ACTE III
HENRI
Oh ! alors, il n'y a plus à raisonner. Dis tout de suite que la princesse m’attend, que j’ai comploté ce départ avec elle, que j’ai mon père en horreur, et que je veux le faire mourir.
DE BIERGES.
Toi? Mais que fais-tu pour me prouver que tu m’aimes? Quel sacrifice? Quelle concession?... Dans ta soif égoïste d’indépendance, ne me condamnes-tu pas à vivre seul, tremblant de perdre à chaque instant l’unique appui de mes vieux jours? Ne m’as-tu pas refusé, ne inc rcfases-tu pas encore ce que je souhaitais le plus au monde, ce que tu me devais, Henri, une famille et les caresses de tes enfants? Tu ne fais rien pour moi, tu ne tiens pas à moi.
HENRI
Eh Lient oui, je te dois une famille; oui, je te dois une génération nouvelle d’amour et de respect; ce n'est pas moi qui t’en priverai. Voyons, cherchons-la bien, cette espérance de ta vie, celte fleur de ta vieillesse, ce second enfant après lequel tu soupires; cherclions-la ensemble, ta lille, puisque sans elle tu n’es pas sûr de tou lils ! As-tu déjà quelque préférence? faut-il aller bien loin pour la rencontrer? N’ai-je pas aperçu ici près, tout à l’heure, quelqu’un que les regards caressent, la favorite de ton cœur, cctrésor^ ce séraphin dont la vue seule te ramène tes vingt ans? T’aije compris? est- ce là ton espérance et ton rêve?
DE BIERGES, ravi.
Mademoiselle Dampmesnill... Oh! Henri!...
HENRI
Dis-moi que tu l'as choisie, et je l’accepte.
DE BIERGES.
S'il était vrai!
HENRI
Tu te fierais à moi; fais-en l'épreuve.
DE BIERGES.
Oh ! lu me proposes cette jeune fille parce que tu sais qu’il n'y faut plus penser.
nENRI.
Tu seras heureux malgré toi.