‹ Description raisonnée des monnaies mérovingiennes de Chalon-sur-SaôneChapitre 1 sur 30 · DES · texte numérisé non relu

DES

L'industrie monétaire de Chalon-sur-Saône fut très-active pendant la période mérovingienne, si Ton en juge par le nombre et la variété des produits qu'elle a créés et qui sont parvenus jusqu'à nous. Aucune équivoque n'est possible sur la localisation de la masse de ces produits ; nul ne conteste; en effet, l'identification de CABILONNVM avec Chalon-sur-Saône, quelles que soit les hésitations soulevées, dans des cas exceptionnels, par la ressemblance du nom de la cité bourguignonne avec ceux de Cavaillon et du peuple Cabale \

La question géographique étant donc mise de côté, il nous reste à résoudre le problème chronologique, et nous allons l'aborder en cherchant si les types de ces nombreux monuments sans date trahissent leur filiation; s'il est possible, dans leurs modifications, de discerner les effets des causes et de dresser la généalogie des minutieux détails

' Voici les formes diverses du nom de CliiMon d'après les anciens auteurs : Cabilonnum (Ca3s. Comm. i. vu), KaêuXXTvov (Strab.), KaêaXXivov (Ptolém.), Gapilunnwm, Cavilunnum {Itin. d'Anton.), Gaballodunum (îSot. de l'Emp.)^ castrum Caballonense, Cavallonense, Gai)ilon{>nse, r.avilonensium, civitRS Cabilonensis {Not. des prov.), Cabillio (Peuling. Tabl. Théodosienne), Cabiiio (Amm. Marcell. 1. xiv), Cabillonus (id. 1. xv), Cabilluno (cod. Theod.), Cabiliinum (cod. Juslinian.), Cabalonnus (Marius), Gahillonnm, Gavillonum, Gahillonensis civitas (Greg. Tur.),Gabillonuin (Fredeg.), Gavalo, Gavelone {Gest. Ren. Franc. 33.)». Gavallonum urbs, Gnvalonnum {Gest. reg . Pipp.), Gabillo civitas, Gabillontim (Egiub.), Gabillonum (Ambros.), Gabilonuin castrum, civitas, urbS; oppidum {Vit. Lud. PU), Cavillonum (Nithard).

ANNUAIRE DE LA SOGIIÎTÉ DK NUMISMATIQUE. 1

burinés par la fantaisie des graveurs. C'est une étude aride et fastidieuse^ nous le savons d'avance; mais on ne paye jamais trop cher la conquête de la vérité. La numismatique mérovingienne ne sortira de la période d'élaboration et ne méritera le nom de science que lorsqu'elle aura classé ses monuments dans le temps aussi bien que dans l'espace. Alors seulement surgiront des horizons nouveaux et imprévus, alors on saura à quelle classe de la société appartiennent, et quel rôle ont pu jouer dans l'histoire ces nombreux personnages dont les noms sont inscrits sur le métal; on saura si le monétaire était autre chose qu'un obscur artisan. Jusqu'à présent le seul nom de S. Éloi se révèle à nous comme associé à la fois, et d'une manière incontestable, aux plus grandes charges du royaume et au titre de monétaire. Est-ce témérité d'identifier d'autres noms historiques à ceux qui nous apparaissent avec cette quaUfication si humble au premier aspect? — Oui assurément^ tant que nous n'aurons pas au moins vérifié la contemporanéité du monétaire et du dignitaire ; oui, tant que la chronologie des monnaies mérovingiennes ne sera pas définitivement fixée.

Entrons donc résolument et sans parti pris dans cette nouvelle série de recherches. Faisons table rase des idées reçues ou préconçues, et. provisoirement, laissons de côté le raisonnement pour nous livrer à un simple travail d'observation, au triage des monnaies de Châlon et à leur classitication d'après leurs types.

Nous séparons d'abord les métaux : voici For, voici l'argent. Donnons la priorité au métal le plus précieux et occupons-nous de l'or.

Voici un groupe très-peu nombreux de tiers-de-sol dont le revers présente le type dégénéré d'une Victoire vue de face; c'est une immobilisation des types romains, une grossière monnaie de barbarie et de transition. Elle ne se distinguerait pas des autres espèces frappées dans toute la région occupée par les Burgondes, si le nom de Châlon n'était pas inscrit dans la légende ECLIS? CÂVELONO ; son style est le même que celui d'un triens frappé à Lausanne avec la légende LANSONNA CIVITATE, et des monnaies émises à Lyon avec les monogrammes des rois burgondes, ou de Childebert I" (voy. Annuaire de la Soc. de A^wm.,t. I, p. 117).

