ESCALIERS
Dans les monuments ils sont toujours en pierre dans toute leur étendue ; alors ils sont généralement supportés par des voûtes. Dans les constructions de second ordre, ils peuvent être en pierre jusqu'au premier étage, et en bois pour les étages supérieurs; on peut également les faire en fonte, particulièrement dans les théâtres. Dans les habitations particulières , ils sont entièrement en charpente , à l'exception des deux premières marches, que l'on fait ordinairement en pierre pour préserver les bois de l'humidité qui pourrait les altérer s'ils reposaient immédiatement sur le sol du rez-de-chaussée.
526. Les escaliers sont extérieurs ou intérieurs; les premiers prennent le nom d'esôaliers à perron. Ce sont ceux que l'on pratique soit en avant des édifices, soit dans les jardins pour monter aux terrasses, soit dans tout autre emplacement découvert, lorsqu'il s'agit d'établir une communication facile entre un lieu bas et un lieu élevé (*) .
Ordinairement ces escaliers sont construits en pierre et établis sur des massifs.
527. Les marches sont les degrés à l'aide desquels on monte ou on descend; les Latins les désignaient sous le nom de scalœ^ dont on a fait en français le mot escalier.
528. On appelle giron la face supérieure d'une marche, celle sur laquelle on pose le pied.
529. La contre-marche est le parement vertical des devants des marches dans un escalier en pierre; c'est aussi, dans un escalier en bois, le nom des pièces de bois qui forment ces parements.
550. On donne le nom d' emmure hement à l'étendue des marches dans le sens de leur longueur; c'est la largeur de l'escalier entre les limons et les parois de la cage.
On nomme aussi emmarchement l'assemblage d'une marche dans le limon, c'est-à-dire la quantité dont une marche pénètre dans le limon pour s'y assembler et trouver un appui.
551. La cage est, à l'intérieur d'un édifice, l'espace dans lequel est établi l'escalier.
552. Suivant la destination d'un escalier et la forme de l'espace dans lequel il est établi, il est composé de parties droites ou de parties courbes, et souvent des deux en même temps.
Les parties qui se projettent en lignes droites sur le plan se
(1) L'escalier du pavilloa central, an Gonserratoire des arts et métiers; au palais de Justice; à Té^^se Saint- Yincent-de-Paul. Ceux des terrasses des jardins des Tuileries et da Luxembourg; celai de l'Orangerie, à Versailles.
nomment volées ou rampes (i); celles qui sont courbes se nomment quartiers-tournants.
555. On désigne sous le nom é' escaliers circulaires à noyau plein les escaliers compris dans une cage cylindrique, et où les marches sont supportées, d'un côté, par le mur d'enceinte, de l'autre, par un, poteau vertical, appelé noyau, placé dans l'axe du cylindre (').
Si l'escalier est en pierre, chaque marche porte avec elle la partie correspondante du noyau. S'il est en bois, le noyau est une pièce de bois verticale qui sert de soutien commun à toutes les marches. .
554. Les limons sont les parties inclinées qui soutiennent les marches d'une rampe; les limons des quartiers-tournants sont des courbes rampantes.
Les limons sont situés du côté du centre de la cage de l'escalier ; du côté opposé, les marches sont soutenues dans les parois de la cage, ou dans des faux-limons qui font partie de ces parois.
Les limons peuvent être apparents ou à crémaillère. Dans les limons apparents, les marches viennent s'encastrer dans la paroi ou face intérieure ; dans les limons à crémaillère, les marches se profilent au pourtour, c'est-à-dire que le giron de chaque marche recouvre chaque partie horizontale de la crémaillère (fig. 9 et 10, pi. 30 de l'Atlas).
555. Quel que soit le développement d'un escalier par le moyen de ses limons, et quelle que soit l'inclinaison de ses rampes et quartiers- tournants, le limon a une épaisseur verticale et une épaisseur horizontale constantes. Le solide qu'il forme, rectiligne ou courbe, doit toujours être considéré comme engendré par un rectangle vertical (1 05) . i
556. On nomme jour de l'escalier l'espace vide qui répond au centre de la cage, et qui est, dans la projection horizontale, entouré par celle des limons.
557. On appelle ligne de foulée d'un escalier, la route que l'on suit en montant ou en descendant, et ayant une main appuyée sur la rampe ou balustrade.
Dans le tracé des escaliers étroits, la ligne de foulée est fixée au milieu de la largeur; dans un escalier ordinaire, elle est ordinairement prise à environ 0™,50 de la balustrade. On n'a égard à cette ligne que dans les partief^ tournantes.
(<) Oti donne aussi le nom de rampe à la balustrade, servant de garde-corps, sur laquelle on peut appuyer la main pour s'aider à monter ou à descendre. (2) Les escaliers des clochers des églises sont généralement oonstroits ainsi.