‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 86 sur 95 · SO · texte numérisé non relu

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Ces six salles fort inégales devront avoir à proximité um foule de petits cabinets pour les divers groupes qui voudront s'isoler de la table de genre. Il arrive chaque jour que certaines réunions veulent manger séparément; elles doivent trouver des salles à portée du Séristère où l'on sert le buflët principal qui alimente les tables d'un même genre.

En toutes relations, Ion est obligé de ménager à côté du Se" ri^tère ces cabinets adhérents qui favorisent les petites réunions. En conséquence, un Séristère ou lieu d'assemblée d*une Série est distribué en système composé, en salles de relations collectives et salles de relations cabalistiques, subdivisées par menus groupes. Ce régime est fort différent de celui de nos grandes assemblées, où Ton voit, comme chez les Hois, toute la compagnie réunie pèle mêle,» selon la sainte égalité philosophique, dont l 'Harmonie ne peut s'accommoder en aucun ras.

Traité de tJgnocitUion^ tome <2, pai^e 34.

Dans la description de Tédifice sociétaire , je n*ai pas insisté sur la distribution des grands ateliers, des étables, des greniers, des magasins, de tous los bAtiments industriels ou ruraux, qui doivent être placés, autant que possible, vis-à-vis du Phalanstère, au-delà de la grande Cour-d*honneur où s'exécutent les manœuvres industrielles d'arrivée, de départ, de parade, etc.

On comprend que le soin des ateliers et magasins, exigeant un travail journalier, ces bâtiments spéciaux devront avoir, avec le Phalanstère, des communications faciles et abritées, — soit souterraines, soit sur colonnes, et suspendues comme les embranchements de la rnegalerie : - de cette manière, leservice journalier est toutàrfait assuré, même pendant le mauvais temps, lorsque le travail agricole est en fériation, et que toute la popul»tion, abritée dans son édifice, se livre exclusivement à des occupations d'intérieur.

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V<Mu ne dirons pas : Cela est iiiipMn1k.e , purra qw cela c«t trop beau ; nons dirans, an cmitraire t Gali est trop beau pour B*étre pat possible.

Jt sais bien que la plupart des hommes d'aujourd'hui , habitués à voir dos insipides guérets, nos ennuyeuses et monotones campagnes peuplées de paysans en haillons, semées ça et là de laides et sales chaumières, nos ateliers dégoûtants et malsaina, ne pourront pas s'empécber de ne regarder, de prime-abord, que comme des réres fantastiques les descriptions les plus affaiblies du matériel de l'industrie harmonienne. — Il faut ici, comme à propos de l'architecture phalanstérienne, les rappeler à l'esprit d'arithmétique et de calcul , les prier de réfléchir froidement et de voir si ces cultures unitairement distribuées suivant les exigences du sol et les indications de la science, ne seront pas bien autrement productives que les cultures morcelées des villages civilisés.

Cette vérité a été suffisamment démontrée, et nous sommes en droit de conclure que dans le Régime sociétaire le bon et l'utile s'allient en tous points à l'agréable , au beau. C'est là d^ailleurs un caractère que l'on doit s'attendre à trouver dans l'organisation sociale normale.

Aujourd'hui déjà il existe de grandes exploitations agricoles, dans lesquelles on peut voir en germe le système de distribution matérielle dont nous venons de donner une idée. Je citerai nuiout la belle propriété que possède M le comte Bigot de Morogues à la source du Loiret, et dont il dirige lui-même l'exploitation avec autant de science agronomique que d'art et de bon goût. Je n'ai pas vu de jardin de luxe, mente dans les châteaux royaux, dont l'aspect fiU aus^^i pittoresque et charmant aux yeux, que cette campagne ricbe et prodisctive.

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qai peut être envisagée, sous le rapport matériel du moins, comme un échantillon obscur des campagnes harmoniennes. Le Léman, ce roi des beaux lacs , étale aussi sur ses nobles rives quelques propriétés d'un aspect quasi-phalanstérien.

Redisons d'ailleurs quetouet cette question du dispositif agricole se réduit à savoir si le système des cultures hachées, morcelées, lacérées en trapèzes, en cornes, en parallélogrammes, en figures de toutes formes et de toutes grandeurs , bizarrement heurtées , assemblées par mille caprices du hasard, clôturées, coupées de haies, semées de bornes et exploitîpsparune race de paysans pauvres, ignorants, routiniers, chicaniers, voleurs et malheureux ; si ce système familial , absurde et prétendu moral, vaut mieux que celui de la culture unitaire et eombinée ? - 11 n'y a pas à hésiter sur la réponse. Dès-lors l'emploi des trois Ordres et les effets qui résultent de leur alliage, sont la conclusion logique et nécessaire des principes de l'Économie sociétaire.

