‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 23 sur 26 · RE PUR · texte numérisé non relu

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à raison en principe, sauf contre-indications d'ordre hygiénique et sous réserve de l'existence d’un: laboratoire de bactériologie, d’une par chef-lieu de corps d'armée et de division. |

Cette section de paludéens, à laquelle est attaché un médecin versé dans la pratique du paludisme, encadrée par des officiers, sous-officiers impaludés, profitant eux-même du traitement, est placée sous la surveillance et le contrôle de l'adjoint technique régional.

Tout paludéen y est soumis à une visite quotidienne, on prend sa température journalière, son sang est examiné deux fois par semaine, il suit un traitement quinique et arsénical, il prend part enfin à des exercices militaires établis par le commandement et le Service médical. Son alimentation est aussi soignée que possible. Si le convalescent a des accès isolés ou si on trouve des hématozoaires dans son sang, il est isolé sous moustiquaire, dans un local spécial, énergiquement traité jusqu’à disparition des plasmodes dans le sang circulant, et envoyé à l'hôpital spécial si l'infection est rebelle et son état général mauvais.

En général, pour la fièvre tierce à Vivax, contractée pendant la période estivo-automnale, on observe des rechutes à la fin de la saison où a été contractée l'infection, rechutes qui diminuent pendant l'hiver qui suit, reparaissent de mars à juin et s’atténuent en pouvant disparaître complètement. Pour la fièvre tierce à prœæœcox, contractée pendant cette même saison estivo-automnale, les rechutes s’observent à la fin de la saison et de décembre à mars, puis diminuent à partir d'avril et peuvent disparaître définitivement. En pratique, il faut donc exercer la surveillance maxima de 3 à 10 mois après la première infection; la guérison clinique et hématologique pouvant être considérée comme obtenue après un traitement précoce et suivi quand l'infection remonte à un an et qu’il n’y a pas eu de rechutes depuis 3 à 4 mois, quand l’état général est normal, quand il n’y a pas de signes d’anémie ni de régénération sanguine,

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quand la formule hémoleucocytaire est normale, quand enfin il n’y a pas d’hématozoaires dans le sang.

Le malarique quitte la section soit pour réhospitalisation si son état s'est aggravé, soit pour regagner son dépôt, soit pour partir en convalescence nanti de bons conseils, d'une provision suffisante de quinine, d’une moustiquaire s’il se rend dans une région insalubre; à l'expiration dé son congé il rejoint son dépôt où il est encore surveillé.

Carnet de paludéen. — Dès l’entrée dans une de ces formations spéciales, on délivre à tout malade un carnet de paludéen, qui doit être présenté par la suite à tout médecin consultant ou traitant.

Dans ce carnet, on avertit l’homme de la longueur du traitement, on lui prescrit de mentionner à chaque indisposition son paludisme antérieur, on lui conseille en cas d'accès de faire usage de la moustiquaire.

A l’entrée le carnet enregistre l’état général, l’état du foie, de la rate, chaque semaine on note les résultats de l'examen du sang, s’il survient des accès on note leur début, leur durée, leur température maxima, les traitements ordonnés, doses et médicaments, les diverses observations microbiologiques et cliniques. A fa sortie on consigne le poids, l’état de réentraînement du malade. Ces carnets sont tenus à jour avec un soin tout particulier.

Les hépato-spléniques, non en période d’accès ou non porteur d’hématozoaires dans le sang circulant sont reçus à Vichy dans un hôpital spécial.

Les infirmeries régimentaires et les divers hôpitaux, par précaution, sont munis de moustiquaires en prévision des paludéens qui y peuvent séjourner.

Autant que possible les paludéens doivent être suivis, car

perdus de vue ils sont privés de soins et de médicaments et exposés à des accès pernicieux.

Le paludéen démobilisé. — Que deviennent ces paludéens à leur libération ?

Ils sont porteurs d’un carnet de paludéen qui fournit au médecin traitant tous les renseignements utiles. Le médecin du dépôt démobilisateur recueille tous les indices nécessaires pour les identifier et Communiquer la liste des impaludés qu'il a dressée au Préfet du département où ceux-ci désirent se retirer. Le Préfet les fait discrètement suivre et surveiller par l'intermédiaire de l’Inspecteur Départemental d'Hygiène ou de tout autre praticien désigné par lui. Ce médecin consulte le carnet de traitement de l’impaludé, s'assure qu’il observe les recommandations médicales qui lui ont été faites à l'hôpital militaire, qu’il prend de la quinine qui lui est distribuée gratuitement s’il n’en a pas, enfin l'envoie à l'hôpital s’il y a lieu. (Circulaire du Ministère de l'Intérieur des 16 et 22 octobre 1919).

