ÉPITRES, SATIRES, ÉPI6RAMMES, MADRIGAUX
505. Une epistre satiricque enuoyée de par cognoissance au roy de France, item une aultre de lacteur au duc de Bourbon. Imprimé en la ville Danuers, par moy Jehan Grapheus, M.D.XXVll, pet. in-8, mar. rouge, fil. (Thompson.)
Petit volume fort rare.
506. Satyres ghrestiennes de la cuisine papale. Imprimé par Conrad Badius, f56o, in-8, mar. rouge, fil. (Derome.)
Bel exemplaire d'un livre fort rare, qu'on attribue communément a Viret, mais qui pourroit bien être de Conrad Badiis lui-même.
607. La Poltmaghie des marmitons, ou la Gendarmerie du pape en laquelle est amplement descrite l'ordre que le pape veut tenir en l'armée qu'il veut mettre sus pour l'esleuement de sa marmite, auec le nombre des capitaines et soldats qu'il veut armer pour mettre en campagne.
Lyon, lean Saugrairij 1 563. — Conclusion de la messe ite, missa est, 1563^ mar. rouge, fil. (Reliure ancienne.)
Pièce très rare à laquelle on a réuni une pièce qui ne doit pas être commune.
508. — Le même ouvrage^ même lieu et date (mais Besançon y i8o6), in-8, mar. rouge. (Ginain.)
Exemplaire en très grand papibr vélin non rogné.
Réimpression à très petit nombre, exécutée dans une imprimerie particulière par les soins de M. Thomassin, ancien et savant médecin, dont la bibliomanie amusoit les vieux jours. Je crois me rappeler que mon exemplaire étoit un des DEUX de ce format extraordinaire.
509. Les Regretz du cardinal de Lorraine, auec la responce. Sans date, pet. in-8 de 4 feuillets^ mar. bistre, fil. (Koehler.)
Pièce très rare.
5 1 o. Les Regretz , Complaintes et Confusion de lean Yallette dit de Nogaret, par la grâce d*Henry de Valois, duc d'Espemon, grand amiral de France, et bourgeois d'Angolesme. Son département de la court. De nouueau mis en lumiece par un des valets du premier toumebroche delà cuysine du commun dudit Espernon. Jngolesme, par LaucteuTy 1679, ^^"^? vn^v. rouge, fil., aux écussons (Koehler.)
Fort rare.
5 1 1 . Tableau de la vie et du gouuernement de MM. les cardinaux Richelieu et Mazarin et de M. Colbert, représenté en diverses satyres et poésies ingénieuses^ etc. Cologne, Pierre Marteau, 1693, in-8, veau fauve. (Padeloup.)
Recueil curieux auquel se trouvent réunis le Pari» ridicuie, conforme à l'original, et un joli Virelay ou RedondiUe de Claude Petit.
Une de ces modestes et belles reliures en veau fauve qui faisoient l'ornement de la bibliothèque de Du Fay.
5 1 a. Trois Hymnes aux saincts anges Michel, Gabriel et Raphaël pour les victoires du roy, pour l'accomplissement du royaume ires-chrestien , et pour la guarison de monseigneur le cardinal duc de Richelieu. J Paris, 1642. — Sur l'enlèvement des reliques de saint Fiacre, apportées de la ville de Meaux, pour la guerison du cul de monseigneur le cardinal de Richelieu. En Anvers ^ 1643. — L'Illustre barbe D. C. en vers burlesque. Sans lieu ni date, in-4> mar. rouge, dentelles, fil. (Reliure ancienne,)
L'antidote est avant le poison. C'est la poésie officielle la plus obséquieuse opposée k la satire la plus effrontée. Ces deux derniers libelles sont très rares en édition originale.
5 1 3. La VIE DE MADAME DE Brangas, et autrcs pièces galantes de la cour. A Fribourg, 1668, pet. in-iîi, mar. vert, fil à froid. (Thompson.)
Satire personnelle des plus obscènes et des plus odieuses, dont les exemplaires sont fort difficiles k trouver; mais il
faut remarquer qu'lh ne se ressemblent pas tous en ire eux. Celui de M. de Pixérécourt (yendu près de 28 fr.), ûnîssoit a la page 36, où est écrit le mot fui ; et il en est ainsi de tous ceux qui ont passé entre mes mains. Le mien est continué jusqu'à la page 49 inclusÎTement, et les pièces dont ce supplément se compose sont encore pires que le livre. Il seroit même possible que Téditeur en eût fait le sacriflce k la pudeur dans la plupart des exemplaires, c'est-k-dire dans ceux qui sont semblables à celui de M. de Pixérécourt.
