LE PREMIER VOLUME
N'est-il pas étonnant qu'on n'ait jamais songé qu'à l'ordre politique, tandis qu'onavait à créerpresque entièrement l'oKDBE industrisl, incomparablement plus essentiel au bonheur de l'humanilc ? Alphovsb Tauzsieb.
Avant de nous engager sur le terrain du second volume , d'aborder la constitution du Monde Sociétaire et de développer les merveilleuses harmonies des passions humaines dans leur jeu équilibré et leur essor vrai , il convient de jeter un regard en arrière , et de récapituler les vérités qui ont été déposées et démontrées dans le volume précédent. Nous devons, pour en bien comprendre les conséquences, avoir présentes à l'esprit nos prémisses : donc , procédons rapidement à l'inventaire.
Prélude. Après la déclaration du but de l'ouvrage, j'ai tracé, sous forme d'hypothèse, V Esquisse d'une société convenablement et rationnellement oi^ganisée. — A ce début , les hommes qui ne se doutent même pas de ce que c'est que le positif des choses , qui nagent dans le vague ou plutôt qui s'y noient , n'auront pas manqué de dire : « voici déjà le bout de l'utopie qui passe ! »
Ce jugement n'a rien qui doive étonner de leur part , \Ti leur profonde ignorance. Ils ne savent pas que dans les sciences exactes le procédé général de solution consiste à supposer d'abord le p7'oblème résolu. C'est ainsi que l'on pose la question, qu'on s'établit face à face avec elle, qu'on en détermine les conditions, et que l'on se
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met en mesure de dégager les inconnues du problème. C'est par cette méthode que Kepler a déterminé les trois grandes lois sur lesquelles est assise l'astronomie moderne ; c'est également par une hypothèse que Newton a débuté dans son livre des Ptnncipes mathématiques de la philosophie natwelle , où il a fondé la mécanique céleste. On en peut dire autant de Copernic pom* l'explication des mouvements apparents, de Colomb pour la découverte du nouveau continent, et en général de tous les génies qui ont ouvert une carrière quelconque à l'esprit humain.
Cette méthode, qui m'a fourni la définition nette du BUT de la Science sociale, nous a donné, indépendamment de plusieurs autres conséquences, les théorèmes suivants, savoir :
I. Que la tâche de l'Homme sur cette terre est la gérance de la surface du globe livré en propriété à l'espèce, et que cette tâche doit être accomplie par le développement de toutes les facultés individuelles, ordonnées entre elles, et convergentes au foyer général d'activité de l'espèce ;
II. Que l'Homme, par conséquent, ne peut entrer dans la voie de sa Destinée vraie qu'à la condition d'organiser une société capable de régulariser le travail humanitaire suivant les lois fixes et déterminées qui résultent de l'organisme même de la nature humaine ;
III. Que toute forme sociale dont la constitution repose sur un principe générateur du désordre , de l'anarchie , de la guerre, étant radicalement fausse, il ne s'agit point de perfectionner pareille forme sociale, mais de la remplacer par un autre , dont le mécanisme doit être déduit de la nature passionnelle de l'Homme , et appliqué aux grandes convenances humanitaires;
IV. Que la transformation sociale, quelle qu'elle soit, doit reposer en premier lieu sur une organisation harmonique de la Commune, élément alvéolaire de la société et premier atelier du travail humanitaire ;
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V. Cotte hypothèse , enfin , nous a fourni un iMint d'appui fixe pour étahUr réguhèrement la critique de la société dans la(|uelle vivent aujourd'hui les nations les plus avancées dans l'échelle du mouvement, et pour apprécier la valeur des périodes sociales qui l'ont précédée dans cette échelle. — Nous avons procédé ensuite à cette haute critique, qui s'est divisée naturellement en deux sections distinctes.
