MYTHOLOGIE, FABLES ET APOLOGUES
I . FABULiE VARIORUM AUCTORUM, nempè, iËsopi Fabulae gr. et lat. Âphthonîi Soph. FabuldB gr. et lat. Gabriae Fab.gr. et lat. Âdjiciuntur insuper Phaedrî Fabulae, Avieni Fabulae, Abstemii Fabulae. Opéra et studio Isaaci NicolaiNeveleti. Frarvcofurtiy Gerlach et Beckenstein^ 1660, pet. in-8, vélin.
« Bon exemplaire d'une édition recherchée qui avoit déjà paru
en 4640, et qui n'a subi d'autre changement ici que celui du frontispice.
^62. — Les Fables et la vie d'Esope, nouuellement enrichies de plusieurs ligures et d'un indice des matières notables. Anvers, en V imprimerie plantinienne , chez La Vefs^ectJean Mourentorf^ ïSgS, in-i6,mar. bistre. (Bauzonnet.)
Rare et jolie édition, ornée d'assez bonnes gravures en tailledouce.
Ce volume est le seul livre tombé entre mes mains (ce qui ne prouve pas qu'il n'en existe point d'autre), qui donne le nom vrai du gendre de Plantin, Jean Moret. Les descendants de cette noble et illustre famille florissent encore a Anvers, dans la maison de Plantin, sous le nom de Moretus.
763. — Les Fables du très ancien Esope, phrigien, premièrement escriptes en graec, et depuis mises en ri th m e Françoise ,;par Cor rozet . Paris, de F imprimerie de Denys lanot, imprimeur du Roy en
langue françoyse y i5445 în-8, fig. et texte encadré, mar. vert, ornem., fil. (Bauzonnei.)
Superbe exemplaire d*un volume très rare, et qui est fort recherché des amateurs pour la délicatesse des jolies gravures en bois dont il est orné. Il mériteroit bien de Fétre pour les fables elles-mômes qui sont en général charmantes et d'un style dont le modèle n'existoit pas encore dans Tapologue. On m'ôteroit difficilement de la pensée que La Fontaine les avoit lues, et s'il les a lues, il en a certainement profité.
764. Esope en belle humeur, ou dernière traduction et augmentation de ses Fables en prose, et en vers. Brussellcy François F oppens, 1 700, a vol. in-8, rel. en un, mar. rouge, fil. (Derome.)
Très bel exemplaire de d'Uangard et un des meilleurs que Ton puisse souhaiter, quoique les figures de la première façon y soient mêlées dans le premier volume avec celles d'Harrewyn, qui sont bien supérieures. Ce tirage prématuré me parolt préférable k l'autre parla qualité des épreuves.
J'ai bien de la peine à croire que VEsope en belk humeur ait été publié par Bruslé de Montpleinchamp, comme le dit M. Brunet d'après M. Barbier. Bruslé de Montpleinchamp , mauvais écrivain s'il en fût jamais, et fort mauvais connoisseur en poésie, puisqu'il n'a jamais pu apprendre la mesure des vers, imprimoit en môme temps, de l'aveu de M. Barbier, sous le nom de Palaidor, un livre intitulé : Festin nuptial dressé dans l'Arabie heureuse au mariage d'Ésope^ de Phèdre, et de Pilpay avec trois fées (Esopine, Phedrine^ et PUpine), divisé en trais tables, qui est, dans son genre, le chefd'œuvre du plat, du ridicule et de l'absurde, et qu'on peut croire destiné, par son sujet, à faire concurrence a VEsope en belle humeur. L'analogie de ces deux compilations, dont la dernière n'étoit du moins pas indigne de sou succès, a proba-
blement occasionné la confusion dans laquelle sont tombes nos deux savants bibliographes.
765. Perrault. Histoires ou contes du temps passé auecdes moralitez. Paris, Claude Barbin, 1697, pet. in-ia, mar. bleu, ûg. (Bauzonnet.)
Édition originale de ces contes ingénieux, une des plus ravissantes productions de la prose française. C'est aussi un des volumes les plus difficiles k trouver de cette jolie collection de petits classiques ii laquelle je porte un amour passionné qui m'a fait peu de rivaux.
Il est d'usage de placer les Contes de Perrault parmi les romans de féerie^ mais ils me paroissent avoir plus de rapport, par leur caractère primitif, avec l'apologue antique. Perrault peut, au reste, soutenir sans désavantage le voisinage d'Ésope. Ce sont deux génies naïfs, riants et doux que l'on croiroit jumeaux, et qui traverseront les siècles ensemble.
Je profiterai en passant de cette occasion , puisqu'elle se présente, pour supplier le lecteur de ne pas croire que les Contes de Perrault nous viennent en droite ligne des Indiens. Les Indiens n'ont pas tout imaginé, quoi qu'en puisse dire l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres k qui ces théories creuses fourniront longtemps encore de savantes élucubrati«is. mais qui ne parviendra pas aisément k prouver que l'esprit d'invention ait été réservé, par une faveur exceptionnelle, k une seule branche de la famille humaine. Les Mille et une Nuits sont certainement un des chefs-d'œuvre de l'art de conter, mais les Contes de Perrault sont k nous.
y66. — Histoires ou contes du temps passé. La Haye, l'j^^j pet. în-ia, fig., mar. bleu.
Jolie édition fort peu connue, pour laquelle Foocke a gravé
de nouYelles vignettes d'ane élëganoe remarquable. Elle renferme le canlû de VadroUe Pnneeu€ qui ne se troufe, dit-on, dans aucune des précédentes, et que Ton a quelques raisons de croire faussement attribué k Perraull. C'est tout4i-fait mon opinion.
767. — Le même ouvrage. Paris, Lamy, 1781. Griselidis, Peau-d'Àneetles Souhaits ridicules, contes. Paris y Lamy, 1781, in-ia, fig., mar. rouge, dentelle, fil. (Derome.)
llAGffIFIQUS EXEMPLAIRE EN GRAND PAPIER DE HOLLAIIDS.
édition complète dont le papier ordinaire n'est plus commun, et dont le grand papier est fort recherché des curieux, parce qu'il a été tiré k très petit nombre. On y a fait servir, si je ne me trompe, les cuivres de l'édition de -1742, retouchés tant bien que mal. Ceux qu'on y a ajoutés sont détestables et indignes d'un almanach.