‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livresChapitre 78 sur 149 · Le même ouvrage. Quatreime edicion. Ai · texte numérisé non relu

Le même ouvrage. Quatreime edicion. Ai

Dioniy ché Abran Lyron de Modene, i yaa , in-8, inar. citron, fil. (BauzonneL)

Exemplairs kr grand papier.

Six pouces six lignes de hauteur, c'est-k-dire huit lignes au moins de plus que les exemplaires ordinaires.

Ces exemplaires en grand papier que les catalogues anciens n'indiquent point, ne contiennent pas la musique qui ne fut Routée qu'après coup. Ils sont certainement fort rares.

On sait que cette édition fut souyent copiée sous la mdme date, et j'ai dit ailleurs que les exemplaires de l'édition originale se distinguent par un long errata (de 54 fautes), et par le chifCre de la date qui y est imprimé sans ponctuation intérieure (MDCCXX.), au lieu que dans les éditions copiées ce chiffre est ponctué après le millésime et les centaines (M.DCG.IX).

634- — Le même ouvrage, même édition. AiDioni, ché Abran Lyron de Modene, 17^0, petit in*8, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

Exemplaire de Fédition originale en petit papier, mais qui mérite d'être distingué. Il a appartenu & La Monnoyc qui y a corrigé soigneusement plusieurs fautes oubliées dans Verrata, et qui y a ajouté, page 88, un couplet autographe, omis, je crois, dans toutes les éditions qui ont précédé celle de Châtillon-sur-Seine :

Corne ai do dans lai boacdte De ce Dei norea.

Le pei d'ene famé lôte Chiccli da laiasea, Chicdi, etc.

La Monnoye dut faire présent de ce volume au comte de Plelo qui a signé la page i des NoëU, et dont le nom, connu dans l'histoire par une mort héroïque, rappelle en littérature des

chansons pleines de grâce et de naïveté. Enfin, il est enrichi de la musique manuscrite, mise au net ayec beaucoup de propreté et de soin, et qui, dans cet exemplaire de l'auteur, pourroit bien être le texte original de la musique imprimée.

635. Le même ouvrage. Ai Dioni, chi Abran Lyron de Modèncy 17^0, mar. rouge. (Dura.)

C'est ici une des réimpressions faites ayec la musique, mais probablement avant la mort de La Monnoye, car VBficedium du Père Oudin m'y parott rattaché après coup. H en est peutêtre de même, au reste, dans toutes les éditions de cette date. On me pardonnera sans doute d'avoir tenu k posséder cet ingénieux chef-d'œuvre sous toutes ses formes.

636. — Le même ouvrage, aivô quelque ajutorion (sans lieu ni date),^eX. in-12, mar. rouge, fil. (Purgold.)

Édition très rare et qui pourroit bien avoir échappé aux savantes recherches de M. Peignot, ce que je n'oserois affirmer cependant, car je ne les ai pas actuellement sous les yeux. Outre la totalité des iVoèfb de l'édition de 4720, elle contient, p. -100 et 404 , deux couplets qui y ont été omis, et, p. 404 à 406, deux IVbéfb qui ne sont pas indignes du voisinage de ceux de La Monnoye. Je dois cette observation et ce volume èi mon ami M. Aimé-Martin qui l'a enrichi d'une note.

637. Dialogue de'deu Brisagk, présentai ai monseigneur le duc de Bregogne, ai son erri vée ai Dijon, le 20 septembre 1703. Dijon , Glaude Michar, 1703, in-ra, mar. bleu, ornem., doub. fil. (Koehier.)

Pièce d'une grande rareté, et dont on m'assure qu'on ne connoit pas d'exemplaire en Bourgogne.

638. Gauthier (François) . Noêls nouveaux au patois de Besançon. Besançon^ Jean Claude Bogillot (sans date), pet. in-ia, mar. vert, fil. (Bauzonnet,)

639. — Les mêmes, nouvelle édition. A Besançon, chez Quentin-- Joseph Bogillot, imprimeur- libraire de la Cité royale, Grand^Rue, près le pont, 1773, ^ vol. in-ia, rel. en un, mar. bleu, fil. à froid. (Duru,)

Ces deax éditions des Noëls^ en patois de Besancon, sont fort rares comme toutes celles qui remontent à une époque déjà un peu reculée, et qui ont péri dans les mains de leurs innombrables lecteurs. Les éditions plus récentes, même les dernières, ne sont guère plus faciles à trouver, et il est presque impossible de rencontrer des unes et des autres un exemplaire en bon état de conservation. Les imprimeurs de Besançon, qui étoient en môme temps relieurs, avoient l'habitude de rogner les livres de ce genre exactement k la lettre, et quelquefois même un peu plus avant, pour en diminuer le volume et le poids, et pour réduire d'autant les frais du colportage; de sorte qu'un exemplaire qui porte une ligne ou deux de marge, comme le dernier de ceux-ci, est un volume vraiment extraordinaire, de la beauté duquel il faut rendre grâce à l'heureuse maladresse d'un relieur qui né savait pas son métier.

