‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livresChapitre 12 sur 149 · THÉOLOGIE POLEMIQUE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE POLEMIQUE

3a. Charron (Pierre). Les trois Véritez, seconde édition :, reueiîe, corrigée et de beaucoup augmentée, auec un aduertissement et bref examen^ sur la Response faicte à la troisième vérité, de nouueau imprimée à La Rochelle. Bourdeaus, S. Millanges, 1695, in-8, maroq. rouge, fil., tr, dor. (Derome.)

33. — Le même ouvrage, troisième édition, revue, corrigée, et de beaucoup augmentée, plus augmentée de la réplique faicte aux ministres de La Rochelle, par le mesme autheur. Paris j Robert Bertault^ i6a5, in-8^ veau fauve, aux armes.

Exemplaire aux armes de Jacq. ku%. De II10U, quoique l'édition soit postérieure de huit ans a Tépoque de sa mort. On sait que sa belle collection de livres fut continuée par son fils avec la même ardeur et le même soin pendant un grand nombre d'années.

34* EsTiENJME (Robert) . Les censures des théologiens de Paris> par lesquelles ils auoyent faulsement condamne les Bibles imprimées par Robert Ëstienne, impridieur du Roy, auec la Response d'iceltty Robert Estienne. A FOUvier de Robert Estienne, iSSa, in*8, veau fauve. (Padeloup.)

Ouvrage publié a l'occasion de la Bihle de Vatable indiquée au n*4 de ce catalogue. Cette traduction, beaucoup plus recbcrchée que Voriginal latin , est un Ifvre fort rare et de

n THEOLOGHÙ

grande importance pour l'histoire de notre célèbre imprimeur. L'exemplaire est parfait et la simplicité de sa belle reliure vaut peut-être bien le faste souvent déplacé du maroquin moderne.

35. Recueil de pièges contenant : Lettre de monsieur Arnauld, docteur de Sorbonne, a vne personne de condition, sur ce qui est arrivé depuis peu, dans vne paroisse de Paris, à vn seigneur de la cour, 3« édit., Paris, iGSy. — Seconde lettre de monsieur Arnauld^, docteur de Sorbonne, a vn duc et pair de France, pour seruir de response à plusieurs escrits qui ont été publiez contre sa première lettre, sur ce qui est arriué à vn seigneur de la Cour, dans vne paroisse de Paris, 3* édit. PariSf 1657. — Pascal. Les Provinciales, ou les lettres écrites par Louis de Montalte a vn provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites, sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères. Cologne^ Pierre de La Fallée^ 1657, — Aduis de messieurs les curez de Paris , à messieurs les curez des autres diocèses de France, sur les mauuaises maximes de quelques nouueaux casuistes. Parisj 1 656.— Extraits de quelques-vnes des plus dangereuses propositions de la morale de plusieurs nouueaux casuistes. — Principes et suittes de la probabilité expliquez par Caramouel, Fvn des plus célèbres entre les casuistes nouueaux, dans vn liure imprimé en lôSa. — Lettre d'vn curé de Rouen à vn curé de la campagne sur le procédé des curez de la dite ville, contre la doc-

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trine de quelques casuistes. — Requeste de MM. Rousse, curé de Saint-Roch,etDu Puys, curé des Saints-Innocents. — Ex^aits de plusieurs dangereuses propositions tirées de nouueaux casuistes, etc. — Epistola illustrissimi ac reuerendissimi D. D. Jacobi Boonen, Arch. Mechlîniensis : ad Eminentissimos Cardinales Inquisitionis Romanae^ etc. — Traduction d'vne lettre escrite par messire Jacques Boonen , Archeuesque de Malines à messeig. les Cardinaux de Tlnquisition de Rome, etc., i vol. in-49 maroq. noir.

Bel exemplaire, dans sa première reliure janséniste, de cette édition originale àesPr<ni%nciales et des pièces du temps qu'on a coutume de réunir li cet admirable livre. Le titre au nom de Piem de la VàUée est tout simplement un frontispice postiche.

36. Pascal (Rlaîse). Les Provinciales, ou lettres escrittes par Louis de Montalte a un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites, sur la morale et la politique de ces pères : traduites en latin par Guillaume Wendrock, théologien de Saitzbourg, en espagnol, par le sieur Gratien Cordero, de Burgos, et en italien, par le sieur Cosimo Brunetti, gentilhomme Florentin. Cologne, Balthasar fFinfelt, 1784, grand in-8, v. fouve, fil., non rogné. (Bauzonnei.)

