VENTS
Divers vents agitent la surface du lac de NeuchÂtel : les uns sont généraux, savoir les vents d'est, du nord, d'ouest et du sud ; les autres, intermédiaires, sont plus locaux, suivant les directions que leur donnent les chaînes des montagnes ou voisines ou éloignées, dont les coupures influent sur leurs variations. Cette cause qui agit principalement sur les pointes de Test à l'ouest par le nord , fait que l'on peut en quelque sorte ranger le vrai et pur vent du nord dans la classe des vents locaux , parce qu'il a très-rarement sa direction réelle et est moins constant que les trois autres.
Le vent d'est, le plus régulier de tous, soit par son mouvement uniforme , soit par sa durée , est sec dans tous les temps, frais en été, froid en hiver et toujours sain au corps
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et fevorable aux plantes ; il dissipe les vapeurs maliaisaiites. Les mêmes propriétés appartiennent au vent du nord appelé Joran, dans ses courtes tenues. C'est ce dernier qui, passant sur le Jura auquel il parait devoir son nom , s'en précipite en quelque sorte et offre le plus de variation dans ses direc- ^ns, car il parcourt tous les points intermédiaires entre Test et Touest ; il semble prendre naissance dans le mont même, et ne se prolongée pas à une grande distance dans sa courte étendue. Irrégulier dans ses mouvemens , il souffle par raffoles; et souvent, par son impétuosité, il devient dangereux pour les nautonniers, qu'il écarte de leur route et jette quelquefois sur la côte méridionale. 11 est plus salubre venant du nord-est , que lorsqu'il se rapproche de l'ouest.
Le vent d'ouest est humide et amène ordinairement à sa suite de longues pluies, et en hiver d'abondantes neiges; mais il cesse d'être régulier lorsqu'il se combine avec le vent de nord-ouest, surtout dans les grandes chaleurs de l'été ; alors il devient dangereux pour les embarcations qu1l met en danger d'être submergées. Ces deux vents soufflant à la fois de divers points du compas , balayent la surface de l'eau , et y élèvent quelquefois des trombes. C'est moins la vague , peu considérable , qui constitue le péril , que l'action simultanée et violente de ces divers vents , qui , par les ouragans et les tempêtes qui en résultent, causent souvent aussi des ravages sur terre. Ils sont dans cette saison de peu de durée ; mais plus modérés et plus constans au printemps , ils sont alors nuisibles à la végétation par les pluies froides qu'ils occasionnent.
Le véritable vent du sud est rare et de peu de durée, mais il est malsain au corps et aux plantes ; quelquefois en été il conserve son caractère de siroco, augmente la chaleur, détruit le ressort de l'air et répand l'accablement. Mais il est vraiment funeste aux plantes, lorsque, passant sur les Alpes,
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il apporte Janr air froid et nitreux réuni à sa chalenr desséchanle; il répand alors une brûlure promple et tenace sur les plantes, surtout sur la vigne, et tout tombe, feuilles et fruit, si un vent modéré et réglé d'ouest ne survient avec une pluie douce, pour amollir les fibres des plantes, y rétablir le mouvement de la sève et y foire circuler de nouveaux sucs rafralchissans.
La navigation sur le lac , fort active auparavant pour les communications riveraines, a beaucoup diminué depuis le perfectionnement des grandes routes , quoique le commerce ait pris une grande extension. L'incertitude des momens favorables pour le départ , celle de Tarrivée, si importante dans la spéculation , les naufrages essuyés , les risques fréquens , ont fait préférer la voie par terre, plus dispendieuse mais plus sûre. Les barques sont cependant employées encore pour le transport du grain et du vin ; mais elles sont grandes et fortes , et résistent à la tempête.
Les embarcations ont le fond plat , la plage aréneuse ne permettant pas Tusage de la quille qui s'engrèverait et rendrait le débarquement impossible. Quelque avantage que Ion ait reconnu aux voiles latines, Thabitude a fait conserver une seule voile carrée, qui empêche de louvoyer, et que Ton doit abattre avec célérité lorsque le vent n'est pas direct, on qu'il est combiné avec un autre vent. Lorsqu'il y a calme plat, ces grandes barques , qui n'ont que la rame du gouvernail , marchent péniblement et lentement , ne pouvant que suivre les bords à l'aide de perches armées de pointes à crochets. Les bateaux simples ont la voile et la rame, cheminent vite, surtout ceux des pécheurs, et éprouvent rarement d'accidens, principalement ces derniers , plus légers et conduits par des nautonniers expérimentés. Les grandes barques ne sont pontées que dans une petite partie du bâtiment i c'est la chambre et la cuisine des bateliers.
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