ACTE II
HENRI
Débarrassez-vous. Je vous attendrai au jardin.
ZDF.NDO, à Henri.
Non; reste ici; tu pourrais rencontrer quelqu'un. CALISTE.
Qui donc?
ZDENKO
Une personne est arrivée tout à l'heure. Voici son nom.
(U donne nne carte i Henri.)
HENRI
Mon père !
C ALrSTE.
Henri !
ZDENKO
Ton père, oui.
HENRI
Tu l’as laissé entrer?
ZDENKO
Il a demandé à voir madame Deslauriers. Une fois entré : — Porte cette carte, a-t-il dit, au jeune monsieur de Bierges. — J'ai répondu qu'il n'y avait personne de ce nom. — Je l'ai vu entrer, a-t-il dit; mais je comprends ton mensonge... Porte donc ma carte à madame Deslauriers ellemême. Et il s'est assis sur un banc, à la porte.
HENRI
Oh!
DETTES DE CŒUR
Il faut voir votre père, mon ami.
HENRI, lisant.
Je t’attends.
Mon ami, ne sortez pas! C’est quelque fâcheuse nouvelle. Une fois que vous m’auriez quittée, peut-être ne vous laisserait-on pas revenir. J’ai peur, mon ami. Ce jour est mauvais pour moi !
HENRI
Que faire? voyons!
Je vous laisse... Recevez M. de Bierges ici... Ici, où je lutte de toute mon âme pour conserver notre bonheur, j’empêcherai le malheur d’entrer. Va, Zdenko, amène
monsieur de Bierges. (zdenko sort par l'allee au-dessus du pavillon.)
Je me retire, car moi aussi on m attend, Henri... Oh ! mon Henri, nous étions heureux !
HENRI
Nous le sommes, nous le serons! Rien ne sépare les cœurs qui s’aiment !
N’est-ce pas ? (Bruit.) Adieu ! (Elle entre dans la maison.)