Nous éliminons encore ce groupe, et nous nous occupons de cette masse d'espèces au revers desquelles est le type de la croix.

Nous pouvons de suite les partager en deux classes, les unes offrant au droit un buste de profil, les autres une tête de face. Les monnaies romaines présentent la même particularité ; mais ce qui nous autorise surtout ici à faire deux genres différents des monnaies à tête de profil et de celles à tête de face, c'est que chacune de ces deux classes a d'autres

MONNAIES MEROVINGIENNES DE CHALON-SUR-SAONE. 3

caractères spéciaux : la première inscrit le nom de la ville sous la forme CAVILONNOouCABILONNO; la seconde em.ploie le plus souvent la forme CÀBLONNO; la première a, en général, pour type du revers une croix dont la haste est plus longue que le bras, et qu'on appelle une croix latine; l'autre, une croix se rapprochant de la croix grecque, formée de quatre bras égaux.

Elles se subdivisent à leur tour en plusieurs groupes. La série des têtes de profil nous apparaît avec ou sans Tornement circulaire qui circonscrit la croix du revers et s'appelle couronne, diadème ou grènetis; la série des têtes de face trahit dans ses types deux périodes, l'une de mouvement et l'autre d'immobilité; l'une où le type se modifie au point que plusieurs coins sont signés du même monétaire, Tautre où le type reste invariable, alors même que plusieurs monétaires y inscrivent successivement leurs noms.

Enfin le groupe des croix circonscrites forme lui-même plusieurs subdivisions. L'ornement du revers est tantôt une couronne de feuillages, tantôt un diadème de perles muni de ses accessoires, tels que nœud d'attache et rubans, tantôt un simple grènetis qui semble unifier et immobiliser les deux autres ornements.

En résumé, je trouve huit groupes dont voici le tableau :

type de la Victoire

Or

/profil

sans ornement autour de la croix;

couronne de feuillage

1er groupe,

2° groupe.

3" groupe.

avec { diadème de perles 4'' groupe.

^type de la croix

face

\ grènetis

se modifiant, avec l'aspect imberbe

immobilisée, avec l'aspect barbu. .

Argent. — Deniers au type du chrisme, ou croix h six branches, au droit, et de la croix grecque au

revers.

5*" groupe.

6*^ groupe.

V groupe.

8'" groupe.

Une première observation prouve que les bases de ce classement ne sont pas empruntées au hasard : si je dresse la liste des noms de monétaires inscrits sur les espèces de Châlon, je constate qu'à peu d'exceptions près les produits signés par les mêmes monétaires appartiennent au même groupe. En voici le catalogue :

^er groupe : Episcopus Estnu (Stephanus episcopus?)

2me groupe : Nonnus, Priscus et Domnolus, Domnolus, seul; Domnittus, Bonnasius, CJdotharius rex,

3°"'^ groupe : Domnittus (v. 2° groupe), Baiolfus et Baio, Domulfus, Domulfus et Baio, Baudomcres et Bignoaldus, Baudomeres^ seul, Fraternus, Ahho.

^'"^ groupe : Wintrio, Bonefacius, Bonefacius et Wintrio, Betto,

Wintrio et Betto, Wintrio et ?, Baudegiselus^ Mummolus, Emmes,

Ahho(\. 3« gr.).

5me groupe : Ahho (v. 3"^° et 4™'' gr.) et quelques exemplaires de Fraternus [T'" gr.) et de Bonefacius et Wintrio (4"'*^ gr.).

6'"'^ groupe : Duccio^ Beriheramnus, Saturnus, Austadius.

7™° groupe : Austadius (v. G'"*^ gr.) Ahho (v. 3"^% 4"^^ et 5^ gr.), Jnportunus^ Alasius, Magnoaldus, Jacote d-ic ou Ed-iciacot, Usias m ed'Cdm,, ou Ed-cdmusias m.

