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LETTRE DE MÉHÉMED-ALI A KHOSREW, LE* 19 DE ZIL-HIDJÉ t2SS (29 FÉVRIER 1840;.
Votie Âheste n'ignore pas «pie^ dès le débat de ma car* rièfOy je me suis attaché à rendre à la SiiUime-Porte et à la nation musulmane d'utiles et de brillants services, que
j*y ai travaillé sans relâche, et (jue c'est avec l'assistance divine et sous les auspices de Sa fiautesse c[ue je suis parvenu au point où je me trouve.
Tn'i donc dû être profondément affligé que les relations qui ont existé entre noos les années dernières par suite des décrets de la Providence aient été opposées à des intentions aussi pures que les miennes. Il est certain que, tout en déplorant les malheurs passés, nous nous trouvons dans une situation telle que nous sommes sans cesse menacés de mille dangers et de mille maux, de sorte que, si Ton néglige de porter remède à cette situation, le résultat final sera tel que doit le prévoir on esprit aussi fin et aussi pénétrant que celui de Votre Altesse.
Bans cette conviction» et* obéissant à mon sincère dévouement et è la religion, j*ai cru devoir, il y a quelque temps, exposer franchement toutes ces affaires dans une lettre que j'ai adressée à raa fille Zehra'Kkanomn pour étreiemiseà Votre Altesse. Quoique j'eusse lieu d'espérer que son zèle pour la bonne cause et sa haute sagesse au* raient suggéré à Votre Altssse une réponse favorable, je II. a&
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n'ai cependant reçu, et tardive ment, qu'un billet adressé :\ luadite fille, et quej*ai trouvé, après Tavoir lu et relu, contraire à mon attente, puiâ(|u*il ne contenait que dei phrases éoîgmatiques et des dlasions qui ressemblaient i des Jeiii di mots» de sorte que je suis demeuré vivement étOQué, et que j*avu8 même pris k xésolutiott de ne plus vous écrire. B£ais j*ai oonsidéié ensuite que je serais coupable, et dans ce monde et dans l'autre, si, avec la connaissance que j ai de la situation actuelle des affaires publiques, je persévérais dans le silence qui m'était conseillé par mon cbagrin. Ët persuadé que j'étais en même temps de Ja grande pénétration de Votre Altesse et de son attachement aux intérêts de l'État et de la religion» J*ai pensé que la raison ainsi que mes principes me prescrivaient impérieusement de lui exposer de nouveau l'état des choses simplement et avec vérité dans une le lire amicale. C'est ce que je vais faire.
Quoique le passage de la lettre de Votre Altesse dans lequel elle parle de la nécessité pour moi de prouver mon dévouement par dts actes posiii/i soit obscur» je suppose cependant qu'elle entend faire aUusio n ][' > r là aa renvoi de la JlotU impériale. Si c'est le cas. Je répondrai que cette iloUe cit Loujouis la propriété et l'héritage de isa liaalcsse le Sultan, et notre auguste maître ne peut pas croire qu'alors même qu elle ne serait pas venue volontairement à Alexandrie» un serviteur aussi infime que Méhémed-Ali pourrait jamais avoir l'intention de se l'approprier j aussi» sans les raisons que je vais développer » je l'an* rais depuis longtemps renvoyée à Gonstantinople. J'ai offert plus d'une fois, non-seulemeut de rendre la ilotte, mais de joindre mes forces de terre et de mer à celles de la
Soblime-Porte. Loia d'accepter mon oltre on a continué à réclamer le renvoi de la iiotte. ^edois-je pas croire dès lors qu'on persiste dans le premier plan et que 1*(mi veut la désunion? Et si dans cet 4tat da olioidi J'avak imwfé la flottSf n'ait'il pai évidaDt qae j'aïuaii enconngé ainii quelqtiesHuu de mes ooUègM dsM des projets qui ne peuTentpas lefjtliaer? Ge rtntoi n'annit-il pas contribué dès lors à opposer de nouveaux obstacles à la pacilicatitui, et à exposer la nation musulmane à des difficultés plus graves encore? Voilât Altesse, comment j'envisage cette afiaiie au fond de mon ànM. Maintenant je vais vous dire dana quel but J'ai danandé et je aiiia loieé de demander la Syrie avec Adana et Kulsk-Boghaa.