Critique. Première section. Dans la première section, prenant corps à corps la société telle qu'elle est en tait, les conditions sociales au sein desquelles agissent les peuples européens, nous avons rendu saillante et palpahle l'efirayaute quantité d'action humaine que ces fausses conditions divertissent de son véritahle et utile emploi , — qui est la création des richesses générales et des moyens du bien-être matériel et intellectuel, — soit pour l'employer à détruire, soit pour la paralyser , l'occupant à des opérations radicalement improductives. — Nous avons montré eu outre quelle quantité non moins effrayante de force est dilapidée par le fait de la nonorganisation des opérations productives.
Nous avons fait voir que cette dilapidation des forces, dérivant en principe du Morcellement de l'action humanitaire , se traduisait sous nos yeux , dans nos relations industrielles, commerciales, etc., par les grands désordres de la divergence anarchique nommée aujourd'hui libre concurrence, si niaisement prônée par les ânes savants qui, sous les bannières de la politique et de l'économisme, endoctrinent encore les gouvernements et les peuples.
Cette critique a rendu sensible à tout homme de bon sens que, relativement aux moyens d'action industrielle, aux procédés techniques dont l'humanité est aujourd'hui pourvue dans les sciences et dans les arts, la déperdition du bien-être est poussée à son maximum d'énergie , par suite du système vicieux qui régit la production, la distribution et la consommation.
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Critique. Deuxième section. Elle a été consacrée -i l'examen des différentes formes sociales. Nous avons établi d'abord la formule transcendante du Mouvement dans sa généralité universelle ; nous avons fait ensuite l'application sociale de cette formule au développement de l'Humanité postée sur un globe de l'ordre du nôtre (1).
Nous avons passé en revue les périodes successives parcourues par l'humanité sur notre globe ; nous avons décrit les principaux anneaux de la chaîne que forment ces périodes successives, et nous avons montré comment cette chaîne se prolonge dans l'avenir, en passant du mode subversif au mode harmonique. — Nous avons donné ainsi la norme du progrès et constaté que le but final ou téléologique des périodes parcourues par l'Humanité, en des lieux différents et à plusieurs reprises, était la conquête des ressources au moyen desquelles l'Humanité peut s'élever à la constitution de la forme so-
(1) Il va sans dire que cette formule générale se modifie dans toutes les appJicalions particulières. — On pourrait démontrer qu'elle contient en elle-même la loi de ses modifications , c'est-àdire toutes les Fonctions qui font varier ses applications diverses, et c'est là le caractère suprême de sa généralité.
On peut comprendre ce que j'énonce ici, en réfléchissant jque celte loi déterminant, par exemple, la hiérarchie des globes dansun tourbillon, et gouvernant aussi le système de la création sur chacun de ces globes suivant son liire et son rang dans cette hiérarchie, il en résulte que la formule générale appliquée au mouvement social de l'humanité sur un globe, contenant nécessairement une fonction du titre de ce globe et de la richesse de la création dont il a été pourvu, sera modifiée suivant cet ordre hiérarchique, suivant ce titre spécial. — Ainsi les résultats de l'application de la loi générale des Destinées au mouvement social sur les dilférents globes, pour être analogues entre eux , ne sont cependant pas identiques : et la connaissance de la loi fournit les moyens de déterminer les différences et les rapports. — C'est pour avoir ignoré cette loi générale, disons-le en passant, que nous n'avons eu, jusqu'à Fourier, que des Cosmogonies empiriques, fausses et imaginaiies, ou misérablement fragmentaires. Je ne prétends point que la Cosmogonie de Fourier soit complète, achevée et parfaite ; mais je soutiens sa donnée générale.
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ciale combinée, sociétaire ou harmonique, c'est-à-dire de la forme dans laquelle le principe d'Association remplaçant celui de Morcellement, la convergence et l'accord des forces humaines se trouvent substitués à leur divergence et à leur lutte.
