COMPARAISON DES RÉSULTATS
Et quand vous ùles tout de bainc ou d apatbic , s'il n'y avait pas à d/'Iivrer des anges sur celte terre malheureuse , ce serait justice de vous y laisser avec ceux que TOUS uc savez ui améliorer ni aimer.
ClABISSE VlCOlBECX.
Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps aux deux premiers ordres de la Basse-Enfance j où l'éducation , purement matérielle, se borne à une culture toute sensitive. Nous donnons une esquisse et non un traité d'éducation; nous nous contentons de montrer que l'éducation si ingrate de ce premier âge , se prête comme toute autre fonction à l'application du procédé sériaire ; et puis , nous ne pourrions pas décrire tous les détails , tous les moyens ingénieux, toutes les inventions heureuses que l'on admirera dans les Séristères de l'enfance, par la raison que nous ne pouvons pas prévoir tout ce que les Groupes et Séries de Bonnes créeront et perfectionneront chaque jour. Le rôle de la théorie est d'établir les conditions justes : les effets harmoniques se développent d'eux-mêmes sous le régime générateur de l'Harmonie; ici comme toujours l'ordre sériaire n'est que l'expression des convenances de nature.
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Les convenances de nature ne veulent pas que l'enfant soit tenu isolément; méthode qui exige une femme par enfant, souvent deux, la mère et la bonne , et qui prive l'enfant des distractions dont il a besoin. Ces convenances repoussent de même le pêle-mêle des âges et des caractères. La différence des natures exigeant la différence des milieux et des régimes , il faut nécessairement avoir recours aux catégories sériaires pour mettre les choses en rapport avec les convenances naturelles ; cela fait , le bien vient de soi-même. — Si l'on se tient en dehors de ces convenances, le milieu est faux , l'institution est fausse, les enfans souffrent, ceux qui les soignent souffrent, les parens souffrent, et tout va mal, avec beaucoup de peine, et les enfans ne sont pas élevés, ou sont mal élevés. — Voyez seulement aux Tuileries, par un beau jour, les groupes de ces enfans au bourrelet, qui s'approchent les uns des autres, se tendent leurs petits bras, et s'amusent de leurs joujoux, du sable, des cailloux, des fleurs. Ces enfans ont un air de contentement et de joie ; ils s'animent de la gaieté bruyante des groupes de petites filles et de petits garçons qui courent, sautent, dansent à la corde , conduisent leurs cerceaux et s'épanouissent en mille jeux. Qui peut nier qu'en ce moment ces frêles créatures n'aspirent, avec l'air.
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de la sanlé, de la force eî. du bonheur? — Deux heures plus tard, quand ces poupons seront séparés et ramenés chez leurs parens, ils pleureront , crieront à merci et désoleront la maison. Certes, ils ne seront plus dans des conditions de santé, de force et de bonheur: leurs larmes , leurs cris acharnés ne le prouvent que trop.
Il faut à nos enfans des compagnies assorties et variées , des distractions , une atmosphère de joie, des soins intelligens et dévoués, un développement doux et facile. 11 leur faut les Bonnes, les grands Séristères , et les joyeux jardins des Phalanges ! toutes les mères comprennent ceci. C'est pour leurs enfans la santé , la vie forte et le bonheur, dès l'âge où chez nous ils pleurent, souffrent et font souffrir, où leur santé s'altère et se flétrît; dès l'âge où il en meurt tant dans les bras des pauvres mères....
Jusqu'ici nous n'avions fait que développer au point de vue théorique le mécanisme sériaire et ses résultats généraux. Voici la première application spéciale du procédé, son premier emploi sur un détail déterminé, sur un service, sur un service de première importance par son objet, mais des plus pénibles , des plus difficiles , des plus ingrats par ses exigences , — l'éducation
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des deux premiers ordres de Basse -Enfance, Or, que pensez-vous du résultat? que pourriezvous désirer, que pourriez-vous imaginer de mieux? je vous suppose tout-puissant, je suppose que vous allez être obéi par enchantement, que vous n'avez qu'un mot à dire pour que l'on se conforme à votre volonté autour de vous. Qu'ordonnerez-vous de mieux pour l'éducation de la Basse-Enfance? Est-il un système, une méthode, une combinaison plus heureuse , plus souhaitable? — Non, n'est-ce pas, non, de bonne foi, non.
Eh bien ! cette combinaison si belle , si bonne, si intelligente, cette combinaison qu'il faudrait réaliser par des sacrifices, par des réglemens , par des lois, cette institution qu'il faudrait construire à grandes peines, — elle se réalise spontanément, elle se construit d'elle-même , tous ces élémens viennent volontairement se mettre à leur place, au sein des conditions harmoniennes ! qui contestera l'amour des femmes de la Phalange pour les enfans de la Phalange ? pour leurs enfans, pour les enfans de leurs sœurs , de leurs frères, de leurs amis, de leurs amies, de tous les êtres pour qui elles sont passionnées à un titre quelconque ?
Refusera-t-on que le cœur de la femme est
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attiré par un doax et divin magnétisme vers toute douleur pour la calmer, vers toute faiblesse pour la secourir? est-ce que le cœur de la femme ne la mène pas près du berceau de l'enfant qui pleure, près du fauteuil du vieillard, au chevet de tous les malades, « des malades qu'elles touchent sans les blesser? » Qui oserait dire que les petits enfans courraient risque d'être abandonnés, pleurans et malades , et leurs salles désertées par les femmes de la Phalange, parce que le service de ces enfans est devenu un service intelligent , noble, libre et pieux, au lieu d'être un service inintelligent de domesticité salariée , et salariée d'un misérable salaire? Dirait-on encore que les pères de la Phalange, que la Phalange tout entière refusera d'environner de tous les honneurs qu'elle mérite, cette noble et dévouée corporation de la maternité? celte Providence vivante qui veille sur le berceau des générations^ et dont l'œil ne.se ferme pas? Non, on ne le dira pas ; non, on ne calomniera pas, on ne blasphémera pas ; — et nous disons ce dernier mot , parce que calomnier le cœur de la femme et l'esprit de l'humanité, est le plus grand de tous les blasphèmes (i).