J*ai plus de aoixante-diz ans, et cela senl pronTe que je ne travaille pas pour moi-même. Dans ma longue carrière j'ai eu une nombreuse famille. Toul eu | ne je désire, c'est que mes enfants puissent, après ma mort, vivre réunis B0U8 les auspicet de la Sublime-Porte, et qu'ile aoient» de pèie en fils, lea serviteurs fidèles du gouvernement» afin qu*U ak toi^om à aa disposition en Aièbîe une fi»eeimposante» et pour que mon nom obtienne une place bonorable dans Phistoife. Le r^iia obstiné de me laisser Adana
et l\uldt-Bogliaz m a prouve qu on ne voulait pas absolu* ment seconder les vœux exprimés plus haut, et de plus qu'on méditait de nouvelles combinaisons. C'est pourquoi je me suis vu dans la nécessité de persister moi^nAme dans mes demandes.
Lor$(|ue finalement, par suite de ee refus léilén, la SuUime^orte prit la funeste résolution de ^'adresser aux grandes pui^saucas, mon premier soupçon ue pul eUe pleiueiueutcouUruié^ et ma position eu devint d'autant
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plus difficilfl. J'ai fonneilement rejeté les propositions unanimes de ces puissances pour la raison suivante.
En recourant ù elles, la Sublime- Porte agissait entière iMntdans l'intérêt de leur politique. Ces puissances veu- Jtnt qiie la Tuiquie toit toi^onn fiûble et travaillée par kl troublcsi afin qn» le BHmeDt venu elles pmsMot la partager sans olutadet , puisque Viàét du partage est toujours présente à leur esprit. Si elle se tont alliées, c*est uniquement pour empêcher toute combinaison qui pourrait donner de la force à la Turquie. Elles veulent d'abord affaiblir l'Égypte, qui est son soutien, dans Tespoir dales épuiser Tune et l'autre en tntcitaiit des guerres cootînuelles entre les deux pajt. Gela étant» et plutAt que de suooomlïer cinq ans plus tard d'une manière déshono» rante, je pense qu*il Tant mille fois mieux périr dès an* jourd hui, et défendre T honneur national avec le courage que peut inspirer notre sainte religion. C'est pourquoi je ne cesse de faire des préparatifs de guerre pour ètie prêt à tout.
lorsque la présente lettw vous sera parvenue. J'ose espérer que, pour éviter à la nation musulmane un si grand meilleur. Votre Altssseconsentini è accepter les ser* yioes que je délire si ardemment rendre à la patrie, daas
la persuasion où Votre Altciise doit être que par ce moyen elle assure son bonheur dans ce monde et dans Tautre.
C'est pour vous £ûre ces communications que j'ai pris la liberté de vous écrire encore cette Â>is d'une manière non oi&dflUe, et Dieu m'est témoin qu'elles sont dictées par la plus parfaite sincérité. J'ai dit à Votre Altesse tout
ce que j'avais sur le cwui, confiant dans sa jusUce^ sa
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piété, M grande sagesse, et dans la bienveillance qu'elle m'a en tont temps témoigaée. Je me plais toujours i espérer que Votre Altesse prêtera une oreille Éivorable à mes paroles, qu'elle donnera tous ses soins à k régénération de la nation musulmane , et qu'elle continnera à m lionorer de ses lK)ntés. De mon côté je regarderai Votre Altessecomme mon appui et mon refuge; nous nous voueions ensemble, en serviteurs soumis et fidèles, au service de notre gouvonemenf , et nous acquerrons ainsi des droits aux félicités de ce monde et de la Tie étemelle* Mais si Votre Altesse prédit répondre à ces communications d'une manière évasive et comme elle l'a fait jusqu'ici, dans ce cas, je coiiUauciai de mon côté à placer mon espoir en Dieu, et jamais je n'abandonnerai la résolution que j*ai prise etque j'ai fait connaître plus haut. Lorsque Votre Altesse aura pris connaissance de tout ce qui précède, elle sera en mesure de se décider d'après les inspirations de sa sagesse.
