‹ Dettes de cœur piece en cinq actes, en proseChapitre 25 sur 132 · HE KHI · texte numérisé non relu

HE KHI

On voudrait qu’elle fût Française !

LA BARONNE

Changeons vite la conversation!... Que dit-on de noire armée ?

HENRI

Magnifique... superbe I

CHAUDRAT, accourant.

Vous parlez de la princesse, je parie ! (La Baronne lui marche

mr le pied ; il «e retourne tant comprendre et loi baise la main.) Quelle

femme adorable !

C’est ce que je disais... La première fois que je l'ai vue, c'était à l’ambassade russe... elle venait d'arriver à Paris... «Ah! mon Dieu! m'écriai-je en l’apercevant, voilà une femme... »

CHAUDRAT, riant.

Comme si vous n’en eussiez jamais vu !

• HENRI

Absolument.

LA BARONNE

11 est fou !

DE BIERGES, dans le fond, à lui-même.

Si c’est comme cela qu'il brille...

CHAUDRAT.

Venez donc que je vous présente à elle.

HENRI

Gardez-vous-en bien.

LA BARONNE

Ah!

DE BIERGES, A lui-même.

Il va se rattrapper !

CIIAUDRAY, à Henri.

Pourquoi refusez-vous?

HENRI

Depuis qu’elle est ici, à Paris, je la vois, je la retrouve partout... Jamais je n’ai voulu lui adresser une parole ni croiser avec elle un regard. C’est la seule femme au monde dont j’aie peur. Quand les yeux l’aperçoivent, le cœur tremble. J’en deviendrais amoureux. Oh! non, non!

DE B 1 ERGES.

Il est enragé ! (Lucienne se 1ère et :orî.)

LA BARONNE

11 s’eSt noyé! (Ellese lève pour aller à la Princesse. Au père.) C’est fini, (ils se regardent tous deux arec désespoir. A Henri;) VOUS Savez

que la princesse est mariée et que c’est fort heureux?

HENRI

Nous sommes en guerre avec les Russes... Et puis un

mari comme celui-là !... (11 s’assied près de la Comtesse sans la voir.) CHAUD RAT, bas.

Ne dites rien de Novratzin, vous avez près de vous son amie intime.

ACTH [

HENRI

Ah! cette dame!... (il se 1ère et s’éloigne & droite.) Oui, oui, je la reconnais, elle est d'une beauté qui me crispe. (u/at>ied

de nouveau, celte foia prêt de Würgen.)

CH AU DR A T, ba».

Prenez garde, vous êtes à côté de son frère!...

HENRI

Oh !... ( Il te relève. Henri et XVurgen échangent un regard. TVürgen

s’éloigne lentement.) Une figure sur laquelle il n’est pas facile de lire. (Apercevant «on père.) Ah ! cher père... A la bonne heure ! j’aime ta figure à toi ! (u lui serre la maiu.)

DE BIERGES, avec humeur.

Bonsoir !

HENRI

Eh! comme te voilà morose! souljres-lu? Ah! je sais, on m’a conté cela: tu as perdu au whist. Trente francs. Tu as eu des distractions; tu as causé, tu me coûtes trente francs! voilà pourquoi tu ne me parles plus !

DE BIERGES.

Je fais des économies de paroles. Je voudrais pouvoir rattraper toutes celles qui ont été dites ce soir.

HENRI

Comment ?

Oui. Je connais un jeune homme très-enthousiaste et très-spirituel, qui n’a pas prononcé ce soir un seul mot qui

DETTES DE CCEUR

ne lui ait coûté dix mille francs. Il était intarissable cet aimable jeune homme.

HENRI

Si c’est de moi et de mes mots que tu parles, à ton compte j’aurais perdu au moins deux millions.

DE B I ERG ES.

Quatre!... mon ami... quatre... Partons-nous, jeune homme très-spirituel et très-enthousiaste ?

HENRI

Pourquoi me demandes-tu cela? Tu sais bien, cher père, que tu n’es jamais rentré après dix heures, et moi jamais avant minuit.

DF. BIERGES.

Ahl j’oubliais. Tu veux regarder encore un peu les princesses. Tu as peut-être encore quelque dithyrambe à réciter sur leurs perfections; à ton aise, mon ami, à ton aise. Reste, pour tes quatre millions tu en as le droit, (il son par le

salon du Tond.)

Eh mais, on m’a changé mon père. Que peut-il avoir contre moi?

LA BARONNE, A Caliste qui sort du salon de jeu.

Allons, vous souffrez, avouez-le.

Eh bien, oui! J’étouffe, je suis frappée au cœur. Vous ne savez pas, vous ne saurez jamais toutes les espérances, toutes les joies que je caressais. Ici, j’étais heureuse ; ici, oh !

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