Mais il faut aussi prévenir la constitution éventuelle de foyers de paludisme autochtones par les paludéens rentrés dans leurs foyers, et compléter les mesures prises sur place dans les formationssanitaires, par une prophylaxie générale scientifique et méthodique. À la vérité, bien qu'il y ait de nombreux convalescents porteurs de gamètes, autour des hôpitaux et sections de paludéens on n’a pas vu apparaître de cas importants de contagion, mais il faut prévoir, et il est

indispensable de lutter là où pullulent les anophèles.

Aussi une circulaire du Ministère de lIntérieur, du 15 mai 1918, organisa à Paris un enseignement paludique s'inspirant des connaissances techniques et des méthodes pratiques les plus récentes, et prescrivit à tout Conseil départemental d'hygiène de désigner pour suivre cetenseignement des personnes pratiques pour s’en approprier les données et en assurer la réalisation.

Cet enseignement théorique porta sur l’hématozoaire, le moustique adulte et sa larve, les moyens de s’en préserver. Il fut complété par des films montrant la vie des larves et

ER te l'éclosion des moustiques adultes, par des examens de laboratoire, des exercices pratiques sur le terrain de récolte et de différenciation des diverses espèces de larves.

De retour dans le département, après enquête sur le terrain, ces délégués suggérèrent des dispositions soumises aux préfets chargés de provoquer les coopérations utiles et d'étudier les moyens financiers pour leur réalisation immédiate.

Des quelques rapports que nous avons eu entre les IRains, les faits suivants semblent se dégager :

L’anophèle a été rencontré partout en France, du printemps à l'autonne. On trouve ses larves à la campagne, dans les flaques d’eau, les fossés, les prairies humides, les canaux, les étangs. A la ville, dans les bassins des jardins publics, dans les jardins privés et les maisons, dans les récipients qui peuvent contenir de l’eau, dans les chéneaux et les gouttières à peute insuffisante, dansles égouts et fosses d’aisance.

I y a lieu de faire imprimer des manuels sur la lutte antipaludique, que l’on distribuera à des Sociétés d'Hygiène, à des personnes instruites et dévouées qui groupées en équipes de récolteurs (instituteurs et institutrices semblent tont désignés pour cet office) rechercheront, reconnaîtront les anophèles et les larves, et dresseront la carte anophélique de la région.

À la campagne, on détruira ou on neutralisera là où ils sont les plus importants et les plus nombreux, les gîtes à moustiques, autant que cela sera possible, par comblement, drainage, curage de mares, flaques d’eau, marécages, faucar-. dement, régularisation des rives et des lits des cours d’eau, repeuplement par des perches, épinoches, carpes des lacs, élangs et bassins, pétrolage tous les 8 à 15 jours des collections d’eau. 2

Dans les maisons, on ne gardera remplis d’eau, que les récipients indispensables; ceux-ci seront protégés par des couvercles, des grillages ou pétrolés ou vidés dans les 8 jours ainsi que les citernes, puits, bassins, égouts, fosses d’aisance.

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Les gouttières, cheneaux des toitures auront une pente suffisante pour le libre écoulement des eaux.

Des équipes sanitaires, sous la haute surveillance dans les villes du Chef de bureau de la Désinfection ou du Directeur du bureau d'Hygiène, dans les campagnes du Chef du service départemental de Désinfection ou de l'Inspecteur Départemental d'Hygiène seront créées : composées de 3 où 4 hommes sous la conduite d'un chef plus instruit, elles seront munies de pleins pouvoirs pour pénétrer une fois par semaine dans les maisons, et pétroler, vider, faire disparaitre les collections d’eau suspecte, elles seront chargées aussi de surveiller les pièces d’eau et réservoirs des jardins publics. |

Une éducation populaire par affiches, sur le modèle excellent de celles instituées pour la Gironde, notices et conférences, enseignera aux habitants à effectuer eux-mêmes cette chasse et cette destruction des larves par les mêmes procédés et aidera à vaincre la négligence, la mauvaise volonté et l'ignorance.

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