N* XXXll.
BiPONSB nu GEAMD-TISin DU SB MARS 1840.
«Bien que l'expérience doive me prouver désormais l'i* nutilité de nouveaux raisonnements de ma part^après tontes les oliservatîons que j'ai adressées sans efiet à Votre
Altesie jusqu'à ce jour relativement à l'attitude qu'elle a prise vis-à-vis de notre aui^usle maître et de son gouvernement , néanmoins pour ne pas encourir les reproches d'avoir repoussé la confiance que Votre Altesse m'a montrée et les ouvertures qu'elle m'a faites en dernier lieu, je me décide à examiner les principaux points de la
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lettre amicale que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m 'écrire et à lui exposer avec franchise non opinion à
«Penoniieii'eit pios affli^ quemoi dei dÎMenncms qui» depuis tant d'tliiiées, le tout 4hvéê$ entre la Sublim»- Porle et VMre Alteise, èea malhenn qui en oat èényé
pour notr<^ patrie, et de Tétat d'inquiétude que tout le monde éprouve à cause de la désunion qrii existe entre les'musulmans. Si je ne devais pas m'interdire des reproches qui meient également pénibles pour œlai qui les ajiesse et pour celui qui^en est l'objet» peat-itie pourlaÎB-jo prouver que la tinte ii*eii est pas 4 nous. H n'ap partient qu'à Dieu de prononcer U-dessus. Que ceux qui en sont la cause puissent subir le châtiment céleste i Mais quoi qu'il en soit, ne récapitulons pas ici le passé ; ne cherchons pas non plus 4 pénétrer Tavenir» et occi^ponft* nous du présent.
«Je parlerai d'abord de la correspondancequiaea lieu dernièrement entre nous. Votre Altesse se plaint que je me suis exprimé en téoaei équivoques» quand je lui , écrivais qu'elle devait prouver par des faits sa fidélité et son dévouement a la Sublime-Porte. Elle a îtjouté qu'elle n'.i 1 11 interpréter cette phrase que comme ë appliquant au renvoi de la Hotte. U est certain que Votre Altesse au- ' tait dA commencer par la renvoyer sans délai. Maintenant ce renvoi est devoiu une question de moindre importance qui ne peut avQir d'oljet avant quePon ne s'entende d'une maniée définitive sur la limitation territoriale. Il me semble seulomeuL que Votre Altesse a tort de dire, que, puisque la flotte est venue à Alexandrie de plein gré, elle 4 d(i la retenir. L'arrivée de cette flotte à
PIBGES lUi^TIFIGATlVBS.
Almnodrifl n'ayant point été le fruit do la victoire et de la ocMi^piète, niais celui d'une viU trahison que tous les pays ont d^fà flétrie avec le nom de sou auteur» tout le «onde doit comprendre qu'il est injuste et inoonvenant
de la retenir au moment même où Votre Altesse reconnaît que cette (lotte est Thérita^e et la propriété du Sultan^ et qu'elle déclare n'avuii jamais eu la peuséc de Tapproprier. Je n'^outerai pas que tqus les musulmans vemmt dans une semblable conduitQ,uli manque de respect pour le Sultan, mais il est évident que la tetonir contre sa volonté, c'est s'en empâter.
«Cen'estpas ici le,lieu de recherclier si Votre Altesse a eu des sujets de plainte contre le Sultan défunt; ce sujet nous eotrainerait à de trop longue» expiications. Mais pourriez-voHs en dire autant du gradenx souverain léguant qui, dès son avàiement an trône, a daigné donner à Votre Altesse des preuves de sa bienveillance, qui n'a d'autre désir que de pardonner les Êiutes du passé, de réunir tous ses sujets dans les liens de la paix et de la concorde, de les rendre heuseux et de les faire jouir des bienfaits d'un gouvernement équitable et fcaternel et de tous les avantages de la civilisation ?