Exemplaire parfaitement pur d'un livre qui doit être bien rare dans cette condition. 11 ne s'en est présenté qu'un autre dans les ventes, au moins k ma connoissance, et il étoit fort endommagé.

AÂ THÉOLOGIE.

37. Pascal (Biaise). Pensées sur la Religion et sur quelques autres sujets, qui ont été trouvées après sa mort, parmi ses papiers. Paris, Guillaume Desprez, 1670, in-ia, mar. rouge. (Reliure jansé-^ nisie. Dura.)

Édition originale qui est assez rare aujourd'hui, mais qui perdra probablement quelque chose de sa valeur relative, quand l'illustre M. Cousin aura publié Tédition qu'il prépare d'après le manuscrit original. Il restera cependant quelques considérations à faire valoir en faveur des anciennes leçons du texte, et je me contenterai de les indiquer h de plus hardis jouteurs ; car je ne suis ni d'humeur ni de force à entreprendre cette rude polémique. Les Pensées de Pascal n'étoient pas un livre ; c'étoit matière de livre, matière modifiable s'il en fût jamais, et qui se seroit nécessairement modifiée. Pascal étoit, en effet, un esprit fort individuel^ comme on dit ai^ourd'hui ; mais non tellement absolu qu'il ne subordonnât souvent ses doctrines k celles de Port-Royal, dont il s'honoroit d'être l'interprète. C'est un fait qui ne peut être contesté. Il est donc à présumer que les changements posthumes apportés k l'œuvre des Pensées auroient été approuvés et peut-être exécutés par Pascal lui-môme , ai Pascal avoit vécu ; car on ne sauroit supposer, dans l'état connu de $es rapports avec PortrRoyal, qu'il eût publié cette ébauche de livre sans l'aveu de ses amis. En considérant la chose sous cet aspect, qui me paroit son aspect véritable, on se trouvera sans doute moins disposé k prêter une grande importance aux variantes d'un brauUUm informe qui a partout l'élan et, tranchons le mot, la témérité imprudente du premier jet. Ce n'est pas sur les improvisations d'un esprit très soudain, mais profondément préoccupé, qui se propose a tout moment des objections sans avoir le temps d'y répondre et sans savoir s'il y répondra, qu'on voudra juger de la foi de Pascal, et je crois qu'on fera sagement de s'en abstenir. Au surplus, cette question, qui offre un véritable intérêt

littéraire, car, sous le point de vue littéraire il n'y a pas une ligne de Pascal à dédaigner, est totalement insignifiante sous le point de vue religieux. Pascal n'étoit-il séparé de l'athéisme que par la peur? Cela est fort triste a comprendre et fort triste a arouer ; mais cela seroît fort possible, et, en dernière analyse, cela seroit fort indifférent. J'irai môme plus loin puisque m'y ?oilk. Si ce doute se résout jamais par l'affirmative, il faudra en féliciter les jésuites.

THÉOLOGIENS SEPARES DE l'eGLISE ROMAINE.

38. HuTTEN {Ulricus ab). Dialogus viri cuiuspiam eruditissimi festivus sane ac elegans^ quô Julius II. P. M. post mortem cœli fores pulsando, ab Janitore illo D. Petro intromitti nequiuerit. Interlocutores, Julius. Genius. D. Petnis., pet. iii-8, mar. rouge, fil. (Derome.)

Exemplaire de La Yallière. édition rare.

Sg. ViRET (Pierre) . Le Requiescant in pace de purgatoire^ fait par dialogues, en manière de deuis. L'ordre et les tiltres de dialogues : iMe dernier Sacrement; 2* les Pardons; 3^ les Funerales, auec deux tables, etc. De rimprimerie de Jean Gérard. ibSik^^ei. in-8,mar. rouge^fil. (Derome.)

Bel exemplaire de Girardotde Préfond.

4o. La Prophétie des petits enfants. Tout est à Dieu. Imprime pour Quancien Bruyère, libraire marchant, demeurant à Gien sur Lcyre, 1 662, ( sur le dernier feuillet blanc se trouve la signature de

Daniel Dumoustier) , pet. in-8, mar. violet^ fil. (Bauzonnet.)

Pièce inconnue des bibliographes, dont je ne trouve aucune mention dans les catalogues, et que recommandent k la fois le lieu de Timpression et l'excessive rareté des exemplaires. Celui-ci est le seul qui me soit jamais tombé sons les yeux.

4 1 . Traité des anciennes cérémonies , ou histoire contenant leur naissance ou accroissement, leur entrée en TÉglise^ et par quels degrez elles ont passé jusqu'à la superstition (par Porret). Rouen, Jacques Lucas, 1673, pet. in-8, mar. rouge, fil. (Derome.)

