UN VOLUUB GIIAND IN-8, AVEC 3 PLANCHES; 1875. — PRIX : 6 FR
L'Ouvrage que publie aujourd'hui M. Tingénieur Dislero Iraite la question des Croiseurs dans la Marine française et dans les principales Marines étrangères.
Les trois premiers Chapitres, consacrés à l'étude des Croiseurs proprement dits, correspondent chacun à Tune des transformations successives subies par ces navires, les Croiseurs à voiles^ de 1666 à i856, les Croiseurs à vapeur, à vitesse moyenne, de 1857 à 1868, les Croiseurs à vapeur à grande vitesse, depuis 1869.
Dans le Chapitre qui correspond à la période de 1666 à i856, l'Auteur indique le but et la nature do la guerre de course, les types de navires adoptés, leur emploi dans les guerres de la République et de TËmpiro, et dans la guerre cl es États-Unis, en 181*2. II rappelle les conséquences qu'entraîna dans le matériel naval l'invention de l'hélice, les premiers projets de navires à vapeur à grande vitesse, et la création des frégates types Impératrice- Eugénie. Cette première période s'arrête au traité de Paris (i856)qui, en abolissant la course, a modifié si profondément les conditions de la guerre maritime, et augmenté dans une proportion considérable la mission des Croiseurs de la Marine militaire, jusqu'à cette époque tout à fait secondaire.
La deuxième période, de 1857 à 1868, débute par le programme de la flotte française de 1857 qui, pour la première fois, fait en principe une pari consi-
dérable à la j^ierre de course. En i858, on pose enfin d'une manière précise les conditions auxquelles doivent satisfaire les Croiseurs, et bientôt sont mises à flot les corvettes types Cnsmao et DuiAciXy les frégates allong<^ types Astrée et SémiramiSy les frégates de deuxième rang Vénus et Minerve. L'Auteur montre le mouvement considérable qui se faisait à celte même époque dans un ordre d'idées analogue d.ms la Grande-Bretagne et aux États-Unis, l'Angleterre créant ses grandes frégates Doris^ Orlandoy l'Amérique cherchant à réunir d'abord dans ses Croiseurs, le Colorado, le Nia- ^ftroy etc., une grande puissance oHensive et défensive, puis, sous l'empire des nécessités militaires de la sécession, arrivant à armer des navires trèsvariés^ au milieu desquels de glorieux souvenirs rappellent les types Kcrsrage^ Suinter, Florida, Alabama, les célèbres Blockade-runners et enfin la Guerrière et le Contoncook,
Dans la troisième période, 1869-1871, le Croiseur arrive à son état actuel; l'Angleterre et la France ont chacune trois classes de Croiseurs à grande vitesse, dont les types sont, en France: le Dut/uesne, le Duguay'Trouin,\e Rignult^de-Gennuillr ; en Angleterre : X Inconstant^ la Bacchante et la Magi^ cienne. L'Auteur termine ce qui concerne les Croiseurs à grande vitesse par un exposé de la situation actuelle de la flotte américaine, et par une description des Croiseurs cuirassés de l'empire de Russie.
A côté des grands Croiseurs doivent se trouver d'autres navires plus petits, ayant un faible tirant d'eau, destinés à des missions d'une importance moindre, chargés de visiter des rades ou des ports dans lesquels de grands croiseurs ne peuvent entrer : ce sont les auxiliaires de la flotte de croisière ou les éclaireurs des escadres; on les désigne sous le nom général de Canonnières de station; ils sont l'objet du quatrième Chapitre, qui termine, à proprement parler, l'Histoire générale des Croiseurs.
Dans la dernière Partie de TOuvia^e, M. Dislere a étudié la puissance offensive et défensive des Croiseurs, les qualités nautiques dont ils sont doués, les systèmes de construction employés, en un mot, tous les détails qui sont nécessaires pour apprécier en toute connaissance de cause la valeur de ces navires, et pour pouvoir fixer a priori les services qu'on pourra leur demander.
Puis, résumant cette étude générale des flottes de croisière chez les grandes nations maritimes, l'Auteur a été amené à donner son opinion personnelle sur les Croiseurs. Convaincu que l'avenir réserve à ces navires une large et glorieuse part dans les guerres maritimes futures, il croit indispensable de les douer de toutes les qualités nécessaires pour qu'ils entrent en lutte avec avantage, et, à son avis du moins, pour réaliser ce desideratum^ il faut renoncer aux très-grandes vitesses qui sont demandées aujourd'hui, se borner à un maximum de i5 nœuds environ, ce qui permettra d'avoir des navires plus petits, moins coûteux et plus nombreux, enfin leur donner une artillerie de petit calibre, d'un faible encombrement, mais puissante par l'efficacité de son tir et le grand nombre de ses feux.
Enfin il a réuni, comme dans le précédent Ouvrage La Marine cuirassée, sous la forme de tableaux , une grande quantité de documents sur les Croiseurs, documents qui permettront, en ce qui concerne la flotte de croisière, de se faire une idée exacte de la puissance relative des diverses puissances maritimes.
4065 Paris. - Imprimerie de GAUTUlEli-VlLLARS, qaai des AugasUus, 55.