«Votre Altesse dira peut-être que Sa Hauteiseétant encore Jeune et au début de son règne ne s'oppoee point anxconsdls de ses ministres, mais je n'hésite pas à dé* darer qu'une pareille supposition serait fausse, puisque les intentions paternelles de inthe auguste inaîlie prennent n nssance dans son cœur généreux, et si quelqu'un de ses serviteurs osait agir dans un sens contraire, il encourrait aussitôt sa colère et son indignation. Il ser^ MU> à Votre AUe^ce de juger dès lor» à quel
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point 6a Hautesse doit être affligée de voir un des premier» visîrs de Fempintr comme Test Votre Altesse, répondre d'une rnanike si peu convenable avz Umtéi et aux preuves de démenée dont elle a été l'oljet depuis que notre gracieux souverain est monté sur le tr^ne. D'à* prèg oc qui est dit dans sa lettre, Votre Altesse aurait offert à plusieurs reprises , nou-seulement de renvoyer lu flotte, mais de joindre les forces de terre et de mer de FËgjpte à celles de la Sublime-Porte, et elle a manifesté son regret que cette offie n'ait pas élé acceptée. Votre Altesse vondraît-^e dire par là que le Sultan doit céder la moitié de ses Etats à un de ses serviteurs, qui, à cette condition seulement, consent à l'aider des forces dont il dispose? J'avoue que je ne puis deviner la pensée de Votre Altesse. Vous vous dites forcé de réclamer la cession des pays situés en dehors de TEgypte, ainsi que celle d'Adana et de Kulek-Boghaz, parce qu'ils sont nécessaires pour assurer Taveoir de votre famille, c'est-à-dire que ces pays, placés sous son administratiott, doivent servir à la garantir contre toute agression de la part de la Sublime-Porte. Ces mêmes motifs ne doivent-ils pas faire désirer à la Sublime-Porte de ne jamais s'eu dessaisir ? Les provinces qui sont la clef des pays situés au-delà de l'Anatolie ne doivent-elles pas être considéiées comme les remparts natureb de cette dernière? Aucun arrangement est-Il possible tant que Votre Altesse voudra élever de " semblables prétentions?
«Je suis convaincu que c'est moi qu'elle accuse de la persévérance et de la fermeté que la Sublime-Porte déploie à cette occasion. Mais qu'elle veuille se mettre à ma place, et dire franchement si elle aurait engagé Sa Hau-
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tessd à des conoflulons qui détniiiaieilt entièrement ion inflaence et son autorité^ qui oampiomettraient sa souv^ laineté et son honneur» et mettiaient en péril les int&èts éù ses sigels.
ff Je ferai observer encore, qu'alors nièDiequ*il me serait possible, a Dieu ne plaise, de jiréférer mon ancienne amitié pour Votre Altesse aux sentiments de fidélité et de dévouement que je porte à notre auguste maître» et d'appuyer vos demandes, un souverain aussi sage et aussi pénétrant que le ndtra ne pourrait jamais sacrifier à ce point ses droits. D'ailleurs comment supposer qa*un acte si funeste pftt obtenir l'assentiment de tous les minbtres, notables et autres fonctionnaires, ainsi que celui de la nation entière? Il se peut que quelques personnes d'ici, animées par des vues d'intérêt exclusif, se permettent de flatter Votre Altesse et de vouloir lui persuader qu'elle a un grand nombre de partisans ici, et que le Sultan est disposé à lui accorder ce qu'elle demande; mais si tel était le cas, Topposition d'un ou de plusieurs ministres suffîrait-eUe pour empêcher raccomplissement de ses désirs 7 £t alors même qu'on ne voudrait pas admettre ces considérations d^à si graves, n'est-il pas à la connaissance de tout le inonde que, dans la note présentée par leurs représentants à la Sublime-Porte le 27 juillet les grandes puissances ont formellement déclaré leur résolution de s'opposer à tout arrangemeiit qui ne s'accorderait pas avec l'intérêt général? Votre Altesse pantt vouloir nous faire soupçonner leurs intentions ; mais que demandent après tout ces puissances ? Elles dcmaudent ce qu'elles demandaient dès le principe. Persuadées que la force et la stabilité de ce pijfs sont indispensables à l'équilibre politique de Tëu-
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lope, elles veulent que larrangement projeté puîné ftU teindre ce bat. Or, ooitatne ia division de l'empire ottoman en deux parties ^les, pkoées sous des gonvemements différents, serait diamétralement opposé k ce but, les pnii"
sances ne veulent point (|u une geinblable division ait ' lieu.