Les NoèU de François Gauthier sont fort goûtés en Franche- Comté, et ils méritent de l'être. Je ne crois pas qu'aucune province de France puisse leur en opposer de plus francs, de plus gais et de mieux tournés, exception faite, comme de raison, de ces charmants Noëls Bourguignons auxquels il ne faut rien comparer; mais les Noëls de La Monnoye tons le jeu d'esprit d'un sceptique railleur, et cela est si vrai qu'on

ne peul guère les traduire littéralemoot sans affliger les oreilles pieuses. La naïveté seule du langage y sauve les licences de la pensée. Les Noëh de Gauthier ne manquent pas non plus de ces traits de moquerie narquoise qui sont assez propres au genre, mais ce badinage simple et sans malice ne fait pas redouter les mêmes conséquences. 11 est k regretter que ce joli ouvrage attende encore une édition critique et un glossaire.

640. L'Arrivée d'une dame en l'aijtre monde, habillée en panier. Vers au patois de Besançon (sans lieu ni date)^ in-8, mar. bleu, ÛL à froid. (Duru.)

Cette pièce, qui passe pour la plus rare du patois franccomtois, m'a été donnée par mon ami M. Weiss, bibliothécaire de Besançon, ce qui m'autorise à croire qu'elle ne manque pas dans la bibliothèque de Besançon qui auroit certainement obtenu sur moi une juste préférence ; mais il seroit peut-être dirûcile d'en citer un troisième exemplaire.

64 1 . La Jaquemardade, poème épi-comique en dialogue au patois de Besançon; qui a pour sujet la descente de Jaquemard, du 25 janvier 1746, et sa réïnstalation de l'avant -veille de Noël de i75a, avec des notes et explications en françois. A Dole y chezJ. B. Tonnet, imprimeur-libraire de la ville et du collège. Aux armes de Tallard, 1763, pet. in- 12, mar. bleu, fil. (Thouvenin.)

Pièce rare.

64a. NoELS Bressands. A Pont-^-Faux^ chez Moi-

BKLLES-LETTRES. 255

roud, 1797, pet. iii-8, mar. rouge, doré en tête. (Duru.)

I^OiN ROGNE.

643. PofsiES EN PATOIS VÀUDOis, in-4 9 mar. rouge, dent., fil. (Thompson.)

Manuscrit.

Recueil de jolies pièces de ce palois, et entre autres do Conte iai Craisii dont je ne connois poiut d'éditions. Celte charmante copie, exécutée avec un soin calligraphique tout particulier, m'a été donnée par mon ami M. Porchat de Lausanne.

644* Prologue faigt par un messager sayotarb, sur le rencontre de trois nymphes, prisonnières par trois mores. Faict en rime sauoyarde, auec la plaincte de laquatriesme nymphe de l'emprisonnement de ses sœurs, 1596, pet. in-8, i4 pp. mar. vert, fers à froid, doubl. mar. rouge, dent. (Koehler.)

Pièce très rare qui n'a paru que deux ou trois fois dans les ventes, et qui est par conséquent fort peu connue. Le texte paroit annoncer, ainsi que le titre, la plainte d'une quatrième nymphe qui devoit probablement servir de suite au Prologue. On ne sait si elle a été imprimée.

645. Ghrestien fjP.j. Les essais d'un Bobre africain, seconde édition, augmentée de près du double, et dédiée à madaioe Borel jeune. Ile Maurice^ imprimerie de G. Deroullede et Comp, , impri-

meurs du gouvernement , i83i, pet. in-4, mar. rouge, fil. (Koehler.)

Il est inutile de dire que les livres imprimés k File Maurice sont nécessairement fort rares en France. Ce joli exemplaire m'a été donné par mon ami M. Laverdant qui Fa rapporté pour moi de son beau pays.

Le Créole n'est pas, k proprement parler, un patois {patriœ autpatrum idioma). C'est même tout le contraire, une langue étrangère apprise par nécessité pour un nombre assex circonscrit de besoins et d'idées, et dont d'heureux artifices, parfaitement logiques d'ailleurs, ont beaucoup simplifié la syntaxe. Le Créole ressemble sous ce rapporta la langue des petits enfants, et c'est k peu près la même chose au point de vue philosophique; seulement, il ne devient jamais une langue adulte et virile, parce que l'esclavage est un état d'enfance prolongé artificiellement, et qui, comme on dit aujourd'hui, ne progresse pas(Dieu me pardonne cette abominable parole I). L'émancipation des esclaves émancipera, selon toute apparence, la langue dont ils se servent, et le Créole périra un jour avec sa grâce mignarde et ses blandices enfantines. Il est donc de quelque intérêt d'en conserver les monuments, et il en restera bien peu, car les nègres, non plus que les enfants, ne perdent guère leur temps a faire des livres.

iV. B. Les ouvrages en prose patoise, qui sont peu nombreux dans ce catalogue, se trouveront rangés k leurs divisions respectives.

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