ACTE IV
HENRI, accablé.
Oh!
ZDENKO, sc prosternant.
Maître, je suis né dans sa maison ! je ne l’ai jamais quittée; je mourrais de ne plus la voir. Garde-moi avec vous, et je vous servirai bien. (11 sanglote.)
HENRI, étouffant.
Oui, oui, sois tranquille. Laisse-moi, va-t’en ! (ziènko lui
baise ardemment le* mains et sort. Henri te détourne et fond en larmes ;
puis tout à coup, frappé d’un souvenir.) Je comprends, elle veut mourir! (11 court écouter ii la porte ée Caiiste.) Elle pleure! elle marche ! (h respire.) Celle femme qui est là, c’est celte Caiiste, naguère adorée, dont je devinais l’approche au trouble de tous mes sens, à qui, à deux genoux, les mains jointes, je répétais : Que n’es-lu libre, toi que Dieu avait faite pour moi !... La voilà minée, déshonorée, proscrite à cause de moi ! Dans quelques mois on me verra triomphant au bras d'une femme aimée, brillante et riche, et celle-ci* mourra de mLère et de désespoir. Elle me rendra ce dernier service. Mais une fois Caiiste abandonnée, une fois Caiiste morte, que suis-je, moi? un spoliateur et un assassin!... Cet esclave m’avait mieux jugé !... Ah ! mon père!... ah! Lucienne!... (Explosion de douleur.) Si j'étais pauvre, humilié, perdu, et que Caiiste fût riche, heureuse et reine, me foulerait-elle à ses pieds? Non!... Allons! il est dans la vie des chemins tout frayés, à l’angle de ces chemins est écrit leur nom, que chacun peut lire avec les yeux de sa conscience. J’ai lu!... (il (ire lentement la lettre destinée à son père, la
lût)