4a. Les plaintes des protestans, cruellement opprimez dans le royaume de France. Cologne, Pierre Marteau j 1686, in-ia, mar. rouge, fil. (Padeloup.)

Très bel exemplaire.

Cet ouvrage, qui ne manque pas d'éloquence, est généralement attribué au fameux ministre Claude. Il est d'une excessive rareté, selon le catalogue de Méon qui en possédoit un exemplaire fortdéfectueux.Voy.cecatalogue,n''5545. Les livres publiés par l'Eglise réformée, aux seizième et dix-septième siècles, ont singulièrement pâli devant ceux des philosophes et des athées qui sont tout autrement progreuifê^ et on ne les recherche plus comme autrefois ; mais il en est qui conserveront toujours un vif intérêt pour Thistoire, et celui-ci est de ce nombre.

OPIPIIONS SLNGUUÈBES, ILLUMINÉS, FANATIQUES.

43. R0BCA (^/i/o/ziu^).De infemo, et Statu daemoniim ante mundi exitium, Kbri quinque in quibus tartarea cauitas, parata ibi cruciamentorum gênera , ethnicorum etiam de his opiniones, daemonumq; conditio, asq; ad magnum judicii diem, varia eruditione,describontur. Mediolani, ex coUegii jimbrosiani typographia, i6ii,in-4f mar. rouge» fiL (Berome.)

Superbe exemplaire d*an livre qui sera toujours fort curieux, au moins pour l'histoire de Fimaginaiion et de la pensée, et qui passe pour le plus rare volume de la collection des Ambroiiens.

44. LaPetrère (Isaac de). Du Rappel des Juifs^ 1643, in-8, veau fauve, fiL (Belle reliure de Derome.)

Un de ces livres rares dont l'existence a été quelquefois contestée. Ueiemplaîre est très beau.

45. Pabisot* La Foy dévoilée par la raison, dans la connoissaiiee de Dieu, de ses mystères et de la nature, seconde édition. Paris, 1681^ in-8, mar« rouge, doublé de tabis, dentelle. (Reliure anc.)

Ce volume, exactement supprimé, est devenu fort rare ; ma» il n'y a pas grand mal k cela. La pagination en est extrêmement irrâgulière, et on pourroit le croire incomplet si l'auteur n'avoit eu la précaution d'expliquer ce désordre dans une espèce de post-face. Mon exemplaire est d'une grande beauté de reliure et de conservation, qui en fait le principal mérite.

46. Souverain. Le Platonisme dévoilé, ou Essai touchant le verbe platonicien. Divisé en deux parties. Cologne, Pierre Marteau, 1 700, pet. in-8, veau brun, aux armes. (Padeloup.)

Très bel exemplaire du comte d*Hoym.

47. MoRiN (Simon). Ju nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Pensées dédiéesau Roy, avecappro^ bation, 1 647, in-8, mar . rouge. (Beliure ancienne.)

Bel exemplaire de Soubise, qui a depuis appartenu au célèbre lord North dont il porte les armoiries et la devise : La vertu e$î la ieule noble$$e.

Tous les exemplaires de ce livre qu'on pût recouvrer furent brûlés seixe ans après avec l'auteur. On réunit ordinairement à ceux qui se rencontrent encore, quelques pièces relatives an procès ridicule et atroce du malbeureux Simon Morin, et dont les plus intéressantes sont V arrêt du parlement et le prodiverbal d'exécution. Ces pièces, réimprimées au dix-huitième siècle , ne sont point rares de cette contrefaçon exécutée pour les amateurs, et c'est ainsi qu'elles se trouvoient dans Texemplaire de 'Soubise qui est devenu le mien. J'ai eu le bonheur de pouvoir y substituer V arrêt et le proeiê'Verbal en éiiitions originales, et celles-ci, qui consistent ensemble en six feuillets distribués dans la rue, sont des raretés insignes qui ne.se présentent presque jamais dans les ventes. La bibliothèque de l'Arsenal n'en a qu'une.

48. Davxsne. Harmonie de l'amour et de la iustice de Dieu : au Roy, a la Reyne régente, et a Messieurs du Parlement. Jouxte la copie imprimée, à La Haye, i65o, pet. in-ia, mar. vert, fil.

Bel exemplaire de Gaignat, chez qui il fut vendu 72 fr.

