HARMONIE. LIV. III. CH. VII
donner sur les évolutions. Leur enthousiasme croîtra encore si on ajoute costume et attirail, si on leur donne de petits bonnets de grenadiers, petits surplis pour la procession , petits chalumeaux pour les figures chorégraphiques. •
Il n'est personne qui n'ait vu , aux approches de la Fête-Dieu , la preuve de cette inQuence des manœuvres mesurées sur l'enfance. Fleuristes et Thuriféraires sont ardens aux exercices préparatoires ; quinze jours à l'avance ils apprennent et répètent avec passion, chaque soir, les nombreuses figures qu'ils exécuteront avec tant de charme, lors de la cérémonie sainte. Les derniers jours» ils vont aux fleurs^ ils se répandent dans les prairies, comme un essaim d'abeilles, et cueillent à Tenvi les marguerites aux blanches pétales, les roses sauvages, les coquelicots et les bluets dans les blés , les fleurs du caille-lait , de la nielle , et de l'esparcette , les jolis bouquets bleus des myosotis, et toutes les autres. Que le jour soit beau , maintenant, pour cette belle fôte antique, la plus religieuse fête du christianisme, et vous verrez les Chœurs des jeunes lévites faire au Saint-Sacrement un digne cortège ! Les femmes et les jeunes filles accompagnent les bannières et jettent dans l'air les brillantes notes de leurs voix pieuses ; les prêtres, dans leurs plus riches orne-
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mens, eotourent le dais sacre, qui avance avec lenteur et majesté dans les rues toutes pavoisées de branches vertes et de fraîches feuillées ; la foule se découvre et s agenouille sur son passage, et quand il s'arrête, à intervalles réglés, les chants cessent, tout fait silence, et les jeunes Chœurs de Thuriféraires et de Fleuristes entrelacent alors autour de lui les mouvemens mesurés de leurs évolutions, croisent sur lui, en cadence, leur encens et leurs fleurs.
Remarquez que cette belle fête vous donne seule, aujourd'hui, l'idée de la Série de parade, en échelle des âges. Tous les âges et tous les sexes sont représentés. Les femmes et les jeunes filles chantent les airs brillans des cantiques ; les hommes chantant les notes plus graves de la liturgie chrétienne ; les adolescents jettent l'encens dans l'air, et les enfans jettent les fleurs. Les âges complémentaires y assistent aussi ; car les mères mènent par la main , dans la procession, les enfans trop jeunes pour figurer dans les Chœurs; et ces enfans, en lévite blanche aussi, puisent aussi dans leur corbeille de fleurs suspendue à leur cou par un ruban rose, et jettent aussi des fleurs quand ils voient les Chœurs en jeter. Le Poupon lui-même intervient dans cette belle fête , en petit St. Jean-Baptiste, vêtu d'une peau de mou-
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ton enrubanëe, et porté 8ur les bras de sa nourrice. Et tous les ftges , tons les sexes , tons les mouvemens et toutes les voix se composent en un tout unitaire, et manœuvrent sur un Pivot, le Saint-Sacrement et son collège de prêtres , le Saint-Sacrement qui brille au centre du cortège, comme un soleil au centre de son tourbillon.
Oh ! c'est dans les Phalanges qu'il faudra voir cette fête ! Les harmonies des sexes et des âges sont bien autrement nombreuses, bien autrement graduées , niesurées et cadencées dans la moindre Phalange, que dans les plus magniBques processions des cathédrales de nos grandes villes! les accords bien autrement pleins, variés et brillans! — Les hommes, les femmes et les jeunes filles, qui ne font qu'assister à nos processions, figurent dans les cérémonies religieuses des Pha* langes. Les Chœurs au-dessous de la puberté donnent à eux seuls douze douzaines ou i/|4 figurans , ainsi prélevés :
TBcrnirimAniBs. vLsciiitTBa.
( Gardons. ; ( Jeunet Filles. )
la Chérubins. la Chérdbines.
16 Séraphins. 16 Séraphines.
20 Lycéens. 20 Lycéennes.
24 Gymnasicns. 24 Gymnasicnncs.
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Les Tribus plus jeunes apportent des recrues pour les emplois accessoires ; et les Tribus supérieures pour les autres fonctions religieuses de l'<i cérémonie.
Représentez-vous donc celte fêle splendide , où les trente-deux Chœurs de la Phalange offrent chacun son contingent à la milice sainte > où les Phalanges déploient tous leurs luxes' de décorations et de costumes, toutes leurs magnificences d'ornemens et de bannières, toutes leurs puissances d'instrumentation et de voix harmonieusement mariées, toute leur science d'évolutions et de manœuvres! Représentez -vous la Fête- Dieu ainsi célébrée le même jour sur toute la terre, l'encens, les fleurs, les hymnes elles cantiques montant au ciel de tous les points du Globe ! le Globe entier, d'un pôle à l'autre, pavoisé de sa grande humanité, mariant toutes ses voix, ralliant ses peuples et ses races en un immense accord, en un seul hymne chanté dans la même langue, la langue d'amour et de bonheur, la langue de Dieu, la seule langue qu'il aime et qu'il entende.... Ah! c'est à ravirl'âme au ciel, cars! vous voyiez aujourd'hui dans un rêve apocalyptique les Phalanges et les Jérusalem de la Terre de l'avenir, vous croiriez que les Phalanges et les Jérusalem, célestes sont deacei^dMes d'en-haut sur