‹ Deux cas de Polydactylie et Syndactylie par bifidité phalangienneChapitre 5 sur 8 · MEIS ET AMICIS · texte numérisé non relu

MEIS ET AMICIS

La polydactylie proprement dite est constituée par l'existence d’un doigt surnuméraire tout entier, ce doigt pouvant, selon le cas, s’articuler sur une tête métacarpienne (ou métatarsienne) a deux versants, sur deux extrémités indépendantes d'un métacarpien bifurqué, ou enfin sur un métacarpien entièrement constitué, indépendant jusqu'au niveau du carpe avec lequel il s’articule.

Notre camarade Ornstein a publié deux cas recueillis dans le service de M. le Professeur Broca, où la radiographie lui a permis d’étudier l’état des métacarpiens et métatarsiens dans ces conditions et, après les dessins qu’il publie, on peut suivre les degrés successifs de cette bifidité complète du doigt, existant jusqu'à da hauteur du métacarpien unique ou en fourche, les deux doigts étant d’ailleurs indépendants, sans union en syndactylie.

Les deux observations que nous relatons représentent des cas de bifidité des deux dernières phalanges.

Cette bifidité terminale est bien connue au pouce,

où elle est assez fréquente : le pouce se termine ên

un petit battoir élargi, à la face dorsale duquel est

un ongle unique, mais séparé en deux moitiés par un

sillon vertical. Les deux phalangettes sont unies par

un tégument commun, et à la radiographie on les voit, ostéologiquement indépendantes, s’articuler sur la tête. à deux versants de la phalange. Dans la forme plus accentuée, la bifidité porte sur les deux phaianges du pouce, et l’on sait que, le métacarpien de ce

MT EES

pouce représentant à vrai dire la première phalange, i! s’agit en somme d'une bifidité de deux’ phalanges cn avant de la première, restée unique

Dans la collection des radiographies et photographies de M. Broca nous n’avons pas trouvé aux autres “oigts de cas semblables, c’est-à-dire de double phalange en battoir ou de bifurcation totale, avec ou sans syndactylie. k

Mais dans son .Traité de Chirurgie infantile, M. Broca a publié, page 645, ie radiogramme d'une syndactylie bilatérale de siège classique, c’est-à-dire entre le médius et l’annulaire, où l’on voit de petits rudiments phalangiens entre les phalanges correspondantes des doigts bien développés; à gauche, il semble n’y avoir qu’une phalangette supplémentaire; à droite, il y en a deux; à droite comme à gauche, ces organes supplémentaires sont de volume insignifiant.

Nos deux cas actuels sont de même ordre, mais beaucoup plus nets, et tous deux concernent également des doigts unis en syndactylie portant, dans l’un, sur le médius et l’annulaire; dans l’autre, sur le pouce et l'index. |

La syndactylie de l’auriculaire et du médius est le siège tout à fait classique de cette malformation; elle est très souvent bilatérale et symétrique, souvent héréditaire; dans sa forme habituelle les deux doigts sont accolés sur toute leur longueur, avec ongles indépendants, la séparation cutanée étant nulle à la paume et marquée à la face dorsale par un simple sillon.

Seule la radiographie systématique peut permettre

Re

Page 1