(i) Mille autres usages aussi étrangers à nos mœurs ont été conserve's dans le Léonais. Quand une femme devient mère, du pain blanc et du vin chaud sont envoyés de sa part à toutes les
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Comparons les choses :
Aujourd'hui, nous avons des enfans, et en grand nombre , abandonnés par leurs pauvres mères , des enfans laissés là , exposés ; il nous faut des tours et des hospices d'enfans-trouvés pour les recevoir, pour qu'ils ne meurent pas sur nos routes , sur le pavé de nos rues. — En Harmonie , un enfant serait sansparens, il sortirait
femmes enceintes du voisinage. Cest à la fois une annonce et un souhait d^heureusri délivrance : c'est un repas de communion entre la jeune épouse devenue mère, et celles qui attendent ce doux nom. Du reste , la naissance est un événement religieux et solennel , entouré de mille détails touchans. L'accouchée a autour d'elle toutes les jeunes mères du voisinage; chacune sollicite comme une grâce la faveur de présenter la première son sein au nouveau né; car, à leurs yeux, l'enfant qui vient de voir le jour, est un ange qui arrive du ciel; les lèvres innocentes sanctifient le sein qu'elles pressent pour la première fois et portent bonheur ! Cette croyance est si vive, que le nouveau-né passe de bras en bras, et ne retourne sur le sein de celle qui lui a donné le jour, qu'après avoir trouvé autant de mères qu'il y a de jeunes épouses. Si par malheur la mort lui enlève sa mère véritable, ne craignez pas qu'il reste sans appui. Le recteur de la paroisse vient près de son berceau, que les femmes entourent silencieusement, et prend l'enfant dans ses bras, et choisissant parmi les mères qui sont là devant lui celle qui lui paraît la plus digne de ce dépôt précieux :
— Tenez, lui dit-il, voilà un fils que Dieu vous donne !
— Merci! dit la pauvre femme; et elle emporte l'enfant dans ses bras.
Parfois, cependant, lorsque les voisines de la morte sont trop misérables pour qu'aucune d'elles se charge seule du nouveau né, il leur reste en commun, et comme une propriété indivise.
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tout nu de teri'e , qu'il n'en sérail pas moins assuré de soins aussi dévoués , aussi tendres que tous ceux qui ont des mères. En Civilisation, vous voyez des enfans perdant leurs mères, des mères perdant leurs enfans ; — dans les Phalanges , l'enfant qui n'aurait pas de mère trouverait des mères , et la femme à qui la nature refuse des enfans trouverait aussi des enfans.
Chez nous, les enfans des classes les plus nom- Une d'elles le loge, mais chacune a son heure pour le soigner, lui donner son lait. Nous avons vu de ces femmes qui se levaient la nuit pour aller à des dislances assez grandes payer ainsi leur impôt de mère , et jamais une plainte n'est venue frapper nos oreilles.
A Saint-Pol, les nourrices ne commencent jamais à soigner un enfant sans faire le signe de la croix, et elles arrosent d'eau be'nite les langes dont elles l'enveloppent.
Du reste , l'espèce de sainteté et de respect dont les nations sauvages entourent l'enfance, existe aussi dans le Léonais. Nul ne passera près d'une femme tenant un nourrisson sur ses genoux , sans lui dire avec une inclination de lête amicale :
— Dieu vous bénisse !
Si vous négligez cette salutation bienveillante , la mère vous suivra d'un regard inquiet, car vous avez jeté' un maui^ais œil sur son enfant ; et il n'y a que les amis du de'mon , disent les femmes des campagnes, qui passent devant une nourrice sans lui souhaiter la bëne'diclion du ciel. Les haines les plus envenimées se taisent c'galement à la vue d'un faible enfant. Il suflit qu'un homme porte son fils dans ses bras pour arrêter le pen-^as (i) de son plus implacable ennemi....
(Emile Souyestre, Les Derniers Bretons. )
(i) BMon à tête.
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breuses sont, dès leur naissance, abandonnés aux plus tristes conditions de développement; ceux même des classes riches, sont loin d'être placés dans des conditions heureuses; aussi la maladie et la mort exercent sur nos enfans de furieux ravages. — En Harmonie, les choses sont telles que des mères de R.ois ne pourraient pas réaliser chez elles, pour leur nourrissons ro3^aux , ce qui est réalisé dans la Phalange pour TOUS les enfans de la Phalange. — Au service de notre domesticité salariée, inintelligente et dont le caractère étouffe la dignité humaine, vous avez substitué un service intelligent, corporatif, et noble jusqu'à la religiosité !
Enfin , si vous calculez les dépenses d'argent , de peines , de temps , que coûte la pitoyable administration de la Basse-Enfance dans la société actuelle , vous voyez la combinaison sociétaire , qui produit de si bons fruits , réduire ses dépenses en proportion même de l'excellence de ses fruits !
Mais continuons notre étude; suivons nos enfans après leur sortie du berceau, et voyons sous quelles heureuses influences ils vont faire leurs premiers pas dans la vie active et intelligente.