8""^ groupe : Theodehertus^ Badoinus, Mummolus (v. 4""® gr.), Marol.?,.. BiL.Anus? Ahho (v. 3"^% 4™«, 5""^ et 7'"'' gr.), Nertunus, Inportunus (v. 7^gr.), Bobo? etc.

Ceci posé, cherchons plus attentivement les caractères généraux des groupes.

1" groupe : Tout se résume dans ces deux mots :

Dégénérescence du type romain, avec la Victoire de face au revers.

2"'^ groupe : Émancipation de Part mérovingien; grande variété de style et d'épigraphie; rapides alternatives de création et d'immobilisation, d'art et de barbarie ;

Croix latine sur trois degrés ou sur un globe;

Absence ordinaire (onze fois sur treize) des lettres CA sous les bras de la croix.

grojîpc : Dustc imité du Romain, profil élevé, souvent correct ;

pallium drapé à la romaine; boucles de cheveux tombant derrière Toreille ;

Croix latine sur deux degrés et au-dessus d'un globe (vingt fois sur vingt-quatre) ;

Toujours CA sous les bras de la croix;

Association fréquente de deux nom-S de monétaires (trois raisons sociales sur six connues);

CAVILONNO plus souvent que CÂBILONNO ;

Coupe ordinaire de la légende : CAViLO NNO FIT (six lettres à gauche, et plus; vingt fois sur vingt et une).

4me groupe : Le profil porte un diadème dont le nœud forme souvent un lozange derrière la tête; pallium ornementé, raideur dans les plis de la draperie ;

Croix sur un, deux, trois degrés, ou sur un globe, mais jamais sur deux degrés au-dessus d'un globe, comme au groupe précédent ;

Toujours CA sous les bras de la croix ;

Presque toujours CABILONNO; coupure ordinaire CABIL ONNO FIT (cinq lettres à gauche, et moins; quarante-trois fois sur cinquantetrois).

5me groupe : Emprunts aux deux groupes précédents; tendance à se rapprocher du style des groupes Q"" et 7^

gme groupe : Tête de face ornée de diverses manières, coiffure variée ;

Croix grecque sur deux ou trois degrés, accostée de CA ;

Grènetis simple, sans aucune trace d'attache et d'ornements accessoires ;

CABILONNO etCABLONNO;

Tout ce qui diffère du type du 7'"^ groupe.

7"*^ groupe : Tête de face dont voici le signalement : Bouche indiquée par un trait saillant semblable à un trait d'union ; yeux traités à peu près comme pour figurer une paire de lunettes à verres ronds; barbe en saillie semi-ovoïde, et qui n'est, à proprement parler, que l'immobilisation des parties saillantes des joues et du menton; coiffure formée d'un boudin semi- circulaire, uni sur le front, crêpé sur les tempes ;

Ô ANNUAIRE DE LA SOClÉlÉ DE NUMISMATIQUE. ;

Croisette au-dessus de la tête ;

Accessoires occupant souvent la place des boucles d'oreilles, par exemple, A O (débris d'alpha et oméga), anneaux, globules, croisettes, sans symétrie, sauf le cas de deux globules (par exemple, anneau ou croix d'un côté, globule de l'autre) ;

Croix latine presque à bras égaux, sur un ou deux degrés, accostée des lettres CA;

Grènetis simple; croisette sous le type du revers;

Légende constante du droit : CABL ON NO, coupée en deux groupes de quatre lettres;

Tout au plus M au revers, après le nom du monétaire, pour indiquer sa fonction.

8'"« groupe : Monnaies d'argent, sans effigie ; Croix grecque d'un côté, cantonnée de points et de la légende circulaire; croix chrismée ou à six branches de l'autre.

Nous avons déterminé les groupes et leurs caractères généraux; essayons maintenant d'établir leur chronologie.

Le premier groupe est le plus ancien, c'est évident, puisque c'est le seul où nous rencontrions le type de la Victoire, héritage de la numismatique romaine, qui disparaît ensuite pour être définitivement remplacé par la croix.