J'ai terminé cette première partie en insistant sur l'époque critique où se trouve une Civilisation lorsqu'elle a atteint le point de maturité atteint par les peuples européens. J'ai fait voir , et par le témoignage des faits historiques, et plus scientifiquement encore, par l'appréciation des choses , que notre société , si elle ne passe pas à un échelon supérieur, est menacée de décadence et de chute en période inférieure ; ce qui condamnerait l'Humanité à recommencer, sur de nouveaux frais , de douloureux essais de développement (1).
(1) Si la Civilisation européenne entrait un jour en pleine décadence, à la suite de convulsions politiques et sociales, la Barbarie qui en résulterait ne serait certainement pas aussi grossière que celle qui a succédé aux Civilisations de l'Asie occidentale, de l'Egypte et de l'Empire romain. Cette différence serait due à la constitution fixe des sciences, opérée par notre Civilisation, et à I'Im- PRiMERiE, qui en a trop universalisé les documents, pour qu'ils puissent être entièrement anéantis dans la catastrophe de chute. Ainsi, ce serait à une pure invention matérielle, l'imprimerie, que l'Humanité devrait sa meilleure planche de salut. — Quant aux sublimes conceptions morales, philosophiques et spiritualistes dont nos barbouilleurs littéraires et politiques font tant de fracas , Dieu sait ce qu'elles deviendraient dans ce cataclysme. 11 est probable que les débris de ces misères serviraient à engendrer de nouvelles disputes, à raviver des fanatismes éteints, et fourniraient aux hommes de nouveaux prétextes pour ensanglanter leur terre.
Toutefois, malgré l'imprimerie et la constitution des sciences, il se pourrait bien faire que la chute en période inférieure entraînât les résultats les plus terribles, à cause de la dégradation matérielle et climatérique de la planète, dégradation bien plus avancée aujourd'hui qu'aux époques des révolutions sociales précédentes. Aussi, je ne crains pas d'exprimer ici comme mon opinion, que si la civi- Usation, s'étendant sur l'Amérique, avait alors exercé sur ce continent les déboisements et les grands ravages qu'elle a faits sur l'ancien, la vie de la planète pourrait être gravement compromise par quelques centaines d'années de perturbation. — Mais la découverte du Régime sociétaire ôte toute chance à ces événements, H 7
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Apres avoir ierminé la partie négative ou critique, nous sommes enlvéi dans la partie positive ou organique.
Organisation. Premier livre. Ce livre pose et discute l'ensemble des principes primordiaux sur lesquels doit être basée une saine Economie Sociale. Ce n'est pas arbitrairement que je me suis pris à établir d'abord les principes relatifs à la constitution industrielle et matérielle du régime sociétaire. La vie sociale, comme la vie humaine, est composée, et il est fort ridicule, dans l'ordre pratique, de s'occuper de l'âme, des jouissances du cœur et de l'esprit, avant d'avoir songé à pourvoir aux premières nécessités de la vie. Ventre affamé n'a point d'oreilles. Le spiritualisme politique qui professe le dédain de la matière ne fait preuve que d'une fondamentale inintelligence des choses.
Le fatras des doctrines philosophiques, les vanités politiques et les aberrations morales, tant anciennes que modernes, dans lesquelles l'esprit public est aujourd'hui submergé, nous ont imposé l'obligation de nous étendre longuement sur la position du problème social et sur la haute importance de la question des intérêts matériels. J'ai dû démontrer rigoureusement que tout développement des sentiments sociaux est subordonné à cette question, et que tant qu'on affecterait de la dédaigner pour se borner à la phraséologie constitutionnelle ou répubhcaine, à des déclarations des droits de l'homme et du citoyen, à des traités de morale et autres belles choses, on continuerait toujours à patauger dans ces disputes de Bas-Empire, qui feront de notre époque impuissante, verbeuse, libérale, mercantile et philantrope, une des époques les plus honteuses des mauvais temps de l'humanité.
Celte question est la pierre angulaire de la Science Sociale. Les deux premiers livres de la partie organique ont été consacrés à la poser et à lui donner ses développements élémentaires.