Ce n'est pas la faute de ce système éminemment pro** ductif, s'il est souverainement élégant et splendide, s'il revêt tout naturellement les aspects les plus pittoresques Il n'en faudrait pas rejeter les avantages industriels et économiques, sous prétexte qu'on arrive par l'économie à des résultats trop brillants*, trop somptueux. C'est là Tobjection principale de ces pauvres Civilisés : « Cela ne peut pas être, parce que c'est trop beau ! » Belle raison, vraiment , pour prouver la fausseté d'une découverte, que d'en accuser la magnificence ! Civilisés damnés, esprits faussés, intelligences bistournées I vous en êtes venus à croire que le Bon est nécessairement faux, que le Beau n'est certainement pas vrai I Mais c'est du contre-entendement tout pur, cela, mes chers frères I ce n'est pas être à côte de la ligne de la raison, c'est lui tourner très résolument le dos....

Le Morcellement, contraire à Tordre naturel et au bon

us, ne produit que misère, duplicité d'action, égoîsme,

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guerre el laideur : Par opposiliou , rA^isociation fait couler de source vive, richesse, unité d'action, harmonie, beauté, splendeur.

Les piteux effets du Morcellement anajchique et dé* sordonné sont et doivent être , en tous points, la contrepartie des magnificences du régime combiné. Le Mal et le Laid font la contre-partie du Bon et du Beau. Le Laid s*accouple avec le Mal, comme le Beau se conjugue sur ) le Bon. Le Laid, il faut le répéter mille fois, c'est la forme i du Mal ; — le Beau , la forme du Bon et la splendeur ' du Vrai. ■

Quand on dit du Systèn]|^ Sociétaire; a Cela est trop , beau, donc cela est impossible; d on fait un raisonnement dont la fausseté provient de ce qu'on oublie que ces magnifiques résultats, complètement contraires à ceux de la société dans laquelle nous sommes habitués à vivre, sont dus à des procédés , à des moyens, à des causes complètement contraires aussi aux procédés de la société actuelle, aux causes génératrices de tous ses vices.

Et ce n*est pas à Timagination, mais à la raison que nous avons soumis les titres positifs, les preuves de valeur des procédés nouveaux.

Si, par un beau soleil de printemps. Ton montrait à un Sauvage qui ne serait jamais sorti de ses forêts un panorama de la place Louis XV : — d'un côté l'ÈIysée- Bourbon, le Garde Meuble, la rue de la Paix et la Madeleine ; de Tautre, la Seine emprisonnée dans ses grands quais , le pont Louis XVI et ses colosses de marbre, le palais de la Chambre, flanqué des riches hôtels du quai d'Orsay ; puis le jardin et le palais des Tuileries, les Champs-Elysées et ce majestueux Arc de Triomphe qui se dresse à rhorizon semblable aux colonnes d'Hercule posées à l'extrémité du monde, — certes, ce Sauvage ne voudrait pas croire que toutes ces merveilles sont quelque part une réalité.

Ce Sauvage serait dans son droit, parce qu'il ne peut

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flvorr aucune idée des ressources que la Civilisatioii p(ttsède pour exécuter de pareilles choses.

Mais le Civili>é du dix-aeuvième siècle n*a pas le droit de tomber, relativement aux prodiges de rHanDoniCi dans Terreur comriiise par le Sauvage relativement aux prodiges civilisés; car le Civilisé du dix-neuvième siècle peut comprendre avec grande facilité les moyens que l'Harmonie possède pour réaliser toutes ses magniScenres.

D'ailleurs, nous aimons tous la richesse, rélcgance, le luxe, le grandiose ; or, il serait en vérité bien étrange que Dieu nons eût donné pareils goûts à tous, et qu'il eût en m Ame temps voulu nous condamner pour jamais aux nusères, aux laideurs, aux souffrances de toute nature dont la Civilisation est si féconde. Cela serait inepte et absurde à lui, ou cruel à plaisir et vraiment satanique. Pareille croyance est une sottise grossière ou une abominable impiété. — Un père qui est riche, dit quelque part Fourier, a plus d'obligations envers ses enfants que celui qui est pauvre : il leur doit plus que celui-ci en éducation, en vêtements, soins , nourriture et plaisirs. Hé bien ! Dieu, qui est notre père et qui est plus riche et plus puissant que tous les monarques ensemble, ne doitil pas nous réserver la jouissance de tous les biens, et ne "ferait-il pas digne du mépris et de la haine de sa créature, s'il lui refusait satisfaction des désirs dont il a organiquement pétri son cœur? Peut-on croire qu'il nous eût rivé au cœur c< s désirs indéfectibles avec préméditation de les employer contre nous et en nous comme instnk monts incessants de torture? S'il en était ainsi, il serait le Maudit, lui; et tout homme qui sait ce que vaut une conception , peut comprendre qu'aucune religion n'a formulé encore une conception du Mauvais Esprit résumant autant de méchanceté, de cruauté et d'odieuse perfidie, qu'en renferme une pareille conception de Dieu. —Et c'est pourtant ainsi, — chose étrange et monstrueuse! — (|ue nombre d'honnêtes gens comprennent Dieu... Et ils se eroient religieux:

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