‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 75 sur 134 · L'EDUCATION · texte numérisé non relu

L'EDUCATION

ARGVIIEltT.

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Par c«la muI ^11 ciisla, rhonmt • lent Im dxoils qiaiM«oalMtdBMl4aM««iiiltM«.

e'têt-iSn teat erim dont il • bnohi ponr ntra <l*an« minier» nntbtm» i «• natauw.

Ci'lST ici que nous aurions encore un compte à régler avec la GiTilisaiion ; car, ici, elle est en «i flagrant délit d'absurdité et de xnaliaisance, que les Civilisés eux-mêmes n'ont qu'une voix pour l'accuser.

C!hex nous, d'abord, l'éducation est une sxcK^ïiOH. Sur trente-trois millions d'individus que •contient la Franee, il y en a certes vingt-huR jHtfUictDSy au moina, qui n'ont pas refu.ce iqm

JdG h EDUCATION.

Ion appelle Téducation. — Dans celte société-ci , vît qui peut, é\è.ft ses cnfaas qui peut. Elever les enfansy c'est la tâche de ceux qui les font; la société ne s'inquîcte pas de saToir si ceux qui ont pu les faire 9 pourront les élever. — Seulement, elle a semé en quelques villes, çà et là sur le grand territoire de France, un certain nombre d'hospices d'enfans trouvés : encore nos savans économistes ont-ils récemment reconnu que cette ombre de prévoyaace socide est mauvaise et funeste chose, que cela augmente le nombre des enfans naturels. Ils prêchent maintenant pour que Ton ferme les portes de ces hospices. Il y aura alors, année commune, moins d'enfans naturels et plus d'infanticides; ce qui constitue un double avantage, — vu les dangers de Taccroissenient de population, contre lesquels ils ont encore les belles recommandations de prudence que vous savez. Donc , que Ton ferme les hospices pour les enfans, et que l'on élargisse les prisons pour les mères..., la morale y ga** gnera, et le bourreau aussi.

Mais je disais qu'eu pleine Civilisation et sur toute la surface de la belle France, l'éducation, — ce que Ion appelle éducation, — est un privilège uniquement réservé aux enfans des fajQ^Hes riches ou aisées : les aulres, *^ vJii§l4hiHt

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luillions d*iudividiis sur trenle-tiois, — sout dépourvus de toute cuhure. Des populations entières » afujMin de la France, ne vous présenteraient sous ce rtipport aWuD irait de différence avec n 'importe qiiellé populalion barbare.

Que dites-vous de ce résultat , de ce fait de brutale statistique? Gela vous setnble-t-il dans Tordre de ce qui doit être? Une société dans laquelle les humains que Ton élève sont en proportion seulement de cinq- sur trente'<leux ! Et encore cette éducation exceptionnelle n est-elle pas un fait d'institution sociale; c'est un fait purement familial. La loi qui exige que le. père donne à son fils sa fortune, n'exige pas qu'il lui donne l'éducation.

Quand vous méditez avec le sentiment du bon et du vrai, quand vous rôvez ce que devrait être une société humaine , je vous le demande , Timage évoquée par ce sentiment du bon et du. vrai 9 — qui est le meilleur juge de tous les deux, — n'est-ce pas celle d'une mère tendre et prévoyante, qui, à toute la sollicitude de la maternité, joindratt la puissance et la vaste intelligence dont Dieu n'a pas fait l'apanage de l'individu, mais de l'espèce; d'une mère qui aurait pour tous ses eufans le lait de ses mamelles, de douces

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caresses, des soins, des secours; qui donnerait à tous, avec amour, aide et protection; qui tous les élèverait, les exercerait, les développerait dans le sens de leurs désirs et de leurs facultés; qui les doterait tous, qui les placerait tous, qui les bénirait tous?...

Oh! la société d'aujourd'hui n'est pas cette mère tendre, bonne, intelligente, prévoyante et secourable! La société d'aujourd'hui, c'est une méchante marâtre, sans cœur et sans entrailles, qui a bien quelques sourires pour un petit nombre de riches, de fainéans et de fripons, mais qui chasse du pied et maudit les grandes légions de ses enfans pauvres , dont les mains sont calleuses, dont le corps se courbe au dur travail. Elle ne leur parle, à ceux-là, que pour leur demander argent, sueurs, sang. Quand sonne pour eux l'âge de vingt ans, elle prend les plus forts, les plus grands, les plus robustes, les mieux venus; elle leur apprend à marcher en ligne sur trois de profondeur, et à se présenter régulièrement à la gueule des canons chargés à mitraille. Yoiià la seule éducation dont la société fasse positivement son affaire à l'égard des masses, en tout pays civilisé.

Et puis, à ces pauvres malheureux parias, ton-

ARGUMENT. SSg

dus, écorchés, tués comme des bétes de somme ou de boucherie , on parie du respect qu'ils dovvent à la sociélé , de Tamour qu'ils doivent à la patrie. On leur parie bien aussi, par Dieu! de l 'amour de la gloire. ... et c'est avec cela qu'on les fait se ruer par masses compactes sur des. redoutes garnies, sur des batteries serrées ; et quand ils se sont fait hacher au nom de la gloire, on îette tètes, troncs, bras et jambes, des blessés a?ec des morts, tout pêle-mêle, dans les grandes fosses. On recouvre de terre, et c'est fini.... Oui, toute cette morale de devoirs, d'amour de la patrie 9 de respect à la société, d'amour de la gloire ; toutes ces saintes cordes du cœur huQiain, servant aux classes qui exploitent à entortiller lâchement leurs victimes, tout cela, pour qui scrute et voit à nu les choses, est bien odieux et bien infâme. C'est un grand abusement à la fois et un grand sacrilège; et ce serait une fière journée que celle où les masses viendraient à comprendre ce qu'il y a de peu respectable et de peu sacré dans tout ce qu'on les a depuis, long-temps façonnées à vénérer....

Je sais bien que cette expression nue et crue de la vérité soulèvera la colère des hommes méchans qui exploitent avec connaissance de cause , aussi bien que celle des niais qui ont encore

â6o L'iDUcàTioir. iMOMBiir.

daas les oreilles les ditocMM» et lean nounicef et de leurs grend'^nièfes; miis qn'y fiure? Il (àu/t les laisser accnser et crier eoatre les norateiin» qai ne lenr parlent pas d'aillenrs d'aller à TAssociation par les rérolntions , mais bien leor prédisent les réToIntions, slU n'arrirent pas à l'Association : -*• ce qai sera pure justice.

La première eoncfition pour qoe-Ia aodété ait le droit de réclamer de llndi?idu amonr et respect, c'est d'abord qu'elle ae soit mise en frais d'éducation pour lui. Une mire <pi abaadonne son enfant 9 n'a pas droit à l'amour do son enfant; elle a droit à sa baine»

La socniiÉ doit l^ducahom a L'iHDinmi.

Et maintenant y que doit èlre l'édacation?

HAAMONIE.

L'dlNICATKm, - SDBVmSIVB BT BABMONIQDB.

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