S V. ORDRE TOSCAN
227. L'ordre Toscan est le plus simple des cinq ordres; il caractérise la force. Il doit son origine à d'anciens peuples de la Lydie qui vinrent s'établir en Toscane; les premiers temples qu'ils y bâtirent étaient de cet ordre.
On n'emploie ordinairement l'ordre toscan que pour les édifices qui exigent une très-grande apparence de solidité (*].
228. La hauteur totale de l'ordre toscan est de 22 modules 2 parties, distribués comme il suit pour les principales parties :
La colonne a de hauteur, base et chapiteau compris, sept diamètres, ou 44 modules.
La base a un demi-diamètre de hauteur, ou 1 module.
Le chapiteau a aussi en hauteur 1 module.
Le piédestal a le tiers de la hauteur de la colonne, ou 4 modules f .
L'entablement a le quart de la hauteur de la colonne, ou 3 modules 5.
229. Ajoutons à cette première série de proportions, que l'espacement entre les colonnes, ou entre-colonnement (255), est de deux fois le diamètre de la colonne, ou 4 modules ; ce qui porte à 6 modules la distance d'axe en axe. Que cette distance d'axe en axe est de 9 modules { pour le portique sans piédestaux (262); et qu'elle est de 4 2 modules | pour le portique avec piédestaux.
S VI. ORDRE DORIQUE
250. L'ordre le plus ancien est le Dorique; c'est un des trois ordres d'architecture que nous ont transmis les Grecs, celui qui offre le plus de simplicité dans ses détails et de force dans ses proportions. Il doit son nom à Dorus, roi de l'Achaïe et du Péloponèse, qui fit élever à Argos un temple dédié à Junon; l'ordonnance de ce temple, jusqu'alors inconnue, aurait pris le nom de dorique. Telle est la tradition rapportée par Vitruve(*).
(1) Exemple d'ordre toscan, à Paris: le rez-de-chaussée du palais du Luxembourg.
(2) Marcus Vitruvius Pollio^ architecte ancien, celui guenons nommons Vitrure, naquit, d*après l'opinion la plus probable, \ Formies, rille de la Gampanie, anjour-
ORDRE DORIQUE. 4 34
Parmi les plus remarquables monuments d'ordre dorique qu'on r^rouve dans l'antiquité, on peut citer le Parthénon d'Athènes ( temple dédié à Minerve), construit sous Périclès par les architectes Ictinus et Gallicratès (*), sous la direction de Phidias (*).
L'ordre dorique, imité des Grecs, ou celui modifié par les Romains, s'emploie à l'extérieur comme à l'intérieur des édifices, surtout lorsque le style de décoration doit être noble et sévère (^).
231. L'ordre dorique, d'après Vignole, a deux sortes d'entablements. Le premier, appelé mutulaire^ se rapproche du type grec; le second, nommé denticulaire ^ est une imitation du théiitre de Marcellus à Rome, construction qui date du règne d'Auguste.
252. Les mutuleSj espèces de larmiers plats (197) saillants sous la corniche, sont le signe distinctif du premier de ces entablements ; tandis que les denticuleSj espèces de dents taillées, qu'on remarque au-dessous du larmier, caractérisent le second.
La mutule est souvent appelée modillon,
255. Ce qui fait reconnaître l'entablement dorique ce sont les triglyphes qui ornent la frise, en faisant saillie. Us présentent sur leur face deux cannelures creusées en biseau et deux demicannelures dans les angles. Chacune de ces rainures est séparée par une surface plane iippelée côte,
254. Le triglyphe a de largeur 4 module et se divise en douze
d'hui Mola-di-Gaeta. 11 vécut sous le règne di'A uguste, et an coroniencement de ce règne. Il construisit la basilique de Fano.
Fort instruit , Vitruve écrivit un traité sur l'architecture qui est le seul de ce genre qui nous soit parvenu des anciens. Nous en avons une bonne traduction française par Claude Perrault, architecte, auquel on doit la colonnade du Louvre.
(1) Ictinus et Callicratès^ architectes grecs, florissaient vers le milieu du v« siècle avant Jésus- Christ. D'un commun accord, ils construisirent à Athènes le temple de Minerve , appelé Parthénon , admirable édifice qui , de nos jours , malgré sa dégradation, est encore remarquable.
(2) Phidias, sculpteur, natif d'Athènes. On cite comme un chef-d'œuvre sa célèbre statue de Minerve, placée dans le temple élevé à cette déesse. 11 fit encore le Jupiter olympien.
Ce fut lui qu'on chargea, après la bataille de Marathon, d'employer le bloc de marbre que les Perses avaient apporté, dans l'espérance de la victoire, pour élever un trophée. Il en fit une Némésis, déesse qui avait pour fonction d'humilier les hommes superbes.
(3) Exemple de dorique grec imité à Paris : la porte des ci-devant Capucins de la Ghaubsée-d'Antin, aujourd'hui lycée Bonaparte. — Exemples de dorique romain, à Paris : à l'église Saint-Gervais (ordre inférieur du portail) ; l'église Saint-Sulpice; l'église Saint-Roch ; l'église Saint-Laurent (colonnes et pilastres) ; le théâtre de l'Odéon ; le palais du Luxembourg (son second ordre) ; la Bourse (sous le portique extérieur) ; e palais de Justice.
4à« DESSIN GÉOMÉTRIQUE.
parties : on en donne deux aux cannelures du milieu , une aux deux dernières des extrémités ; les six autres parties sont pour les intervalles des cannelures.
235. Les panneaux de forme carrée qui séparent les triglyphes s'appellent métopes. Ils sont souvent lisses, quelquefois ils sont décorés de sculptures emblématiques.
236. La distribution des mutules est réglée par celle des colonnes ou des triglyphes, en sorte qu'à la ligne d'aplomb de chaque triglyphe il y a une mutule. La seule variation en ce genre est celle qui résulte du triglyphe à l'angle; et comme ce triglyphe sort un peu de la ligne d'aplomb^ la mutule subordonnée au triglyphe éprouve la même différence.
257. On désigne sous le nom de gouttes un ornement qui consiste en six petits appendices de forme cylindrique ou conique, ou pyramidale, qui est placé dans l'architrave au droit de chaque triglyphe.
238. On appelle soffite la face de dessous d'un larmier ou d'une architrave^ qui est unie ou décorée de différents ornements ou de moulures.
239. Il y a vingt cannelures à la colonne dorique; ce sont des demi-canaux sans filet de séparation, à vive arête , et pratiqués dans une forme tiès-peu concave.
On simplifie quelquefois la colonne en supprimant les cannelures, alors le Tût est lisse comme à la colonne toscane.
240. La hauteur totale de l'ordre dorique est de 25 modules |, distribués de la manière suivante :
La hauteur de la colonne, base et chapiteau compris, a de hauteur huit diamètres ou 1 6 modules.
La base a un demi-diamètre de hauteur, ou 4 module.
Le chapiteau a également 4 module.
Le piédestal égale le tiers de la hauteur de la colonne, ou 5 modules 7.
L'entablement a le quart de la hauteur de la colonne, ou 4 modules.
L'entre-colonnement simple est de deux fois et trois-quarts le diamètre de la colonne, ou 5 modules i; la distance d'axe en axe est alors de 7 modules 7.
L'écartement- d'axe en axe ou entre-axe des colonnes du portique sans piédestaux, est de 40 modules.
L'entre-axe du portique avec piédestaux, est de 15 modules.
ORDRE. IONIQUE. 433