De quelque côté que soit attaquée la question sociale, nous avons rccoimii que l'organisation du travail en est
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le fondement véritable. Cet énoncé n'est d'ailleurs antre chose qnc la Iraduction prosaïqne de l'expression cjénérale de la Destinée terrestre de l'hoinnie; car, pour qnc l'homme accomplisse sa gérance et se pose ordonnateur, dominateur et roi sur son globe, il faut qu'il organise tontes SCS puissances, qu'il dirige leur action unitaire et cond)inée sur son œuvre, en un mot, qu'il organise la grande industrie humanitaire.
Et si l'on voulait faire ici une mauvaise dissertation de scepticisme et d'athéisme dans le but de nier qu'il y ait une Destinée préétablie pour l'homme, je me contenterais de répondre : Que si r homme n'a pas reçu mission de gouverner le globe, s'il n'a pas été préposé à cette tâche par PRÉVOYANCE DIVINE, il faut qu'il prenne, lui , cette tâche par prévoyance huîmaine. — Qu'a-t-il à faire de mieux sur la terre que d'y établir l'ordre, la paix et le bonheur? et comment ces résultats seraientils atteints autrement que par la coordination des facultés et des forces humaines daus un grand système d'activité capable de créer d'abondantes richesses , et l'accord universel ?
Les abeilles présentent dans leurs ruches des modèles d'ordre, de travail combiné et d'harmonie. Or, dès les premiers jours de juillet, quand les fleurs deviennent rares dans la campagne, on voit les ruches qui ont négligé de faire des provisions suffisantes, se livrer d'effrayants combats ; et quand toutes leurs provisions sont dissipées, elles font invasion chez les voisines. A cette époque encore, les guêpes et les frelons, qui vivent sans prévoyance, au jour le jour, et qui jusque-là avaient trouvé pâture dans les champs en respectant les ruches, commencent à les attaquer et à exercer le brigandage. C'est ici de l'histoire naturelle aussi vraie pour les hommes que pour les abeilles. Pour que les abeilles vivent en paix et en bonne harmonie, il faut qu'elles fassent du miel, et non pas qu'elles passent le printemps à écouter des sermons et des radotages dans lesquels on leur dirait de mépriser les in-
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térêts matériels, les fleurs et les richesses, et de se résigner aux sacrifices. Les plus belles prédications de morale et de charité, dans leurs ruches comme dans nos sociétés, se termineraient par la discorde et la guerre. — Donc le problème social qu'il faut résoudre doit s'énoncer ainsi dans toute sa généralité :
Organiser le système de V activité humaine sur le globe, de telle sorte que son effet utile soit le plus grand possible ; c'est-à-dire de telle sorte qu'il y ait unité d'action, convergence de toutes les forces, et que le mode de travail soit en consonnance avec les penchants natifs de l'homme, qu'il les développe, les utilise, les satisfasse, et par conséquent les légitime : — de telle sorte encore que les produits de la synergie des efforts humains soient répartis à tous les individus proportionnellement au concours de leur action individuelle dans l'action générale.
A ces conditions, vous aurez des hommes naturellement disposés à s'unir les uns les autres par toutes les affections que Dieu a déposées dans leurs cœurs, au lieu de bêtes féroces toujours prêtes à se dévorer, parce que la pâture est insuffisante.
Et alors, s'il y a des passions radicalement mauvaises dans l'homme, si Dieu a mal fait l'homme, alors, moralistes et prêtres du dogme ancien, vous serez en droit de corriger l'ouvrage de Dieuj et vous aurez certainement alors moins de peine qu'aujourd'hui pour obtenir d'infiniment meilleurs résultats. — Nous composons avec vous de bonne grâce.
Après avoir établi, au premier volume, les principes rigoureux et positifs que nous venons de rappeler brièvement, nous avons reconnu que la grande question de l'organisation du travail social se résolvait en premier lieu dans celle de l'organisation de l'ateher primaire, de l'alvéole, de la Commune.