Le second groupe lui succède dans l'ordre chronologique et est plus ancien que les six derniers :

i° Parce qu'il a conservé, pour quelques-unes de ses espèces, les débris de la légende VICTORIA faisant allusion au type du groupe précédent;

2" Parce que le triens de Nonnus, qui appartient à ce groupe, a de nombreux caractères de la première époque, notamment Y étoile, qui se rencontre à côté de la Victoire sur les monnaies des rois burgondes et de Théodebert I"^;

3° Parce que le triens de Priscus et Bomnolus, qui lui appartient également, porte à son revers le chiffre VIII sous les bras de la croix, chillre qui indique le poids de 8 siliques et fait allusion à la taille de 72 sols à la livre, donnant 24 siliques pour le sol; cette taille a précédé celle de 81 sols à la livre, donnant seulement 21 siliques pour le sol et 7 pour le tiers-de-sol ;

MONNAIES MEROVINGIENNES DE CHALON-SUR-SAONE. 7

4" Parce que la présence du nom de Domnittus sur des espèces de ce groupe donne à présumer que cette signature appartient au personnage que nous retrouverons comme chef d'école et fondateur du 3rae groupe ;

5° Enfm^ parce qu'il contient une monnaie du roi Glotaire, contemporaine des plus anciens spécimens des 3™^ et 4™^ groupes, comme nous le verrons quand nous étudierons son type.

Le 3°^® groupe suit immédiatement le second :

1° Parce qu'il contient la période des raisons sociales, ou associations de monétaires^ inaugurée par Priscus et Domnolus dans le second groupe ;

2° Parce que ses premiers produits sont signés d'un monétaire du 2me groupe, Domnittus;

3° Parce que les larges bustes des tiers-de-sol de Domnittus, Baudomères, Domulfus et Baio, etc. sont la continuation de ceux de Nonnus et de Priscus et Domnolus, monétaires du 2'"'' groupe ;

4° Parce que la couronne de feuillages est empruntée aux monnaies des Ostrogoths, qui sont plus anciennes, et a été transportée, dans la suite, de Châlon en Austrasie, avec la copie inconsciente des initiales CA, pour former le type messin, tandis que l'atelier de Châlon abandonnait cette couronne pour adopter le grènetis, dernier ornement circulaire des monnaies mérovingiennes conservé dans les espèces carlovingiennes et répandu sur presque tous les deniers du moyen âge.

Le 4""® groupe succède également au second sans interruption, et il est contemporain du troisième.

On ne voit d'autre manière d'exphquer ce fait qu'en admettant l'hypothèse de deux ateliers qui auraient fonctionné simultanément, chacun d'eux conservant ses traditions artistiques et son style particulier.

L'indice de non-interruption entre les groupes 2*" et 4% est ce fait que les premiers types du 4« groupe portant la signature de Wintrio et le triens de Glotaire, l'un des derniers produits du 2" groupe, sont gravés par la même main. Nous l'établirons plus loin.

Les indices de simultanéité dans l'émission des 3" et 4*^ groupes sont :

i« Ce fait désormais acquis que tous les deux ont succédé au 2' sans intervalle ;

2° Certains accidents communs aux deux groupes, des similitudes de détails accusant des émissions contemporaines, notamment les faits suivants :

Domulfus et Baio, du 3° groupe, et Wintrio^ du 4% offrent chacun au revers d'un de leurs produits le type, tout à fait insolite à Châlon, de la croix latine soudée sur une base.

Sur plusieurs coins de Wintrio (^'^ gr.) le champ du droit est orné, devant le profil, d'une petite croix latine, tandis que sur un triens de la raison sociale Baudomeres et Rignoaldus (S*" gr.) on voit à la même place un autre accessoire^ un rameau^ objet dont le sens allégorique et chrétien est bien évident.

Plusieurs monnaies de Wintrio (4® gr.) ont au revers une croix chrismée, ou plutôt une croix dont la haste porte les traces du P (pau grec); sur un de ces chrismes dégénérés, la boucle du P est tournée du côté gauche, et pareillement plusieurs monnaies du 3® groupe {Baudomères et Bignoaldus, Fraternus) ont une croix chrismée, avec la même particularité que Tune d'elle [Baudomeres) a le chrisme tourné à gauche.

Une monnaie de l'association Baudomeres et Rignoaldus (3^ groupe) remplace le nom de Châlon par celui de Baudomeres autour du buste ; et une monnaie de Tassocialion de Wintrio avec un monétaire encore inconnu (4« groupe) place de la même manière le nom de Wintrio autour du type du droit, en supprimant le nom de la ville.

Le 5*^ groupe clôt les séries de têtes de profil, est postérieur aux 3« et ¥ groupes, continue le 4% est contemporain du T avec lequel il se fusionne.

