UARMONIS. LIV. UI. GH. I
S. II
Ceux qui , cAmaM ntMrt iM«gc porte , wlTCfnMiait d*aDc mMiiM leçon «i pardllc oMonn 4c«ob4oHc, réfSDtcr pbineun cipritt de fi dhrwiio ■■wwi ti fermct : ce n'est poi mcrreile, ii on toot on pei^ d'enfuM , ik en rencontrent à poioe dea ea trait , qui rapportent quelque inctc frolet de leur fiiet< plin«. .MoiTTiMn.
Que faitcs-?ous des corps? Que faites-vous des âmes? Que faites-vous des intelligences? — Il faut développer» exercer, suivre les vocations et les attraits naturels , caresser les forces et les facultés naissantes.... que faites-vous? Dans vos institutions, où Ton vous jette par fournée la jeunesse à élever, vous avez une règle qui est la même pour tous, qui ne fait nulle acception des natures, des forces, des caractères. Vous attelez brutalement toutes ces intelligences à la même tâche; vous faites marcher du même pas les longues jambes et les jambes courtes. Ceux qui lisent deux fois leur leçon et la savent parce qu'ils ont la mémoire facile, sont récompensés; et, à côté, ceux qui Font étudiée trois heures et ne la savent pas, vous les accablez de punitions et de dures paroles; vous leur dites qu'ils sont des paresseux et des lâches ; vous flétrissez leur âme par des injures gui sont très-admissibles et qu'on
ne réprouve pasj pour ce qu'elles sont adre$tée$ par de$ hommeê à des enfan$ !
En admettant^ — ce qui est certes bien contraire à la raison ^ — que toutes ces sottises , enseignées aux enfans et aux jeunes gens à si grandes doses d'ennui , de peines, de punitionr cruelles et abrutissantes, dans les classes, soient des choses utiles et qu'il importe de leur apprendre , est-ce que ces procédés de l'enseignement ne sont pas dés monstruosités flagrantes? Cette odieuse égalité de règle, de régiioie et* de tâche, ce mépiris des natures individuelles, ne constituent-ils pas une énormité qui stigmatise de la manière la plus éclatante nos ' procédés d'éducation? C'est au dix-neuvième liiècle, si fanfaron et si vantard, que le procédé d'éducation, poiir ceux' qui peuvent avoir part à ce bienfait, coiisiste à les priver de leiir liberté, à lés enfermer dans des prisons jusqu'à seise, dix-hnit, vingt-ans; à les contrarier, à les tourmenter de mille manières, jour par jour, pendant les plus belles et les plus ardentes journées dé leur vie , et tout cela, pourquoi? — Pour leur meubler la tète d'une foule de bêtises quils s'empresseipont bientôt d'oublier, et dont il ne leur restera, après six semaines de vie dans le monde, qu'on profond mépris , bien mérité , pour les dogtnas,
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les maximes I les préceptes et les mœora de ces personnages des vieilles sociétés qu'on leur a si ridiculement présentés pour modèles , à eux qui doivent vivre dans la France que vous coniiaisses.
Et cette éducation, je ne saurais trop le redire y n'a qu'une règle brutale pour toutes les natures; même ration pour tptts les estomacs, même ration pour toutes les mémoires , même ration pour toutes les intelligences , mêmes études, mêmes travaux. Oh! cela est prodigieux ! Mais quel est donc l'éducateur de chieos qui ait la même règle pour ses chiens d'arrêt, ses lévriers, ses chiens courans , ses épagneuls ei èet dogues de garde ? lequel exige de ces espèces diverses des services identiques P Où est le jardinier si rustrç, qu'il ne sache, en élevant ses plantes, donner à celles-ci plus d'ombre, à oelles4à plus de soleil, à celles-ci plus d'air, à celles-4à pins d'eau? En est-il un qui attache à toutes les mêmes tuteurs et les mêmes liens, qui les taille toutes de la même façon et aux mêmes époques , qui ente la même greffe sur tous les sauvageons? •-^ La nature humaine ne vous semble donc pas valoir la nature végétale ou la nature animale , que vous faites moins de façon pour élever des pauvres eofans que pour élever des épinards . des laitues et des chiens ?
Voyez ces enfans qu'on amène dans les collèges; ils diffèrent à mille titres. Céux-«i sont colorés, bruns, sanguins ; ils ont du yif-argen( dans les veines, des ressorts d'acier tendus dans les membres ; c'est le mouvement , la pétulance : d'autres ont de grands fronts mélancoliques , et des yeux noirs qui rêvent^ — natures d'artistes, gravitant instinctivement vers les régions vagues et inconnues de la poésie ; leurs longs regards s'élèvent et nagent dans les domaines'de l'imagination et de l'intelligence; ils sont de la £imille du bel enfant anglais de Lawrence : — là, vous avez les cheveux forts et crépus, les fortes volontés , les tempéramens bilieux , les âmes vigoureuses et trempées dur, dans, des corps qui déjà accusent des formes rudes et carrées : et à -côté 9 les blonds rosés , aux yeux bleus et doux, petits garçons timides et féminins, frêles et délicats, aux formes rondes et molles, pleins de gentillesse,- et tout semblables aux jolies fleurs qu'ils aiment. Vous trouverez, mille natures, mille tempéramens, mille caractères; car le genre humain a été créé par excellence riche en races, en espèces, en variétés infinies. Les natures et les caractères des enfans des hommes eont plus nombreux que le& couleurs, les reflets et les formes des fleurs , des oiseaux , des in* aectéâ et des pierres précieuses qui brillent dans II. d4