«Ainsi, dans la supposition oiéme qu oubliant les devoirs de ia fidélité et cens du poste qui mW confié , j*eu8Se intercédé auprès de Sa Hautesse pour vous aooorder ce que vous exigez, Je me serais toujours trouvé en opposition, non pas avec quelques puissances seulement, mais avec TEurope entière. Ayant donc la justice pour nous, et connaissant les intentions itéiativement et énergiquement exprimées par les puissances, pouvions^nous agir autrement que nous ne l'avons fait? Je prie Votre Altesse de bien réfléchir tà-dessus ; qu'elle ne s'abuse point sur les motifs qui ont pu ju ici empêcher les puissances d'arriver à une solution contoruie à nos vœux. Si des circonstances particttlièvw ont pu la retarder, les dispositions des puissances k notre égard sont les mêmes, et BOUS sommes oonvainsiis que Tintérét mêoM de leur politique finira par les réunir toutes en faveur de nos droits imprescriptibles. Notre attitude vis-à-vis des puissances européennes nous permet d'attendre les événements avec une parfaite tranquillité et sécurité. Votre Altesse m*a, du reste, causé une pénible surprise en m'annonçant» en forme de menace, ses préparatifr de guerre, puisque de semblables dispositions ne se concilient pas .n ec les assurances de dévouement et de soumission à Sa llautesse; m»is» dans tous les cas, les droite 4e fia Hautesse étant
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incontestables, et Tassistancft du Très-Haut lui étant assurée, elle agira toujours d une manière conforme à sa dignité et à ses intérêts, et ainsi que l'exigent ses rapports avec lesdites puissanoes.
« Ici je prie Votre Altesse de me dire franchement si elle est disposée ou non à accepter les gracieuses concessions que Sa Hautesse a daigné lui faire à sou avéuement au trdne; ma présente réponse lui fera connaître les intentions et le système de la Sublime-Porte. Dans le eas où Votre Altesse, qui nous donne sans cesse des assurances de fidélité et de dévouement, voudrait encore nous adresser d'autres observations, outre les dcmaiiiles contenues dans sa lettre, je la prie de les faire d'une manière précise . et détaillée.
«Obéissant à mon ancienne amitié pour Votre Altesse, je prendrai la liberté de lui communiquer à mon tour
quelques réflexions.
«La haute position à laquelle Votre Altesse est parvenue a dû combler tous ses désirs, et elle convient eile- Diême qu'elle n'a d'autre pensée aujourd'hui que d'assurer le bien'ètre de sa famille; ce but ne pouna être atteint qu'en n'exigeant rien qui ne soit raisonnable. Maintenant elle est encore à temps de concourir à l'accomplissement de SCS vœux, car elle pourr i t plus tard en perdre Toccasion. Dans une circonstance semblable. Voire Altessp <]evrait rester sourde aux encouragements trompeurs de quelques adulateurs, et croire plutôt aux conseils d'un ami sincère qui lui a d^à donné de nombreuses preuves de ses sentiments, et qui, en raison de son âge, se croit obligé de dire la vérité, j»
rns j>E8 Piàcus justificative^,