Il est postérieur aux 3^ et 4% parce qu'il résume leurs caractères et qu'il est l'expression de leur fusion.

Le raisonnement démontre que, dans la filiation des types, le grènetis est le produit de l'alliance de la couronne de feuillage et du diadème perlé. Au moment où les artistes ont voulu orner l'espace laissé libre entre la croix et la légende du revers, ils ont trouvé deux figures à leur convenance, la couronne de lauriers des anciens empereurs et le diadème de perles des empereurs contemporains. Faire à la croix une auréole de ces deux objets, c'était sans doute lui rendre hommage et affirmer son règne sur le inonde. La couronne de lauriers n'était plus, comme autrefois, la réunion de deux rameaux attachés par la partie inférieure de leur tige et courbés pour entourer la tête du triomphateur; la tradition de l'attache était perdue; il ne restait qu'un cercle feuillu absolument égal dans toutes ses parties. Le diadème, au contraire, faisait son apparition autour de la croix, et les artistes qui l'ont introduit se seraient bien gardés de négliger des détails tels que le chaton ou la

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gemme qui servait d'ornement au sommet de la tête ou d'attache au bas du diadème, et les rubans ou lemnisques destinés à relier les extrémités. Ce n'est que par l'effet de l'immobilisation et de la reproduction inintelligente que ces détails ont disparu. Pour se rapprocher de la couronne laurée, le diadème a perdu ses lemnisques et son principal ornement; en même temps la couronne laurée s'est rapprochée du diadème en changeant ses feuilles contre des perles. Qu'est-il resté? Le simple grènetis.

Parmi les monétaires du 5*^ groupe, nous signalons Fraternus, qui a d'abord appartenu au 3°, Bonefacius et Winlrio (\\\\, à vrai dire, font partie du 4^ et ne doivent pas figurer dans le 5^ La suite de notre discussion démontrera que cette raison sociale n'a eu que par accident le caractère du 5*" groupe, le grènetis, imité des monnaies du 6® groupe. Suivant de grandes probabilités, le 5*" groupe procède du 4-% dont l'officine s'est annexée préalablement l'atelier qui produisait les espèces du 3® groupe avec le monétaire Froternus, et s'est trouvée plus tard fusionnée avec celle du 7*^ groupe, sous l'administration à'Abbo.

Ce même 5*" groupe est contemporain du 7% parce que son principal monétaire^ Abbo^ fait également partie de ce dernier groupe.

Il n'est, en réalité, qu'une transition, qu'un symptôme de la tendance vers une unité de types et de fabrication qui paraît s'être accomplie sous Abbon.

Le 6^ groupe précède le 7« comme la cause précède l'effet. Ce détail de la tête de face du 7*^ groupe qui ressemble à une barbe (voy. Longperier, Catal.de la collection Rousseau, p. 43) n'est autre chose que l'immobilisation des contours d'une face bouffie, qui est remarquable sur les derniers produits du 6'' groupe; il n'est donc pas besoin d'insister sur l'ordre chronologique de ces deux groupes; mais le 6" est contemporain des 3", 4'' et 5% peut-même du 2% parce que ses premiers produits datent de la période d'émancipation du monnayage mérovingien, et continuent la tête de face des sols d'or de Théodebert.

Le 8^ groupe correspond à une période très-longue; son apparition remonte au règne de Théodebert L'% où l'on grave sur des monnaies de bronze le type qui s'est ffxé depuis sur les deniers d'argent et n'a pour ainsi dire plus été modifié jusqu'à Tavénement des Carlovingiens. On retrouve sur les monnaies de ce groupe des noms demonétairesappartenant à plusieurs des groupes précédents, notamment Mummolus, Abbo, Inportunus.

En résumé le 1'''" groupe précède les autres; le 2-, le 6^ et le 8'^ ont d'abord fonctionné simultanément, puis le 3% le ¥, le 6^ et le 8^ puis le 5% le 7" et le 8% puis le 7'^ et le 8^ seulement.

On trouvera plus loin (p. 84) un tableau qui exposera d'une manière plus claire la chronologie des divers groupes.

Nous allons maintenant examiner et décrire en détail les monnaies appartenant à chacun de nos huit groupes, en suivant, autant que possible, Tordre chronologique de leur émission.

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