5i4- Le Petit (Claude). La Chronique scandaleuse, ou Paris ridicule. Cologne, Pierre de La Place (Elzevier), i668, pet. in-ia, mar. vert, fil. (Koehler,)
Édition recherchée et qui se Tend quelquefois fort cher, parce que FouTrage n*y est pas adouci et tronqué comme dans la réimpres^on qui en a été faite en ^45, avec la Kome ridieuk de Saint-Amant. Ce Claude Petit fut brûlé en place de Grève pour un autre livre qui n'existe plus, car il n'est pas vrai, comme on Ta dit, qu'il ait été réimprimé dans le Recueil du Cosmopolite.
5i5. Talbert (l'abbé). Langrognet aux enfers. Imprimé à A ntiboine, de V imprimerie de Pincejilleuxyà la Plume de fer, 1760, pet. in-12, fig., mar. rouge, fil. (Thouvenin,)
Livre brûlé par arrêt du parlement de Besançon, et dont les exemplaires sont par conséquent d'une grande rareté. Celui qui fut payé 70 francs en 'l 850, k la vente de mes livres, passa dans la bibliothèque de M. de Pixérécourt d'où je l'ai retiré ; et bien qu'où lise aujourd'hui son titre pour la troisième fois dans un catalogue, il ne faudroit peut-être pas en chercher UD second exemplaire k Paris. Cette virulente satire a étd
réimprimée une seule fois, comme nous le verrons plus tard, dans un livre plus rare encore.
M. Peignot y a compté quatre gravures au lieu de six, et il les annonce en bois, quoiqu'elles soient en cuivre. Ce sont d'assez méchants griffonnis d'un goût fort libre et fort singulier.
5 1 6. Régnier. Les Satyres et autres œuures augmentées de diuerses pièces cy-deuant imprimées. Leiden^Jean et Daniel Elsevier y i65a, pet. in-ia, mar, rouge, fil. (Bauzonnet.)
Quatre pouces 8 lignes et demie de hauteur. Magnifique exemplaire égal en grandeur k ceux de d'Ourches et de Didot.
517. CouRVAL Sonnet (Thomas), gentilhomme virois, docteur en médecine. Satyre Menippée contre les femmes sur les poignantes trauerses et incommoditez du mariage. Lyon, Fincent de Cœursilly, 1623. — Thimeihelie, ou Censure des femmes, satyre seconde en laquelle sont amplement descrites les maladies qui arriuent ordinairement à ceux qui vont trop souuent à l'escarmouche soubs la cornette de Vénus. Lyon, rincent de Cœursilly, 1628. — Deffense apologétique du sieur de Courval , docteur en médecine, gentilhomme virois, contre les censeurs de sa satyre du mariage. Lyon y f^incent Cœarsilly, 162'i. — Responce à la contresatyre par Tautheur des Satyres du mariage et Thimethelie. F^yon, Vincent deCœursilly y 1623.
f Ces quatre pièces n'ont qu'une seule pagination. ) 4n-8, mar. vert, fil. (Thouvenin^
Exemplaire remarquable par deux particularités que je n^at rencontrées dans aucun autre :
^° Le titre général est double, l'auteur l'ayant fait renouveler pour y annoncer la Thimètélie qui est sa seconde satire ; cette augmentation de matière exigea la suppression du portrait de Gourval-Sonnet gravé au premier frontispice, et qui ne pouvoît plus être contenu sur le second. Hs se trouvent tous les deux ici.
2« Le poète, habitant fort loin de Lyon, dut avoir beaucoup à souffrir des bévues de son imprimeur, et on voit dans mon exemplaire qu'il fut obligé de faire faire un carton pour remédier aux fautes énormes qu'on avoit commises dans la Satire du Temps, Je possède les deux leçons.
Courval-Sonnet, homme d'esprit et savant, ne pouvolt approuver la mauvaise prononciation italienne qui commençoit à s'accréditer de son temps, et que Fusage a depuis consacrée. 11 s'en plaini avec amertume :
Bref, que diray-je plusT U faut dire U ailêt. Je erè, Francèi, Angléif il disH, il parUt-
Ce qui est bien digne d'attention dans ces vers, c'est que l'auteur, obligé de constater aux yeux une innovation de la langue parlée, qui toutefois ne menaçoit pas encore l'orthographe, se sert pour l'exprimer du signe Te plus rationnel que lui offre notre alphabet, et se rencontre ainsi avec Dumarsais plus de cent ans k l'avance. C'est ainsi que les gens instruits procèdent aux réformes, quands ils n'ont pas assez de raison pour s'en défendre. Ils gâtent ce qu'ils touchent comme les autres, mais ils le gâtent dans les règles, et en connoissance de cause.
5i8. Angot (sieur de TEperonière). Les nouneaux Satires et Excersices gaillards de ce temps, diuisé en neuf satires auquels on a adjousté FUra-
nie ou Muse céleste, Rouen ^ Michel TA Uemant , 1637, pet. in-8, mar. rouge, fil. (Reliure an-cienne.)