49* PosTELLO {Guglielmo). Le Prime nove del altro

mondo, cioe, l'admirabile historia intitulata,

la Vergine Venetiana (f^enetia). Jppressodel auttore. — Il libro délia divina ordinatione. Padaua, Gratioso Perchacino , i555, pet. in-8, uiar. bleu antique. (Belle et ancienne reliure.)

MagniHqiie «zemplaire de de Boze, de Girardot de Préfond, de Gaignat, de Mac-Garthy, et peut-être le seul ou les deux ouvrages se trouvent réunis.

€e volume a passé longtemps, avec le Ckri$iianùmi-Re$' 4j|tflio de Servet, pour le plus rare des petits livres imprimés. C'est ce qui explique son haut prix d'estimation, k SOO liv., dans le catalogue de de Boie, a une époque où cette valeur étoit tenue pour exorbitante, et son adjudication )i 904 liv. chez Gaignat. Non délivré chez Mac-Garthy sur ma modeste enchère de 400 fr., il fut réseiTé par les héritiers, puis vendu postérieurement 500 francs \ un amateur angloîs. Je suis parvenu il le retirer d'Angleterre pour un prix moins élevé, mais tel encore que j'aurois quelque honte à mettre le lecteur dans ma confidence.

Le Père Niceron avoit d'abord nié l'existence de ce livre. Convaincu par ses propres yeux, il en a donné, d'après mon exemplaire même qui étoit alors celui de de Boze, une description assez imparfaite dans le tome VHI de ses Mèmoireê^ p. 544 et suiv.

Les feuillets de l'un et de l'autre ouvrage n'avpient pas été chiffrés \ l'impression ; mais ils le sont très proprement à la plume de la main de de Boze. La reliure est excellente et la conservation admirable.

RELIGIOJVS DIVERSES.

5o. L'Alcoran de Mahomet. Translaté d'arabe en

françois, par le sieur Du Ryer, sieur de la Garde Malezair. Suivant la copie imprimée à Paris y An-toine de Sommaviile (Hollande, Elzevier), 1672, pet. ia«-ia, mar. r. fil. à froid. (Bauzonnet.)

Très bon exemplaire de 4 p. 44 lig., avec témoins. INDIFFÉRENTS, DÉISTES, INCRÉDULES.

Si.Fox (Jean) de Bruggs. Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ : Contrains-les d'entrer; où l'on prouve par plusieurs raisons démonstratives qu'il n'y a rien de plus abominable que de fkire des conversions par la contrainte, et où l'on réfute l'apologie que saint Augustin a faite des persécutions. Traduit de l'anglois par ii.i.F.A Cantorbéry^ chez Thomas Litv^el, 1 686, 3 vol. pet. in-iâ, mar. rouge, fil. (Padeloup.)

Tout le monde sait que cet ouvrage est de P. Bayle, qui y déploya le premier ce drapeau de Tindifférence en matière de religion, sous lequel la secte des tolérants devoit préluder aux conquêtes de la philosophie voltairienne. C'est donc ici un monument curieux pour l'histoire des progrès de l'esprit humain, ou, si l'on veut, pour celle de ses erreurs ; mais ce n'est pas k ce titre qu'il figure avec distinction dans ma petite bibliothèque. Ce qui me le rend reconunandable entre tous mes livres, il faut bien que je Tavoue, c'est une reliure délicieuse de Padeloup dans son meilleur temps, et une fraîcheur de conservation qui fcroit croire ces trois volumes sortis hier de l'atelier. Âjouterai-je que cette édition est la meilleure, et qu'il est assez difficile de la trouver complète de la dernière partie?

52. CoLLiMs. Discours sur la liberté de penser, écrit à l'occasion d'une nouvelle secte à^ esprits forts, ou de gens qui pensent librement. Traduit de l'anglois et augmenté d'une lettre d'un médecin arabe. Londres, 17149 in-8, gr. pap. mar. vert antique, fil. {Dura)

Autre maoireste des esprits forts, qui excita dans le temps uue ardente polémique. La Lettre du médecin arabe ne s'y trouve pas toujours, et les exemplaires en grand papier sont fort rares. Celui-ci est parfaitement conservé dans ses marges, dont plusieurs n'ont pas été atteintes par le couteau du relieur.

53. Pensées libres sur la Religion, l'Eglise, et le bonheur de la nation : traduites de Vanglois du docteur B. M. (Bernard Mandeville). La Haye y Faillantfrères et N. Prévost, X7aa, % vol. pet. iïi-8, rcl. en un, mar. rouge, tr. dor. (Derome.)

Très bel exemplaire.

JURISPRUDENCE

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