du limousin excoriateur et la cresme pbilosophale. Imprimé suyuant la première édition, censurée en l'année i552, 1626, in-8, mar. rouge, doubl., fil. (Thouvenin.)
864. — Les Œuvres de M. François Rabelais, docteur en médecine, dont le contenu se voit à la page suivante, augmentées de la vie de Fauteur et de quelques remarques sur sa vie et sur Thistoire, avec l'explication de tous les mots difficiles. (A la Sphère.) i663, 2 vol. pet. in-ia, mar. vert, dentelle, fil. (Aux armes du comte dHoym.)
Superbe exemplaire.
865. — Œuvres de maître François Rabelais, publiées sous le titre de Faits et Dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec la prognostication pantagrueline, Tépitre du Limosin, la crème pbilosophale, et deux épîtres à deux
vieilles de mœurs et d'humeurs différentes, nouvelle édition , où Ton a ajouté des remarques historiques et critiques sur tout l'ouvrage, le vrai portrait de Rabelais, la carte du Ghinonnois, le dessein de la cave peinte, et les différentes vues de la Devinière, métairie de Fauteur. Amsterdam y Henri Bordesius, 171 1, 6 vol. in-8, grand pap. de Hollande, reliés en 5, maroq. rouge, fil., tr. dor.
Superbe exemplaire.
866. — Œuvres. Paris, Th. Desoer, i8ao, 3 vol. in-i8, fig., sur papier vélin de différentes couleurs, mar. citron, mosaïque, doubl. en maroq. et en soie, fil., non rogné. (Ginain.)
Exemplaire curieux, relié avec une certaine magnificence, d'un joli Rabelais qui mérite quelque attention pour son texte.
867. — Œuvres. Paris, Louis Janet, i8a3, 3 vol. in-8, grand pap. vél., fig. de Deveria avant la lettre et eau-forte, portraits rel. avec un vol. de fig., en tout 4 vol., maroq. rouge, fers à froid, doubl. fil., non rogné. (Thouvenin.)
Magnifique exemplaire.
* On ne s'étonnera pas, je pense, de voir ainsi réunies dans une môme collection un certain nombre d'éditions de Rabelais; quelques amateurs même , j'en suis sûr, s'attendoient b en compter quelques-unes de plus. C'est que Rabelais est un auteur qui mérite d'être étudié sous un double point de vue ; d'abord comme un des écrivains les plus habiles d'une langue
eocore à ses déboiS) |Hiis omnine un esprit froodeur et satirique qui exprime, mieux encore qu'on ne le croit vuIjEairement, la situation pleine de trouble et d'angoisse d'une société qui s'agitoit dans tous les sens, et qui, mécontente du présent comme du passé, aspiroit, sans trop se rendre compte de ce qu'elle Toulolt, k un autre atenir, quel qu'il fût. On aTOuhi TOir, dans le Une de Rabelais, une satire personnelle, et plus d'un érudit a perdu son temps à chereher une def k des allusions que chacun entendoit et appliquoit k samanière. C'étoît Ui| k mon avis, et une grande erreur et presque une injure pour Rabelais : le joyeux curé de Meudon avoit visé plus haut, et sa verve s'exerçoit bien moins sur les individus que sur l'ensemble général de la société de son époque. Yoilk ce qu'il ne faut pas perdre de vue en le lisant, si l'on veut le comprendre. Toutefois, en accordant a Rabelais des vues plus hautes et plus étendues que celles qu'on lui suppose ordinairement, je n'entends ni justifier, ni même excuser la grossièreté quelquefois dégoûtante de son langage, encore moins accepter la responsabilité de ses satires ou des opinions qu'il laisse entrevoir. Pai voulu dire seulement qu'il falloit le lire dans le point de vue qu'il avoit pris pour écrire. Quant a son style, considéré seulement comme style, Il mérite d'être étudié avec quelque soin, et il serait a désirer qu'une révision attentive des premières édiUons eût pour résultat de nous donner un bon texte d'un auteur que les gens de goût aiment encore k lire, même quand ils sont obligés d'acheter au prix d'une vive répugnance les passages véritablement éloquents dont il abonde , quand il veut bien faire quelques instants trêve a ses obscènes grossièretés.
868. — Les Songes drolatiques de Pantagruel, où sont contenues plusieurs figures de Finuention de maislre François Rabelais, et dernière œuure d'iceluy, pour la récréation des bons esprits. j4 Paris, par Richard Breton, rue Sainl^laques,
à fEcreaisse d'argent y i565, in-8, fig. , mar. rouge, fil. (Derome.)