Nous avons constaté que, des deux procédés contraires sur lesquels peut reposer le système d'action humaine dans la Commune, l'un, celui de MorceUenieut, ne pro-
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duit que déperdition des forces, frottements, misère, lutte des intérêts, choc des passions, désordre général -, — tandis que l'autre, celui d'Association, a puissance de réunir les forces en faisceau convergent, de les utiliser toutes, de les multiplier les unes par les autres, de créer l'ordre et les richesses, et d'omTir à l'humanité les belles routes de l'avenir.
Organisation. Deuxième livide. Optant pour le principe d'Association, nous avons décrit le dispositif matériel des Phalanges. Toutes les dispositions industrielles, architectoniques et agricoles exposées dans ce livre n'ont été rien autre chose que la corporisation du principe d'Association, l'expression des convenances prises dans la nature des choses, et des grandes convenances primordiales données par l'essence même de l'organisme humain.
Et maintenant nous voici arrivés en un lieu d'où nous apercevons les terres harmoniennes. Les villages civilisés, aux chaumières misérables, aux masures délabrées, ont disparu avec tous les aspects révoltants et toutes les hideurs auxquels le Morcellement s'accouplait. Les campagnes sont riches et plantureuses^ les Phalanstères qui surgissent dans les plaines et les vallées , aux penchants des montagnes, aux confluents des rivières, font d'élégantes et nobles demeures à des populations aisées, instruites, laborieuses et vivant en joie. Ce sont là des hommes, et non plus des brutes à figure humaine : et cela, — d'abord et avant tout, — parce que la misère a été chassée du monde, parce qu'il ne lui est plus permis de dégrader, d'abrutir et d'avilir la créature faite à l'image de Dieu.
Or ici, moi qui ai pris pour tâche de conduire des Ci- AiUsés dans ce monde inconnu, plus vrai que le monde réel, je serais bien porté à décrire et à dire : voyez. — Mais chacun ne verrait pas, et beaucoup se prendraient à repousser les tableaux avec dérision, en écrivant au dos : utopie! rêves! fantasmagories! pure illusion!... car ces
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tableaux auraient beau être la conséquence logique de principes rigoureusement démontrés^ la transition serait trop brusque, et trop grand l'espace entre les conséquences et les principes. Donc allons encore pas à pas, raisonnons, prouvons, démontrons toujours ; plus tard, nous regarderons et nous verrons. Ainsi, au lieu de présenter au lecteur un panorama barmouien, nous allons d'abord construire logiquement et naturellement les pièces de l'organisation industrielle et sociale d'une Phalange.
Déjà nous en connaissons les dispositions matérielles. Supposons un moment qu'elles sont réalisées quelque part, que le milieu est créé ; qu'un Phalanstère est habité par une population de trois à quatre cents familles inégales; que les capitaux engagés dans l'Association, les terres, toutes les richesses enfin ont été représentés par des actions dont sont nantis les sociétaires, chacun dans la proportion des avances par lui faites ; et examinons comment, dans ce milieu ainsi préparé, nos dix-huit cents ou deux mille sociétaires, d'âges, de sexes, de fortunes et de caractères différents, se disposeraient à exploiter leur domaine unitaire.
Si vous voulez être bien chaussé, vous faites prendre mesure à votre pied ; si vous voulez être habillé convenablement, vous faites prendre mesure à votre corps ; si vous voulez bien dormir, vous faites faire votre lit à votre convenance. Donc si vous voulez que notre population phalanstérienne travaille bien et gaiement, il ne faut pas lui imposer une méthode de travail contrariant et froissant ses penchants et ses goûts ; il faut au contraire en adopter une qui se pUe et s'adapte en tous points à leurs exigences. Ainsi, la loi d'organisation des travaux dans la Phalange doit être coxfor3Ie aux attractions