Ouvrage rare d'un poète qui n'est pas k dédaigner.
519. Du LoRENs. Les Satyres de M. Du Lorens, président de Chasteau-Neuf. Paris, Antoine de Sontmaville, 1646, in-4, mar. rouge, fil. (Koehler.)
Édition complète et peu conunuue.
520. BoiLEAU Despreaux. Satires du sieur D Paris y Frédéric Léonard y 1666, pet. in-ia , mar. rouge, fil. (Tkouvenin.)
Edition originale fort rare.
521. — Le même ouvrage. Paris y Louis B illaine y Denys Thierry y Frédéric Léonard et Claude Bar-bin, 1669, P^t. in-ia, fig., mar. rouge, fil. (Koehler.)
Edition qui contient deux satires de plus que la précédente. Elle n'est pas commune.
5âa. Sénegé. Satyres nouvelles. Paris, 1695, in-ia, mar. rouge. (Koehler.)
Un des volumes rares de la collection des PeiiU Classiques, en éditions originales. H l'est cependant beaucoup moins que les Nouvelles en vers {Filer le parfait amour et le Kaïmack), imprimées, dit-on,, dans la même année, que j'ai cherchées toute ma vie, et que je n'ai jamais eu l'occasion de voir.
5a3. Nouveau Recueil des epigrammatistes fran-
çois, anciens et modernes, contenant ce qui s'est fait de plus excellent dans le genre de Tépigramme, du madrigal, du sonnet, du rondeau, et des petits contes en vers depuis Marot jusqu'à présent, par M. B. L. M. (Bruzen de La Martinière). Amsterdam y fTetstein, 1720, a vol. in-ia, raar. ronge, fil. (Derome.)
Très joli exemplaire.
55}4« GoMBAULD. Les Ëpigrammes divisées en trois livres Paris ^ Augustin Courbé, i657, pet. in-ia, mar. rouge, fil. (Koehler.)
Recueil estimé dont les exemplaires sont peu communs, surtout dans un l)on état de conservation.
5a5. D'ÂcEiLLV (le chevalier de Cailly). Diverses petites poésies. Premier volume. Paris, André Ctamoisy, et se donnent au Palais, in-ia, mar. rouge, fil. (Koehler.)
J'ai souvent cité ce livre comme un des plus rares des petits cloisiquei en vers. 11 s'en est présenté deux ou trois exemplaires depuis.
Le chevalier de Cailly, notre Martial, faisoit beaucoup de vers, quoiqu'il se fût imposé des difficullés de facture fort embarrassantes. C'est pour cela qu'il publia ses jolies épigrammcs sous le titre de Premier volume^ qui n'étoit pas propre à en accélérer le débit. Le même frontispice annonce que le livre se donne au Palais, soit qu'un scrupule aristocratique fit répugner de Cailly a être vendu, soit qu'il eût adopté à plaisir cette manière de parler, parce qu'elle lui fournissoit uue ou deux épigrammes de plus; mais il paroit que les chalands de Cramoisy eurent la malice de la prendre au pied de
la lettre. Il est à présamer que le libraire, dans son juste dépit, retrancha des exemplaires qui lui restoient le frontispice malencontreux. C'est du moins dans cet état de mutilation
qu'ils se présentent ordinairement dans les rentes. Ces deux circonstances peuvent servir à expliquer la rareté des exemplaires complets.
5û6. SÉNÉcé. Ëpigrammes et autres pièces de M. de Sénécé, premier valet de chambre de la feue reine , avec un traité sur la composition de Tépigramme. Paris, Pierre^FrançoisGiffarty 17 17, in- la, mar. rouge, fil., aux armes.
Ce volume, dont l'éditeur n'auroit pas dû oublier les jolies satires et les délicieuses nouvelles de Sénécé, se trouve beaucoup plus communément qu'aucun autre de ses ouvrages. Il est ici seulement comme partie nécessaire, quoique inflme, de la collection des éditions originales de cet aimable écrivain, et il n'y seroit peut-être point s'il ne s'étoit recommandé par quelque distinction particulière. C'est Texemplaire de dédicace adressé au duc de Noailles et décoré de ses armes.
5^7. LaSablière. Madrigaux. Paris, Claude Barbin^ 1680, pet. in-ia, mar. rouge, ûl. (Koehler.)
Édition originale peu commune, et dont le curieux privilège répond suffisamment à l'opinion erronée qui attribue ces vers à une dame. Je ne rappellerois pas cette supposition tout-ë-fait dénuée d'autorité, si elle n'avoit pas eu le crédit de se glisser dans le titre d'une édition bollandoise des Madrigaux ridiculement publiée sous le nom de madame de La Sablière.