Exemplaire de Girardot de Préfood.
Très rare, comme on sait.
86g. Bringuenarilles, Cousin -«germain de Fessepinte. On les vend à Rouen au portail de$ libraires, aux boutiques de Robert et Jehan Dugort frères, i5449P6t. in-ia, fig. en bois, mar. vert, omem., fil. (Bauzonnet-Trautz.)
Très joli exemplaire de ce volume très rare.
870. La Navigation dv compagnon à la bouteille, avec les prouesses du merueilleux géant Bringuenarille. A l^royes, chez la vefue Nicolas Ou-dot, en la rue Nostre Dame (sans date) , pet. in- 1 a , veau fauve, fil.
* Une de ces imitations de Rabelais que Ton recherche beaucoup, moins pour leur mérite propre que pour le plaisir qu'on trouve, en les lisant, à mieux apprécier encore la supériorité de Rabelais. Celle-ci est certainement une des plus rares.
871. Rabelais ressuscité, recitant les faicts et comportements admirables du très valeureux Grangosier, roy de place vuide, traduict du grec affricain en François, par Thibaut le Nattier, clerc du lieu de Barges, en Bassigny. Paris, Anthoine du Brueil, 161 4, pet. in-i^, mar. rouge> filets.
^Très rare. Je n'oserois dire que ce livre ait un autre mérite^ mais il a du moins ceiui-la.
87a. Baliyerneries, ou contes nouveaux d'Eutrapel, autrement dit Léon Ladulfi. A Paris ^ par Estienne GroulleaUy libraire , demourant en la rue Neuue Nostre Dame^ à renseigne Saint Jan Bap^ liste y 15489 pet. in-ia, fig. en bois, mar. bleu, doubl. en mar. rouge, fil. (Koehler.)
Délicieux exemplaire d'une édition très rare.
873. — Le même, ou contes nouveaux d'Eutrapel, autrement dit Léon Ladulfi. Réimpression faite à Londres en 181 5, pet. in-ia, mar. rouge,
filets.
Jolie réimpression de l'édition précédente , tirée seulement il 'lOO exemplaires, et rare aujourd'hui.
874. DiscovRS d'avcvnspropozrvstiçues, facetieuz, et de singulière récréation, de maistre Léon Ladulfi, Champenois, reveuz et amplifiez par l'vn de ses amys. A Paris, par Estienne GrouUeau, demourant en la rue Neuue Nostre Dame, à renseigne Saint Jan Baptiste, i548, pet. in-ia, mar. bleu, fil. (Koehler,)
Édition très rare. Bel exemplaire.
875. Herissaye. Les contes et discours d'Eutrapel, par le feu seigneur de la Herissaye, gentil-homme breton. A Rennes , pour Noël Glamet, de Quinpercorentin, i585, pet. in-8, pap. réglé, mar. chocolat, fil. compartiments, riches ornements. (Muller.)
* Noël du Faii, seigneur de la Herissaye, est évidemmeot un
imitateur de Rabelais, et quoiqu'il soit resté assez loin du modèle qu'il avoit choisi , il peut sans trop de désavantage prendre place après lui. Il a de l'érudition, de la gaîté, un style franc et simple dégagé de toute recherche; ces qualités assez rares rendent ses ouvrages fort agréables à lire et expliquent parfaitement comment ils conservent beaucoup de prix aux yeux des amateurs de noire ancienne littérature.
876. La lettre de Cornifflerie, imprime nouuellement. (Sans date) , pet. in-8 de 4 feuilles, goth., fig. en bois, mar. bleu, doubl., fil., tr. dor. (Bauzonnet.)
Un des deux exemplaires, sur vilin^ de celte réimpression figurée tirée h 30 exemplaires seulement. Facétie ingénieuse et gaie.
877. Trois deglamatioms, esquelles Tlurongne, le Putier, et le Joueur de dez, frères, debatent, à scauoir, lequel d'eux trois (comme le plus vicieux), sera priué de la succession de leur père, suiuant son testament, invention latine de Beroalde, suite et amplification françoise de Calui de la Fontaine N. N. de Paris, auec vn dialogue de Lucian, intitulé Mercure et Vertu, traduit par iceluy de la Fontaine, ne ça ne là. Paris , Vin-cent SertenaSy i556, pet. in-ia, mar. vert, fil., (Thouvenin.)
* Un des petits livres de cette classe les plus difficiles à trouver que Je connoisse. M. Nodier n'en avoit jamais vu que deux exemplaires, en y comprenant celui-ci qui est charmant.